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Dans l’univers BDSM je ne joue jamais avec les hommes, les soumis ne m’attirent pas, le D/s c’est pas mon truc et aussi parce que mes relations avec les hommes sont sexualisées et je suis plutôt attirée par Les Mâles Alphas…

Je fais quelques exceptions, mais avec des couples D/s et dans ce cadre il n’y a pas de sexualité en tout cas pour moi, ça sera le plus souvent dans un jeu de domination sur une soumise en partenariat avec son Maître, et parfois quand j’ai besoin de passer de l’autre côté pour évacuer j’ai des couples d’amis très proches qui me permettent de lâcher prise.

Moi mon truc ce sont les femmes masos, les vraies masos et de préférence pas soumises, j’aime qu’il y ait du répondant en face…

Il y a aussi des pratiques qu’affectionnent certains hommes dans cet univers qui me rebutaient et en particulier le fétichisme des pieds…

A part si c’est un homme avec qui j’ai une relation ou mes amis proches je n’aime pas qu’on me touche et surtout pas les pieds, je suis extrêmement chatouilleuse, j’attrape facilement des crampes et bien sur j’avais toujours peur de dégager de mauvaises odeurs.

Je n’arrive pas trop à comprendre ce qu’il peut y avoir d’attirant dans un pied…

Mais j’ai toujours aimé que  la naissance des orteils dépassent de l’escarpin, un peu comme le cœur que forment les seins sous un cache cœur, j’appelle ça le décolleté du pied… Inconsciemment j’érotisais le pied, je m’en suis rendu compte suite à une expérience aux goûters du Divin Marquis…

Depuis que j’allais aux Goûters j’en voyais beaucoup, quelques-uns me demandaient s’ils pouvaient s’occuper de mes pieds, j’ai toujours refusé, vraiment pas envie qu’un homme lambda me touche, je ne suis pas une prestataire de service et je ne peux pas donner du plaisir à un homme sans que cela m’en apporte.

Il m’est arrivé de vouloir faire plaisir par jeu, mais à chaque fois ça a été de mauvaise expérience.

Une première fois à la Demonia, je portais des cuissardes et un homme voulait les lécher. Mais il ne s’est pas contenté de lécher le cuir il a commencé à me masser fortement les mollets, je n’étais pas très à l’aise, j’étais assez tendue ce qui a fini par provoquer une crampe, résultat j’ai eu du mal à marcher pendant 3 jours.

La seconde fois c’était aux goûter j’étais d’humeur plus tolérante un homme que je pensais seulement soumis m’a demandé s’il pouvait se mettre à mes pieds, j’avais des bottes cavalières plates ce jour-là, j’ai accepté sans imaginer que cet homme allait coller son entrejambe sur ma cheville pour se frotter comme le ferait un chien. J’ai détesté ce moment je me suis sentie agressée. Je l’ai très vite remis à sa place. J’ai hésité sur le moment à en parler à Ness, mais assez choquée j’ai fini par le faire, autant vous dire que Ness n’a pas du tout apprécié le comportement de ce monsieur.

Donc vous imaginez bien qu’entre mes aprioris et mes mauvaises expériences, les fétichistes c’était vraiment pas mon truc… j’avais même tendance à les éviter…

Mais aux goûters il y a un homme fétichiste des pieds qui vient régulièrement, il fait partie des personnes que j’apprécie, il ne m’a jamais sollicitée, je ne sens aucune arrière-pensée et il n’y a aucune ambigüité dans nos rapports, je me sens totalement libre d’échanger avec lui.

Un jour nous étions plusieurs à prendre un verre au café d’en face, on aborde le sujet du fétichisme, la façon dont il en a parlé ce qu’il expliquait a aiguisé ma curiosité.

Comment arriver à imaginer qu’une femme puisse avoir un orgasme avec un simple massage des pieds… que ce soit agréable je peux le concevoir, mais de là à ce que ce soit orgasmique…

Je me suis promis qu’un jour j’essayerai.

Quelques mois plus tard Ness poste un événement un peu spécial un Goûter où on fêterait tous ensemble l’anniversaire de “Monsieur C”

C’était le moment où jamais, sur le post je me suis lancée un défi, lui faire cadeau pour son anniversaire de mon premier massage des pieds. C’était le jour où jamais et en le faisant publiquement je ne pouvais plus reculer si je ne voulais pas passer pour quelqu’un qui ne tient pas ses engagements.

Plus le jour approchait, plus je commençais à stresser, je crois que j’étais plus angoissée que le jour où je me suis fait dépuceler.

“Et s’il n’aimait pas mes pieds… et si mes pieds se mettaient à puer… Et si je lui décroche la mâchoire avec un malencontreux coup de pied… Et le pire s’il arrivait à me provoquer un orgasme devant tout le monde… Oh mon dieu non surtout pas ça”

De toute façon le sort en était jeté, je m’étais engagée je ne pouvais plus reculer, la seule chose qui aurait pu encore me sauver c’est que lui n’en ait pas envie.

Il fallait que je m’approprie ce moment et que cela se fasse dans des conditions qui puissent provoquer une émotion chez moi. Pour les chaussures je savais à peu près lesquelles mettre, mais il me fallait des bas, pas n’importe lesquels, je voulais  des fully-fashioned en nylon avec keyhole. J’adore en porter même si c’est assez rare, je n’avais jamais rencontré d’hommes qui appréciaient vraiment, j’étais souvent déçue par leur réaction.

Tu mets un joli porte-jarretelle ou une guêpière, de beaux bas couture, le mec s’attarde 5 mn sur tes jambes et tu finis par te retrouver à poil, pas de jeu… la seule chose qui l’intéressait c’est de baiser.

