Clubs contre soirées privées…

Je viens de découvrir que certains clubs ont décidé “d’éradiquer” les organisateurs de soirées privées… ERADIQUER, c’est fort comme mot…  je fais partie de ces derniers, je me sens donc concernée.

Leurs propos à notre encontre sont très violents

Je vais très rarement en club libertin, parfois pour y accompagner des amis, je ne m’y suis jamais senti à l’aise, je n’y ai jamais trouvé ma place, la plupart des clients de ces clubs sont des couples, on sent que tout est fait pour eux et rien que pour eux, ils suffit de regarder leurs sites pour s’en rendre compte, certes c’est souvent gratuit ou très peu cher pour les femmes seules ce qui me donne juste l’impression d’être un appât et je n’aime pas ça, et c’est aussi très cher pour les hommes seuls d’où le besoin des appâts que nous sommes pour convaincre ces messieurs de payer…

J’avais envie de m’amuser mais pas en club, en tout cas pas de la façon dont les clubs conçoivent le libertinage qui n’est rien d’autre que de l’échangisme entre couples hétéro, voir bi mais seulement si c’est madame qui est bi, et j’avais aussi envie d’être libre et ne pas me plier à des contraintes vestimentaires, comme pouvoir porter un pantalon si j’en ai envie.

J’ai accepté quelques invitations à des soirées privées, mais je ne suis jamais à l’aise en femme seule au milieu de beaucoup de couples, puis une soirée entre femmes, seulement entre femmes et là j’ai adoré, c’est tout ce que j’aimais, on sortait enfin des sentiers battus, c’était décalé, on était libre, libre d’être celle que l’on veut être, de fil en aiguille de causerie en causerie j’ai pu constater que je n’étais pas la seule à avoir envie d’autre chose que ce que l’on nous propose.

Et avec ma bande de copines on s’est mis à organiser nos propres soirées, des soirées qui n’existent pas ailleurs et des soirées que les clubs ne proposent pas.

D’abord des soirées 100% femmes, aucun homme n’y est accepté même le propriétaire des lieux que nous louons. Certains clubs ont essayé de nous approcher pour créer un partenariat. Nous avons toujours refusé, le premier son idée était de créer une soirée femmes, qu’elles s’amusent pendant 2 heures et qu’ensuite les hommes les rejoignent… ben voyons, une fois de plus on nous considère comme des appâts !… Les femmes qui participent à ces soirées veulent rester entre elles, 80% ont un mari ou un complice et c’est cette possibilité de rester et de jouer entre femmes sans le regard d’un homme qui leur plait, si il y avait des hommes elles ne viendraient pas.

Puis nous avons créé des soirées BDSM, parce que ce n’est pas évident pour des novices d’entrer dans ce monde, moi-même je n’y arrivais pas, l’étiquette de libertin nous ferme des portes, et il y a peu de club S/M à Paris. Et ne parlons pas des femmes seules qui n’osent pas se dévoiler. On a tenté et on a réussi, sur la première soirée beaucoup de femmes seules qui avaient une vraie envie de découvrir ce monde, dont certaines qui ont franchi le pas, et se sont laissées entrainer dans des jeux. Je ne suis pas certaine qu’elles auraient pu le faire en club, qu’elles se seraient laissées aller, qu’elles auraient seulement eu l’idée d’y aller, que quelqu’un aurait pris la peine de les présenter et de les mettre en confiance et en contact avec d’autres. Que les soumises des couples présents acceptent dans un club que leur Dominant joue avec une inconnue. Les soirées privées permettent ça. On est très attentive au casting, on réunit nos amis et on invite des nouveaux, curieux de se découvrir, des personnes avec qui nous passons du temps à les écouter, leur expliquer, connaitre leurs désirs, et leurs limites, sur les soirées nous sommes particulièrement attentives à eux.

Puis on a fait une soirée de toute les féminités, femmes, trav, trans, t-girls, une fois de plus aucun homme, c’était une soirée magique et on a très envie de recommencer.

