soireegratuite

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© La villa sardanapale

Voilà… voilà… encore un énième coup de gueule concernant les soirées privées payantes sur wyylde et ça me donne envie de prendre la plume, pour défendre certains organisateurs et qu’on arrête de mettre tout le monde dans le même panier.

Alors oui c’est vrai, certains abusent et ne font rien d’autres que du frics ou ont trouvé un moyen facile et pas cher de culbuter un max de donzelles , et si leurs soirées ne sont pas à la hauteur de leurs promesses ça se saura vite et ils ne dureront pas, malheureusement on voit majoritairement passer sur wyylde des coups de gueule concernant les soirées privées payantes, jamais personne ne dit qu’il est content d’avoir payé 30, 60 ou 100 euros et dire que c’était une soirée génialissime et vraiment pas chère !…

Pourtant il y a plein de gens de bonne volonté qui essaient de vous proposer des événements sympas et peu importe le prix que ce soit gratuit, 30 ou 100 euros, chacun fera en fonction de ses moyens et de l’avance de frais qu’il peut faire, l’essentiel est de passer un bon moment. Et quand j’en vois certains qui n’hésitent pas à claquer 200 euros, voire plus en club, mais qui râlent dès qu’une soirée privée doit être payante, ça m’agace.

Malheureusement les organisateurs n’ont pas tous les moyens d’inviter gratuitement et nous n’avons pas tous un lieu assez grand dans lequel nous pouvons batifoler à notre guise sans déranger le voisinage…

Personnellement j’ai arrêté d’organiser de telles soirées, les critiques que je vois passer ici et là font partie des raisons qui m’ont fait prendre cette décision bien que nous n’avions pas l’air d’être la cible de ces critiques du moins publiquement et oui c’est vrai, elles n’étaient pas gratuites et j’y ai souvent été de ma poche comme d’autres organisateurs que je connais bien.

En moyenne 30 euros par personne et peu importe le genre tout le monde payait le même tarif, plus une participation au buffet en fonction des moyens de chacun (boisson + nourriture) ce qui devait revenir entre 60 et 100 euros par personne au final, mais quand on fait participer au buffet ça passe mieux apparemment.

Nous n’étions pas des pros, nous étions juste des femmes avec peu de moyens, mais avec des idées plein la tête et parfois des envies un peu folles comme les soirées de toutes les féminités dont nous sommes très fières, on n’était pas certaines que ça fonctionnerait mais on a pris le risque, pris le risque d’y perdre de l’argent si nous n’avions pas le nombre nécessaire de participantes pour amortir le coût. Nous avons essayé d’organiser des soirées accessibles à tous, avec juste une envie de plaisirs partagés dans le respect et la bonne humeur

Alors, une soirée privée c’est quoi et ça se passe comment en terme d’organisation ?

Il serait facile pour chacun de nous d’organiser de petites soirées intimes chez soi avec quelques personnes de nos amis ce qui a aussi un coût lorsqu’on invite réellement en prenant tout à sa charge, mais vouloir organiser une soirée privée, c’est avant tout vouloir permettre aux gens de se rencontrer, de permettre à des personnes d’élargir leurs horizons, de créer des moments de partage.

Organiser une soirée privée, c’est donner du temps, beaucoup de temps, du temps pour trouver le lieu, créer la playlist adaptée au thème de la soirée, du temps  à échanger sur les sites, à rassurer aussi parfois les novices. C’est aussi oublier ses propres désirs, quand on est en mode “organisateur” on met de côté ses propres recherches…

Et l’argent demandé pour la participation, il sert à quoi ?

Et bien pour les soirées que nous organisions avec mes amies voilà une petite liste

  • Location du lieu (il faut savoir qu’en cas de dégât nous les organisateurs nous perdons notre caution) et quand vous cassez quelque chose, la plupart d’entre vous ne le signalez même pas au mieux vous laissez tel quel au pire vous planquer dans un coin…

Personnellement j’ai dû rembourser la réparation d’un cadre, environ 250 euros si je me souviens bien…

  • L’achat des produits nécessaires (préservatifs, lubrifiants, gel hydroalcoolique, etc…) et oui la plupart des participants viennent avec leurs préservatifs mais pas le reste…
  • Trousse de secours au cas où… (désinfectant, pansements, arnica, strap…)
  • Champagne pour le verre de bienvenu
    • parfois petit-déjeuner pour le lendemain matin lorsque certains dorment sur place pour éviter la route
  • Prestation photographe (je paye les intervenants ça assure une obligation de confidentialité)
  • Vigile (suivant le lieu de la soirée)

J’avais acheté mes propres draps pour les soirées…

Tout cela a un coût non négligeable et quand par chance il restait un peu d’argent ce qui était rare, à chaque fois on le donnait avec plaisir à celles qui avaient tenu le bar bénévolement pour la remercier.

Puis vient la soirée… et les excuses plus ou moins bidons commencent à arriver…

Je ne peux pas venir, j’ai un problème de nounou, mon chat est malade, j’ai attrapé la grippe, etc, etc… sans parler de ceux qui ne s’excusent même pas…

Oh putain fait chier…  On en a dix de moins que prévu, on ne couvre pas le frais…

Ensuite, viennent les ronchons qui t’appellent parce qu’ils ne trouvent pas de place pour se garer, que le quartier est pourri, qui te demande si tu n’as pas une idée. Comme si j’avais le plan du quartier avec les places libres qui se mettrait à jour dans ma p’tite tête… Ben voyons…

Ah et il y a ceux qui arrivent les mains vides « ah mais je savais pas qu’il fallait apporter quelque chose » EUH… tu n’as pas lu les messages on l’a écrit au moins trois fois si c’est pas quatre…

Bon ben c’est pas grave heureusement il y a toujours des personnes très généreuses qui apportent plus que de raison.

Ça y est tout le monde est là on peut fermer les portes et la soirée peut commencer…

Et sous ta jolie petite robe tu endosses le rôle de garde-chiourme, de pompier, de  femme de ménage, etc… etc…

Oups un verre cassé vite il faut l’enlever quelqu’un pourrait se blesser

Oups il y a une flaque par terre, où est la serpillière avant que quelqu’un ne glisse et se casse une jambe…

Oui on a le droit de fumer dans la cour, mais non on ne joue pas, et vous êtes priées mesdames de mettre un manteau, nous n’avons pas à imposer notre mode de vie au voisinage…

Je ne retrouve pas ma pochette, vous ne sauriez pas où elle est ?

J’ai soif il est ou le champagne ? EUH STOP tu as déjà assez bu et tu conduis, de l’eau ou un soda mais plus d’alcool… Et oui en cas d’accident nous sommes responsables nous les organisateurs d’avoir laissé partir des personnes alcoolisées… et ce n’est pas toujours simple de les raisonner…

Il faut aussi surveiller les comportements des uns et des autres, faire attention à ce que tout se passe bien, qu’il n’y ait pas d’agressivité, qu’une femme ne se retrouve pas dans “une position“ difficile avec un homme ou plusieurs… faire aussi attention à ce qu’il n’y ait pas d’escorts dans ta soirée qui se seraient fait passer pour des libertines, mais qui ne seraient venues que pour chercher de futurs clients, pour nous c’est un risque d’accusation de proxenetisme…

Intervenir quand il y a un problème… comme cette fois ou une participante a arraché la perruque d’un de nos travestis en le traitant d’escroc…

Devoir supporter les plaintes de certains ou certaines parce que personne ne s’est intéressé à leur petite personne tout au long de la soirée…

Hé ! c’est aussi à vous d’aller vers les autres… nous on organise, on ne vous garantit pas sur facture que vous allez trouver un partenaire qui va vous envoyer au septième ciel…

Organiser une soirée c’est aussi prendre le risque d’accusations infondées… j’avais une soirée que je voulais faire et qui me tenait à cœur et à laquelle j’ai renoncé parce que je savais que je pouvais avec ce thème être accusée de proxénétisme par des personnes qui jugent sans savoir, comme c’est souvent le cas dès qu’il s’agit de soirée gang bang.

C’est aussi prendre le risque de se retrouver au commissariat, de payer une amende pour tapage nocturne, d’être accusé d’exhibitionnisme parce qu’une nana un peu éméchée a décidé de faire le show sur le balcon de l’appartement que tu a loué ou pire dans la rue…, et ça peut coûter très cher…

C’est aussi avoir le trouillomètre à zéro quand on propose certaines pratiques comme le shibari, la peur que les points d’attache lâchent, la peur de l’accident…

Etc, etc…

 

Bon ben voilà la soirée est terminée, on va pouvoir rentrer se coucher…

Ben non, maintenant faut ranger… nettoyer… et parfois on tombe sur des trucs pas très ragoutants… comme celles et ceux qui jouent anal sans avoir fait de lavement et planquent les serviettes en boule dans un coin… Et toi tu tombes la dessus de bon matin et tu as juste envie de gerber… allez hop à la poubelle les serviettes… Et va falloir les remplacer c’est pas gratos…

Et puis il y a celles et ceux qui ont oublié quelque chose… et faut que nous on se démerde pour leur rapporter… parce que eux ne se déplacent pas… n’est-ce pas…

Ensuite s’il y a eu photo, il faut les trier, masquer les visages et les tatouages, les faire valider avant diffusion, etc, etc…

 

Enfin bref… pour organiser il faut vraiment le vouloir

Organiser une soirée, c’est un moment d’euphorie quand on a une idée qu’on trouve géniale

Parfois ce sont des moments de découragement quand on n’a pas de réponse, des annulations de dernières minutes, des personnes qui nous demandent de nous justifier, voire qui deviennent agressives lorsqu’on leur dit non désolé pas cette fois…

C’est aussi de la culpabilité quand on refuse certaines personnes que l’on apprécie, mais qui ne correspondent pas à la soirée à Thème et qu’on voudrait aussi donner leur chance à des nouveaux sans faire de surbooking.

C’est du stress et de l’angoisse, la peur d’oublier quelque chose, de manquer de champ, que la soirée soit ratée, une catastrophe de dernière minute qui contraint à annuler et à rembourser, et dans ce cas tous les frais engagés seront perdus, pour éviter ça et la déception des participants lors une soirée j’ai dû assurer un pied cassé, sur une autre trouver un autre lieu à la dernière minute…

Annuler une soirée c’est prendre le risque de perdre de sa crédibilité, faire des mécontents, surtout quand un organisateur débute… Pourtant beaucoup de participants ne se gênent pas pour le faire, mais nous nous n’avons pas le droit…

On passe par toutes ces phases, mais malgré ça, ensuite vient le bonheur de vous voir jouer, rire, sourire, découvrir, initier, prendre du plaisir, dans le partage la joie et la bonne humeur et ça c’est notre plus grand plaisir, alors si vous avez envie que ça continue, si vous avez envie que les organisateurs restent motivés, encouragez les plutôt que de les critiquer.

Vous n’avez pas aimé la soirée, ça arrive, parlez-en avec l’organisateur, expliquez-lui,

mais surtout ne “dénigrez” pas cette soirée… vous n’avez pas aimé… ok mais d’autres ont apprécié, c’est juste que cette soirée ne correspondait pas à votre personnalité.

Vous avez accepté l’invitation, vous vous êtes simplement trompé, assumez, ce n’est pas la faute des autres participants ou de l’organisateur.

C’est un peu comme lorsque l‘on va voir une pièce de théâtre, parfois on est déçu mais on ne demande pas le remboursement de sa place comme certains peuvent le faire, et on ne dit pas que la pièce était nulle on dit simplement qu’on n’a pas aimé…

Il m’est arrivé d’aller dans des soirées qui ne me correspondaient pas, ça ne veut pas dire qu’elles ne valent rien c’est juste que ce n’est pas ce que moi j’aime.

Et qui sait un jour peut-être que j’aurais de nouveau cette envie de revenir et de vous réunir…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

Gibier a la demi deuil

J’ai vu passer un flyer pour une chasse à la soumise… ça m’a inspiré une petite recette…
Comprenne qui pourra 😈😈😈

Gibier à la demi-deuil
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Munissez vous d’une planche ou d’un attendrisseur, d’un couteau, et d’un fouet.

Pour cette recette pas besoin de truffes mais il vous faudra un bon tour de main pour obtenir la bonne coloration.