Et moi à chaque fois j’étais frustrée

Mais si je n’aime pas qu’on me touche les pieds, j’adore qu’on joue avec mes jambes et encore plus lorsqu’elles sont gainées de nylon, elles font partie de mes zones érogènes, les caresser provoquent des sensations chez moi.

Manque de chance je n’ai pas pu trouver exactement ce que je voulais, tant pis ça sera des bas couture mais sans keyhole

Le jour J arrive, les ongles de mes pieds sont faits, mes jambes sont lisses, j’ai sélectionné 4 paires de chaussures pour finalement n’en retenir que deux.

Je lui laisserai le dernier choix.

Il opte pour celles en Python bleu de la Maison Ernest, c’était aussi mes préférées mais il va falloir que je tienne sur mes douze centimètres jusqu’au moment fatidique et j’espérais qu’il arrive vite, mais non… On attendait que tous soient présent pour enfin lui souhaiter son anniversaire.

La tension montait de plus en plus, il fallait que je relâche un peu la pression, je me suis mise à jouer avec une de mes amies.

Enfin le gâteau arrive, c’est le moment pour lui de souffler bougies, tout le monde prend un verre, il se fait tard, je commence à me détendre je pense que ça ne se fera pas aujourd’hui.

Lui n’a pas oublié… il s’approche, il vient chercher ce cadeau que je lui avais promis, il est accompagné d’une amie à qui il voudrait faire découvrir son univers, une charmante jeune femme avec laquelle je me sens très à l’aise.

Monsieur C. savait que c’était une première pour moi et que je n’étais pas très sereine, il a eu l’intelligence et la délicatesse de ne pas m’imposer la situation en public.

Nous nous sommes isolés à l’étage.

Je me suis allongée, il a commencé à enlever mes chaussures, puis me masser délicatement les pieds, les embrasser, jusqu’à mettre mes orteils dans sa bouche. J’étais assez tendue et ça ne provoquait pas grand-chose chez moi, je le laissais faire tout en essayant de me détendre…

Et évidemment ce qui devait arriver arriva… il m’a chatouillé !!!

Je me suis mise à rire, impossible pour moi de m’arrêter, rien d’étonnant c’est habituel dès qu’on me chatouille.

“Monsieur C” n’a pas insisté sur mes pieds, il m’a laissé m’apaiser et lorsqu’il m’a sentie plus détendue il m’a entraînée dans un autre jeu qu’il affectionne. Je ne sais pas quels signes il a reçu pour deviner qu’il pourrait se le permettre, peut-être a-t-il remarqué que cet après-midi là je me caressais régulièrement les jambes ; c’est instinctif dès que je porte des bas couture, j’aime ressentir la caresse d’une main sur ma peau à travers le nylon, en l’occurrence c’était mes mains… ça a tendance à m’exciter, en réalité le seul fait de porter des bas nylon m’excite, l’idée que les hommes devinent que j’en porte m’excite, et j’aime en jouer…

Il a commencé par me mettre les jambes autour de son cou, d’abord les mollets tout en les caressant, là j’avoue ça commençait à provoquer des sensations…

Ensuite il m’a demandé de serrer… je n’ai pas hésité.

Je ne le lâchais pas du regard, ce que j’ai vu dans ses yeux m’a ramenée quelques années en arrière, à un moment où je me suis rendu compte du pouvoir que je pouvais avoir sur les hommes en jouant de séduction, en jouant de ma sexualité, de leurs désirs, et de “leurs perversions” lorsqu’elles rejoignent les miennes…

Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour me laisser prendre à ce jeu…

J’ai déboutonné ma robe, j’ai ressenti le besoin d’exhiber mon corps, j’ai rapproché un peu plus mon intimité de son visage, je me suis mise à onduler…

Puis j’ai serré… j’ai serré… j’ai serré…

Il y avait une forte tension sexuelle qui flottait dans l’air, à cet instant j’ai regretté qu’il n’y ait personne autour de nous, quand je suis dans cet état j’aime qu’on me regarde, je ne suis pas exhib juste pour le plaisir de me mettre nue, me mettre simplement à poil où montrer mes fesses ne m’intéresse pas, je n’affectionne pas particulièrement la nudité, j’ai toujours préféré jouer de subtilité, un revers de bas que l’on aperçoit sous une jupe crayon, un décolleté qui dévoile la rondeur d’une poitrine ou des seins libres sous un col roulé. J’ai besoin de jeu, j’aime ressentir le désir, j’aime provoquer l’excitation des autres, ça nourrit la mienne.

C’est un vrai pouvoir de domination et il est d’autant plus fort qu’il n’y a pas de finalité “purement sexuelle” du moins comme on l’entend dans le monde vanille. Ce pouvoir tu le possèdes parce qu’il n’y a pas de “baise”, pas de pénétration, laisser consommer le fruit défendu pourtant si proche tuerait le désir et de l’un et de l’autre. Ce pouvoir tu l’as sur celui dont tu prends le cou dans l’étau de tes cuisses, mais aussi sur ceux qui pourraient observer la scène et qui peut être aimeraient être à la place de ta victime…

Provoquer le désir pour ressentir le désir de l’autre et des autres…

Cette première expérience je n’aurais pas pu la faire ailleurs qu’aux Goûters du Divin Marquis où je me sens bien, personne ne juge personne,  chacun est libre de se laisser aller à ses envies, je n’aurais pas pu la faire avec quelqu’un d’autre que lui, j’avais confiance, je sais qu’il a ressenti l’excitation que ça a provoqué chez moi, il a su comment me guider, il m’a accompagnée dans cette découverte, j’en ai oublié mes appréhensions sur tout ce qui est jeu d’asphyxie.

Le jeu s’est arrêté, j’ai défait mes bas, je les ai noués autour de son cou.

Merci Monsieur C

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

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