AtelierPereFouettard

J’ai croisé Paolo la première fois il y a environ deux ans sur une péniche à l’occasion d’une soirée embrassez qui vous voulez, il animait un atelier de cordes de bougies et de martinets. A l’époque il ne s’était rien passé de particulier entre nous, je n’étais pas encore dans le BDSM, je n’accrochais pas, ça ne m’intéressait pas, son univers n’était pas le mien.

Nous nous sommes revus plusieurs fois dans le même contexte sans qu’on échange autre chose que les politesses habituelles. Puis j’ai franchi le pas du D/s et lors d’un réveillon j’ai vraiment pu faire sa connaissance et celle de sa femme. Et depuis une amitié est née.

Cette année j’ai déménagé, nous sommes devenus voisins et dès que je le peux je vais le voir travailler dans son atelier. J’ai toujours été fascinée par le travail manuel, gamine je trainait dans l’atelier des typographes en face du restaurant de mes parents.

Je trouve qu’il y a quelque chose de magique de voir transformer entre les mains d’un artisan la matière brute en objet.

Lors de mes visites dans son atelier, je fouinais, touchais les cuirs, détaillais les anneaux, les attaches. Un jour je suis tombée sur une manchette qu’il avait réalisé pour un homme. J’ai adoré la matière, ce cuir brut et la douceur du poulain. J’avais envie qu’il en fasse une pour moi, mais une manchette un tantinet SM qui pourrait servir à me tenir en laisse mais aussi me donner un côté Domina. Nous avons fait des tests ensemble, Paolo a eu l’idée de ce gros anneau fixé par deux demi sphères et la manchette Mitsouko est née. Je la porte souvent au quotidien, elle est chic et élégante mais aussi rock. Ensuite je lui ai demandé de me faire un collier dans les mêmes matières.

Il venait de créer une nouvelle gamme, la gamme Mitsouko d’un style totalement différent de ce qu’il fait habituellement mais qui me correspond parfaitement, il a su voir en moi.

Et de fil en aiguille j’ai eu envie de compléter cette gamme par un paddle et une paire de martinets, d’avoir des jouets à mon image… à la fois mordants et caressants et surtout des jouets que j’aimerais qu’on utilise sur moi, des jouets qui me font vibrer. Personne d’autres que Paolo n’aurait pu les réaliser. On se connait depuis un moment, il sait ce que j’aime et lorsqu’il réalise nos accessoires de jeux il s’appuie sur l’intention du donneur et surtout sur les sensations du receveur.

Ma première demande personnalisée a été un paddle, je le voulais assez dur mais aussi caressant, j’avais envie de pouvoir l’utiliser de deux façons et que le receveur ne sache pas ce qui l’attendrait lorsque je l’utiliserais…

La claque ou la caresse…

Il a donc réalisé un paddle avec un cuir que j’ai choisi parmi différentes peaux qu’il m’a proposé en m’expliquant comment ils allaient claquer une fois façonnés, il m’a donné de son temps pour répondre au mieux à mes souhaits, un cuir qu’il a durcit dans une ”potion magique“ et cousu à la main avec une magnifique couture sellier qui me fait penser au matelassage des sacs chanel, on voit immédiatement la différence entre un cousu main et un cousu mécanique, et ces heures de coutures lui ont valu deux belles ampoules.

Quand j’ai voulu ce paddle j’ai d’abord fantasmé sur la face poulain mais depuis que je le possède c’est la face cuir que je n’arrête pas d’admirer et c’est certainement celle qui servira le plus souvent…

Avant de lui demander le paddle, on avait déjà évoqué ensemble la création d’une paire de martinets adaptés à ma main, j’ai souvent des problèmes avec les jouets qu’on trouve dans le commerce ou sur internet, mes mains sont petites et j’ai un problème à l’épaule droite, s’ils sont trop lourds je ne peux pas jouer longtemps.

Les premiers que j’avais vu et qui me plaisaient c’était ceux avec le laçage façon corset, mais ça ne me correspond pas je ne suis ni froufrou ni dentelle. La bourgeoise délurée comme toute bourgeoise qui se respecte à un petit côté rock caché. Et en regardant ma manchette le design de ces martinets a été évident, je savais ce que je voulais. Un matin où Paolo est venu prendre un café je lui ai expliqué mon idée, la difficulté risquait d’être le poids et c’était impératif pour moi qu’ils restent légers pour que je puisse les utiliser. Je voulais qu’ils soient dans le style de la manchette, en cuir et poulain avec des sangles et un anneau qui rappellerait la manchette… Mais ou le mettre… sur le manche ? Non, ça aurait été gênant.

Au fil de nos échanges l’idée est venue de mettre de gros anneaux pour les porter comme des bracelets à la place d’une dragonne, mais il fallait aussi pourvoir jouer sans qu’ils soient gênants. On s’est laisser du temps, on a souvent échangé sur leur réalisation, confronté nos idées et une fois que nous sommes tombés d’accord sur les derniers détails, je lui ai donné mon accord pour la réalisation de mes nouveaux jouets…

Cerise sur le gâteau Paolo m’a invitée à venir dans son atelier pour suivre toute la fabrication. Vous imaginez bien que je ne me suis pas fait prier

Arrivée dans son atelier, Paolo m’a d’abord offert un café, puis présenté le cuir qu’il avait sélectionné en fonction des sensations que cette paire de martinets devaient procurer, je voulais quelque chose de très cinglant, proche de ce que j’avais pu ressentir avec certains fouets, ensuite nous avons déterminé la largeur des lanières, puis leur nombre, on a d’abord pensé à 20, puis au fur et à mesure de la coupe nous avons réduit à 15 — avec un cuir aussi dur 5 lanières supplémentaires n’auraient rien apporté de positif au contraire on risquait de perdre le côté cinglant et d’aller sur quelque chose de plus violent et difficilement supportable — mais en supprimant une partie des lanières on réduisait aussi le diamètre prévu, la facilité aurait été de mettre une baguette en bois au centre, mais comme j’avais demandé dès le départ que ces martinets soient tout cuir, il fallait trouver une autre solution pour compenser cette perte de diamètre.

Ensuite il a fallu fixer les anneaux qui me serviraient de bracelets, vérifier la résistance et régler la longueur de la pièce de cuir pour qu’ils ne me gênent pas lors des jeux.
Puis enfin tard dans la soirée les parer du bel habillage que j’avais imaginé.

Tout au long de la réalisation de ces martinets j’ai pu les tester, vérifier à sa demande à chaque étape et à chaque ajout des pièces qu’ils s’adaptaient parfaitement à ma main, que leur poids restait dans la norme prédéfinie.

Parfois on voit un objet, on imagine qu’il est simple à réaliser, mais quand on le regarde vraiment de prés, qu’on s’arrête aux petits détails on peut imaginer toutes les étapes qu’il va falloir mettre en œuvre pour en faire un bel objet.

Un paddle, un fouet, un martinet ou tout autre accessoire d’impact c’est un peu comme un vêtement, vous pouvez acheter du prêt à porter dans une grande surface ou une boutique de luxe, et vous pouvez aussi faire réaliser du sur mesure, choisir vos matières, votre coupe, un vêtement à votre image qui vous ira comme un gant.

Toute cette journée je me suis sentie comme une future mariée essayant sa robe, admirative de tout ce travail et impatiente de les essayer une fois terminés. Ils sont parfaits

Plus que de l’artisanat… c’est de la haute Couture !

Merci Paolo Descordes pour cette merveilleuse journée, pour tes précieux conseils et tout le temps d’écoute que tu m’as offert pour réaliser ces petits bijoux.

www.caressedecuir.fr

PaddleMartinets

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

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