gerersescontradictions

Depuis que je navigue dans la sexosphère ma devise a toujours été

“Ne rien chercher, ne rien attendre… simplement se laisser surprendre”

Juste une façon de dire que je ne cherche pas à me caser, je ne suis pas à la recherche d’un compagnon ni du grand amour, mais si les sentiments me tombent dessus je ne m’enfuirai pas et me laisserai porter

Mes rencontres ont toujours été légères, depuis longtemps j’ai toujours été une adepte du one-shot, des rendez-vous sans aucun lendemain, j’avais rarement envie de revoir ces hommes que la nuit ait été médiocre ou formidable, parfois un ou deux rendez-vous de plus, mais ça s’arrêtait très vite, naturellement sans qu’on ait même besoin de se dire au revoir.

Les sites libertins me convenaient et répondaient parfaitement à mes besoins, je n’ai jamais pu faire de rencontre sur des sites plus conventionnels où beaucoup d’hommes attendent autre chose qu’un “plan Q“ et peuvent vite devenir “collants“ surtout lorsque tu commences à évoquer la question de la sexualité.

J’étais attachée à ma liberté et il était hors de question pour moi de rendre des comptes où de devoir demander la permission.

De toute façon si tu cherches quelqu’un pour construire une vie à deux peu de chance que tu le trouves sur un site libertin ou lors d’une soirée débridée…

Mais ça peut quand même arriver, surtout chez les plus jeunes qui n’ont jamais connu la vie de couple.

Je suis loin d’être une collectionneuse, mais je l’avoue je n’ai jamais été fidèle, j’ai trompé tous les hommes avec qui j’ai eu une longue relation et ça bien avant que je mette les pieds dans la sexosphère. Mes pulsions ont toujours pris le dessus, quand je voulais quelqu’un dans mon lit il me le fallait et peu importe si j’étais en couple, et ça ne voulait pas dire que je n’aimais pas mon compagnon.

Mais malgré mes one-shot et mes rencontres sans lendemain il m’est arrivé de me faire surprendre… et c’est parfois douloureux, j’ai dû faire un gros travail sur moi-même, je m’en suis rendu compte récemment et suite à cet échec j’ai beaucoup réfléchi et échangé sur le sujet avec de proches amis qui m’ont aidée à y voir plus clair…

Là où le bât blesse c’est quand tu as un vrai coup de cœur pour quelqu’un, étrangement tu en oublies tous tes principes “libertins“ et tu redeviens “conventionnelle“ tu voudrais qu’il n’existe que toi, qu’il ne voit que par toi, alors que dans nos univers on est tous habitués à butiner d’une fleur à l’autre et encore plus quand on est célibataire depuis longtemps, qu’on sort beaucoup et qu’on fréquente les soirées parisiennes…

Mes coups de cœurs sont rares, la plupart des hommes m’ennuient et quand j’ai un vrai coup de cœur je n’ai pas envie qu’il me file entre les pattes, je ne sais pas si je suis une vraie cérébrale, c’est un qualificatif que beaucoup utilisent, mais quand j’ai un coup de cœur, il nourrit mon imaginaire, mon cerveau s’emballe, mon usine à vices se met en marche et je commence à échafauder des scénarios plus ou moins pervers…

Mais voilà j’ai eu un coup de cœur et je n’ai pas su gérer toutes ces émotions contradictoires qui se sont parfois télescopées et ça a fini par faire un grand boum… le big bang dans ma tête…

Il m’aura fallu du temps pour m’apercevoir que je demandais à l’autre ce que je n’étais peut-être pas capable de lui donner moi-même…

Que je lui reprochais certains actes et que je ne regardais pas les miens…

Comment reprocher à l’autre de flirter avec toutes ses amies alors que moi je passe mon temps à le faire avec les miens…

Comment lui reprocher ses mains baladeuses, alors que certains peuvent me toucher…

Là où je voyais une forme d’humiliation pour moi en ayant l’impression que mon égo en prenait un sacré coup… je ne voyais pas qu’il pouvait en être de même pour lui lorsque j’embrassais un de mes amis sur la bouche devant les siens…

Comment lui reprocher de boire un verre ou diner avec ses amies, alors que moi-même je le fais tout le temps avec les miens…

Etc… etc…

Tous les reproches que je lui ai fait, il aurait pu lui aussi me les faire…

C’est exactement le “fais ce que je dis, mais pas ce que je fais”…

Il est plus difficile de vivre une relation “amoureuse” entre deux personnes qui se rencontrent dans ce contexte. Un couple qui vient découvrir ses univers possède déjà des bases. Pour deux célibataires c’est différent ils doivent trouver leur équilibre, construire la relation dans un univers où les tentations sont omniprésentes, pour ça il faut arriver à communiquer, prendre sur soi, apprendre à faire confiance en l’autre et en soi aussi. On a chacun nos habitudes, notre liberté à laquelle on tient, en tout cas on n’est pas prêt à y renoncer si vite, pas en quelques jours, quelques semaines, j’ai 30 ans de célibat et j’ai toujours eu beaucoup de mal à partager mon espace, à dormir avec quelqu’un. J’avais aussi envie qu’il me surprenne en venant à l’improviste je ne suis pas certaine que j’aurais vraiment apprécié… finalement je le voulais pour moi mais quand MOI je voulais…

Je l’ai traité d’égoïste et en écrivant cette dernière phrase je m’aperçois que moi aussi je l’ai été­­. J’ai été très hypocrite sans le vouloir.

J’ai une autre émotion à gérer lorsque j’ai un coup de cœur, je deviens possessive.

Attention ça n’est pas de la jalousie, au contraire j’aime le partage et j’adore confier mon partenaire à d’autres en qui j’ai toute confiance.

Non, ma possessivité se rapproche plus d’une forme de “matérialisme“.