Commencez par déplumer le gibier, puis disposez le à plat la croupe bien tendue. Nappez cette chaire de caresses et de baisers, n’oubliez pas au passage quelques pincées de sadisme, travaillez en pressant fermement avec vos doigts, lorsque vous sentez la chaire de l’animal se détendre, commencez par tapoter légèrement avec les paumes de vos mains, n’hésitez pas à accélérer et appuyer le mouvement si vous estimez que cela devient nécessaire.
Ensuite prenez une planche et attendrissez cette chaire.
Lorsque le gibier est à bonne température et que sa peau se pare d’un beau rouge écarlate, sortez le fouet, faites d’abord mijoter à feu doux pour libérer les saveurs, puis terminez par une cuisson franche pour faire craquer légèrement la peau et laisser couler les sucs.

Tout au long de la recette n’oubliez pas de surveillez attentivement, le gibier ne doit pas se dessécher, vérifier toujours son taux d’humidité à l’aide de votre index.

Pour les plus experts entaillez délicatement la peau, la recette n’en sera que plus savoureuse.

Et selon vos goûts vous pouvez aussi ficeler ou flamber votre gibier.

Une fois l’animal à point, laissez le reposer

A déguster et savourer sans modération.

Planche et attendrisseur disponibles auprès de Sir John

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Quand-la-réalité-dépasse-limaginaire

Il y a des artistes qui vous surprennent en réalisant l’objet de vos fantasmes, qui vont bien au-delà de ce que vous auriez pu imaginer…

Vous n’avez pas assez de mots pour les remercier

Trois ans que j’en rêvais, trois ans qu’il hantait mes pensées…

Lorsque j’ai commencé à ajouter ce type de jouets à ma petite collection c’est la toute première pièce que je voulais acquérir, à l’époque j’étais juste une collectionneuse pas encore une joueuse et je n’avais même pas encore mis le moindre petit orteil dans le BDSM, j’aimais seulement l’esthétisme de cet univers, il a en partie révélé une créativité que j’ignorais.

Je voyais passer les photos sur facebook de ces magnifiques fouets, je n’en avais jamais vu en vrai mais j’en voulais un, j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir me l’offrir.

J’ai donc pris contact avec le créateur.

Aïe !

Le courant n’est pas passé, on ne s’est pas compris, j’avais un peu l’impression de “l’ennuyer”…

J’ai renoncé à cet achat, assez vexée de l’accueil qui m’avait été fait.

Deux ans plus tard lors d’un apéro que j’organisais j’ai eu l’occasion d’en avoir un en main, une femme venant de Suisse m’avait proposé d’apporter le sien.

Je ne saurais pas décrire la sensation que j’ai ressenti lorsque j’ai eu ce fouet en main, le désir de le posséder était de nouveau bien présent, d’autant plus que j’étais devenue joueuse, d’abord du côté du cracker puis je suis très vite passée de l’autre côté et c’est une pièce que je n’avais pas encore. Mais le premier contact avec le créateur avait été si froid que je n’avais pas envie de le relancer, c’était inutile.

Les mois suivants j’en ai eu d’autres en main, l’envie était toujours là, mais avec un seul bémol, le poids, je les trouvais trop lourds pour moi, je pensais que je n’arriverais pas à le manipuler. Je n’étais plus une simple collectionneuse, il fallait que je puisse aussi m’en servir, qu’il aurait été dommage qu’une telle pièce passe sa vie dans une vitrine sans pouvoir mordre la peau…

J’ai donc fait appel à un autre artisan pour mon premier fouet “mon petit mamba noir“, je voulais quelque chose de léger.

Il y a deux mois nous devions trouver un cadeau pour l’anniversaire d’un de nos amis, le fouet a été désigné comme une évidence… Mais pas n’importe quel fouet “Un Charon”…

Re Aïe… il allait falloir que je reprenne contact avec le Monsieur…

J’ai pris sur moi et j’ai fait appel à un ami commun pour qu’il nous mette en relation.

A mon grand étonnement je suis tombée sur un homme charmant, pas l’ours que j’imaginais, il m’a posé des questions, les mêmes questions auxquelles je n’avais pas su répondre la toute première fois, notre incompréhension venait certainement de là, à l’époque je voulais juste un fouet sans rien y connaitre, je suppose que ça l’a rendu méfiant d’où la froideur que j’ai pu ressentir, j’avais l’impression que mon étiquette de libertine me fermait une fois de plus les portes du BDSM , je me sentais méprisée, j’étais agacée, mais après nos récents échanges je crois surtout qu’il est comme ces armuriers qui se soucient de ce que vous voulez acheter, qu’il vérifie comme eux que vous êtes apte à vous en servir correctement et que surtout vous en ferez bon usage.

Je serais rentrée dans une armurerie en demandant un fusil je crois que j’aurais été reçue de la même façon, à l’époque je n’en avais pas conscience. Parce que oui de tels fouets peuvent être dangereux mis entre de mauvaises mains.

J’ai donc commandé le fouet de mon ami, il m’a posé beaucoup de questions sur son caractère et sa morphologie, nous avons validé ensemble la longueur, le poids, le modèle. Tout au long de la réalisation il m’a tenu au courant, envoyé des photos, j’ai beaucoup apprécié, il ne se contentait pas de vendre un fouet et de le livrer, il permettait au client de se l’approprier avant même de le recevoir.

Lorsque je l’ai reçu, j’ai pu admirer à nouveau ce magnifique tressage, j’avais tout mon temps pour l’apprécier, un tressage qui semble si parfait qu’on pourrait le penser mécanique, mais quand on le regarde vraiment de près, qu’on le touche, on voit les petits détails qui certifie que le travail est bel et bien manuel.

Et cette fois-ci le poids ne m’a pas rebuté au contraire

Évidemment je lui ai commandé le mien, celui dont je rêvais depuis trois ans…

L’objet de mes fantasmes…

En fait non pas tout à fait, celui que j’ai commandé est un fouet avec lequel je peux jouer, un fouet pensé pour moi. Nous avons beaucoup échangé, j’ai écouté ses conseils. J’ai eu la chance de voir quelques pièces exceptionnelles de sa facture.

Que c’était difficile de choisir, j’avais envie de tout.

Même si je suis joueuse, je suis d’abord une collectionneuse, qui aime les très belles pièces.

J’aime les tons de noirs et de bruns, les couleurs naturelles qui s’accordent parfaitement à mon intérieur. J’aime le cuir les peaux de belle qualité et de toutes sortes, autruche, python, galuchat. J’aime les objets rares.

Je savais à peu près ce que je voulais, mon choix de pommeau s’est porté sur la tête du cobra, j‘ai toujours fait le parallèle avec un serpent, il siffle dans l’air tel le reptile, se meut de la même façon. Et l’idée de jouer avec la peur du fouet et du serpent faisait travailler mon imagination.

Pour le corps j’avais choisi des spires qui pouvaient rappeler la peau d’un serpent.

Un matin je reçois des photos d’un magnifique tressage argent et noir, c’était vraiment sublime, ça claquait, j’ai hésité, mais même si j’aimais beaucoup ça ne me correspondait pas, j’ai opté pour ce motif, mais avec des couleurs naturelles.

Quelques temps plus tard Monsieur Charon m’envoie la photo d’un magnifique Python en me demandant si j’aime… Mon cœur battait à mille à l’heure…

Allait-il essayer de reproduire cette peau…

Je n’osais rien dire… rien demander… peur de trop fantasmer et au final d’être déçue s’il ne le réalisait pas…

Un matin en prenant mon café, je vois sur facebook un nouveau post de Monsieur Charon… la photo d’un fouet avec le pommeau Cobra, dans mes couleurs, celui qui aurait pu être le mien…

J’ai ressenti un petit pincement… il ne l’avait pas fait… J’en avais seulement rêvé…

Le lendemain je reçois un message

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiiiiii

–  Patience (lol )

Mon cœur se remet à battre la chamade… et si au final ce Cobra n’était pas le mien et qu’il l’avait vraiment fait…

Mon cerveau bouillonne pendant 3 jours, il prend plaisir à me taquiner chaque jour…

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiii

–  Nan patience

Grrrrrr

J’y pense et j’y repense… Le pommeau… s’il l’a vraiment réalisé, la tête de cobra ne va pas du tout aller avec le motif de la peau de python, mais je n’ose pas le lui dire, il a certainement déjà fabriqué le pommeau…

C’est trop tard…

On est mardi, enfin il m’envoie les photos de mon fouet, je m’étais préparée…

Soit j’avais le choix d’origine soit j’allais posséder mon idéal…

PUTAIN !!!!! Il l’avait fait !

Et Ouiiiiiii il avait aussi changé le pommeau

Ce fouet est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Je suis sans voix, je ne sais plus quoi dire, je ne sais pas quoi lui dire, les mots ne viennent pas. Je suis complètement bluffée.

Je suis mal à l’aise, j’ai honte de ne pas arriver à trouver les mots pour le remercier.

Puis il me vient des tas d’images, j’entre dans une bulle, je me remémore des souvenirs, je pense à mon enfance et à un continent qui m’est cher l’Afrique, je revoie la peau de serpent accrochée au mur chez mon père, je pense à Ève et au serpent de la genèse et bien sûr à Kaa le Python du livre de la jungle “aie confiance…”

Il me faudra un peu de temps pour réaliser qu’il est vraiment à moi que ce n’est plus un doux rêve…

Le week-end suivant je partais en Bretagne pour un Week-end organisé par le Chapitre de Rennes, deux soirées de découverte et un après-midi d’ateliers, un week-end ou Monsieur Charon devait me remettre mon “jouet“.

J’arrive vers 18 h, lui doit arriver vers 20 h 30, c’est parfait ça me laisse le temps de me délasser du voyage, de faire connaissance avec nos hôtes de prendre une douche et de me préparer pour la soirée.

Je suis dans la salle où se déroulera les festivités, nous sommes plusieurs à prendre un verre et discuter.

Il arrive enfin, accompagné de sa femme Sow que j’ai pu admirer le lendemain dans une démonstration de needle play, de Charly de Sybille leurs soumis et d’un ami commun.

Je ne vous ai pas dit que Monsieur Charon était taquin ?

Il me prend par l’épaule, me colle un baiser sur la joue

– Bonjour Mitsouko, ah je suis désolé je l’ai oublié chez moi, mais c’est à cause de lui (notre ami commun), mais ne vous inquiétez pas demain je retourne le chercher.

Déception dans ma petite tête, mais je prends sur moi et ne le montre pas…

– Mais non vous n’allez pas refaire la route (300 km aller et retour quand même), ce sont des choses qui arrivent envoyez le par la poste.

–  Si, si, demain je vais le chercher

–  Non vraiment ne faites pas la route, ce n’est pas grave…

Il va saluer les personnes présentes, de mon côté je vais prendre un verre, je suis un peu déçue mais j’ai bien l’intention de profiter de ce week-end, après tout ce n’est qu’un contre temps et il y a tellement d’autres choses à découvrir.

Une demi-heure plus tard il arrive derrière moi me prend par l’épaule et me tend un magnifique coffret avec mon nom gravé dessus.

Mon cœur se met à battre, je caresse le bois, je n’ose pas l’ouvrir, je sens les regards sur moi

Je me sens un peu “molle“, j’ai peur d’être maladroite, que ce serpent s’échappe de sa boite lorsque je vais le libérer… Il ne manquerait plus qu’il m’échappe… là devant tout le monde.

Bon allez Mitsouko ouvre donc cette boite !

Pffff, les photos ne mentaient pas, il est sublime, je le caresse avant de le prendre en main, je manque d’assurance, mes mains sont-elles propres ? J’aurais aimé avoir des gants blancs ces gants dont on se sert pour tourner les pages des livres anciens et précieux…

Ceux qui me connaissent savent que je suis maniaque avec mes affaires et encore plus avec certains objets.

Je le range rapidement, je connais l’effet du nouveau jouet et surtout des belles pièces que tout le monde a envie de voir et de toucher, je me sens un peu comme ces femmes enceinte dont tout le monde veut toucher le ventre et qui ne le supporte pas, je deviens comme elle protectrice avec “mon bébé“, je vais très vite le ranger.

Je ne le ressortirais que le lendemain après m’être soigneusement lavé les mains. Le cours de Monsieur Charon va commencer, il me montre comment l’assouplir. Je m’installe dans le canapé et essaie de reproduire le mouvement, mais je suis trop “Délicate”

Sybille la soumise de Monsieur Charon voit que je n’ose pas le “maltraiter”, elle m’encourage a être plus ferme, me propose de me montrer, je le lui tends sans hésiter. Son geste est sûr, j’écoute ses conseils, elle me le rend je l’imite, je prends de l’assurance.

Le cours va pouvoir commencer… Un cours donné dans la joie et la bonne humeur par le Maître lui-même…

Je me sens bien, je suis heureuse.

Seul Monsieur Charon pouvait réussir ce défi, seul son tressage pouvait reproduire les écailles de ce reptile.

