J’ai la chance et la possibilité de côtoyer communauté libertine et BDSM
Deux communautés qui se disent ouvertes d’esprit et tolérantes…

Alors OUI elles sont ouvertes d’esprits et tolérantes vis-à-vis des pratiques sexuelles des uns et des autres…

Par contre en ce qui concerne les autres communautés, les débutants, les amateurs, les petits joueurs ou les touristes… le seuil de tolérance n’est plus du tout le même, et ces derniers temps je ressens plus de mépris que de la tolérance.

Je vais prendre deux exemples concrets, Dans le libertinage ceux qui se targuent d’être de “vrais libertins” et qui passent leur temps à critiquer les “faux libertins”, et dans le BDSM ceux qui vivent leur relation D/s sept jours sur sept, 24 heures sur 24 et qui sont parfois très méprisants envers ceux pour qui le BDSM n’est qu’un jeu…

AÏE… Ne me frappez pas, si, si je vous voie là, derrière votre écran en train de ronchonner ou de vous gausser…

Je vais commencer par le BDSM, d’une part parce que c’est un univers que j’aime et un sujet qui me tient à cœur et c’est aussi une communauté dans laquelle je me suis parfois sentie “snobée” voire “méprisée”, certainement parce que je suis plus “atypique” que dans la communauté libertine.

Quand j’ai commencé à m’intéresser au BDSM, j’avais envie de voir, de savoir, de comprendre, donc de participer à une soirée. J’avais quelques contacts dont un homme avec qui j’avais une relation “vanille” qui fréquentait cette communauté. On en a discuté, il était d’accord mais il m’a expliqué que la seule possibilité pour moi d’assister à une soirée, était de porter un collier et de me comporter en soumise, de garder la tête baissée et de ne parler à personne sans y être autorisée …

EUH… Comment ? Pardon ? Tu m’as bien regardé ? Tu plaisantes j’espère… Même pas en rêve !…

Évidemment il était hors de question pour moi d’être autre chose que ce que je suis, je voulais pouvoir découvrir et aussi échanger librement avec les personnes. Participer à une soirée dans ces conditions ne m’apporterait rien et risquait surtout de m’écœurer, de me frustrer et de m’énerver.

Et chaque fois que j’évoquais mon envie de découverte, on me faisait remarquer que ce n’était pas un monde pour moi, que je n’avais rien à y faire puisque de toute façon je n’étais ni soumise ni Domina.

“Lâche l’affaire, c’est pas pour toi !…”

OK je ne suis ni soum, ni dom… mais je suis attirée par ce monde, par ces jeux, pourquoi cela pose-t-il tant de problème ? Pourquoi ce rejet ?

Et ben non c’est ballot !… Je suis un vrai pitbull et quand je veux quelque chose je fais tout ce qu’il faut pour l’obtenir…

Dans le cadre de soirées libertines réservées aux femmes j’ai pu créer un lien privilégié avec deux soumises, une qui n’a actuellement plus de Maitre et une autre qui vit une belle relation D/s depuis trois ans.

Grâce à elles j’ai pu mettre un pied dans ce monde qui m’attirait, j’ai pu rencontrer de vrais couples D/s qui m’ont acceptée telle que je suis, ni soumise ni Domina, juste une femme avec ses envies et ses désirs et une libido particulière que je découvrais…

J’ai pu commencer à jouer

Quelques temps plus tard j’ai voulu organiser une soirée BDSM, j’en ai parlé avec mon amie soumise, nous voulions que ce soit une soirée de découverte pour des femmes comme moi, des hommes aussi, des personnes attirées par ce monde mais qui ne savaient pas comment frapper à cette porte qui semblait si lourdement fermée.

Nous avons sélectionné 5 Maîtres que nous connaissions, ils ont tous accepté.
L’idée n’était pas de faire une soirée “cirque” en montrant des singes savants à un public, nous ne voulions pas faire une soirée de démonstration, ni exposer nos Maîtres et soumises à de la curiosité malsaine, nous avions trop de respect pour eux et cela aurait été trahir la confiance qu’ils nous accordaient. Nous avons fait très attention au casting, il y avait quelques novices mais très peu et des novices avec une vraie volonté de découvrir ce monde et d’y participer dans le respect et les limites de chacun. Des femmes seules, et des couples libertins avec des orientations D/s dans leurs jeux.