Des idées, des envies de soirées on en a plein, mais pas un club ne nous accueillera à nos conditions, ils ne prendront pas le risque de ne pas gagner d’argent. Et nous on ne fait pas ça pour gagner notre vie ou arrondir nos fins de mois, on a toutes nos jobs, et il arrive qu’on y soit de notre poche. Ah ces désistements de dernière minute… Mais on s’en fiche, on est juste une bande de filles qui ont décidé de ne pas être des appâts, de faire ce qu’elles ont envie, les femmes peuvent venir en pantalon ou en chaussure plates si elles le veulent. Et en tant qu’organisatrices privées on peut choisir qui participent, on mise avant tout sur l’humain. On se fiche complètement du portefeuille de ces messieurs, chez nous la PAF est la même pour tous, ça paye la location du lieu, un vigile, et quelques bouteilles de champagne pour offrir le premier verre le temps que celles apportées par les participants soient fraîches. Les hommes payent la même chose que les femmes et tout le monde apprécie, ça ne rebute pas les femmes bien au contraire, on se fiche du portefeuille de ces messieurs, ce n’est pas un critère de qualité, nous préférons miser sur des hommes qui ont moins de moyens et qui n’apporteront qu’une bonne bouteille de vin blanc, mais qui sont respectueux et bons joueurs.

Et autre chose, pour avoir été à plusieurs reprises en club, on voit un peu trop les mêmes profils… même tranche d’âge… même physique… même look… je me suis déjà fait refouler avec un ami… j’ai très bien compris que nous étions beaucoup trop vieux pour la clientèle… On préfère avoir de la chair fraîche… Des bombasses et des tablettes de chocolats… certains clubs sont très élitistes… donc si vous êtes trop rock, trop gros, trop vieux, trop bronzés… Et je ne parle même pas des hommes bi ou des gays… N’espérez même pas entrer.

Alors mesdames et messieurs les patron.ne.s de clubs vouloir « éradiquer » les organisateurs privés ne fera pas revenir votre clientèle. Au lieu de dépenser inutilement votre énergie à vouloir nous faire disparaitre, posez-vous les bonnes questions, et participez avec nous au libertinage d’aujourd’hui, arrêtez de penser que le couple hétéro de base avec madame « bi curieuse » est le modèle libertin, ouvrez votre esprit, regardez ce qui se passe autour de vous, inventez innovez, prenez des risques.

Nos soirées plaisent, on nous demande souvent à quand la prochaine…Émotionnellement c’est souvent difficile, épuisant, on bosse la journée et le soir on s’occupe de l’organisation de la soirée. Parfois il faut dire non, dire non à nos amis qui ont envie de revenir parce qu’on veut aussi donner la possibilité à d’autres de participer. C’est pas si simple d’organiser une soirée on en fait peu une par trimestre selon les disponibilités de chacune et on donne beaucoup de nous mêmes juste par plaisir de créer de belles rencontres. Et il en est de mêmes pour tous les organisateurs et organisatrices privées que je connais, ils font ça pour le plaisir. Et nous aussi nous sommes d’une certaine façon en concurrence, et quand il y a une grosse soirée en face de la notre on est forcément un peu inquiet on doit pouvoir couvrir les frais, mais on ne se fait pas la guerre, au contraire la concurrence permet de s’améliorer et d’innover, elle est un moteur.

Je suis tout à fait consciente que vous avez des frais que nous n’avons pas. Mais une chose est sure ce n’est pas en « chassant » les soirées privées que vous récupérerez une clientèle. Le libertinage a changé, il est temps que vous changiez vous aussi si vous voulez survivre.

 

Sans rancune

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

T-Girls

Quand on parle sexualité, on parle le plus souvent des celles des hommes et des femmes, très rarement de celles des T-girls, T-boy (travesti, transgenre, transsexuel, etc…)

Depuis que je suis dans le monde libertin je me suis aperçu qu’il y avait une complète méconnaissance du 3ème genre dans toute sa diversité.

Dans les soirées la plupart du temps nous croisons des T-girls c’est-à-dire un masculin qui devient féminin, mais très rarement l’inverse. Je ne parlerais donc que de celles que je connais les T-girls.

Je me suis intéressée à ce qu’elles sont, interrogée sur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer au quotidien, mais jamais à leurs sexualités, pour moi c’était évident qu’elles pouvaient être aussi diverses et variées que celles des femmes ou des hommes.

Mais ce qui est évident pour moi ne l’est pas pour tous

La première fois que je m’en suis aperçu c’est lors d’une soirée que nous avons organisé avec mes amies, une soirée de toute les féminités qui réunissait femmes, travestis, et transsexuelles, qu’elles soient hormonées ou non, opérées ou non.