Je sais que j’ai une chance inouïe, qu’il a passé énormément de temps à y réfléchir et à le penser, que ce temps il ne l’a pas compté.

J’ai conscience que je possède une pièce rare et exceptionnelle, j’espère en être digne.

Mon Python Royal est la pièce maitresse d’une collection dont je suis fière.

Merci Monsieur

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Chroniques d’une Punkette

PoulpyDathor

« Giflez-moi. Frappez-moi. Mettez-moi à terre. Faites-moi tellement mal en tapant que je n’aurai plus la force ni de penser, ni de me rappeler, ni de sourire, ni de pleurer ou même de garder l’esprit clair. Mais s’il vous plait, anéantissez aussi tous ces mots douloureux, ces souvenirs qui m’empêchent de dormir. Détruisez toutes ces chaînes qui me retiennent. »

 

24 mai 2019

J’suis à cran. Tendue comme une puce sous cocaïne. J’ai passé une semaine professionnelle abominablement chargée et je tente laborieusement d’opérer la brisure avec les aléas qui m’ont pris le crâne encore toute la journée. J’ai saisis la première fenêtre d’occasion à ma portée pour me sauver de là. J’en pouvais plus de me sentir étouffer dans le bureau, et ma dextérité à m’éclipser m’aura au moins laissé le temps de me ravitailler en boisson chaude.

Toujours un bon point pour l’accro à la caféine que je suis.

Même les 2h de train ont toutes les peines du monde à faire partir le stress sous-jacent, la tension qui reste sans qu’on sache vraiment pourquoi, juste parce que la cocotte-minute arrive pas à libérer la soupape. Le monde entier m’irrite les sens, depuis le troupeau de voyageurs immobiles infichus de descendre dans le hall de la gare qui me donne l’impression d’être coincée sur le périph à l’heure de pointe, jusqu’au trajet en bus qui me parait d’autant plus interminable que le véhicule se retrouve bloqué pendant encore 15min supplémentaires.

  • Enfoiré de conducteur de camionnette, va te trouver une place ailleurs qu’en double file ducon.
  • T’es de bon poil toi dis donc. Arrête de jeter des regards noirs au monde entier ça les fera pas s’évaporer pour autant.

On peut pas toujours être au top. Je serre les mâchoires faute de pouvoir encore augmenter le son dans mon casque, quand j’arrive enfin à ce foutu arrêt qui me semble l’autre bout du monde. Prière rapide à n’importe quelle entité divine hypothétique.

Pourvu que sa troupe de demi-portions soit au plus calme.

C’est que je doute fortement que mes nerfs soient au mieux de leur forme pour accueillir une hurlante stridente. Je me retrouve en quelques minutes à l’interphone, grandes inspirations pour tenter une dernière fois de faire un semblant de vide.

Ça va aller. Ça fait des jours que tu l’attends cette soirée. Ça va aller, et tu vas bien finir par atterrir à un moment ou l’autre.

A minima quand il finira par te taper dessus.

Une perspective réjouissante. J’imagine qu’on a tous notre propre référentiel, en matière de ce qui est réjouissant ou pas dans la vie. Et allez savoir pourquoi, moi quand la grande roue des trucs kiffants a tourné, l’anguille s’est arrêtée sur Matraquage intensif. Ainsi va la vie de maso. Et il est hors de question de laisser la fatigue ou l’anxiété parasiter ce que j’attends avec autant de ferveur depuis des semaines. J’arrive enfin à ma première escale, nos retrouvailles autour d’une bière avec la petite famille avant de pouvoir espérer passer à un tout autre registre.

J’suis comme déphasée avec impossibilité de me remettre sur le bon créneau horaire. Pourtant ça percute un peu, quand je le vois s’installer pour enfiler ses chaussures, le cerveau commence à aligner suffisamment de neurones pour commencer à se mettre en condition de soirée. Une fois n’est pas coutume, la tenue qui dort dans mon sac n’est pas pour m’alléger le bide que j’ai en vrac. Pourtant j’ai bien dû consulter 3 copines différentes avant d’établir que cet achat serait une bonne idée. Robe longue, noire, fendue et détails de dentelle, le genre chic et classe t’vois ? Le genre qui détonne quoi, contraste d’autant plus probant que je me réfugie pour quelques minutes encore dans le confort de mon leggings similicuir et mes Doc Martens Union Jack.

Typiquement la tenue parfaite à ne pas mettre pour arriver en club libertin, soit dit en passant.

Portes devant lesquelles nous arrivons enfin. J’ai pu retrouver un degré de contact acceptable entre nous deux, et mon esprit commence à amorcer la détente quand Maryssa nous ouvre les portes de l’antre calfeutrée accompagnée du propriétaire des lieux. J’ai la boule au ventre qui s’accroche, pas tant à l’idée de la performance qui se profile qu’à celle d’enfiler cette robe soigneusement préparée dans le fond de mon sac qui me fout des bouffées de chaleur dans la tronche. Chacun sa zone de confort, aussi improbable soit-elle. Je m’engouffre dans la pièce principale en direction de la salle de bain la plus proche, salue notre binôme rapidement et percute au passage le lien entre les photos de lacérations et autres bleus de toutes les couleurs que j’ai liké à la chaine sur Fetlife et les deux individus angéliques qui se trouvent devant moi.

Le BDSM regorge définitivement de profils surprenants.

J’m’attarde pas. Plus rapidement je serais changée plus rapidement l’étau qui se resserre autour de ma poitrine sera levé. Je me plante sous une douche brûlante qui me décape de fond en comble comme on décape au Karcher des recoins trop encrassés, l’air se charge de volutes humides qui m’enveloppent d’une chaleur omniprésente et entame de me faire décrocher des neurones bien trop en effervescence. La buée sur les vitres est apparue en un temps record, et je me bats contre le taux d’humidité ambiant pour peaufiner les derniers détails de mon make-up avant de me faufiler dans l’enveloppe de tissu tant redoutée.

Quand même, c’est pas dégueu comme rendu final.

Faut bien prendre le réconfort où il se trouve. Là où d’habitude à poil je transpire d’assurance et cultive le je-m’en-foutisme forcené il suffit que je me colle une robe sur le dos et une paire d’escarpins pour que j’ai l’impression d’être une fillette apprenant à marcher, incertaine à chacun de ses pas. Tous les sacs sont bouclés et ordonnés, il est temps de faire mon come-back auprès de l’assemblée encore réduite du grand salon alors que tout mon corps me hurle de faire demi-tour et d’aller me terrer dans un trou de souris. Pourtant sa réaction est à la hauteur de mes espérances, au-delà même de tout ce que j’aurais pu demander. Ça m’aide à décrisper la tension dans mes épaules, les mouvements de mon corps reprennent peu à peu leur fluidité, quand bien même l’épisode de chamboulement vestimentaire ait eu pour effet immédiat de faire ressurgir mes vieux travers de mutisme. Faute de phrases grandiloquentes je me rabats sur une bière fraiche – oui un club qui sert de la BIERE – et je l’écoute faire la conversation avec celle qui est devenue mon coup de cœur artistique de ces dernières semaines. Ça cause et ça cause, les clients commencent à affluer et le buffet à être servi, ce qui me rappelle à mon estomac qui a enfin décidé de se réveiller.

Dans le genre truc naze, tomber d’une crise d’hypoglycémie en pleine séance ça doit bien se placer dans le top 5.

Je grignote par ci par là alors qu’une toute autre forme de stress commence à poindre le bout de son nez. Une sorte de trac s’entremêle à l’inconnu et à l’attente interminable de ce qui va bien pouvoir me tomber dessus.

  • J’ai pas eu le texte avant en plus.

Pardon ? Il se fout de ma gueule là ? Il a rien reçu de sa boite mail ? Genre rien du tout ? Force est de constater que non lorsque je le vois ouvrir sa messagerie devant mes yeux et défiler l’intégralité des messages non-lus, le mien noyé dans une foule d’autres non notifiés. L’heure tourne et il y a de plus en plus de monde. Plus les minutes passent, plus je sens les gouttes d’anxiété qui martèlent dans ma poitrine et envahissent progressivement l’espace disponible. Heureusement arrive dans mon champ de vision une source de consolation infaillible et de réconfort inaltérable, sous forme de plateau de tasse du breuvage sombre fétiche que je m’enfile cul sec sans même réfléchir. Et sans même Lui demander.

Ce qu’il ne manque pas de remarquer.

Comme quoi on a tous notre sens des priorités. Qu’il puisse m’interdire d’aller pisser passe encore. Mais interdire le café, là on touche à la punition ultime. Je pousse le vice jusqu’à Lui gratter la tasse qui Lui revenait de droit – elles sont TOUTES PETITES ces tasses – et j’dois dire que la chaleur amère qui coulent dans mon gosier a son effet bénéfique bien à lui, tout en ayant le mérite de m’occuper encore quelques brèves minutes que me dure mon shoot de caféine. Minutes éphémères et volatiles des dernières minutes avant l’instant fatidique.

  • Va enlever ta robe.

Ça va commencer. C’est pour bientôt maintenant. Je pars en excursion rapide vers la salle de bain pour m’extirper de mon carcan vestimentaire et en revenir à des standards de tenue bien plus dans mon registre, sur base de harnais de cuir et de nudité ostentatoire. Retour au pas de course dans la pièce principale, où va se dérouler cette scène tant attendue dont nous serons les protagonistes. Il manque cependant une finition à l’ensemble de l’habillage, les menottes molletonnées qu’il prend soin de me passer doucement – mais fermement – comme le début d’une incantation sacrée, cette formule qu’on invoque à la manière d’un  rituel bienfaiteur rassurant. Je me retrouve à ses pieds en deux temps trois mouvements sous une simple influence de sa voix qui m’indique la direction à prendre, me cale entre ses jambes tels les barreaux d’une cage protection en acier trempé. A genoux, dos droit, cuisses justement écartées pour permettre un équilibre harmonieux, la tête enfouie dans les replis de son pantalon.

Vous savez pourquoi on vous fait toujours prendre des positions à la con franchement inconfortables quand vous êtes soumise ?

Certains y voient une façon de garder la marchandise accessible et à portée de main, d’autres cherchent à assoir une forme de mainmise jusque dans la cambrure et la contrainte posturale. D’autres encore y voient une sorte de protocole un peu vieillot et dépassé de celui qui se prend trop au sérieux et se cache derrière un simili de bonne éducation, faute de maîtriser son fouet jusqu’au bout des brins. Moi j’suis de celles qui ont l’intime conviction que ce sont en partie ces positions qui déclenchent la magie, qui provoquent le début de la transe et marquent les premiers pas de la danse.

Je hais la médiocrité.

Amorce de l’extorsion des remous internes. Quand tu te concentres sur les palpitations qui prennent dans tes jambes, que tu t’efforces de contrôler la moindre des particules de tes fibres musculaires pour te conformer au mieux à une forme de perfection incarnée. Alors le monde n’existe plus, car le monde ne se réduit qu’à un seul et unique regard. Le regard aussi impartial et sévère que sécurisant et réconfortant. Celui qui communique sans même les mots, ce regard qui t’insuffles de l’oxygène loin dans le corps et qui parle directement à tous tes atomes sans une seule parole. Celui grâce auquel on sait, au fond, que tout va bien se passer. Parce que c’est l’évidence même. Parce qu’il ne peut en être autrement lorsqu’il est auprès de moi, lorsque sa présence se fait omniscience.

Pas à une seule seconde ça ne me traverse, l’éventualité de faire marche arrière, pas une once de sentiment de renonciation. On pourrait faire des raccourcis un peu rapides, penser que c’est parce qu’il est là que je suis prête à foncer tête baissée, mais j’suis pas sûre que ça puisse se résumer simplement à ça. J’me suis tapée une semaine entière à me retourner le cerveau à longueur de journée à force d’un taff bien trop énergivore, j’ai accumulé des centaines de kilomètres et des heures de trajet au compteur, chargée de deux putains de sac remplis à ras-bord, sans que ça ait réussi à entailler ne serait-ce qu’un peu mon besoin de me planter sur cette croix et de me montrer. Moi. Ou tout du moins toute cette facette de moi. Celle de l’ombre. Celle qui transparait à demi-mot pour qui sait lire entre les lignes. Moi telle que rarement je me suis autorisée à le faire. D’enfin montrer à quoi ça rime Nous, quand on se retrouve sur le même champ de bataille. Et que ça m’a paru naturel d’accepter de me prêter au jeu de la démonstration quand Maryssa me l’a demandé, comme couler de source. Que rien ne pouvait mieux s’accorder sur l’expression de ce qui est inexprimable que ses mots à elle, sur mes ondulations à moi, sous le joug de sa main à Lui.