Et comme pour les soirées femmes nous n’avons pas mis en place de scénario prédéfini, juste un fil conducteur avec le thème, pour que chacun se sente libre de se découvrir et de jouer avec qui il a envie s’il en a envie.

On avait quand même le “trouillomètre” à zéro, une soumise sans maitre et une bourgeoise délurée qui organise une soirée BDSM, c’était risqué et certains pensaient qu’on allait se casser la figure…

On avait envoyé les invitations il fallait aller au bout de l’aventure

Ça a été une très belle soirée, les affinités se sont créées naturellement. Il y a eu de belles rencontres. Des contacts se sont créés, des personnes qui se sont revues ensuite.

Des femmes qui ont osé, osé jouer à des jeux dont elles avaient envie, des jeux qu’elles n’imaginaient pas, en toute sécurité. Elles ont découvert de nouvelles sensations de nouvelles pratiques.

Une soirée ou Maîtres et soumises étaient ravis de nous faire découvrir leur monde.
Des soumises qui ont tenu la main de libertines lors de jeux plus poussés, les ont accompagnées dans leur découverte.

Bon ben voila !… Ce monde n’est pas si fermé que ça !… On y arrive !…

Depuis nous avons organisé d’autres soirées, elles sont attendues, surtout de la part des femmes ou des couples novices. Bien sur il y a des soirées ou tous peuvent s’inscrire, mais une soirée organisée par des femmes mets en confiance, les femmes seules se sentent en sécurité, il n’y a pas que des personnes pratiquant le BDSM, c’est rassurant. Et nous faisons toujours très attention au casting et toujours avec la volonté de faire découvrir ce monde et de permettre à des femmes de se révéler en toute sécurité (je parle plus souvent des femmes, nos soirées sont faites pour elles).

Ensuite j’ai participé en tant qu’invitée à un gros événement d’une communauté importante dans le BDSM, là aussi j’ai rencontré des personnes formidables et très accueillantes.

Je n’étais pas forcément à ma place, je me cherchais, mais je me suis sentie bien, je n’avais pas l’impression d’être “un cheveu dans la soupe”.

J’ai eu envie d’aller plus loin, mais devenir adhérente de cette communauté c’était trop tôt et je ne savais pas si c’est ce dont j’avais envie, j’ai découvert qu’il existait des groupes facebook, dont un groupe géré par cette communauté, j’ai rejoint deux de ces groupes

Et là j’ai déchanté !… Mon monde de bisounours s’est effondré !…

Le débat qui existe chez les libertins sur les faux et les vrais, je retrouve ce même débat dans le BDSM sur les faux et les vrais…

Et comme chez les libertins… je me demande ce que je fous là !…

Et comme chez les libertins je rencontre des personnes très ouvertes d’esprits et accueillantes en soirée, et d’autres très critiques et vindicatives dans les groupes de discussions… ironiques parfois vis-à-vis de certains et certaines qui pratiqueraient un BDSM de plaisir… un BDSM qui serait “libertin”…

Que faire ? renoncer ?

Ou se situer ? Comment se positionner ?

Moi aussi je ronchonne souvent après certains malotrus qui se prennent pour des Maîtres.

Moi aussi je suis dans la critique parfois, voire dans le rejet de certains profils…

Qui suis-je ?

Vraie libertine ? fausse libertine ?

Ai-je ma place dans le BDSM ?

Je me suis posé beaucoup de questions, puis il m’est venu une image…
Et si on regardait les choses sous un autre angle… celui du sport…

Dans le BDSM il y a ceux qui vivent leur BDSM au quotidien, c’est un vrai choix de vie, une philosophie. Ils sont comme des sportifs de haut niveau, ils font preuves de beaucoup de volonté et de disciplines, les soumises et les soumis font preuves d’abnégations, ils et elles acceptent certaines “souffrances” certains “sacrifices” pour avoir le plaisir de jouer et de gagner, comme les grands sportifs.