Celui que j’aime devient aussi sacré que mes jouets, j’y tiens et on n’y touche pas sans ma permission…

Sauf que mon partenaire n’est pas un de mes jouets même si j’aimerai bien qu’il soit mon objet sexuel 😉

J’ai réfléchi sur ce sentiment de possession je crois qu’il est naturel chez une personne dominante, cela rentre dans le cadre d’une relation D/s si elle a lieu d’être… une relation où l’un confie son corps ses désirs sa sexualité à l’autre, l’autre devient notre propriété et je sais que si je devais avoir un jour une relation D/s avec quelqu’un il y a certaines pratiques qui me seraient réservées, des pratiques qui évoquent le marquage de territoire…

Jusqu’à présent  j’ai toujours refusé d’avoir une relation D/s justement pour préserver ma sacro-sainte liberté et pourtant je me suis comportée en “propriétaire“. Mais accepter d’être la Maîtresse d’une soumise ou d’un soumis ça implique que cette personne soit en appartenance et la chaîne possède deux bouts… dont un serait forcément rattaché à moi… Est-ce que j’ai vraiment envie de ça ? Dans ce type de relation le dominant doit décider, il doit donner du temps, beaucoup de temps pour satisfaire l’autre, il doit lui donner la priorité sur d’éventuels partenaires de jeux qu’il pourrait rencontrer en soirée.

Je ne cherche pas une relation D/s je privilégie avant tout la relation humaine, mais je sais aussi que dans un certain contexte lorsque la relation évolue c’est une demande qui pourrait arriver, un besoin que l’autre pourrait avoir. Ce n’est de toute façon pas moi qui en ferai la demande, c’est à la soumise ou au soumis de choisir son Maître ou sa Maîtresse, tout comme je ne l’attacherai pas – j’ai toujours préféré les chiens en liberté qui marchent fièrement à côté de leur maitre plutôt que ceux tenus en laisse avec une muselière –  si un jour j’ai cette demande et que j’ai un lien très fort avec cette personne je ne la refuserai pas mais on devra beaucoup échanger et poser des règles et en particulier sur  cette notion de “propriété“ et sur ma “possessivité”.

Ce jour-là nous ferons partie d’une meute, nous ne nous isolerons pas…
Mais je serai sa seule louve Alpha parmi les louves… moi seule pourrai le marquer… Il ne pourra porter que mon odeur… je serai la seule qu’il pourra boire…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

HeterodeBase

Messieurs vous qui clamez haut et fort “Moi mon cul personne y touchera jamais”, vous ne savez vraiment pas ce que vous ratez et vous devriez arrêter de serrer les fesses dès que l’un de nos doigts s’approche de votre petite rondelle, parce que franchement…  dans quelques années quand votre “sacro-saint engin” ne voudra plus fonctionner il vous restera quoi pour éprouver du plaisir…

Allez je vais essayer de vous convaincre.

J’avais déjà évoqué sur mon blog le plaisir prostatique que j’ai découvert dans le libertinage, c’était sympa mais je n’y ai pas pris plus de plaisir que ça, peut-être parce que c’était juste des libertins. Ça me lassait assez vite et le plus souvent quand je le faisais c’est que la soirée m’ennuyait… je compensais en les enculant, ça m’amusait… mais sans plus…

Récemment j’ai rencontré un homme dans le milieu BDSM très adepte du plaisir anal.

Et la waouh ça a été une véritable révélation pour moi.

On s’était déjà vu une fois chez moi, on a joué mais sans le strapon et j’ai vraiment préféré, j’ai dans un premier temps utilisé mes mains, ce que j’avais du mal à faire avec d’autres, lui c’était différent, j’en avais envie, j’avais envie de le sentir, de le pénétrer, mais pas le prendre à la façon d’un mec harnachée de mon gode ceinture, je voulais ressentir la chaleur de ses entrailles, ne faire qu’un avec lui et pour la première fois je ne me suis pas ennuyée. J’ai adoré, son plaisir a nourri le mien.

La seconde fois nous nous sommes retrouvés seuls après une soirée, enfin pas tout à fait seuls une de mes proches amies était restée avec nous.

J’avais très envie de jouer avec son corps, il est très réceptif et j’éprouve encore plus de plaisir quand je suis dans le partage, j’aime regarder mon partenaire prendre du plaisir pendant que je le confie à d’autres.

Nous l’avons mis dans ce que j’appelle le confessionnal de la Factory. Une sorte de pièce ou le bas du corps est à l’extérieur, il y a aussi des sangles pour attacher les pieds. La pièce est équipée d’une caméra qui diffuse à l’extérieur ce qu’il se passe à l’intérieur.

J’étais à l’extérieur et je m’occupais de son cul et de sa queue, pendant que je le fouillais, je faisais vibrer mon mini wand sur son gland. Mon amie était accroupie au niveau de son visage et lui travaillais les tétons, elle a très vite trouvé le bon dosage. De temps en temps je ralentissais pour me délecter du spectacle sur l’écran.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais il commençait à se débattre et trembler, je l’ai détaché pour faire une petite pause, mais il tremblait tellement que même sa cigarette entre ses lèvres battait la mesure.

Je me suis inquiétée, je n’ai pas osé aller plus loin. Je ne savais pas s’il se sentait mal ou si c’était autre chose, ça me faisait penser à un sub, mais je n’en avais jamais entendu parler avec le plaisir anal.

Quelques jours plus tard j’en ai discuté avec lui, il m’a rassuré.

On s’est revu une troisième fois, j’ai éprouvé le même plaisir à le fouiller, à le faire gémir et râler.

J’ai découvert que ce sont des jeux qui excitent mes sens, arriver à faire partir quelqu’un comme ça, ensuite l’accompagner sur le retour, le caresser, l’apaiser, lui permettre d’atterrir en douceur c’est vraiment tout ce que j’aime.