Parce que tu vois y a un truc qu’on partage, toutes les deux. Ce p’tit truc de ceux qui se vomissent dans les mots. De ceux qui frissonnent et vibrent à mesure qu’ils vont remuer la merde, et qui rendent les déjections de l’âme poétiques.

L’épaisse musique ambiante a cessé. Son visage se trouve au niveau de mon oreille et me souffle de me rendre jusqu’à la croix à quatre pattes, le palpitant qui manque quelques battements lorsque j’entre en scène. Ça pourrait facilement sembler rabaissant, voire carrément ridicule, de se déplacer ainsi au milieu des sièges et des personnes grignotant leurs assiettes. Mais j’aime à penser que les ordres sont l’incarnation ce que l’on en fait, et s’il est un exercice auquel j’aime m’adonner c’est bien renouer avec mon animalité primitive. La bête est là. Tapie. Toujours là à proximité de la surface. Mes genoux s’échauffent à mesure de leur glissement sur le sol. J’arrive rapidement à la croix et me redresse en sentant son corps près du mien à travers les ondes charnelles qui palpitent. Présentation de l’extrait littéraire et premières notes musicales. Grésillement du micro et la voix de Maryssa qui occupe toute l’atmosphère.

La danse va commencer.

« J’entends les bruits, j’écoute les bruits ; les bruits du train, les bruits de vie. »

Puis je n’entends plus. Plus vraiment en tout cas. Toute cette scène n’est plus alors qu’un chaos harmonieux, l’expression même de ce qui est l’évidence contre laquelle on ne peut pas lutter, quand bien même on mettrait toutes ses forces dans l’affrontement. Ses mains échauffent mes chairs. L’impact de ses paumes s’incruste dans mon postérieur. Ça fait un tel boucan que les mots qui résonnent dans l’air passent au second plan. Pourtant ils sont toujours là. Telle la ligne de basse en sourdine qui se marie avec le riff de guitare pour lui donner toute sa puissance.

« Alex me bande les yeux avec un foulard noir. Il me dit de lui faire confiance. » 

Confiance. Un bien grand mot de la langue française. Un tout petit amoncellement de lettres si lourd de sens. En voilà une chose qu’on ne peut pas ordonner. La confiance elle se guette, elle se charme. Elle se sent et se perçoit, elle s’apprivoise et se met à l’épreuve. Ça j’en ai fait ma spécialité, l’attaque permanente à la confiance. Il en a bouffé plus que de raison, de l’uppercut direct dans le creux du foie et des retours de griffes plein la face. Les ruades défiantes de celle qui veut pas se laisser approcher, mais qui demande qu’à ce qu’on lui tende la main. Elle vous tombe dessus sans que vous ayez rien demandé, sans crier gare et sans que vous vouliez y croire, mais en espérant de tout votre cœur avoir raison d’y accorder autant d’importance.

« Alex prend l’appareil qui envoie de l’électricité et le pose sur mon intimité. »

Y a un mot qui résonne dans le passage tant redouté. Celui que j’ai eu tout le loisir de lire en amont en me disant que ça pouvait Lui filer des idées outrageusement tordues. Finalement j’me dis que ça a du bon, que sa boite mail ait bugée. J’ai moins de chance de me retrouver avec des électrodes à 3000 V dans la chatte.

C’est ça oui, c’est beau d’y croire.

Je suis pas assez naïve pour penser qu’il va pas faire usage de son tout nouveau joujou à un moment ou l’autre. Mais de là à envisager sereinement de se prendre une décharge sur le con on peut dire qu’il y a un monde.

« J’aime cette douleur, ce mal qui donne la jouissance, cet orgasme libérateur. »

Ou le paradoxe de toute masochiste avertie. Souvent on me demande. En quoi ça consiste, comment je peux aller aussi loin, si ça m’excite de me faire fracasser. Si ça me donne envie de baiser. Y a ce truc réducteur du commun des mortels qui pense qu’à travers sa bite ou son clito. Savoir appréhender la douleur c’est quelque chose d’autre. Savoir la maitriser et avoir la mainmise dessus c’est pouvoir se jouer de son propre corps. C’est embrumer son esprit et lui faire un tour de passe-passe. C’est se donner l’autorisation de sortir de soi-même et sentir quelque chose d’autre prendre le contrôle. Quelque chose qui ne s’explique pas. Ce quelque chose qui est exacerbé lorsqu’il est face à moi, lorsque je le sens qui cherche les limites et les bordures du tolérable, le flanc de la falaise à mesure que je me mords la lèvre pour pas Lui sortir des injures à tout bout de champ. Le stade précis où j’étouffe des Va chier enfoiré je bougerai pas d’un pouce.

« J’entends le bruit des lanières de cuir qui scindent l’air. Je frissonne… j’attendais, j’attendais ce moment avec impatience. »

Putain oui. C’que j’ai attendu. Des semaines j’ai attendu. Des semaines j’ai voulu attendre. Pour voir ce que ça donnait, quand on attend vraiment. Et bordel ce que c’est long. Ça vous rend dingue, ce manque qui tire sur toute la peau. Ça vous craquelle l’épiderme et vous fait suinter les sucs de l’esprit par tous les pores. J’aurais pu, après tout, demander à qui le veut de me mettre une bonne branlée de transition histoire de patienter. Mais ça aurait fait qu’alimenter le vide. Comme boire de l’eau salée en plein océan alors que vous êtes en train de mourir de soif, le truc qui parait un éclair de génie mais qui mène à rien. Ou en tout cas pas là où vous vouliez aller. Pas à la destination auquel vous avez pris gout et qui vous gratte de partout.

« Alex donne des coups de plus en plus forts, sur mon dos, mes reins. Des coups de lanière comme on donne des coups de poing. »

Ses coups à Lui aussi se font plus forts. La musique a ce quelque chose de justement entrainant, cette nuance de mélodies qui font résonner les mots et percuter comme s’il s’agissait d’impacts à part entière. Eux prennent dans la poitrine, dans l’air qu’on inspire à chaque choc qui se fait sentir. Le bois, le cuir, le câble plastique. Chocs lourds, chocs mordants, chocs cinglants. Choc électrique.

J’en. Étais. Sûre.

Ça c’est ce que je me dis après. Genre quand je suis de nouveau en train de siroter ma binouze tranquille au ras du sol. Sur le moment c’est pas vraiment la même chanson, là attachée sur la croix alors qu’il se trouve dans mon angle mort. C’est l’effet immédiat sur le champ. Cerveau en OFF, instinct de fuite incontrôlable et corps qui se dérobe, les réactions qu’il apprend à expérimenter à force d’utilisation – modérée – du tout nouvel instrument de torture. Plus de position qui tienne. Plus de stature raffinée ou de délicieuse cambrure qui entre en ligne de compte. L’enjeu est trop important. L’enjeu de la faille. L’entaille rendant accessible ce qu’on s’évertue à enterrer sous mille couches d’artifices extravagants, celle qui donne libre accès à ce qui se cache derrière les remparts bien rodés et les obstacles psychiques soigneusement agencés.

« Il me dit « Ça vient… Enfin… ne retiens rien, offre-moi ta libération.
Ne garde rien. Laisse couler ».

Je laisse couler les larmes comme je laisse couler mon intimité. »

C’est l’exercice le plus difficile je crois. Celui de laisser les larmes couler. D’abord il y a les larmes froides, les larmes fortes. Les larmes glorieuses et puissantes de celle qui se donne mais qui ne rend pas les armes. Celles qui ont ce gout particulier d’élégance teintée de fierté, qui habille le visage et le sublime dans toute sa singularité. Celles qui coulent la tête haute et le regard droit parce qu’elles raisonnent comme un défi au monde entier. Ces larmes-là elles ont une odeur de feinte et une saveur de féminité sauvage. Celles-ci sont les premières à venir, celles qu’on peut se permettre de montrer au grand jour. Ce sont les douces larmes acides qui prennent le temps de creuser la joue avant de sombrer dans le creux de la mâchoire palpitante et grinçante.

« À la septième claque, je reste au sol, j’éclate en sanglots, de vrais sanglots, des sanglots bruyants, des sanglots de soulagement. Tout sort. »

Puis il y a les autres. Celles qui tombent le masque. Les relents de larmes qui vous prennent dans les méandres inexplorés de l’âme. Celles qui vous font exploser et qui vous tordent tout le corps. Celles qui vous donnent envie de vous fracasser le crâne pour faire cesser la douleur et vous ordonne de vous échapper de vous-même, même s’il faut s’arracher la peau pour ça. Celles qui sentent la gerbe et vous refilent la nausée comme si elles s’incrustaient directement dans la chair. Celles-là ont une sale odeur, une odeur putride qui vient du fond des viscères. Ces larmes elles font peur, elles prennent la gorge et vous chamboulent, parce qu’elles font pas semblant. J’aime pas les voir arriver celles-là, elles me terrifient et me hantent, et pourtant je passe mon existence à leur courir après.

« Ça fait du bien, n’est-ce pas ? »

Les larmes qui font du bien à mesure qu’elles font mal. C’est pas juste après les coups que je coure. Croire ça c’est croire au superficiel de la nature humaine. Non les coups ne sont rien, les coups et la douleur physique sont fades, par rapport à ça. Il pleut toujours des mots, il coule toujours des rivières de notes de musiques entêtantes. L’éclair qui a grillé mon postérieur a mené son œuvre et ouvert les premières digues psychiques. Le monde m’importe peu, le monde se résume à Lui et au claquement du fouet qui a commencé à sévir. Les joues sont devenues humides de ces premières larmes magnifiques et délicates qui signent les prémices de la rémission. Les larmes que je laisse couler parce qu’elles ne sont pas dangereuses, celles qui évacuent sans dévoiler. Elles annoncent juste l’armistice. Le drapeau blanc brandi par le fauve qui finalement a laissé la cage s’entrouvrir pour accueillir la main salvatrice.

« Je suis de celles qui ont besoin de ressentir par le corps la douleur pour libérer les maux de leur subconscient. »

C’est au-delà de se sentir vivant. C’est se sentir exister tout en quittant le poids de son propre corps. C’est prendre forme et consistance à mesure de son regard qui se fait plus présent, pour ne devenir plus que le seul point d’accroche. Tu vois un peu comme s’il y avait une danse entre Lui et moi. Un dancefloor semblable à aucun autre et cette forme de tango bien à Nous. Ce mouvement de la langue du fouet qui vient s’imprimer en moi, la morsure qui laisse un goût acidulé sur la peau, le piquant de la chair qui se met à vif et qui en redemande. La peau se retourne, les lacérations se font plus profondes dans un corps qui n’est plus vraiment le mien. La douleur raisonne dans toutes les terminaisons nerveuses, remonte le long de la colonne pour retourner la tête. La douleur et les larmes, mes armes pour contrer la souffrance. Les cinglements qui viennent remuer toute la crasse intérieure pour les décoller à grand renfort de cuir.

« La peau transforme »

Je me transforme.

« Les formes qui cicatrisent »

Sous sa main, la bête se terre. L’âme se panse.

« La morsure du serpent »

Son corps près du mien. Epiderme en feu de joie.

« La cicatrisation sera un peu plus longue que prévu… »

Retour à la réalité sous l’effet des remerciements et des applaudissements. Ça me prend la tête comme un lendemain de cuite, et je me réfugie dans ses bras faute d’arriver à quoi que ce soit d’autre. Peu à peu les sensations reviennent, entières et complètes, y compris ce picotement caractéristique des balafres qui ont ébréchés les premières couches de l’enveloppe corporelle accompagnées du suintement âcre des perles de sang. Ça parait surréaliste, même pour moi, de m’être évadée si loin en si peu de temps.

Parce qu’elle existe toujours cette appréhension, celle de savoir si je vais échouer à me sortir de moi pour n’être plus que Nous.

Ça serait la solution facile, de se cacher derrière le masque de la performeuse. Celle qui derrière les florilèges admiratifs et les compliments élogieux se bouffe du mépris à répétition, à peine dissimulé et teinté d’arrogante condescendance, des Maîtres en veux-tu en voilà qui jugent sans connaître sur simple interprétation de photos partagées. Ça serait la réponse fast-food, qui vous gave à ras-bord de ce que vous croyez avoir envie de voir, d’être simplement celle qui accepte tout, en toutes circonstances. La réponse qui a un goût d’insipide. Et parfois ça me prend. L’envie de leur renvoyer ça dans les dents, à eux et à tout l’univers, que ça se sache qu’à travers moi aussi, on peut lire l’authenticité de la sensibilité exacerbée et de la vulnérabilité assumée. Que derrière l’animal sauvage qui rue, il y a l’oisillon dans le nid qui se terre dans l’ombre de la face cachée de la Lune. Elle a le goût délicieux de la revanche, cette lecture agrémentée à notre sauce kink. Chaque compliment sur notre alchimie, notre complicité et notre compréhension l’un de l’autre ruissèle en moi pour me combler dans les brèches les plus reculées et les failles les plus coupantes, pour calmer l’animal apeuré à l’idée même de se sentir si faible de vulnérabilité devant tant de personnes.

J’m’installe le cul par terre entre ses pattes, me remets en phase tout doucement à ses pieds en me rafraichissant le gosier à grand renfort de mousseuse pour m’aider à relancer la machine, position bien moins plantureuse que celle adoptée avant notre exhibition, mais qui a le mérite de m’assurer un certain confort en attendant la suite des événements. La seconde présentation se profile, je frétille de voir en action le duo virtuellement captivant qui a retenu tant de fois mon attention. J’ai toujours eu un faible pour la sincérité des émotions, et les séances SM aseptisées ne m’intéressent pas, quelle que soit la bonnasse croisée avion de chasse qui se tienne sur la croix. Sentir l’abandon, la perte des moyens, se délecter silencieusement d’un écrin de bulle intime, sorte de voyeurisme de l’expression corporelle des sentiments inexplicables, c’est une beauté qui surpasse les plastiques lisses et autres mensurations sorties des magazines. Je trépigne bien calée sur mon fessier jusqu’à ce que ça commence et que je me nourrisse à mon tour du spectacle de la soirée. Je guette tous les détails, me laisse transporter au grès des gémissements et des lamentations qui vont crescendo. Ça me fascine, de la voir réussir ainsi à imploser devant tant de monde. Exposer toutes ses émotions, les laisser s’évader à l’air libre là où moi je m’évertue obstinément à les confiner dans l’intimité d’une chambre ou des alcôves qui ont parsemé notre parcours par excès de pudeur. Y a une forme d’envie dans tout ça, dans la contemplation de cette faculté à faire fi du regard du public pour laisser toute la place au déchainement. Ça pourrait paraitre violent, d’une brutalité qui fait mal à l’empathie, de la voir trembler de tous ses membres à chaque claquement de fouet, la contempler se tordre par terre dans les derniers instants sans pouvoir prononcer un seul mot. Moi je n’y vois plus que la magnificence de la fusion, de ces bras qui l’entourent après l’avoir tant meurtri. J’me sens mal-à-l’aise d’être spectatrice de tout ça, mais ça n’a rien à voir avec l’intensité des coups portés. Y a plus de tendresse dans cette scène de spasmes frénétiques que dans n’importe quelle mise en situation qu’il m’ait été donné de voir jusqu’alors. Et j’crois que c’est ce qui me fout des frissons malaisans dans tout le corps, cette sensation d’être l’observatrice voyeuriste des profondeurs de l’intime.

Pourtant c’est beau. Puissamment beau. La beauté dans le plus simple appareil. Au moins reste-t-il ça. La possibilité de se complaire dans la beauté de l’instant. J’me demande d’ailleurs si c’est aussi beau que ça, quand je me tords et que je disjoncte entre ses mains. Dans tout le panel de ma galerie d’art enrichie au fil des mois il me manque toujours ça au compteur. L’essence même de l’émotion la plus brute dont je suis capable. Personne n’a encore réussi à le capturer celui-là. Le basculement. L’instant précis de la libération des chaines, la fenêtre d’envol de l’oiseau qui s’échappe de sa cage.

Faut toujours se laisser des challenges. Manquerait plus qu’on s’emmerde.

Le show est fini désormais, et l’animation  se propage à l’ensemble de l’assemblée. J’ai la vessie qui me démange – encore – et loin de moi l’idée de réitérer l’affront de l’épisode caféiné, je formule mon habituel Il faudrait que j’aille aux toilettes habillé du regard papillonnant adéquat. Il me renvoie d’un geste équivoque vers ses chaussures, sans plus d’autre précision qu’un sous-entendu rentré dans mes mœurs aussi naturellement que s’il s’agissait d’un S’il-vous-plait, et m’abaisse à Lui baiser les pieds en prenant soin de garder les fesses les plus harmonieusement érigées en l’air. Ce qui devait n’être qu’une formalité de politesse se transforme en vénération fétichiste à durée indéterminée. J’ai jamais pu compter à mon actif une grande fascination ni pour les pieds ni pour les chaussures, à l’exception notoire des New Rock peut-être, mais j’arrive plus à décoller de ma position façon chienne tête-en-bas. J’suis trop bien comme ça. La tête dans ses pompes et le cul à sa libre disposition. J’me sens à ma place, libérée de tout carcan ou tout faux semblant, et c’est finalement Lui qui vient me secouer à l’étage inférieur pour me rappeler à ma requête première. Et sûrement vérifier au passage que je ne tombe pas encore tout à fait de sommeil.

Pour ça, j’en ai encore sous la pédale. T’inquiètes que tu m’auras pas si facilement.

Puis ça recommence. La croix s’est libérée, occasion en or sur laquelle il saute du tac au tac. Bras en étoile et le bois massif contre ma colonne.

J’adore les séances en face à face. Combien même j’en chie ma race.

Cette fois il n’y a que Nous. Dès le départ il n’y a que Nous. Plus de public les yeux rivés sur chacun de nos mouvements, plus de tension muette palpable de ceux qui retiennent leur souffle sans s’en rendre compte. Et nous pouvons bien nous trouver au beau milieu d’une salle bondée, la seule chose qui m’importe c’est de fixer les yeux prédateurs qui me jaugent sans ciller. Jusqu’à ce que ça tombe de plein fouet. J’ai le libre visuel sur tout l’attirail qu’il a à portée de main, ce qui commence à faire une belle collection d’emmerdes potentielles. Impacts sans ménagements et entrelacs de percussions. Je grommèle des Saloperies et ravale des Putain de sa mère quand il vise l’intérieur des cuisses, oriente mon postérieur avec une subtilité contestable mais auquel il concède pour me laisser quelques bouffées de répits avant de reprendre de plus belle. Ça secoue dans les profondeurs, comme si toute l’onde de choc se répercutait de tissus en muscles puis dans le souffle pour venir renverser directement les émotions. Je sais ce qu’il veut. Ça se lit de façon limpide dans chacun de ses gestes, ce qu’il va chercher en agissant de la sorte.

Tant mieux. On est pas là pour une balade de croisière. T’as pas signé pour ça de toute façon.

Tu serais un peu déçu hein, s’il te prenait avec des pincettes.

Les pinces je les préfère sur la langue que sur les sentiments. Ce qu’il fait d’ailleurs. La pince à linge pendouille grotesquement de ma bouche en faisant dégouliner des filets de bave à n’en plus finir. Mais j’arrive pas encore à capituler. La guerrière cambre, offre sa poitrine ouverte et tend les fesses, ondule encore, transporte son corps plus en avant de Lui, enchaine provoc sur provoc. J’le transperce du regard, comme si je voulais Lui perforer la peau par la simple action de mes iris. Des fois il me touche, joue de ses doigts entre mes jambes pour provoquer des décharges de vulnérabilité, shoots de jouissance avant qu’il ne revienne à la charge. Fil décousu des événements et flashs épisodiques érotiques.

Il m’accorde peu de temps-morts, va me chercher loin dans ma volonté, à mi-chemin entre affrontement ouvert et servitude bien rangée. Ça prend dans les tripes. Mon corps commence à s’accorder des tentatives d’évasion furtives, plus encore quand il s’attarde sur mes seins, heurts cinglants et élancements vifs qui vrillent la tête.

J’crois qu’les seins c’est mon point faible. Proportionnellement au reste cela va sans dire.

Il a déjà foutu un bordel sans nom dans mon chaos intérieur bien ordonné quand l’aiguillon électrique passe dans mon champ de vision. Et que tout fout l’camp. J’entends au loin quelqu’un qui plaisante avec Lui, qui sort un truc du style Un p’tit coup juste pour moi alors que mes poumons voudraient hurler que j’en ai strictement rien à battre de ce qu’il veut ou pas c’trou d’balle. Mais j’suis en incapacité d’hurler quoi que ce soit. De dire quoi que soit. Même de murmurer ou d’implorer. Mon corps entier lutte pour s’éloigner de l’instrument, ce qui de l’extérieur doit donner une situation assez burlesque, la nana accrochée par les mains essayant de cacher tout son corps derrière une croix qui bouge pas d’un pouce.

Vu de l’intérieur c’est nettement moins drôle. Encore un peu et tu l’escaladais cette croix, partie comme t’étais.

Et le souffle. Il s’emballe et s’amplifie, comme un cheval qui embarque au triple galop sans pouvoir s’arrêter. Mon souffle prend toute la place dans mon crâne, raisonne et provoque la tempête.

Tu le sens ? Le vent de panique qui circule dans tes poumons ? Et les larmes explosives qui commencent à poindre ?

Elles sont là. Toutes proches, presqu’en surface. Y en a même qui commencent à déborder sur les joues. Ce moment où on touche ses limites du bout des doigts, où on se sent à la frontière de soi-même.

Faut que j’arrive à l’associer à autre chose qu’à la panique de voir les barrages céder et les torrents couler. Sinon ça reviendra toujours aussi sec, l’angoisse qui submerge.

Il a posé l’outil agricole, ses mains en coupe sous ma mâchoire pour supporter mon visage, et avec lui le poids des larmes. Ça souffle toujours, trop fort, trop bruyamment. Ça souffle jusqu’à ce que sa voix prenne la place, tout l’espace envahit par ma respiration haletante qui est reconquit par le timbre de sa voix tout près de moi. Je sais même pas ce qu’il raconte. Je sais juste que je me raccroche à ça tel le fil d’Ariane comme unique alternative pour sortir du labyrinthe. Qu’enfin je reprends contenance à mesure des spasmes pulmonaires qui se calment.

  • Ça va ?

Hochement de tête et tension dorsale du tonus qui se remet dans tout le corps. Ça va aller. Il prend le temps de me jauger, évaluation scrupuleuse de sa marge de manœuvre, et doit estimer que j’en ai effectivement encore sous le capot. Il s’éloigne quelques instants, s’arme de mousquetons supplémentaires et s’attèle à fixer mes jambes restées jusqu’alors libres de leurs mouvements.

Merde. Ça va être moins facile, d’un coup, pour orienter les tirs.

Et ça reprend. Claques, torgnoles et autres séries de coups. Ça attaque et ça ébranle, façon tremblement de terre. C’est vraiment étrange les sensations qui te transporte quand t’en arrives à ce point d’abandon entre les mains d’une personne. Les fracas du paddle de bois massif m’arrachent des grondements rauques du creux de la gorge, puis la seconde d’après j’voudrais éclater de rire moitié pour le provoquer, moitié parce que j’me rends compte à quel point j’suis dans la fange jusqu’au cou. Puis la seconde encore après j’voudrais éclater en sanglots. J’voudrais arrêter de lutter, arrêter de me tenir droite, me recroqueviller comme un oisillon dans son nid. Arrêter d’être forte l’espace de quelques pulsions de temps. Mais ça ne dure qu’un temps. Secondes de temps sporadiques avant que les grognements et les insultes ne s’étouffent à nouveau dans ma poitrine et que le fauve ne croque la petite chose frêle et vulnérable pour retourner dans la danse. Et ainsi de suite. Cycle du serpent qui se mord la queue. Avec Lui ça n’a rien d’un simple jeu ou d’un défi qu’on se lance entre potos pour s’accorder une bonne tranche de rigolade sur base de pan-pan cul-cul. Avec Lui ça tape dans le creux des reins aussi souvent que ça martèle dans le fond des boyaux.

En même temps c’est ça que tu recherches éperdument non ? Quand il te fait valser dans tes émotions et tes certitudes ? Même la peur, même la panique, tu la recherches.

Se sent-on jamais autant vivant que lorsque toute la respiration envahit le crâne à s’en faire tourner la tête ?

Y a de ça. J’aime pas quand il me ménage. Ça me met les nerfs en pelote de laine de verre. Mais c’est perturbant, de devoir aussi remettre en question sa zone de confort habituelle. De s’obliger à se tenir droite malgré les abdos qui se contractent pour me plier en deux. Revenir en position coute que coute, pour se sentir fière. Se sentir unique. Se sentir sienne et que ça raisonne dans toute la pièce sur lit de mes hurlements avortés. Les larmes coulent. Encore ces larmes froides qui permettent d’extirper un peu du trop-plein. Les larmes dansent au rythme des coups de fouets qui creusent mes flancs et des déhanchements symbiotiques de la transe exutoire. J’veux pas les sentir couler, parce que je veux pas qu’il envisage de s’arrêter. Ça me révulse encore de trop, l’idée de stopper ça.

Putain elle fracasse sa cravache de mes deux.

J’l’ai dit ça ou pas ? Je sais plus exactement, mais j’ai dû le penser très fort. L’intérieur des cuisses ça me rend pas aimable. Sauf quand il s’agit d’étrille. J’ai beau m’être fait martelée sous tous les angles, l’apparition de la brosse métallique fait naitre instantanément un sourire quasi carnassier sur mon visage, rictus qui s’agrandit encore à chaque goutte de sang qui se forme sur ma peau telle une constellation écarlate. La décharge d’adrénaline qui se produit dans mes veines m’aide un peu à oublier l’inconfort qui s’additionne lentement à la fatigue. Le cuir du harnais irrite ma peau devenue poisseuse des bouffées de chaleur qui me prennent de partout et des écoulements sanguinolents.

Ça t’apprendra à rester trop habillée. A poil y a que ça de vrai, les autres soum l’ont bien compris elles.

Je finis par avoir plus mal aux pieds que partout ailleurs dans mon corps. L’esprit humain c’est vraiment un truc chelou. J’suis en train de me faire retourner la peau à grand renfort de tous ce qui Lui passe sous la main, et moi je pense plus qu’à mes escarpins qui me compressent les orteils. Enfin presque plus qu’à ça. Parce que finalement même ça j’arrête d’y penser quand il revient au plus proche de moi encore une fois.

Doit y avoir un truc avec les baffes dans la gueule. Le genre hyper psyché tu vois. Ça doit s’entrechoquer de trop dans le cerveau pour arriver à faire le vide. Parce que ça revient souvent, les masos au cuir épais tanné qui s’effondre au bout de quelques tartes bien amenées. Droite, gauche, droite, gauche. Peut-être plus, peut-être moins. J’ai pas compté, c’est pas le premier truc qui me soit venu à l’esprit. Second souffle de la tempête dans la boite crânienne et émergence des larmes du bout du monde. Les torrents larmoyants des abysses assombrissent le regard et brouillent tous les sens, ils se mêlent aux morceaux de cœur qui partent en lambeaux, tels un tendre effiloché de viande trop cuite. Combien le corps peut-il endurer de sévices au juste ? Beaucoup j’imagine. Bien plus qu’on pourrait le soupçonner, au premier abord.

Tu tiens debout pourtant, non ?

Une séance n’est finie que lorsque les jambes ne sont plus en capacité de soutenir le poids du corps. Ou le poids des maux. Souvent c’est lui qui gagne d’ailleurs, le poids mort de tout ce qu’on a caché bien au loin dans l’inconscient, la masse qui s’abat et coupe les mollets. La pesanteur qui sort du cœur en vous faisant éclater les côtes et ravage tout sur son passage.

Je tiens debout. Ou presque. A peu de chose près.

  • Il serait peut-être temps de se calmer non ? Ou tu veux encore jouer les Wonderwoman croisée valkyrie ?
  • J’tiens debout non ?
  • Tu joues sur les nuances là. Faut dire qu’avoir les mains attachées en l’air ça aide à pas se casser la gueule.
  • Tu chipotes pour des détails.
  • T’es vraiment putain d’incapable de reconnaitre tes limites.

Je sais. Mais Lui il sait les voir pour moi. C’est pour ça que je l’aime, aussi. Lui qui me connait sur le bout des doigts et le bout des larmes, qui arrive à me déchiffrer malgré moi, parfois. Et j’y arrive enfin un peu, à le laisser prendre soin de moi à sa façon bien à Lui, dans la tendre perversité comme dans l’adversité sadique. Alors c’est pas plus mal, que ça soit Lui qui décrète s’il est l’heure ou non de la fin des hostilités. Il ne me reste qu’à m’y résoudre, et à me conformer à sa décision. Il est temps. Plus que temps. Et il doit vraiment arriver à un stade de décryptage aigüe de ma personne pour que je me sente autant à l’équilibre, consensus plus que subtil entre le besoin de me surpasser et le risque de m’outrepasser malgré moi.

Ma redescente s’opère toute en douceur, pelotonnée dans le creux que forment ses pieds, mes neurones se réalignent et s’éveillent en plein spectacle de scalpel qui attrape mon regard pour ne plus en décrocher. J’sens bien à son contact que c’est pas sa tasse de thé, son corps est trop tendu, trop enfermé au-dessus de moi. C’est quasi imperceptible mais ça se sent au travers de ses attouchements qui prennent un arrière-gout de carapace tout autour de mes épaules. Je sens tout ça, mais j’peux pas m’empêcher d’avoir des étoiles plein les yeux. Un peu pour les entailles propres et nettes qui se dessinent à mesure des coupures, mais surtout pour ce qui se dégage de la Kajira face à Nous. C’est au-delà de fascinant. C’est hypnotique de la voir comme ça, se cramponner de toutes ces forces et annoncer qu’elle va jouir à mesure que ses écorchures ruissèlent de sang tout le long de son corps. Elle tremble d’une authenticité qui raisonne et se réverbère partout en moi. Et j’trouve ça incroyable. De pouvoir admirer ce spectacle. D’avoir encore cette chance d’être la contemplatrice silencieuse d’une autre démonstration de lâcher prise en puissance, même si ce n’est pas pour atténuer mes évasions fantasmagoriques vampiriques.

Je sens qu’il est tard. Désespérément tard. J’ai absolument pas envie de voir venir la fin de cette soirée, ça me semble bien trop court. Force est de constater à présent que la satisfaction de mes penchants masochistes m’a mise dans un état de feu au cul monumental – ce qui est plus ou moins systématiquement le cas d’ailleurs. Les grosses sessions SM m’ont toujours fait cet effet là. Je donne tous, me libère de tous mes étaux. Et après j’me transforme en folle de cul. Je me colle contre Lui dans des mouvements à peine camouflé lors de nos déplacements à travers le club. Je dois suinter le sexe par tous les pores. Ça me tire de partout et j’suis à la limite du désespoir en voyant qu’il est dorénavant l’heure de rentrer à son domicile familial, endroit tout sauf propice aux pratiques les plus obscènes. C’est l’ultime bataille de mon cerveau sur le corps, il est à l’affut, au détail près. J’y crois à chaque recoin de rue, à chaque zone d’ombre d’immeuble. N’importe où ferait l’affaire. N’importe où plutôt que de rester en manque de Lui comme ça. Je suis exténuée. La fatigue me pique les yeux mais j’arrive pas à avoir envie d’aller me coucher. Aller se coucher c’est être séparé, et ça me semble déjà bien trop tôt.

Quelques heures. Ça fait à peine quelques heures…

Nous sommes posés sur le canapé alors que mes mains s’affairent à parcourir et délasser son corps, quand je le sens se tendre à mesure qu’il se détend. Sa rigidité vient alimenter le feu entre mes cuisses et le brasier intérieur qui doit être la seule chose me tenant encore éveillée malgré l’heure avancée. Je bondis littéralement sur le premier geste qu’il initie à la faveur de la satisfaction de ma famine sexuelle, ni une ni deux pour le chevaucher en étouffant le soupir de satisfaction en le sentant enfin se faire sa place entre mes tissus dégoulinants. C’est divin, digne d’une oasis après la traversée du désert. Je garde un visu sur l’entrée du salon, zone sensible d’arrivée inopinée de petit monstre insomniaque, et commence les vas et vient en le surplombant.

Silence. Garder le silence ab-so-lu.

Cliquetis du métal du collier à chaque déhanchement.

  • T’aurais pas pu choisir plus discret en matière de collier ?
  • Non il beau mon collier, magnifique mon collier.
  • Ouais mais là il fait chier.

J’me sens tiraillée comme rarement, entre le besoin pulsionnel d’accélérer le coulissement de son membre entre mes lèvres gonflées d’excitation et l’épée de Damoclès qui pèse sur Nous au moindre mouvement. J’suis à deux doigts de craquer et de le supplier de me coller sur son balcon pour me tringler une bonne fois pour toute comme il se doit mais ça fait encore trop de variables à gérer pour une heure bien trop avancée. Et mon esprit commence à arriver à un seuil critique de fatigue. Alors le seul truc qui me vienne à l’esprit c’est de me débarrasser de l’anneau de métal qui me cercle le cou.

Le cadenas est mort, autant en profiter. Et à choisir entre le collier et son foutre, y a pas à tergiverser.

Je retrouve ma liberté en même temps que celle de nos coups de reins qui se teintent de l’intensité qui leur est due. Je verrouille mes cordes vocales tout en m’abandonnant à son laboure entre mes jambes, mon bassin vient se coller au plus proche du sien avant de reprendre distance et le sentir coulisser à nouveau tout le long de mes parois glissantes pour se loger au fond de ma chatte. C’est l’ultime assaut, dernier élan qui va achever le cerveau déjà bien attaqué, et toute cette bataille entremêlée de fluide se passe dans un silence royal. Je me concentre sur chaque nuance musculaire que son corps envoie au mien, ce sont eux qui parlent ce soir, nos deux enveloppes de chair qui se donnent la réplique en étouffant gémissements et râles. Corps à corps accéléré jusqu’au dénouement orgasmique qui me crève de part en part, jusqu’à ce qu’il se répande en moi et que tout mon être rende enfin les armes une fois cette soif étanchée. La torpeur et la léthargie nous envahissent en quelques battements de paupières, et j’sens bien qu’il doit faire au moins autant d’effort pour se décoller de là que moi pour le laisser partir. J’en ai aucune envie, mon cœur vrille de le voir s’éloigner, mais le contrecoup de ces dernières heures reprend le dessus. Je prends tout juste le temps de décrasser mon visage des résidus de maquillage, contemple le sang séché étoilé sur mes jambes avec une délectation que même la perspective d’en chier demain sous la douche n’arrive pas à altérer, puis part m’enrouler dans le plaid à ma disposition pour sombrer aussi sec dans le canapé.

4h de sommeil, c’est pas beaucoup.

Vraiment pas beaucoup. Mais le stress de louper mon train est plus fort que mon ascendant marmotte. Je me dirige vers la douche, essaye de paraitre plus au taquet – moins serait difficile cela dit – et de décoller les résidus sanglants laissés de côté la veille faute d’énergie. Je sors de la douche en entendant les cavalcades du minimoy number one et ouvre la porte sur la famille complète qui s’éveille au rythme des montres enfantins. J’ai pas vraiment le temps d’m’étendre, il est totalement proscris que je rate mon départ, et je remballe mes affaires avec une efficacité très moyenne faute de connexions neuronales en état de fonctionnement opérationnel. J’pousse la précipitation jusqu’à zapper l’étape café, signe qu’il est grand temps que je me bouge le cul. Je marche au pas de course jusqu’au métro, yeux rivés sur l’horloge de mon téléphone à chaque minute en espérant pas me paumer dans une gare que j’ai jamais traversé. J’trace comme mes années dans la foule parisienne me l’ont appris, file et me faufile entre les personnes à la vitesse maximale que me permettent mes jambes de demi-portion.

And we run, for this killing love
And we run, tell me how it’s enough
And we run, til we never done
And we run til we fall apart
And we run til we’ve had enough

Train tout juste annoncé. Les passagers commencent à s’attrouper. Ça sera pas de café du tout, la flemme de faire la queue. Pour dire si c’est la course. Le quai me parait interminable, les wagons s’enchainent les uns les autres jusqu’à ce que j’arrive à l’avant dernière voiture pour enfin me poser dans ce fichu train.

Le soleil est radieux, il perce et rayonne à travers les vitres du TGV lowcost. Le siège à côté de moi est pas occupé et me permet de gratter la place près de la fenêtre tout en étendant mes jambes. Un groupe de quatre greluches femelles parlent bruyamment et envahissent le wagon de leurs rires à gorge déployée. J’monte le son du casque et m’engouffre sous ma veste. 2h de repos supplémentaires, il est pas question de cracher dessus étant donné le weekend qui m’attend.

La robe Lui a plu…

Sourire intérieur et irradiation de l’âme. Une tendresse toute particulière pour mes muscles endoloris, cette douleur paresseuse et latente qui fait du bien. Les entailles de la peau picotent à chaque mouvement.

La cicatrisation sera un peu plus longue que prévu…

Encore un sourire.

Tous droits réservés ©️ Poulpy Dathor 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

MonPetitMambaNoir

“Il y a des rencontres humaines…
Et il y en a d’autres tout aussi importantes…

Des rencontres qui vous changent ou vous révèlent…”

J’avais un désir lointain de posséder cet animal troublant, sensuel et inquiétant…

un besoin de l’apprivoiser pour ne plus en avoir peur… une envie de le caresser pour lui donner l’envie de mordre…

Le désir aussi d’avoir mes propres jouets, la première idée n’était pas que je l’utilise, même si je voulais aussi savoir m’en servir, je souhaitais seulement l’avoir dans ma collection, me l’approprier, qu’il ne caresse jamais une autre peau que la mienne.

Le jour de la commande il y avait déjà un lien étrange entre cet animal et moi…

Il était mien, je l’attendais comme on peut attendre un amant longtemps désiré…

Je comptais les jours, parfois je prenais des nouvelles auprès de son créateur, j’essayais de ne pas être trop envahissante. J’avoue aussi que j’étais un peu inquiète, j’avais fait le choix de le commander à un nouvel artisan qui n’était pas encore très connu, en tout cas sur Paris je n’avais jamais eu l’occasion de voir son travail. Je l’avais contacté, nous avons longuement échangé, j’ai décidé de lui faire confiance.

Et enfin il est arrivé, emballé dans une jolie boite, couché sur du papier de soie…

Je l’ai sorti, il était tel que je l’avais voulu, sobre, élégant, léger… tellement léger que je n’osais pas le manipuler, je n’osais pas l’essayer.

J’avais peur de blesser ce jeune serpent par ma maladresse.

Je l’ai remis délicatement dans sa boite.

Il était raide, il n’avait pas encore la souplesse du serpent.

Je savais qu’il n’était pas utilisable tel quel.

Il fallait le préparer, l’apprivoiser et le dresser…

J’ai interrogé mes amis, je me suis renseignée.

J’avais un peu la trouille de mal faire, mais je voulais m’en occuper moi-même, il n’était pas question que je confie ce petit animal à quelqu’un d’autre, MON petit animal.

Lorsque j’ai eu toutes les réponses à mes questions, j’ai décidé de la méthode de préparation que j’allais utiliser. Chacun possède sans doute sa manière de faire, ses produits de prédilections, mais au fond toutes ces méthodes sont assez proches.

Un matin j’ai enfilé mon manteau et je suis allée au BHV acheter cette fameuse huile de pied de bœuf et un pinceau en poils très doux. Je suis rentrée, j’ai étalé du papier, versé l’huile dans un récipient, j’ai sorti le fouet de sa boite et je l’ai délicatement badigeonné, assez légèrement pour la première fois, toujours cette crainte de mal faire… j’ai attendu plusieurs heures en le retournant de temps en temps pour que tout son corps puisse s’imprégner de cette huile, puis je l’ai massé pour mieux la faire pénétrer, c’était très sensuel. Ensuite je l’ai essuyer avec un chiffon doux.

Il s’était déjà bien assoupli. Je l’ai manipulé un peu, j’ai essuyé quelques retours.

Le jeune mamba s’était défendu… il venait de me mordre… J’ai aimé cette morsure qui m’a permis de juger de son efficacité… cette première morsure qui a réveillé en moi des sensations… m’a fait fantasmer…

Il manquait encore de souplesse et moi de dextérité… Je l’ai installé dans une petite vitrine que j’avais acheté. Je le sortais tous les soirs pour le masser et continuer de faire pénétrer l’huile.

Quelques jours plus tard lorsque mes mains n’étaient plus grasses j’ai renouvelé l’opération.

Je l’apportais régulièrement à un de mes amis pour qu’il me conseille et vérifie le bon état de l’animal. Au quatrième bain lorsque j’ai eu l’approbation de mon coach j’ai pu réellement commencer son dressage.

J’avais bien observé les gestes des uns et des autres, mais malgré toute ma bonne volonté ce petit serpent refusait de m’obéir… Je n’avais pas de doute concernant l’animal, pris en main par d’autres il se pliait à leur volonté.

Non le problème venait de moi…

Je l’ai remis dans sa vitrine, je l’ai laissé une semaine sans y toucher, sans même le masser ce que je continuais pourtant à faire régulièrement. J’avais presque renoncé à l’utiliser…

Je m’étais résignée… Jouer du fouet ce n’était pas pour moi.

Un soir lors d’un apéro chez moi avant une soirée, je l’ai ressorti de sa vitrine, quelques-uns de mes amis voulaient le voir et le tester. C’était une bonne occasion de lui faire faire un peu d’exercice. Avant de partir je l’ai de nouveau rangé dans sa vitrine.

La semaine suivante j’ai repris les massages, il fallait encore faire pénétrer l’huile.

Et je ne sais pas pourquoi ce soir la j’ai de nouveau essayé… mais de la main gauche…

Le geste était fluide… naturel…

Le petit mamba noir avait obéi… Il n’était plus rétif… Parfois il s’exprimait, par quelques petits claquements

J’étais heureuse d’avoir enfin pu l’apprivoiser.

 

J’ai continué à le manipuler de la main gauche en testant de temps en temps la droite. Mais de la droite ça ne fonctionnait toujours pas.

J’avais plus souvent observé des hommes et lors d’une soirée j’ai pu voir quelques femmes manipuler leur fouet, leurs gestes étaient beaucoup plus doux, il y avait aussi une élégance chez certaines.

Ce soir-là j’ai compris que je faisais l’erreur de vouloir compenser mon manque de force par rapport à celle d’un homme en cherchant à lui donner plus d’impact, je le lançais au lieu de le laisser aller naturellement sur sa cible en le guidant seulement par le mouvement du poignet.

J’ai un problème d’articulation de l’épaule sur le côté droit qui ne me permettait pas de “lancer” le fouet, mon épaule “sautait” à chaque fois.

En rentrant j’ai posé mon manteau, enlevé mes talons aiguilles, pieds nus je suis allée chercher mon petit mamba noir… J’ai posé quelques feuilles de sopalin sur un coussin, main gauche d’abord… puis main droite…

OUIIIII !!!!

Enfin, j’avais apprivoisé ce petit animal sauvage, il était devenu MIEN

C’était une belle soirée, je me suis endormie heureuse.

Les jours suivants j’ai continué son dressage et mon entrainement. J’arrivais facilement à atteindre mes objectifs. Un coussin… le rouleau de sopalin… les branches d’une orchidée fanée que je devais découper…

En peu de temps je me suis sentie prête à l’utiliser sur une peau, j’avais très envie de l’étrenner…

Mais pas seule, je voulais être guidée par quelqu’un qui maitrise ces jeux. Même si j’arrivais facilement à viser mes coussins lors de mes entraînements je n’avais pas la prétention de pouvoir jouer en toute sécurité sur quelqu’un.

Une soirée… deux soirées… je l’avais toujours avec moi sans le sortir de mon sac… Lors d’un événement BDSM  je pensais l’utiliser sur une de mes amies, guidée par un Dom, mais je ne me sentais toujours pas prête… Je n’avais pas envie de décevoir, surtout Elle… Ma Divine Marquise…

J’ai continué à m’entrainer, tous les jours.

La semaine suivante je suis allée à un afterwork libertin consacré au BDSM, je savais que j’y retrouverais quelques amis, dont une qui a plusieurs reprises m’avait fait comprendre qu’elle était volontaire…

En début d’année j’avais posté un message humoristique sur facebook

“Cherche cul indulgent pour entrainement ”

Elle y avait répondu favorablement.

Ce soir-là au fond de moi je savais que j’allais l’utiliser, je n’ai pas bu une seule coupe de champagne, juste du soda et encore une fois je ne pensais pas m’en servir seule.

Même si l’ambiance n’était pas celle dont nous avions l’habitude, le lieu se prêtait à nos jeux. Je lui ai simplement demandé si elle en avait envie, je n’avais pas peur, toutes mes inquiétudes avaient disparu…

ELLE, elle avait confiance en moi.

J’ai fait abstraction de ceux qui nous entouraient, je me suis appliquée à essayer de lui offrir ces sensations qui nous transportent… Je l’ai chauffée… mains… paddle… martinets doux… puis ceux plus durs… ceux qui cinglent la peau… ceux que j’avais voulu, ceux dont j’avais imaginé les sensations…

Au bout d’un moment mon corps s’est mis à trembler… j’avais les jambes coupées…

Je ne m’attendais pas à cette réaction de mon corps et de mon esprit, en tout cas pas pour cette première fois et pas avec les martinets… Mais je n’étais pas inquiète, ça ressemblait beaucoup à cet état second que je recherche lorsque je me livre aux caresses des lanières…

Inconsciemment ou consciemment… Je savais ce qui m’arrivait.

j’ai ralenti pour reprendre mes esprits, redescendre pour pouvoir aller au bout de ce merveilleux moment. Je me suis rapprochée d’elle, j’ai caressé sa peau, j’ai senti son parfum. J’avais besoin de ce contact.

J’ai repris doucement la valse des martinets et lorsque j’ai complètement récupéré mes esprits, je les ai posés sur le prie-Dieu.

Il était temps de sortir de sa cage le roi des jeux d’impact :  le signal whip, mon petit mamba noir…

J’étais vigilante, je n’avais aucune crainte pour elle, mais comme nous étions dans une soirée libertine, les personnes présentes ne faisaient pas attention, elles passaient à côté de nous avec le risque de prendre un retour si mon amie bougeait ou si ma main dérapait…

Je suis heureuse de cette soirée, flattée qu’elle m’ait fait confiance.

J’avais toujours eu peur de mon sadisme latent, j’en avais parlé à plusieurs reprises, j’avais peur d’être emportée par l’adrénaline, peur de devenir méchante comme je peux l’être parfois…

Mais mon petit mamba noir m’a rendue plus sûre de moi, il m’a apporté force et sérénité.

Je n’ai ressenti aucun sentiment de supériorité avec une telle arme entre les mains, je ne me suis pas sentie plus puissante, ni Domina, je n’en suis pas une et ne souhaite pas le devenir.

J’ai juste éprouvé énormément de plaisir et une forme de jouissance.

Ce soir-là j’avais juste envie de baiser les mains de cette jeune femme pour la remercier comme je l’ai parfois fait avec un Dom.

J’ai le regret de ne pas l’avoir fait.  De ne pas avoir baisé la main de celle qui m’a fait ce si beau cadeau.

Maitriser la douleur pour la transformer en plaisir et permettre à quelqu’un de masochiste de lâcher prise et de s’abandonner c’est quelque chose de vraiment fabuleux.

J’ai encore tellement à apprendre.

Léger et puissant ce petit mamba a trouvé sa place dans ma chambre, bien protégé et à l’abri des curieux… Il est devenu mien, il fait partie de moi.

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Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Chouette une soirée libertine sur le thème du “BDSM”

 

Il y a presque deux ans avec une amie nous avons organisé notre première soirée BDSM au sein du monde libertin. Le BDSM c’est son monde, tout comme le SM, à l’époque ce n’était pas encore le mien mais j’ai dit ok on n’y va.

Venant toutes les deux de deux mondes différents nous avions cependant la même vision des soirées que nous voulions organiser. Pour nous il n’était pas question de faire une soirée libertine épicée à la sauce BDSM, il n’était pas non plus question de faire des soirées de démonstrations où nos couples D/s auraient été comme des singes en cage pour des libertins ayant envie d’aller “au cirque”. Nous ne voulions pas de curieux, nous voulions simplement essayer de faire se rencontrer deux communautés si éloignées et pourtant si proches. Donner la possibilité à des libertins qui avaient des désirs de se découvrir et de répondre à leur questionnement, de rencontrer de vrais couples D/s et de leur montrer grâce à ces couples ce qu’est le BDSM.

J’ai longtemps dit que je ne pratiquais pas la D/s mais en mettant les pieds dans le BDSM je me suis rendu compte que c’était complètement faux, je pratiquais sans m’en rendre compte, j’ai récemment relu un de mes articles où je proposais un “jeu” à un homme, je lui ai indiqué “pas de D/s”… mais en fait si, c’était totalement D/s.

Le BDSM était en moi sans que je le sache, mais pas n’importe quel BDSM… Pas le BDSM que j’appelle “BDSM libertin” !…

A l’époque si j’avais participé à une soirée libertine ayant pour thème le BDSM je n’y aurais pas trouvé ce que je recherchais, ma curiosité ne serait pas allée plus loin dans sa quête, j’aurais pu passer à côté de celle que je suis aujourd’hui et me priver de toutes ces belles aventures et sensations dont je m’alimente ces dernières années.