Une de nos participantes n’avait pas compris ce qu’était un travesti, pour elle c’était des hommes “impuissants” qui aiment se « déguiser » en femme, elle ne savait pas qu’il pouvait prendre une femme comme « un homme » (je reprends ses propos) …

Et lorsqu’elle a vu l’un d’eux pénétrer une femme elle a été “choquée”.

Quand elle l’a croisé dans l’escalier du loft où se déroulait la soirée, elle lui a arraché sa perruque en lui disant « toi tu es un escroc tu as réussi à entrer »…

Nous avons géré cet incident, et heureusement tout et bien qui finit bien, elle s’est excusée auprès de nous et de notre adorable T-girls

Mais c’est aussi vrai que dans le monde libertin, certains pensent que des hommes se travestissent juste pour pouvoir approcher les femmes.

Et certaines transsexuelles rejettent les travestis, l’une d’elle que j’avais invité pour cette soirée m’a répondu

« j’espère que vous ne faites pas l’erreur comme beaucoup d’organisateurs d’inviter des travestis qui ne sont que des hommes qui se déguisent en femme et non pas de vraies femmes comme moi ».

J’ai trouvé ça dommage, mais tant pis pour elle, elle s’est privée d’une très jolie soirée.

Mais oui certains hommes essaient de se déguiser en femme pour nous approcher, ça existe mais ça ne fonctionne pas, ils ne sont pas crédibles et on les repère très vite.

Etre travesti ce n’est pas seulement porter une robe et des talons le temps d’une soirée. Etre travesti c’est aimer être femme, penser comme une femme, agir comme une femme.

Certains assument totalement leur “IL“ et leur“ ELLE“, ils sont des hommes et ne souhaitent pas devenir une femme, ils ne couchent qu’avec des femmes, et d’autres mènent une vie tout à fait conventionnelle d’homme hétéro, mais lorsqu’ils se transforment en ELLE, ils ne rencontreront que des hommes, ils pourront être actifs et/ou passifs, et il y a ceux qui sont totalement bi, ils peuvent rencontrer hommes et femmes.

Et je vous vois venir… certains d’entre vous vont penser que ce sont des homosexuels refoulés… Et bien non, oui il y a une part d’homosexualité puisque c’est un homme travesti qui rencontre un autre homme, mais ce ne sont pas des homosexuels refoulés, leur plaisir est avant tout celui de devenir une femme le temps d’une soirée, ces travestis n’ont aucun désir pour un homme lorsqu’ils sont en ”IL“. Le désir qu’il pourrait éprouver pour un homme sera celui de leur “ELLE”.

Et que l’attirance sexuelle de leur “ELLE” aille vers les hommes ou les femmes ou les T-girls, beaucoup d’entre eux sont des hommes ayant une activité sexuelle très conventionnelle avec les femmes

Les travestis peuvent devenir ELLES à tout moment, dès qu’ils en ressentent l’envie. Ils ne sont pas des hommes qui se « déguisent » en femme, ils ont un ELLE en eux.

Les travestis, les transsexuelles ou les transgenres ont une garde-robe bien remplie et pas seulement pour aller en soirée libertine. Elles ont beaucoup de copines, des femmes qui les traitent en amie avec qui elles ont du plaisir à faire les boutiques et à ”parler chiffons”.

Un après-midi je discutais avec un ami de cet incident, il n’a pas été étonné de la réaction de cette femme, lui-même a était surpris de voir lors de soirée des transsexuelles non opérées être actifs avec des hommes, tout comme il n’imaginait pas qu’un homme se qualifiant d’hétéro puisse être passif…

Aïe…

Mon ami, comme beaucoup de personnes pense que les travestis ou les transsexuels sont des homosexuels qui s’habillent en femme ou qui veulent devenir femme.

Et je suppose que c’est ce que pensent la majorité des personnes qui ne viennent pas du monde libertin, mais je ne m’attendais pas à ce que des libertins ou du moins des personnes qui évoluent dans ce monde aient cette vision de la sexualité du 3ème genre

Leur sexualité est aussi diverse et variée que celles des hommes et des femmes, certains aiment les femmes, d’autres les hommes, et d’autres sont bi, passifs ou actifs, passif et actifs, toutes les configurations sont possibles.

Une transsexuelle peut n’aimer que les femmes ou les hommes, ou être totalement bisexuelle, il en est de même pour les travestis, les transgenres, etc…

Ce qui définit une T-girl ce n’est pas sa sexualité, mais son désir d’être une femme, le temps d’une soirée ou plus

MF-010

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée