*écriture à 4 mains
1 – Les premiers doutes
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Depuis quelques temps elle se posait beaucoup de questions.
Elle se rendait bien compte que les duos traditionnels ne lui suffisaient plus…
Bien sur comme tous elle avait parfois besoin de douceur et de tendresse…

Mais il lui fallait plus… Bien plus…

Elle ne savait pas vraiment quoi… ou ne voulait pas l’admettre…

Elle avait besoin d’adrénaline… Quelles sont ses limites… Elle ne le savait pas…

Elle aimait ressentir la force d’un homme… sa brutalité parfois…
Elle s’est rendue compte que certains hommes peuvent être brutaux sans violence…
Elle aime cette bestialité… Elle aime lutter avec ces hommes…
Elle aime qu’ils prennent le contrôle sur elle… Elle aime être à leur merci…

Mais elle avait besoin de tout maîtriser.
Elle n’a jamais considéré ces “jeux” comme de la soumission

Une de ses premières rencontres marquantes sur les sites libertins est un Maître BDSM…
Ils n’ont jamais eu ce type de relation, il lui a fait faire ses premiers pas dans le libertinage, leur histoire a durée un peu moins d’un an, il n’a jamais voulu l’entrainer dans ses jeux,
et n’en a jamais eu l’intention. Parfois il l’a même remise dans le droit chemin
lorsqu’elle exprimait certaines envies…

Bien qu’il lui disait qu’elle avait une attirance inavouée pour ce monde,
il savait qu’elle n’était pas prête et voulait qu’elle fasse seulement ce qu’elle désirait vraiment… Et surtout pas comme beaucoup de femmes avec leurs hommes
pour lui faire plaisir.

Elle avait une totale confiance en lui mais avait du mal à supporter qu’il puisse prendre
du plaisir à soumettre une femme… Et ne comprenait pas non plus les femmes
qui se soumettaient à un homme… Cela irritait fortement ses convictions féministes…

Cela a détruit leur relation… Leurs chemins se sont séparés…
Pour s’épanouir, elle devait continuer seule.

Mais il lui manquait…

Elle ne savait pas si elle retrouverait un jour la possibilité de perdre le contrôle
avec un homme comme elle l’avait fait avec lui… Au cours des mois il avait appris
à la connaître, sa douceur s’était transformée en une rudesse qu’elle adorait…
Elle aimait qu’il l’attrape par les jambes pour la soulever, qu’il lui agrippe les cheveux…
Il la traitait de chienne et de salope, ces mots dans sa bouche l’excitaient…
Elle adorait l’entendre parler à sa place, dire ces mots crus qu’elle aurait pu dire…
Si elle avait osé…

La seule chose qu’il ne pouvait pas faire… lever la main sur elle…
Elle ne supportait pas la fessée… C’est arrivé deux fois et à chaque fois elle a « buggué »

Sur les sites elle s’agaçait souvent…
Beaucoup lui faisait remarquer son désir de soumission…

Pourquoi…
parce que sur certaines photos elle portait un collier, ou de la lingerie faites de sangles ?

Quels idiots…
Ce n’est pas parce qu’on porte un jogging et des baskets qu’on est sportif…

Et un collier ne fait pas d’une femme une soumise,
c’est juste un accessoire de jeu comme un autre !

D’ailleurs, les chiens les plus soumis n’ont pas vraiment besoin de collier…
Ils ont naturellement peur de leur Maître…

C’est de cette façon qu’elle voyait les soumises et les Maîtres…

Mais son besoin de lâcher prise…
De s’en remettre à un homme n’était-il pas un désir de soumission…

Ses jugements sur les soumises et les Maîtres devenaient plus nuancés…
Elle était de toute façon attirée par ces hommes,
ça elle le savait et le reconnaissait volontiers…
Mais souvent elle les fuyait.

Attirance et répulsion à la fois…

Peut être peur de succomber à la tentation…

Lors d’une rencontre récente, elle avait accepté d’être « docile » …
Mais tout en gardant le contrôle… C’est elle qui avait imposé le jeu…
Un lundi après-midi… Un inconnu…
Une folle envie de lâcher prise, un besoin de se livrer, de ne plus décider de rien…
Cet homme était très directif comme elle le pensait.

Elle l’avait fait… Elle avait accepté de se laisser diriger !
Elle avait beaucoup aimé ce moment… Elle avait « sur-adoré »

Y avait-il en elle un désir de soumission…

Un homme serai-t-il capable de la soumettre…

De lui donner cette envie…
Un homme qui soit assez subtil pour éveiller sa curiosité… Engendrer une excitation…
Un réel désir de soumission… Serait-elle capable de lâcher réellement les rennes… D’accepter de ne plus rien maîtriser…

Jusqu’à l’obéissance… elle qui n’a jamais obéit à personne.

“Défi….
Le défi n’était pas mince : amener une femme à assumer ses désirs les plus profonds et les plus enfouis, ceux qui la fascinaient depuis longtemps déjà et qu’elle se refusait jusqu’alors à accepter pour de multiples raisons … Pas question de garder le contrôle cette fois…Obtenir un véritable lâcher prise…Une reddition totale en rase campagne…L’obliger à manifester d’emblée sa volonté et faire ressortir ce désir enfoui au plus profond d’elle-même, mais sans excès, ni vulgarité, seulement en exacerbant son désir, désir de jouer, désir de l’autre et désir d’être un peu une autre…avec au fond de l’âme cet indicible désir d’aimer et d’être aimée … Il fallait donc instaurer une relation qui soit à la fois forte, sensuelle et très charnelle quoi qu’il puisse lui être demandé, même ce qui pouvait lui sembler le plus humiliant, le plus dégradant pour l’image de la femme qu’elle porte en elle…En somme, à partir de ses désirs inavoués, de son vécu, la modeler totalement, l’assujettir à ses propres désirs et la traiter comme un matériau brut à façonner toute entière jusqu’à en faire un véritable chef d’œuvre de soumission.”

Si un tel homme ressent le besoin d’amener une femme à assumer ses désirs…
Pourquoi voudrait-il la modeler selon les siens…
Un homme qui voudrait modeler une femme est-il réellement à l’écoute de celle-ci ?
De ses désirs inavoués ? De ses besoins ?

Pourquoi vouloir amener une femme à accepter l’humiliation… L’inacceptable…
A vouloir s’infliger elle même cette humiliation…
Qu’est ce que cela peut lui apporter de bon…
Quel intérêt pour lui de vouloir la dévaloriser…
Un homme qui lui demanderait, même ce qui pourrait lui sembler le plus humiliant, le plus dégradant, la respecterait-il ?

Le besoin de cette femme est-il d’être modelé selon les désirs d’un homme ?
Cette femme n’a-t-elle pas simplement besoin de rencontrer un homme
qui lui permettrait seulement de lâcher prise…
Un homme qui lui ferait découvrir ce qui se cache au plus profond de son âme…
Même ses bas instincts… Un homme avec qui elle n’aura honte de rien…
Un homme en qui elle ait toute confiance pour lui révéler les désirs de son inconscient…

Toute confiance pour s’offrir…

Oui… Pour qu’un tel homme puisse révéler cette femme, il faut une relation très forte,
Elle a besoin de ressentir une alchimie… une réelle attirance… Sentir le désir de cet homme… et doit le désirer… ne plus penser qu’à lui…
Pour que son seul et unique besoin devienne celui de le satisfaire.

Il y a encore beaucoup d’interrogations sans réponses…
Mais il n’y a pas de place pour l’approximatif dans une telle relation .

“L’enjeu du “Je”…
Découvrir ce qui se cache au plus profond de son âme… tel est l’enjeu. Même ses plus bas instincts… Cette part d’ombre en soi si soigneusement cachée que l’on ne peut ignorer indéfiniment car elle contribue aussi à définir qui l’on est vraiment…Et découvrir qui l’on est vraiment n’est ce pas aussi l’une des finalités de notre passage ici bas? Dès lors, savoir ce que l’on est aujourd’hui n’est pas le plus important en revanche percevoir ce que l’on veut devenir est essentiel … Et donc regarder en face ses peurs et ses limitations, ses préjugés pour leur ôter leur pouvoir. Mais aussi explorer ses émotions et ses besoins les plus secrets, même ceux qui peuvent apparaître les plus honteux …Une véritable voie vers la maîtrise. C’est aussi le sens du fameux « Connais-toi toi-même » socratique : atteindre la connaissance et la maîtrise de soi et s’affranchir des spéculations idéologiques et des explications théologiques. Dès lors être soumise ou pas, là n’est pas le problème, en revanche rechercher d’une manière ou d’une autre le “lâcher prise” pour satisfaire les besoins de son inconscient est l’enjeu. L’enjeu du “Je”.
Trouver aussi celui qui mettrait fin à cette quête et qui, dressé devant vous imposerait d’un seul regard, d’un seul mot l’envie de s’agenouiller à ses pieds et de le servir avec dévotion… Plier devant lui et se sentir à sa merci sans pouvoir lui résister, ni refuser quoi qu’il demande. Voilà un beau défi…un défi qui fait peur tout autant qu’il excite et peut donner l’envie de se dépasser. Et apprendre en cherchant à le relever à se faire confiance, à faire confiance et à lâcher prise sur les conventions en surmontant son orgueil et son égo. Se dépasser pour Lui, le servir, lui obéir et apprendre de Lui, à travers Lui. Sentir sa poigne, savoir ce qu’est la reddition…sans conditions…Devenir cet objet de luxure en sachant qu’à travers ses enseignements l’on peut ainsi découvrir une autre porte sur son âme, sur sa peau et sur son être…”

Pourquoi cette femme devrait plier et s’agenouiller…
Pourquoi les hommes ne voient-ils dans son besoin de lâcher prise qu’un désir
de soumission de docilité ou d’obéissance à un homme…

Ce siècle ne serait-il pas celui de la régression… d’un retour en arrière…
Un homme qui imposerait sa volonté d’un seul regard ne relègue-t-il pas
la femme à un rang inférieur…
Le même rang que le chien a qui on ordonne de s’asseoir… ou de mordre…

S’offrir n’est pas se soumettre…
S’offrir n’est pas obéir aveuglément…
S’offrir est un don de soi… pas un asservissement…
S’offrir… se fait en toute confiance…

Mais…

La confiance n’empêche pas le contrôle…

“Ne pas tout mélanger…
La soumission n’est qu’une variante du lâcher prise, souvent indispensable au véritable plaisir sexuel. Il s’agit ici d’accepter les sensations mais surtout de s’abandonner entièrement aux mains de l’autre, se laisser toucher sans résistance. Or, pour les personnes qui fantasment sur les rapports de soumission, ce lâcher prise n’atteint son apogée que lorsque le partenaire se positionne comme propriétaire de leur corps. Ainsi, confier son propre plaisir à la seule volonté de l’autre est une manière efficace de le décupler par une impossibilité de maîtriser la situation. A ce moment précis, la seule manière de vivre les choses est de les subir sans réfléchir, ce qui force le corps à se laisser aller. Des études sur le sujet de la soumission sexuelle ont montré que ceux qui la pratique régulièrement sont souvent des personnes très actives et dominantes dans leur vie quotidienne, que ce soit sur le plan professionnel ou social. Le fait d’adopter la position de dominé lors des rapports sexuels permet de se déresponsabiliser et de ne plus avoir à prendre de décision. C’est donc une forme de soupape psychologique permettant d’éradiquer rapidement les tensions à laquelle on accède, en plus du plaisir physique en lui-même.
Ce besoin de lâcher prise est indépendant du sexe du dominé et peut être ressenti aussi bien par des hommes que par des femmes. Dès lors pourquoi vouloir y voir une forme de régression de la condition féminine? Le féminisme n’a rien à y voir… Bien des femmes sont également des dominatrices, et souvent des dominatrices redoutables. L’essentiel dans l’un et l’autre cas est de ne pas vouloir régler des comptes avec l’autre sexe à travers ces pratiques, ce qui serait un détournement malsain de cette relation. Il faut tout au contraire aimer et comprendre l’autre, homme ou femme, pour être un bon dominant. Et dans tous les cas il faut que le dominé ait en lui ou en elle ce besoin viscéral d’abandon et de lâcher prise. Faute de quoi cette relation n’offre aucun intérêt pour l’un et l’autre… ”

Merci à vous M. Le régent de m’avoir ouvert l’esprit

One Comment on “Jusqu’où ira-t-elle…

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