Aujourd’hui j’ai décidé d’arrêter d’organiser ce type de soirée pour des raisons personnelles d’abord et aussi parce que depuis quelques temps on voit fleurir sur les sites et les réseaux sociaux des soirées “BDSM” organisées par des privés ou par des clubs.

Et je n’ai pas envie de participer à cette démocratisation du BDSM pour laquelle j’ai pourtant milité et que j’ai longtemps prôné… en tout cas pas de cette façon.

C’est devenu une mode comme une autre mais à mon sens la plupart de ces soirées sont avant tout des soirées dont le thème est “le BDSM” comme le thème d’une soirée pourrait “la rentrée des classes”, “le couvent”, etc… On s’habille fetish, on y va avec son martinet ou sa jolie cravache achetée récemment, on met un joli collier de toutou, et Hop on est dans le thème…

Beaucoup d’organisateurs et de clubs surfent simplement sur la vague « fifty shades of grey » pour attirer une nouvelle clientèle ou conserver l’existante en lui proposant de nouveaux jeux. Mais la plupart de ces soirées ne sont pas représentatives de ce qu’est le BDSM !… Et je ne veux pas y être associée…

Donc si vous êtes libertins et que vous avez juste envie de vous amuser, pourquoi pas, peut-être que ça éveillera de nouvelles sensations et que vous aurez envie d’explorer un peu plus ce monde et ses plaisirs que vous soupçonnez…

Par contre, si vous êtes vraiment intéressés par le BDSM, il y a peu de chance que vous soyez satisfait.e.s… Au mieux, vous recevrez des fessées ou quelques coups de cravache et de martinet qui ne provoqueront rien chez vous… Au pire quelqu’un pourrait vous faire mal et même vous blesser…

Les “jeux” BDSM ne se pratiquent pas à la légère, cela demande un minimum de connaissance, en particulier sur la sécurité et aussi l’hygiène

(cf : Une envie de découvrir les jeux du divin marquis)

Et si vous êtes des BDSMeurs, des puristes sans être libertins, vous pouvez passer une belle soirée et faire découvrir vos pratiques, mais vous risquez aussi d’être agacés par le comportement de certains libertins qui ne connaissent pas les codes du BDSM et qui pourraient avoir à votre égard des gestes que vous allez considérer comme “déplacés”.

D’autres pourraient aussi être choqués par vos pratiques qu’ils qualifieront comme violentes… Gardez à l’esprit que vous êtes dans une soirée libertine et que beaucoup de participant.e.s n’ont qu’une vague idée de ce qu’est le BDSM… Il suffit de voir la réaction de certain.e.s sur les sites dès qu’elles/ils voient des marques de fouet ou de badine… D’autres en arrivent même aux insultes…

De même qu’il y a peu de chance que certain.e.s puissent rentrer dans ces soirées…
Comme une Domina en pantalon… ou un soumis féminisé… La plupart des clubs imposent un dress code et sont “fermés” à certains genres et à la bisexualité masculine… Alors voir un Dom ou une Domina goder son soumis je ne suis pas certaine que ça passe…

Quant aux femmes seules, attention ce type de soirées pourrait attirer des personnes aux intentions peu louables (malheureusement il y en a partout), des pseudos doms qui se feront passer pour des “maitres” ou pire des pervers manipulateurs qui pourraient vous amener à des pratiques que vous ne souhaitez pas en arguant qu’eux savent et que vous devez leur faire confiance… ben voyons…

Et vous messieurs en recherche de sensations… souvent mariés … vous êtes nombreux sur les sites avec des désirs de soumission … vous êtes de belles cibles pour de “jeunes et jolies dominettes” en recherche de portefeuilles bien garnis qui se contenteront de se faire lécher le talon de leur louboutin et vous accrocher pour vous soutirer un maximum…

Bref vous l’aurez compris, ces soirées me déplaisent…

Le BDSM pour tous OUI

Mais pas n’importe où, pas n’importe comment et pas avec n’importe qui…

Donc où aller quand on est libertin et qu’on a réellement envie de découvrir le BDSM…

Sur Paris il n’y a à ma connaissance qu’un seul club BDSM, cris et chuchotements.

Quant aux soirées en club il n’y en a qu’une seule où je vais avec un très grand plaisir et l’assurance de passer un excellent moment ce sont les folles nuits du Divin Marquis au château des Lys, je recommande cette soirée les yeux fermés. Ness et son équipe font un travail remarquable, notamment concernant la sécurité de tous, les participants sont chouettes, ouverts aux autres, bienveillants et très joueurs, personne ne vous juge sur votre physique, votre look, votre âge ou votre statut…

Pour moi les meilleures soirées auxquelles j’ai participé.

Il y a aussi les soirées de l’Anneau de Justine à l’Angelus, mais pour ces dernières je pense qu’il faut déjà avoir un minimum de connaissances ou être accompagné de pratiquants.

Il y en a d’autres organisées en club par de vrais BDSMeurs, mais je ne les connais pas, je n’y suis pas encore allée, donc je n’en parlerais pas.

Pour les libertins souhaitant participer à des soirées BDSM (hors libertinage) que ce soit en clubs ou lors d’événements privés, voilà quelques règles qu’il est bon de connaitre

  1. Les règles de politesses, dont le vouvoiement, ne sont pas optionnelles dans ces soirées.
  2. Le terme de Maitre ou Maitresse est un titre attribué par le ou la soumis.e, il ou elle est le/la seul.e à l’utiliser, vous pouvez néanmoins appeler un Dom ou une Dom, Monsieur ou Madame.
  3. Une soumise ou un soumis se respecte au même titre que sa/son Dom. Ce ne sont pas mais alors pas du tout des personnes à disposition des autres. Elles/ils ont le droit de dire NON.
  4. On garde une certaine “distance” avec les femmes et en particulier lorsqu’elles se présentent comme soumises sous collier, Messieurs, mesdames, attendez d’y être invités.
  5. Si vous souhaitez faire une proposition “de jeu” à un.e soumis.e sous collier, adressez-vous d’abord à sa/son Dom.
  6. On ne va pas draguer les couples ou le membre d’un couple, ce n’est pas une soirée échangiste.
  7. On ne “joue” pas avec un.e soumis.e sans l’autorisation de sa/son Dom.
  8. Personne n’a autorité pour imposer une position, un salut ou une place prédéfinie à un.e sub. Seul.e la/le Dom a autorité sur son/sa sub (et dans certains cas l’orga de la soirée lorsqu’il s’agit de soirées protocolaires).
  9. Si une situation vous dérange ou vous choque, ce qui peut arriver et ce qui est déjà arrivé… N’intervenez pas, venez en parler à l’organisatrice.teur.
  10. Dans ces soirées certains jeux sont réservés à des profils D/s qui maîtrisent leur art et que vous pourrez admirer, comme les bougies, les cordes, le fouet, le fireplay et bien d’autres. Si vous avez été invités dans une soirée BDSM et envie d’échanger sur ces pratiques, n’hésitez pas à aller les voir avec respect, présentez-vous, osez dire que vous êtes novices, toutes ces personnes venant du D/s sont bienveillantes et aiment réellement échanger et faire découvrir leurs pratiques.
  11. Lorsqu’il y a “jeu”, on reste discret, on fait attention à ne pas troubler la concentration des “joueurs” par des commentaires, des bavardages ou autres… de même qu’on laisse tranquille la/le sub/maso/Dom après la séance, ils ont besoin de redescendre. Ce sont des moments intenses.
  12. ON NE SE BRANLE PAS ET ON NE BAISE PAS À CÔTÉ D’UN COUPLE EN TRAIN DE JOUER… MÊME SI ÇA VOUS EXCITE !!!… (Bah oui j’ai déjà vu ça en club… autant dire que ça n’a pas été apprécié).

Et vous allez me demander et le sexe ?

Je vous répondrais si vous cherchez du sexe comme dans le libertinage ce n’est pas ces soirées qu’il faut fréquenter, dans les clubs il y a toujours des coins câlins où vous pourrez vous isoler, mais une soirée BDSM n’est pas une soirée libertine.

Et pour ceux qui viennent de la communauté BDSM et qui croisent des libertins dans leurs soirées, certain.e.s par méconnaissance de ce monde pourraient être maladroits, ne leur en tenez pas rigueur, expliquez leur simplement ce qui peut se faire et ce qui ne doit pas se faire.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

feminisme

Colère !… Colère !… Colère

Féministes de tout bord mais  lâchez-nous et laissez-nous vivre comme on en a envie !…

Vous cherchez quoi ? C’est quoi votre problème ?

Que vous vous battiez contre la prostitution, la violence faite aux femmes, yesssss j’applaudis  des deux mains et je vous soutiens

Que vous parliez de sexualité, si c’est pour encourager les femmes à assumer leurs désirs et leurs envies ! yesssss

Mais bon sang, arrêtez avec cette caricature de la femme qui ne serait qu’un “objet sexuel” utilisée par les hommes, arrêtez de culpabiliser les femmes, arrêtez de dire aux femmes qui se maquillent, portent des talons aiguilles et des décolletés pigeonnants, arrêtez de penser qu’elles ne le font que pour plaire aux hommes !…

Arrêtez de penser et de vouloir faire croire que nous sommes de pauvres cruches sans cervelles qui n’agissons et ne pensons que par la volonté des hommes

Je suis d’une génération où j’ai souffert comme d’autres femmes de ne pas pouvoir assumer ma sexualité.

Je suis d’une génération ou les femmes qui aimaient le sexe étaient jugées, mal vues.

Je suis d’une génération ou beaucoup de femmes comme moi se sont éteintes dans une vie de couple et se sont ennuyées sans une once de plaisir…

Je suis de la génération du “devoir conjugal” si rasoir…

Et pourtant…

J’aurais pu m’assumer et être heureuse, les femmes de ma famille ont été pour la plupart des femmes libres, elles auraient dû être un exemple pour moi, mais plus jeune quand j’ai commencé à avoir des petits amis… trop au goût de la société bien pensante… j’ai été jugée… J’ai eu peur du qu’en-dira-t-on et je me suis “rangée” pour essayer de ressembler à “une honnête femme”. Je suis devenu transparente

Je me suis tout interdit, interdit de fantasmer, interdit de me caresser, interdit de regarder un porno, interdit de désirer, interdit de porter de la lingerie trop sexy…

Qu’est-ce que j’étais malheureuse !

C’est ce que vous voulez vous les féministes radicales ? Engendrer toute une génération de femmes malheureuses ? mal dans leur peau, des femmes qui rejettent leur sexualité ? des femmes qui ont honte de ce qu’elles voudraient être ?

Dans les années 70 le féminisme rimait avec révolution sexuelle, 50 ans plus tard le féminisme rime avec culpabilisation sexuelle.

On est au vingt-et-unième siècle,

On a la chance de découvrir grâce aux réseaux sociaux des sexualités alternatives qui nous parlent.

On a la chance de pouvoir échanger avec des personnes qui ont les mêmes envies que nous.

On a la chance de pouvoir choisir nos partenaires sexuels quel que soit leur genre et le nombre.

On a la chance de pouvoir porter des converses ou des talons aiguilles selon notre humeur.

On a la chance de pouvoir porter une petite culotte en coton ou un corset en cuir si on en a envie.

On a la chance de pouvoir mettre un soutien-gorge ou d’être poitrine nue.

On a la chance de trouver encore des hommes que vous n’avez pas castrés capables d’assumer leur bestialité.

On a la chance de pouvoir être proie ou/et prédatrice.

Le féminisme c’est se battre pour l’égalité des sexes, se battre pour les droits des femmes et c’est aussi leur permettre de vivre comme elles en ont envie…

D’être des objets sexuels si elles le veulent…
D’être femmes au foyer si c’est leur choix…
De dévorer les hommes si les queues sont leur gourmandise…
Et si tel est leur plaisir…

De s’offrir ou de se refuser…

De se soumettre ou de dominer…

De convoiter et d’être un objet de convoitise…

De baiser ou faire l’amour…

D’être caressée ou caressante…

De griffer ou être lacérée…

De tendre la joue pour un baiser ou une paire de gifles…

D’être pénétrée ou pénétrante…

De jouir sans entraves ou ligotée…

Mesdames les nouvelles féministes, arrêtez de culpabiliser les femmes, et de vouloir nous imposer votre vision !…

Vous êtes pire que le patriarcat que vous combattez !…

De par vos propos, vous divisez les hommes et les femmes, vous nuisez à l’évolution de la femme dans cette « fameuse société patriarcale », vous donnez des arguments à tous ces jeunes hommes qui traitent de pute une femme en mini jupe.

Vous enchainez les femmes comme le patriarcat a pu le faire.

Vous vous trompez de combat ! Foutez-nous la paix,

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée