Quand-la-réalité-dépasse-limaginaire

Il y a des artistes qui vous surprennent en réalisant l’objet de vos fantasmes, qui vont bien au-delà de ce que vous auriez pu imaginer…

Vous n’avez pas assez de mots pour les remercier

Trois ans que j’en rêvais, trois ans qu’il hantait mes pensées…

Lorsque j’ai commencé à ajouter ce type de jouets à ma petite collection c’est la toute première pièce que je voulais acquérir, à l’époque j’étais juste une collectionneuse pas encore une joueuse et je n’avais même pas encore mis le moindre petit orteil dans le BDSM, j’aimais seulement l’esthétisme de cet univers, il a en partie révélé une créativité que j’ignorais.

Je voyais passer les photos sur facebook de ces magnifiques fouets, je n’en avais jamais vu en vrai mais j’en voulais un, j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir me l’offrir.

J’ai donc pris contact avec le créateur.

Aïe !

Le courant n’est pas passé, on ne s’est pas compris, j’avais un peu l’impression de “l’ennuyer”…

J’ai renoncé à cet achat, assez vexée de l’accueil qui m’avait été fait.

Deux ans plus tard lors d’un apéro que j’organisais j’ai eu l’occasion d’en avoir un en main, une femme venant de Suisse m’avait proposé d’apporter le sien.

Je ne saurais pas décrire la sensation que j’ai ressenti lorsque j’ai eu ce fouet en main, le désir de le posséder était de nouveau bien présent, d’autant plus que j’étais devenue joueuse, d’abord du côté du cracker puis je suis très vite passée de l’autre côté et c’est une pièce que je n’avais pas encore. Mais le premier contact avec le créateur avait été si froid que je n’avais pas envie de le relancer, c’était inutile.

Les mois suivants j’en ai eu d’autres en main, l’envie était toujours là, mais avec un seul bémol, le poids, je les trouvais trop lourds pour moi, je pensais que je n’arriverais pas à le manipuler. Je n’étais plus une simple collectionneuse, il fallait que je puisse aussi m’en servir, qu’il aurait été dommage qu’une telle pièce passe sa vie dans une vitrine sans pouvoir mordre la peau…

J’ai donc fait appel à un autre artisan pour mon premier fouet “mon petit mamba noir“, je voulais quelque chose de léger.

Il y a deux mois nous devions trouver un cadeau pour l’anniversaire d’un de nos amis, le fouet a été désigné comme une évidence… Mais pas n’importe quel fouet “Un Charon”…

Re Aïe… il allait falloir que je reprenne contact avec le Monsieur…

J’ai pris sur moi et j’ai fait appel à un ami commun pour qu’il nous mette en relation.

A mon grand étonnement je suis tombée sur un homme charmant, pas l’ours que j’imaginais, il m’a posé des questions, les mêmes questions auxquelles je n’avais pas su répondre la toute première fois, notre incompréhension venait certainement de là, à l’époque je voulais juste un fouet sans rien y connaitre, je suppose que ça l’a rendu méfiant d’où la froideur que j’ai pu ressentir, j’avais l’impression que mon étiquette de libertine me fermait une fois de plus les portes du BDSM , je me sentais méprisée, j’étais agacée, mais après nos récents échanges je crois surtout qu’il est comme ces armuriers qui se soucient de ce que vous voulez acheter, qu’il vérifie comme eux que vous êtes apte à vous en servir correctement et que surtout vous en ferez bon usage.

Je serais rentrée dans une armurerie en demandant un fusil je crois que j’aurais été reçue de la même façon, à l’époque je n’en avais pas conscience. Parce que oui de tels fouets peuvent être dangereux mis entre de mauvaises mains.

J’ai donc commandé le fouet de mon ami, il m’a posé beaucoup de questions sur son caractère et sa morphologie, nous avons validé ensemble la longueur, le poids, le modèle. Tout au long de la réalisation il m’a tenu au courant, envoyé des photos, j’ai beaucoup apprécié, il ne se contentait pas de vendre un fouet et de le livrer, il permettait au client de se l’approprier avant même de le recevoir.

Lorsque je l’ai reçu, j’ai pu admirer à nouveau ce magnifique tressage, j’avais tout mon temps pour l’apprécier, un tressage qui semble si parfait qu’on pourrait le penser mécanique, mais quand on le regarde vraiment de près, qu’on le touche, on voit les petits détails qui certifie que le travail est bel et bien manuel.

Et cette fois-ci le poids ne m’a pas rebuté au contraire

Évidemment je lui ai commandé le mien, celui dont je rêvais depuis trois ans…

L’objet de mes fantasmes…

En fait non pas tout à fait, celui que j’ai commandé est un fouet avec lequel je peux jouer, un fouet pensé pour moi. Nous avons beaucoup échangé, j’ai écouté ses conseils. J’ai eu la chance de voir quelques pièces exceptionnelles de sa facture.

Que c’était difficile de choisir, j’avais envie de tout.

Même si je suis joueuse, je suis d’abord une collectionneuse, qui aime les très belles pièces.

J’aime les tons de noirs et de bruns, les couleurs naturelles qui s’accordent parfaitement à mon intérieur. J’aime le cuir les peaux de belle qualité et de toutes sortes, autruche, python, galuchat. J’aime les objets rares.

Je savais à peu près ce que je voulais, mon choix de pommeau s’est porté sur la tête du cobra, j‘ai toujours fait le parallèle avec un serpent, il siffle dans l’air tel le reptile, se meut de la même façon. Et l’idée de jouer avec la peur du fouet et du serpent faisait travailler mon imagination.

Pour le corps j’avais choisi des spires qui pouvaient rappeler la peau d’un serpent.

Un matin je reçois des photos d’un magnifique tressage argent et noir, c’était vraiment sublime, ça claquait, j’ai hésité, mais même si j’aimais beaucoup ça ne me correspondait pas, j’ai opté pour ce motif, mais avec des couleurs naturelles.

Quelques temps plus tard Monsieur Charon m’envoie la photo d’un magnifique Python en me demandant si j’aime… Mon cœur battait à mille à l’heure…

Allait-il essayer de reproduire cette peau…

Je n’osais rien dire… rien demander… peur de trop fantasmer et au final d’être déçue s’il ne le réalisait pas…

Un matin en prenant mon café, je vois sur facebook un nouveau post de Monsieur Charon… la photo d’un fouet avec le pommeau Cobra, dans mes couleurs, celui qui aurait pu être le mien…

J’ai ressenti un petit pincement… il ne l’avait pas fait… J’en avais seulement rêvé…

Le lendemain je reçois un message

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiiiiii

–  Patience (lol )

Mon cœur se remet à battre la chamade… et si au final ce Cobra n’était pas le mien et qu’il l’avait vraiment fait…

Mon cerveau bouillonne pendant 3 jours, il prend plaisir à me taquiner chaque jour…

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiii

–  Nan patience

Grrrrrr

J’y pense et j’y repense… Le pommeau… s’il l’a vraiment réalisé, la tête de cobra ne va pas du tout aller avec le motif de la peau de python, mais je n’ose pas le lui dire, il a certainement déjà fabriqué le pommeau…

C’est trop tard…

On est mardi, enfin il m’envoie les photos de mon fouet, je m’étais préparée…

Soit j’avais le choix d’origine soit j’allais posséder mon idéal…

PUTAIN !!!!! Il l’avait fait !

Et Ouiiiiiii il avait aussi changé le pommeau

Ce fouet est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Je suis sans voix, je ne sais plus quoi dire, je ne sais pas quoi lui dire, les mots ne viennent pas. Je suis complètement bluffée.

Je suis mal à l’aise, j’ai honte de ne pas arriver à trouver les mots pour le remercier.

Puis il me vient des tas d’images, j’entre dans une bulle, je me remémore des souvenirs, je pense à mon enfance et à un continent qui m’est cher l’Afrique, je revoie la peau de serpent accrochée au mur chez mon père, je pense à Ève et au serpent de la genèse et bien sûr à Kaa le Python du livre de la jungle “aie confiance…”

Il me faudra un peu de temps pour réaliser qu’il est vraiment à moi que ce n’est plus un doux rêve…

Le week-end suivant je partais en Bretagne pour un Week-end organisé par le Chapitre de Rennes, deux soirées de découverte et un après-midi d’ateliers, un week-end ou Monsieur Charon devait me remettre mon “jouet“.

J’arrive vers 18 h, lui doit arriver vers 20 h 30, c’est parfait ça me laisse le temps de me délasser du voyage, de faire connaissance avec nos hôtes de prendre une douche et de me préparer pour la soirée.

Je suis dans la salle où se déroulera les festivités, nous sommes plusieurs à prendre un verre et discuter.

Il arrive enfin, accompagné de sa femme Sow que j’ai pu admirer le lendemain dans une démonstration de needle play, de Charly de Sybille leurs soumis et d’un ami commun.

Je ne vous ai pas dit que Monsieur Charon était taquin ?

Il me prend par l’épaule, me colle un baiser sur la joue

– Bonjour Mitsouko, ah je suis désolé je l’ai oublié chez moi, mais c’est à cause de lui (notre ami commun), mais ne vous inquiétez pas demain je retourne le chercher.

Déception dans ma petite tête, mais je prends sur moi et ne le montre pas…

– Mais non vous n’allez pas refaire la route (300 km aller et retour quand même), ce sont des choses qui arrivent envoyez le par la poste.

–  Si, si, demain je vais le chercher

–  Non vraiment ne faites pas la route, ce n’est pas grave…

Il va saluer les personnes présentes, de mon côté je vais prendre un verre, je suis un peu déçue mais j’ai bien l’intention de profiter de ce week-end, après tout ce n’est qu’un contre temps et il y a tellement d’autres choses à découvrir.

Une demi-heure plus tard il arrive derrière moi me prend par l’épaule et me tend un magnifique coffret avec mon nom gravé dessus.

Mon cœur se met à battre, je caresse le bois, je n’ose pas l’ouvrir, je sens les regards sur moi

Je me sens un peu “molle“, j’ai peur d’être maladroite, que ce serpent s’échappe de sa boite lorsque je vais le libérer… Il ne manquerait plus qu’il m’échappe… là devant tout le monde.

Bon allez Mitsouko ouvre donc cette boite !

Pffff, les photos ne mentaient pas, il est sublime, je le caresse avant de le prendre en main, je manque d’assurance, mes mains sont-elles propres ? J’aurais aimé avoir des gants blancs ces gants dont on se sert pour tourner les pages des livres anciens et précieux…

Ceux qui me connaissent savent que je suis maniaque avec mes affaires et encore plus avec certains objets.

Je le range rapidement, je connais l’effet du nouveau jouet et surtout des belles pièces que tout le monde a envie de voir et de toucher, je me sens un peu comme ces femmes enceinte dont tout le monde veut toucher le ventre et qui ne le supporte pas, je deviens comme elle protectrice avec “mon bébé“, je vais très vite le ranger.

Je ne le ressortirais que le lendemain après m’être soigneusement lavé les mains. Le cours de Monsieur Charon va commencer, il me montre comment l’assouplir. Je m’installe dans le canapé et essaie de reproduire le mouvement, mais je suis trop “Délicate”

Sybille la soumise de Monsieur Charon voit que je n’ose pas le “maltraiter”, elle m’encourage a être plus ferme, me propose de me montrer, je le lui tends sans hésiter. Son geste est sûr, j’écoute ses conseils, elle me le rend je l’imite, je prends de l’assurance.

Le cours va pouvoir commencer… Un cours donné dans la joie et la bonne humeur par le Maître lui-même…

Je me sens bien, je suis heureuse.

Seul Monsieur Charon pouvait réussir ce défi, seul son tressage pouvait reproduire les écailles de ce reptile.

Je sais que j’ai une chance inouïe, qu’il a passé énormément de temps à y réfléchir et à le penser, que ce temps il ne l’a pas compté.

J’ai conscience que je possède une pièce rare et exceptionnelle, j’espère en être digne.

Mon Python Royal est la pièce maitresse d’une collection dont je suis fière.

Merci Monsieur

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

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