Il y a aussi les amateurs éclairés, ceux qui sont passionnés par cette discipline mais qui ne vivent pas le BDSM au quotidien, ils maitrisent parfaitement les jeux, les règles et les codes. Ils investissent dans leur matériel, suivent un entrainement parfois poussé, ont une vraie connaissance de leur sport préféré, mais ils ont aussi d’autres jeux. Ils sont admiratifs des vrais joueurs, mais leur but à eux est simplement le plaisir de jouer… sans les contraintes… Et quelle fierté pour eux lorsqu’ils sont invités à se mesurer “aux pros”.

Puis il y a aussi les simples amateurs, des joueurs occasionnels qui apprécient pouvoir de temps en temps entamer une partie. Ils ont un peu de matériel, juste de quoi jouer, ça leur suffit.

Et bien sûr il y a aussi ceux qui ne font que regarder, qui ont la critique facile sans jamais avoir pratiqué, ceux qui font n’importe quoi (attention aux blessures) … Et les amateurs aux égos surdimensionnés qui se pensent plus forts que tous… Mais oublions ces dernières catégories, elles ne sont pas intéressantes.

Avant d’être un “vrai libertin” on a tous été novices ou débutants, on a tous appris, tâtonné, fait des erreurs…

Et pour ceux qui vivent un BDSM “philosophique”, j’imagine qu’avant de devenir DOM ou soumis/ soumise, vous avez eu une étape de découverte, vous n’êtes pas devenu ce que vous êtes du jour au lendemain, que vous veniez du libertinage ou d’ailleurs.

Doms, soums ou libertins/libertines, vous avez certainement douté, vous vous êtes surement posé cette question ”Est-ce que ce monde et ces jeux sont ceux que je veux ?”

Que ce soit dans le libertinage ou le BDSM, n’oublions pas d’où nous venons, soyons tolérants, acceptons les autres tels qu’ils sont.

Quant à la bourgeoise délurée elle continue son chemin dans un monde qu’elle aime et qui n’est pas tout à fait le sien… mais un chemin fait seulement de jeux, de plaisirs et de passions et de liberté. Et tant pis pour ceux et celles qui ne m’acceptent pas telle que je suis.

A mes belles rencontres D/s

2 Comments on “50 nuances de tolérance

  1. Je comprends votre propos et je maitrise parfaitement la notion de pudeur et je la respecte. Mais les soirées quelles soient libertines ou BDSM sont faites d’exhibition et de voyeurisme, si vous acceptez d’y participer il faut aussi avoir à l’esprit qu’il peut y avoir d’autres types de « profils », des profils qui vous déplaisent. Quand aux pratiques elles ne sont pas dangereuses quand elles sont parfaitement maitrisées. L’intolérance dont je parle je ne la rencontre pas dans les soirées, mais dans certains groupes de discussion BDSM qui jugent les « simples joueurs » ou certains libertins, qui pensent qu’ils sont des vrais et les nouveaux des faux qui n’ont rien à faire dans « leur monde ».

    Aimé par 1 personne

  2. La tolérance c’est un choix raisonnable , elle a ses limites.
    Je crois qu’en matière d’intimité il existe une notion que tu ne sembles pas bien maitriser , c’est la pudeur.
    Je suppose qu’on n’a pas forcément envie de s’exhiber à quelqu’un qui ne partage pas les mêmes émotions.

    La recherche d’authenticité est commune à tous les milieux de passionnés ; si on n’est pas authentique ou qu’on n’inspire pas confiance, on déplait et on est exclu.e.s de certains cercles. c’est frustrant et désagréables mais ça fait partie des choses qu’on doit supporter et tolérer. Les pratiques que tu évoques sont dangereuses et parfois mortelles, elles engagent éventuellement la réputation des personnes présentes ; on peut supposer que le consentement est une chose trés nécessaire, non ? Y compris à admettre du public.

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