Bon il y a quand même un bémol surtout si ces jeux sont poussés…

Mesdames, si vous espérez un retour, oubliez…

Il y a un côté égoïste mais ne leur en voulez pas ils sont vidés, moi-même après ces moments j’étais sans énergie, j’avais juste besoin de tendresse, mais ça implique que mon partenaire ne soit pas qu’un simple partenaire de jeux, d’ailleurs même si j’ai très envie de recommencer je ne pourrais pas le faire avec un homme lambda, ce sont des jeux très intimes contrairement aux jeux d’impact, et dès que ça implique la sexualité j’ai besoin de désirer l’autre, d’avoir une vraie relation avec lui.

C’est peut-être aussi pour ça qu’avec lui j’ai aimé et que j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Messieurs ces jeux ne sont pas réservés aux homosexuels où aux bi, ni au BDSM, vous laissez faire ça ne vous met dans une position de soumission.

Alors ouvrez votre esprit… et vos petites fesses et laissez vous aller 😉

Pour M. celui qui m’a fait découvrir le corps de l’homme, j’ai adoré ces moments.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

HeterodeBase

Messieurs vous qui clamez haut et fort “Moi mon cul personne y touchera jamais”, vous ne savez vraiment pas ce que vous ratez et vous devriez arrêter de serrer les fesses dès que l’un de nos doigts s’approche de votre petite rondelle, parce que franchement…  dans quelques années quand votre “sacro-saint engin” ne voudra plus fonctionner il vous restera quoi pour éprouver du plaisir…

Allez je vais essayer de vous convaincre.

J’avais déjà évoqué sur mon blog le plaisir prostatique que j’ai découvert dans le libertinage, c’était sympa mais je n’y ai pas pris plus de plaisir que ça, peut-être parce que c’était juste des libertins. Ça m’ennuyait assez vite et le plus souvent quand je le faisais c’est que la soirée m’ennuyait… je compensais en les enculant, ça m’amusait… mais sans plus…

Récemment j’ai rencontré un homme dans le milieu BDSM très adepte du plaisir anal.

Et la waouh ça a été une véritable révélation pour moi.

On s’était déjà vu une fois chez moi, on a joué mais sans le strapon et j’ai vraiment préféré, j’ai dans un premier temps utilisé mes mains, ce que j’avais du mal à faire avec d’autres, lui c’était différent, j’en avais envie, j’avais envie de le sentir, de le pénétrer, mais pas le prendre à la façon d’un mec harnachée de mon gode ceinture, je voulais ressentir la chaleur de ses entrailles, ne faire qu’un avec lui et pour la première fois je ne me suis pas ennuyée. J’ai adoré, son plaisir a nourri le mien.

La seconde fois nous nous sommes retrouvés seuls après une soirée, enfin pas tout à fait seule une de mes proches amies était restée avec nous.

J’avais très envie de jouer avec son corps, il est très réceptif et j’éprouve encore plus de plaisir quand je suis dans le partage, j’aime regarder mon partenaire prendre du plaisir pendant que je le confie à d’autres.

Nous l’avons mis dans ce que j’appelle le confessionnal de la Factory. Une sorte de pièce ou le bas du corps est à l’extérieur, il y a aussi des sangles pour attacher les pieds. La pièce est équipée d’une caméra qui diffuse à l’extérieur ce qu’il se passe à l’intérieur.

J’étais à l’extérieur et je m’occupais de son cul et de sa queue, pendant que je le fouillais, je faisais vibrer mon mini wand sur son gland. Mon amie était accroupie au niveau de son visage et lui travaillais les tétons, elle a très vite trouvé le bon dosage. De temps en temps je ralentissais pour me délecter du spectacle sur l’écran.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais il commençait à se débattre et trembler, je l’ai détaché pour faire une petite pause, mais il tremblait tellement que même sa cigarette entre ses lèvres battait la mesure.

Je me suis inquiétée, je n’ai pas osé aller plus loin. Je ne savais pas s’il se sentait mal ou si c’était autre chose, ça me faisait penser à un sub, mais je n’en avais jamais entendu parler avec le plaisir anal.

Quelques jours plus tard j’en ai discuté avec lui, il m’a rassuré.

On s’est revu une troisième fois, j’ai éprouvé le même plaisir à le fouiller, à le faire gémir et râler.

J’ai découvert que ce sont des jeux qui excitent mes sens, arriver à faire partir quelqu’un comme ça, ensuite l’accompagner sur le retour, le caresser, l’apaiser, lui permettre d’atterrir en douceur c’est vraiment tout ce que j’aime.

Bon il y a quand même un bémol surtout si ces jeux sont poussés…

Mesdames, si vous espérez un retour, oubliez…

Il y a un côté égoïste mais ne leur en voulez pas ils sont vidés, moi-même après ces moments j’étais sans énergie, j’avais juste besoin de tendresse, mais ça implique que mon partenaire ne soit pas qu’un simple partenaire de jeux, d’ailleurs même si j’ai très envie de recommencer je ne pourrais pas le faire avec un homme lambda, ce sont des jeux très intimes contrairement aux jeux d’impact, et dès que ça implique la sexualité j’ai besoin de désirer l’autre, d’avoir une vraie relation avec lui.

C’est peut-être aussi pour ça qu’avec lui j’ai aimé et que j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Messieurs ces jeux ne sont pas réservés aux homosexuels où aux bi, ni au BDSM, vous laissez faire ça ne vous met dans une position de soumission.

Alors ouvrez votre esprit… et vos petites fesses et laissez vous aller 😉

Pour M. celui qui m’a fait découvrir le corps de l’homme, j’ai adoré ces moments.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

MitsoukoEtLeSeducteur

Dame Mitsouko, sur ses talons perchée,
Tenait à la main son verre de champagne.
Maître Séducteur, par les sens alléchés,
Lui tint à peu près ce langage :
Mes hommages, Belle Dame.
Je suis ravi de vous avoir rencontrée, aidez moi, dites moi comment vous séduire,
Sans mentir, j’aime les vraies femmes
qui n’ont rien à envier à toutes ces jeunettes
Et vous semblez être une femme “à MA hauteur” !

À ces mots, Dame Mitsouko se sent flattée.
La Dame n’est pas insensible à la galanterie et aux yeux de ce charmeur,
Elle apprécie cette cour des temps anciens, et redevient midinette l’espace d’un moment .

Mais le séducteur comme beaucoup est surtout grand collectionneur
Ses ami.e.s l’avaient avertie
Fais attention à toi, tu risques de souffrir…

Comme le dit la fable d’origine
“Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute.”

Cette leçon vaut bien quelques larmes, sans doute.
Dame Mitsouko bien que se sentant profondément humiliée et vexée,
Avoua, que malgré tout c’est bon de s’être senti désirée et qu’elle se laisserait encore séduire, (mais elle ferait plus attention aux petits signes qui ne trompent pas 😉)

La morale de cette fable ?
J’ai eu deux très gros coups de cœur, le premier m’a fait découvrir mon corps, le second celui de l’homme. Malgré le chagrin, je préfère avoir écouté mon cœur plutôt que de risquer de passer à côté d’une belle histoire, et si je ne l’avais pas fait je n’aurais pas goûté à toutes ces belles sensations qui m’ont fait vibrer.

Toutes les rencontres sont belles et nous apportent toujours quelque chose de positif, l’essentiel c’est de savoir y mettre un terme avant que le négatif détruise les jolis souvenirs.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

GoutersDivinMarquis

ProduitConsommationOn vit dans un monde ou la surconsommation est devenue notre mode de fonctionnement, c’est aussi valable dans le cadre des rencontres

Typiquement sur les sites de rencontres facebook ou autre réseaux on se comporte comme sur un site marchand.

On met les profils d’éventuels partenaires dans nos favoris exactement de la même façon que des paires de chaussures dans un panier, on accumule tous ces profils, certains en ont quelques dizaines d’autres de milliers, on les voudrait toutes

Elles nous font toutes craquer et on passe de l’une à l’autre sans prendre le temps de les apprécier.

Il y a la paire de chaussures qui nous fait craquer on la veut à l’instant “T” et le jour où on l’a enfin eue, elle sera portée une seule fois et elle finira sa vie au fond du placard sans ne plus jamais ressortir de sa boite.

Il y a celle qui fait rêver, inaccessible, elle n’est pas dans nos moyens, on regarde tous les jours les jolies photos, on les like, on espère qu’un jour peut être…

Il y a celle qu’on a acheté sur un coup de tête, mais importable, elles ne va avec rien

Il y a celle que l’on adore, on la voulait on l’a eue même si on savait qu’elle nous ferait mal aux pieds, ces chaussures nous font souffrir le martyr, mais on les aime, on subit les blessures pour pouvoir les porter…

Il y a celles qu’on aime porter régulièrement, juste pour le confort qu’elles apportent…

Les paires pour des occasions spéciales… mais absolument immettables pour d’autres…

Il y a la paire de chaussures dont on a besoin juste de temps en temps, elle nous est indispensable et on ne pourrait pas s’en passer, d’une certaine façon on adore cette fameuse paire et on espère qu’elle va durer encore longtemps parce qu’on sait qu’on n’en retrouvera pas une pareille…

Il y a celle aussi avec laquelle on est sûr de briller en société, elles va flatter notre égo… tout le monde va être jaloux de cette sublime paire de chaussures arborée à nos pieds…

Il y a aussi la paire de chaussures qui fait un certain effet, mais quand on y regarde de plus près elle est juste de qualité très médiocre, dommage on a quand même beaucoup dépensé pour du simili cuir et quelques strass en plastique…

Avec ce type de comportement dans les rencontres, très égoïste et orienté seulement sur soi-même, ses envies et ses besoins on prend le risque de passer à côté de l’essentiel, de vraies rencontres sincères et enrichissantes. Passer à côté du bonheur…

Je suis la paire de chaussures qui a craqué pour le “conso-mateur”… j’aurais voulu être celle qu’il avait tout le temps envie de porter, celle dont il ne pouvait pas se passer…

Il a tout fait pour me posséder, et lorsque je suis devenu sienne, il m’a oubliée… il ne me regarde que très rarement… me sort seulement quand il a besoin de moi…

Je souffre lorsqu’il rajoute des “produits“ dans son panier et qu’il n’a même pas un regard sur moi…

Je souffre quand il choisit de porter une de ces paires de chaussures bas de gamme à ma place…

J’avais peur qu’il m’oublie au fond de son placard quand je le vois s’intéresser à une paire de chaussures de luxe, de celles qui les font tous fantasmer…

Je ne suis peut-être pas la plus belle des paires de chaussures, mais je sais que j’aurais pu être celle qui t’aurait fait faire de belles ballades… celle qui ne t’aurait pas blessé… celle qui aurait pu t’accompagner sur des chemins difficiles…

Tu n’as pas pris soin de cette paire de chaussures…
Tu n’as pas su ou pas voulu…

Cette paire de chaussures est fragile… elle a besoin d’être préservée…

Cette paire de chaussures s’est sentie très vite délaissée,  et surtout constamment humiliée…

Elle a fini par te lâcher…

Peut-être que tu la remplaceras rapidement… Peut-être la regretteras tu…

Consommes… consommes…consommes…

Un jour tu finiras pieds nus sur un sol glacé et désert sans aucune paire de chaussures pour te protéger… ça sera plus difficile pour toi d’avancer… Peut être que tu auras mal de ne plus arriver à trouver chaussure à ton pied… fais attention avec l’âge il devient de plus en plus difficile de se chausser…

Et ce jour-là j’espère que tu te souviendras de cette petite paire de chaussures toute simple que tu as si souvent négligé…

Je ne suis pas un produit de consommation, derrière mon profil il y a un être humain fait de chair et de sang, un être humain qui possède une vraie sensibilité, un être humain que l’on peut blesser, je ne suis pas juste une paire de chaussures que l’on apporte chez le cordonnier pour les faire réparer et pouvoir les porter à nouveau…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Quand-la-réalité-dépasse-limaginaire

Il y a des artistes qui vous surprennent en réalisant l’objet de vos fantasmes, qui vont bien au-delà de ce que vous auriez pu imaginer…

Vous n’avez pas assez de mots pour les remercier

Trois ans que j’en rêvais, trois ans qu’il hantait mes pensées…

Lorsque j’ai commencé à ajouter ce type de jouets à ma petite collection c’est la toute première pièce que je voulais acquérir, à l’époque j’étais juste une collectionneuse pas encore une joueuse et je n’avais même pas encore mis le moindre petit orteil dans le BDSM, j’aimais seulement l’esthétisme de cet univers, il a en partie révélé une créativité que j’ignorais.

Je voyais passer les photos sur facebook de ces magnifiques fouets, je n’en avais jamais vu en vrai mais j’en voulais un, j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir me l’offrir.

J’ai donc pris contact avec le créateur.

Aïe !

Le courant n’est pas passé, on ne s’est pas compris, j’avais un peu l’impression de “l’ennuyer”…

J’ai renoncé à cet achat, assez vexée de l’accueil qui m’avait été fait.

Deux ans plus tard lors d’un apéro que j’organisais j’ai eu l’occasion d’en avoir un en main, une femme venant de Suisse m’avait proposé d’apporter le sien.

Je ne saurais pas décrire la sensation que j’ai ressenti lorsque j’ai eu ce fouet en main, le désir de le posséder était de nouveau bien présent, d’autant plus que j’étais devenue joueuse, d’abord du côté du cracker puis je suis très vite passée de l’autre côté et c’est une pièce que je n’avais pas encore. Mais le premier contact avec le créateur avait été si froid que je n’avais pas envie de le relancer, c’était inutile.

Les mois suivants j’en ai eu d’autres en main, l’envie était toujours là, mais avec un seul bémol, le poids, je les trouvais trop lourds pour moi, je pensais que je n’arriverais pas à le manipuler. Je n’étais plus une simple collectionneuse, il fallait que je puisse aussi m’en servir, qu’il aurait été dommage qu’une telle pièce passe sa vie dans une vitrine sans pouvoir mordre la peau…

J’ai donc fait appel à un autre artisan pour mon premier fouet “mon petit mamba noir“, je voulais quelque chose de léger.

Il y a deux mois nous devions trouver un cadeau pour l’anniversaire d’un de nos amis, le fouet a été désigné comme une évidence… Mais pas n’importe quel fouet “Un Charon”…

Re Aïe… il allait falloir que je reprenne contact avec le Monsieur…

J’ai pris sur moi et j’ai fait appel à un ami commun pour qu’il nous mette en relation.

A mon grand étonnement je suis tombée sur un homme charmant, pas l’ours que j’imaginais, il m’a posé des questions, les mêmes questions auxquelles je n’avais pas su répondre la toute première fois, notre incompréhension venait certainement de là, à l’époque je voulais juste un fouet sans rien y connaitre, je suppose que ça l’a rendu méfiant d’où la froideur que j’ai pu ressentir, j’avais l’impression que mon étiquette de libertine me fermait une fois de plus les portes du BDSM , je me sentais méprisée, j’étais agacée, mais après nos récents échanges je crois surtout qu’il est comme ces armuriers qui se soucient de ce que vous voulez acheter, qu’il vérifie comme eux que vous êtes apte à vous en servir correctement et que surtout vous en ferez bon usage.

Je serais rentrée dans une armurerie en demandant un fusil je crois que j’aurais été reçue de la même façon, à l’époque je n’en avais pas conscience. Parce que oui de tels fouets peuvent être dangereux mis entre de mauvaises mains.

J’ai donc commandé le fouet de mon ami, il m’a posé beaucoup de questions sur son caractère et sa morphologie, nous avons validé ensemble la longueur, le poids, le modèle. Tout au long de la réalisation il m’a tenu au courant, envoyé des photos, j’ai beaucoup apprécié, il ne se contentait pas de vendre un fouet et de le livrer, il permettait au client de se l’approprier avant même de le recevoir.

Lorsque je l’ai reçu, j’ai pu admirer à nouveau ce magnifique tressage, j’avais tout mon temps pour l’apprécier, un tressage qui semble si parfait qu’on pourrait le penser mécanique, mais quand on le regarde vraiment de près, qu’on le touche, on voit les petits détails qui certifie que le travail est bel et bien manuel.

Et cette fois-ci le poids ne m’a pas rebuté au contraire

Évidemment je lui ai commandé le mien, celui dont je rêvais depuis trois ans…

L’objet de mes fantasmes…

En fait non pas tout à fait, celui que j’ai commandé est un fouet avec lequel je peux jouer, un fouet pensé pour moi. Nous avons beaucoup échangé, j’ai écouté ses conseils. J’ai eu la chance de voir quelques pièces exceptionnelles de sa facture.

Que c’était difficile de choisir, j’avais envie de tout.

Même si je suis joueuse, je suis d’abord une collectionneuse, qui aime les très belles pièces.

J’aime les tons de noirs et de bruns, les couleurs naturelles qui s’accordent parfaitement à mon intérieur. J’aime le cuir les peaux de belle qualité et de toutes sortes, autruche, python, galuchat. J’aime les objets rares.

Je savais à peu près ce que je voulais, mon choix de pommeau s’est porté sur la tête du cobra, j‘ai toujours fait le parallèle avec un serpent, il siffle dans l’air tel le reptile, se meut de la même façon. Et l’idée de jouer avec la peur du fouet et du serpent faisait travailler mon imagination.

Pour le corps j’avais choisi des spires qui pouvaient rappeler la peau d’un serpent.

Un matin je reçois des photos d’un magnifique tressage argent et noir, c’était vraiment sublime, ça claquait, j’ai hésité, mais même si j’aimais beaucoup ça ne me correspondait pas, j’ai opté pour ce motif, mais avec des couleurs naturelles.

Quelques temps plus tard Monsieur Charon m’envoie la photo d’un magnifique Python en me demandant si j’aime… Mon cœur battait à mille à l’heure…

Allait-il essayer de reproduire cette peau…

Je n’osais rien dire… rien demander… peur de trop fantasmer et au final d’être déçue s’il ne le réalisait pas…

Un matin en prenant mon café, je vois sur facebook un nouveau post de Monsieur Charon… la photo d’un fouet avec le pommeau Cobra, dans mes couleurs, celui qui aurait pu être le mien…

J’ai ressenti un petit pincement… il ne l’avait pas fait… J’en avais seulement rêvé…

Le lendemain je reçois un message

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiiiiii

–  Patience (lol )

Mon cœur se remet à battre la chamade… et si au final ce Cobra n’était pas le mien et qu’il l’avait vraiment fait…

Mon cerveau bouillonne pendant 3 jours, il prend plaisir à me taquiner chaque jour…

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiii

–  Nan patience

Grrrrrr

J’y pense et j’y repense… Le pommeau… s’il l’a vraiment réalisé, la tête de cobra ne va pas du tout aller avec le motif de la peau de python, mais je n’ose pas le lui dire, il a certainement déjà fabriqué le pommeau…

C’est trop tard…

On est mardi, enfin il m’envoie les photos de mon fouet, je m’étais préparée…

Soit j’avais le choix d’origine soit j’allais posséder mon idéal…

PUTAIN !!!!! Il l’avait fait !

Et Ouiiiiiii il avait aussi changé le pommeau

Ce fouet est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Je suis sans voix, je ne sais plus quoi dire, je ne sais pas quoi lui dire, les mots ne viennent pas. Je suis complètement bluffée.

Je suis mal à l’aise, j’ai honte de ne pas arriver à trouver les mots pour le remercier.

Puis il me vient des tas d’images, j’entre dans une bulle, je me remémore des souvenirs, je pense à mon enfance et à un continent qui m’est cher l’Afrique, je revoie la peau de serpent accrochée au mur chez mon père, je pense à Ève et au serpent de la genèse et bien sûr à Kaa le Python du livre de la jungle “aie confiance…”

Il me faudra un peu de temps pour réaliser qu’il est vraiment à moi que ce n’est plus un doux rêve…

Le week-end suivant je partais en Bretagne pour un Week-end organisé par le Chapitre de Rennes, deux soirées de découverte et un après-midi d’ateliers, un week-end ou Monsieur Charon devait me remettre mon “jouet“.

J’arrive vers 18 h, lui doit arriver vers 20 h 30, c’est parfait ça me laisse le temps de me délasser du voyage, de faire connaissance avec nos hôtes de prendre une douche et de me préparer pour la soirée.

Je suis dans la salle où se déroulera les festivités, nous sommes plusieurs à prendre un verre et discuter.

Il arrive enfin, accompagné de sa femme Sow que j’ai pu admirer le lendemain dans une démonstration de needle play, de Charly de Sybille leurs soumis et d’un ami commun.

Je ne vous ai pas dit que Monsieur Charon était taquin ?

Il me prend par l’épaule, me colle un baiser sur la joue

– Bonjour Mitsouko, ah je suis désolé je l’ai oublié chez moi, mais c’est à cause de lui (notre ami commun), mais ne vous inquiétez pas demain je retourne le chercher.

Déception dans ma petite tête, mais je prends sur moi et ne le montre pas…

– Mais non vous n’allez pas refaire la route (300 km aller et retour quand même), ce sont des choses qui arrivent envoyez le par la poste.

–  Si, si, demain je vais le chercher

–  Non vraiment ne faites pas la route, ce n’est pas grave…

Il va saluer les personnes présentes, de mon côté je vais prendre un verre, je suis un peu déçue mais j’ai bien l’intention de profiter de ce week-end, après tout ce n’est qu’un contre temps et il y a tellement d’autres choses à découvrir.

Une demi-heure plus tard il arrive derrière moi me prend par l’épaule et me tend un magnifique coffret avec mon nom gravé dessus.

Mon cœur se met à battre, je caresse le bois, je n’ose pas l’ouvrir, je sens les regards sur moi

Je me sens un peu “molle“, j’ai peur d’être maladroite, que ce serpent s’échappe de sa boite lorsque je vais le libérer… Il ne manquerait plus qu’il m’échappe… là devant tout le monde.

Bon allez Mitsouko ouvre donc cette boite !

Pffff, les photos ne mentaient pas, il est sublime, je le caresse avant de le prendre en main, je manque d’assurance, mes mains sont-elles propres ? J’aurais aimé avoir des gants blancs ces gants dont on se sert pour tourner les pages des livres anciens et précieux…

Ceux qui me connaissent savent que je suis maniaque avec mes affaires et encore plus avec certains objets.

Je le range rapidement, je connais l’effet du nouveau jouet et surtout des belles pièces que tout le monde a envie de voir et de toucher, je me sens un peu comme ces femmes enceinte dont tout le monde veut toucher le ventre et qui ne le supporte pas, je deviens comme elle protectrice avec “mon bébé“, je vais très vite le ranger.

Je ne le ressortirais que le lendemain après m’être soigneusement lavé les mains. Le cours de Monsieur Charon va commencer, il me montre comment l’assouplir. Je m’installe dans le canapé et essaie de reproduire le mouvement, mais je suis trop “Délicate”

Sybille la soumise de Monsieur Charon voit que je n’ose pas le “maltraiter”, elle m’encourage a être plus ferme, me propose de me montrer, je le lui tends sans hésiter. Son geste est sûr, j’écoute ses conseils, elle me le rend je l’imite, je prends de l’assurance.

Le cours va pouvoir commencer… Un cours donné dans la joie et la bonne humeur par le Maître lui-même…

Je me sens bien, je suis heureuse.

Seul Monsieur Charon pouvait réussir ce défi, seul son tressage pouvait reproduire les écailles de ce reptile.

Je sais que j’ai une chance inouïe, qu’il a passé énormément de temps à y réfléchir et à le penser, que ce temps il ne l’a pas compté.

J’ai conscience que je possède une pièce rare et exceptionnelle, j’espère en être digne.

Mon Python Royal est la pièce maitresse d’une collection dont je suis fière.

Merci Monsieur

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

MonPetitMambaNoir

“Il y a des rencontres humaines…
Et il y en a d’autres tout aussi importantes…

Des rencontres qui vous changent ou vous révèlent…”

J’avais un désir lointain de posséder cet animal troublant, sensuel et inquiétant…

un besoin de l’apprivoiser pour ne plus en avoir peur… une envie de le caresser pour lui donner l’envie de mordre…

Le désir aussi d’avoir mes propres jouets, la première idée n’était pas que je l’utilise, même si je voulais aussi savoir m’en servir, je souhaitais seulement l’avoir dans ma collection, me l’approprier, qu’il ne caresse jamais une autre peau que la mienne.

Le jour de la commande il y avait déjà un lien étrange entre cet animal et moi…

Il était mien, je l’attendais comme on peut attendre un amant longtemps désiré…

Je comptais les jours, parfois je prenais des nouvelles auprès de son créateur, j’essayais de ne pas être trop envahissante. J’avoue aussi que j’étais un peu inquiète, j’avais fait le choix de le commander à un nouvel artisan qui n’était pas encore très connu, en tout cas sur Paris je n’avais jamais eu l’occasion de voir son travail. Je l’avais contacté, nous avons longuement échangé, j’ai décidé de lui faire confiance.

Et enfin il est arrivé, emballé dans une jolie boite, couché sur du papier de soie…

Je l’ai sorti, il était tel que je l’avais voulu, sobre, élégant, léger… tellement léger que je n’osais pas le manipuler, je n’osais pas l’essayer.

J’avais peur de blesser ce jeune serpent par ma maladresse.

Je l’ai remis délicatement dans sa boite.

Il était raide, il n’avait pas encore la souplesse du serpent.

Je savais qu’il n’était pas utilisable tel quel.

Il fallait le préparer, l’apprivoiser et le dresser…

J’ai interrogé mes amis, je me suis renseignée.

J’avais un peu la trouille de mal faire, mais je voulais m’en occuper moi-même, il n’était pas question que je confie ce petit animal à quelqu’un d’autre, MON petit animal.

Lorsque j’ai eu toutes les réponses à mes questions, j’ai décidé de la méthode de préparation que j’allais utiliser. Chacun possède sans doute sa manière de faire, ses produits de prédilections, mais au fond toutes ces méthodes sont assez proches.

Un matin j’ai enfilé mon manteau et je suis allée au BHV acheter cette fameuse huile de pied de bœuf et un pinceau en poils très doux. Je suis rentrée, j’ai étalé du papier, versé l’huile dans un récipient, j’ai sorti le fouet de sa boite et je l’ai délicatement badigeonné, assez légèrement pour la première fois, toujours cette crainte de mal faire… j’ai attendu plusieurs heures en le retournant de temps en temps pour que tout son corps puisse s’imprégner de cette huile, puis je l’ai massé pour mieux la faire pénétrer, c’était très sensuel. Ensuite je l’ai essuyer avec un chiffon doux.

Il s’était déjà bien assoupli. Je l’ai manipulé un peu, j’ai essuyé quelques retours.

Le jeune mamba s’était défendu… il venait de me mordre… J’ai aimé cette morsure qui m’a permis de juger de son efficacité… cette première morsure qui a réveillé en moi des sensations… m’a fait fantasmer…

Il manquait encore de souplesse et moi de dextérité… Je l’ai installé dans une petite vitrine que j’avais acheté. Je le sortais tous les soirs pour le masser et continuer de faire pénétrer l’huile.

Quelques jours plus tard lorsque mes mains n’étaient plus grasses j’ai renouvelé l’opération.

Je l’apportais régulièrement à un de mes amis pour qu’il me conseille et vérifie le bon état de l’animal. Au quatrième bain lorsque j’ai eu l’approbation de mon coach j’ai pu réellement commencer son dressage.

J’avais bien observé les gestes des uns et des autres, mais malgré toute ma bonne volonté ce petit serpent refusait de m’obéir… Je n’avais pas de doute concernant l’animal, pris en main par d’autres il se pliait à leur volonté.

Non le problème venait de moi…

Je l’ai remis dans sa vitrine, je l’ai laissé une semaine sans y toucher, sans même le masser ce que je continuais pourtant à faire régulièrement. J’avais presque renoncé à l’utiliser…

Je m’étais résignée… Jouer du fouet ce n’était pas pour moi.

Un soir lors d’un apéro chez moi avant une soirée, je l’ai ressorti de sa vitrine, quelques-uns de mes amis voulaient le voir et le tester. C’était une bonne occasion de lui faire faire un peu d’exercice. Avant de partir je l’ai de nouveau rangé dans sa vitrine.

La semaine suivante j’ai repris les massages, il fallait encore faire pénétrer l’huile.

Et je ne sais pas pourquoi ce soir la j’ai de nouveau essayé… mais de la main gauche…

Le geste était fluide… naturel…

Le petit mamba noir avait obéi… Il n’était plus rétif… Parfois il s’exprimait, par quelques petits claquements

J’étais heureuse d’avoir enfin pu l’apprivoiser.

 

J’ai continué à le manipuler de la main gauche en testant de temps en temps la droite. Mais de la droite ça ne fonctionnait toujours pas.

J’avais plus souvent observé des hommes et lors d’une soirée j’ai pu voir quelques femmes manipuler leur fouet, leurs gestes étaient beaucoup plus doux, il y avait aussi une élégance chez certaines.

Ce soir-là j’ai compris que je faisais l’erreur de vouloir compenser mon manque de force par rapport à celle d’un homme en cherchant à lui donner plus d’impact, je le lançais au lieu de le laisser aller naturellement sur sa cible en le guidant seulement par le mouvement du poignet.

J’ai un problème d’articulation de l’épaule sur le côté droit qui ne me permettait pas de “lancer” le fouet, mon épaule “sautait” à chaque fois.

En rentrant j’ai posé mon manteau, enlevé mes talons aiguilles, pieds nus je suis allée chercher mon petit mamba noir… J’ai posé quelques feuilles de sopalin sur un coussin, main gauche d’abord… puis main droite…

OUIIIII !!!!

Enfin, j’avais apprivoisé ce petit animal sauvage, il était devenu MIEN

C’était une belle soirée, je me suis endormie heureuse.

Les jours suivants j’ai continué son dressage et mon entrainement. J’arrivais facilement à atteindre mes objectifs. Un coussin… le rouleau de sopalin… les branches d’une orchidée fanée que je devais découper…

En peu de temps je me suis sentie prête à l’utiliser sur une peau, j’avais très envie de l’étrenner…

Mais pas seule, je voulais être guidée par quelqu’un qui maitrise ces jeux. Même si j’arrivais facilement à viser mes coussins lors de mes entraînements je n’avais pas la prétention de pouvoir jouer en toute sécurité sur quelqu’un.

Une soirée… deux soirées… je l’avais toujours avec moi sans le sortir de mon sac… Lors d’un événement BDSM  je pensais l’utiliser sur une de mes amies, guidée par un Dom, mais je ne me sentais toujours pas prête… Je n’avais pas envie de décevoir, surtout Elle… Ma Divine Marquise…

J’ai continué à m’entrainer, tous les jours.

La semaine suivante je suis allée à un afterwork libertin consacré au BDSM, je savais que j’y retrouverais quelques amis, dont une qui a plusieurs reprises m’avait fait comprendre qu’elle était volontaire…

En début d’année j’avais posté un message humoristique sur facebook

“Cherche cul indulgent pour entrainement ”

Elle y avait répondu favorablement.

Ce soir-là au fond de moi je savais que j’allais l’utiliser, je n’ai pas bu une seule coupe de champagne, juste du soda et encore une fois je ne pensais pas m’en servir seule.

Même si l’ambiance n’était pas celle dont nous avions l’habitude, le lieu se prêtait à nos jeux. Je lui ai simplement demandé si elle en avait envie, je n’avais pas peur, toutes mes inquiétudes avaient disparu…

ELLE, elle avait confiance en moi.

J’ai fait abstraction de ceux qui nous entouraient, je me suis appliquée à essayer de lui offrir ces sensations qui nous transportent… Je l’ai chauffée… mains… paddle… martinets doux… puis ceux plus durs… ceux qui cinglent la peau… ceux que j’avais voulu, ceux dont j’avais imaginé les sensations…

Au bout d’un moment mon corps s’est mis à trembler… j’avais les jambes coupées…

Je ne m’attendais pas à cette réaction de mon corps et de mon esprit, en tout cas pas pour cette première fois et pas avec les martinets… Mais je n’étais pas inquiète, ça ressemblait beaucoup à cet état second que je recherche lorsque je me livre aux caresses des lanières…

Inconsciemment ou consciemment… Je savais ce qui m’arrivait.

j’ai ralenti pour reprendre mes esprits, redescendre pour pouvoir aller au bout de ce merveilleux moment. Je me suis rapprochée d’elle, j’ai caressé sa peau, j’ai senti son parfum. J’avais besoin de ce contact.

J’ai repris doucement la valse des martinets et lorsque j’ai complètement récupéré mes esprits, je les ai posés sur le prie-Dieu.

Il était temps de sortir de sa cage le roi des jeux d’impact :  le signal whip, mon petit mamba noir…

J’étais vigilante, je n’avais aucune crainte pour elle, mais comme nous étions dans une soirée libertine, les personnes présentes ne faisaient pas attention, elles passaient à côté de nous avec le risque de prendre un retour si mon amie bougeait ou si ma main dérapait…

Je suis heureuse de cette soirée, flattée qu’elle m’ait fait confiance.

J’avais toujours eu peur de mon sadisme latent, j’en avais parlé à plusieurs reprises, j’avais peur d’être emportée par l’adrénaline, peur de devenir méchante comme je peux l’être parfois…

Mais mon petit mamba noir m’a rendue plus sûre de moi, il m’a apporté force et sérénité.

Je n’ai ressenti aucun sentiment de supériorité avec une telle arme entre les mains, je ne me suis pas sentie plus puissante, ni Domina, je n’en suis pas une et ne souhaite pas le devenir.

J’ai juste éprouvé énormément de plaisir et une forme de jouissance.

Ce soir-là j’avais juste envie de baiser les mains de cette jeune femme pour la remercier comme je l’ai parfois fait avec un Dom.

J’ai le regret de ne pas l’avoir fait.  De ne pas avoir baisé la main de celle qui m’a fait ce si beau cadeau.

Maitriser la douleur pour la transformer en plaisir et permettre à quelqu’un de masochiste de lâcher prise et de s’abandonner c’est quelque chose de vraiment fabuleux.

J’ai encore tellement à apprendre.

Léger et puissant ce petit mamba a trouvé sa place dans ma chambre, bien protégé et à l’abri des curieux… Il est devenu mien, il fait partie de moi.

Fouet-002-P

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée