Justeunefemme

Mon parcours dans le libertinage m’a permis de confirmer ce que je recherche chez un homme, ce que j’attends de lui, j’ai toujours aimé les hommes dominants et mon évolution ces dernières années m’a naturellement guidée vers la communauté BDSM. Mon annonce n’a jamais changée, je n’ai pas eu besoin de modifier celle que j’avais rédigée quand j’ai débuté dans le libertinage… Comme quoi…

“J’aime les hommes dominants et directifs…
Respectueux et attentionnés…
Forts… tout en douceur
Surs d’eux… mais capables de s’abandonner…
Capables de me soulever… sans me bousculer…
Me maintenir… sans contrainte…
Faire de moi leur objet sexuel… sans me considérer comme un objet…
Dominants sans avoir besoin de « soumettre »…”

En allant vers cette communauté j’ai découvert d’autres jeux, des jeux dont j’ai maintenant besoin tout autant que j’ai toujours eu besoin d’un homme directif.

Mais je ne suis pas à la recherche d’un Maitre, et je ne cherche pas à me soumettre.

Je sais aussi que les rencontres sans lendemain ne me suffisent plus, que j’ai besoin d’avoir à mes côtés quelqu’un en qui je puisse avoir une totale confiance, cette confiance qui nous permet vraiment de lâcher prise, de ne plus faire attention, de ne pas se retenir, de libérer la parole et les gestes, toutes ces petites choses que nous nous devons de contenir quand nous jouons avec un partenaire occasionnel.

Après avoir utilisé les sites libertins, je tente les sites BDSM, mai au final c’est la même chose, on retrouve à peu près les mêmes profils, les mêmes annonces, les mêmes messages… La plupart de ces hommes dit “dominants” recherchent des femmes soumises dès les premiers mots échangés, ils se ferment à la diversité… Soumise… point barre !

“Homme dominant cherche femme docile”

Vous me ferez remarquer que c’est normal puisqu’ils sont des Dominants et que leur alter égo “logique” est une sub…

Mais la moi je bloque… la bourgeoise délurée que je suis est déstabilisée par les codes de la rencontre D/s. Je les trouve trop “formatés” ils manquent de spontanéité, ils ne laissent pas de place ni aux émotions ni à la séduction… chaque fois que je suis entrée en contact avec un “Dominant” j’ai le plus souvent eu l’impression de répondre à un “appel d’offre”.

Sur Facebook il m’est arrivé de répondre à un homme qui avait posté une annonce qui ressemblait à une offre d’emploi…

“Et vous qu’est-ce que vous proposez ?”

C’est vrai que le reproche que je lui ai fait je pourrais aussi me le faire…
Mais sur mon annonce, je ne propose rien, et je ne dis pas “JE VEUX“, je dis simplement ce que j’aime sans fermer la porte à d’autres.

Et puis proposer quoi ? Donner quoi ?
Pour proposer quelque chose à quelqu’un il faut le connaitre un minimum…
Je ne prévois pas ce que j’ai à donner, c’est selon la personne et ce qu’elle m’inspire, c’est un peu comme quand vous invitez quelqu’un à diner, pour certains vous commanderez des sushis et achèterez une bonne bouteille de chablis, pour d’autres vous vous mettrez pendant deux jours aux fourneaux pour faire un coq au vin accompagné d’un Pommard, tout dépend de ce qu’ils aiment, de ce que vous savez faire et de vos envies.

Et que ce soit des sushis ou un coq au vin, pour moi le plaisir de recevoir et de donner reste le même

Contrairement au libertinage, la plupart des personnes de la communauté BDSM cherchent une relation à long terme, il faut bien se connaitre et établir une relation de confiance pour être libre d’exprimer ses envies et de repousser ses propres limites, il est donc légitime d’avoir certains “critères de sélection”.

Mais finalement ces annonces ainsi rédigées ne faussent-elles pas la rencontre…
Ne nous privent-elles pas de belles aventures ?
Celles que nous pourrions faire en fonction du nombre de cases cochées, sont-elles vraiment sincères et viables ?

Je m’explique, une Soumise ou un Maitre se retrouve “sur le marché du célibat”, certains et certaines vont être intéressés, comme elle ou il est demandeur, celui-ci est en position “de force”, il interroge, dirige, oriente vers ce qu’il attend questionne sur ce que vous êtes capable de proposer, si la personne en face ne se sent pas capable de répondre à ses attentes elle va abandonner, ressentant certaines questions comme une pression, déçue peut-être parce qu’elle aurait bien aimé, qu’elle était attirée mais ne se sent pas à la hauteur et préfère renoncer parce qu’elle sait que le demandeur ne sera pas satisfait et qu’elle risque de vivre cette relation comme un échec, une humiliation… ou alors elle veut tellement être “sélectionnée et retenue” qu’elle peut aussi prendre le risque de se “survendre” en promettant qu’elle est capable d’offrir “les services” tant attendus, et la forcément si elle n’en est pas capable et qu’elle a menti sur “ses aptitudes» ça ne peut être que déception pour l’un et l’autre…

Dans tous les échanges que j’ai pu avoir avec ces hommes, “ma soumission” ou “ma domination” reviennent systématiquement dans la conversation, oui parce que si je ne suis pas soumise je suis forcément dominante… ou swich mais quand on est swich on est quand même plutôt soumise ou plutôt dominante… et à chaque fois je suis de nouveau obligée de me justifier et d’expliquer…

Dernier échange “Quel est votre cheminement pour aborder votre soumission”… et bla et bla et bla…

Au final avec ces hommes, même si je les trouve intéressants je finis par renoncer, ils ne sont pas capables de voir la personne que je suis, ils voient seulement “le statut” qui leur plairait que je sois ou celui qu’ils voient en moi (soumise, Domina, Brat, souminatrice, etc, etc…)

Est-ce que je suis un chef étoilé parce que je suis capable de faire un coq au vin ?
Est-ce que je suis sportive parce que j’ai plusieurs paires de baskets ?
Est ce qu’on nait féministe ou on le devient ?
Est ce qu’on nait anarchiste ?
Est ce qu’on nait soumise ou Domina ?

Comment pourrais-je leur dire oui vous avez raison…
Comment pourrais-je me définir soumise ou Domina, je n’ai jamais été ni l’un ni l’autre…

Vouloir m’imposer un qualificatif “soumise ou dominante” finit par me mettre en colère, la même colère que j’éprouve quand on met en doute mon féminisme sous prétexte que j’aime porter des talons et des jupes, ou que j’apprécie de chouchouter un homme que j’aime.

Je ne vous dirai jamais que je suis soumise, simplement parce que je ne peux pas vous promettre d’obéir, d’adopter les fameuses 12 positions, le protocole, que si je veux m’asseoir sur un fauteuil je ne vous demanderai pas la permission je le ferai, que vous ne choisirez pas ce que je porterai en soirée, que si j’ai envie de vous dire Merde, je vous le dirai, que si j’ai envie de vous dire que ce que vous me faites ne me plait pas je vous le dirai, que si j’estime que vous me fouettez mal le cul je vous le dirai et que j’essaierai de vous guider pour que j’y trouve du plaisir, que je ne baisserai pas la tête pour votre plaisir, et que je ne ferai jamais rien pour faire plaisir à un homme si ça ne me convient pas même si je l’aime.

Comme je ne vous dirai pas que je suis Domina parce que je ne sais pas faire, que même si j’aimerai vous faire plaisir j’aurai peur de vous blesser, que je ne pourrai pas vous humilier si c’est ce que vous souhaitez, que devenir votre Déesse ou votre Reine ne m’intéresse pas et ne me plait pas, parce que je suis aussi une femme indépendante et être indépendante pour moi ne veut pas dire avoir un “boy à tout faire”. Que je ne veux pas être couverte de cadeaux, je n’aime pas les cadeaux sauf ceux qui ont un vrai sens. Et que je déteste qu’on me lèche les pieds au sens propre et figuré. Et que même si je suis directive, je n’ai pas envie de décider pour vous, que je préfère être dans le partage.

Tout ça peut paraître très caricatural, mais c’est ce qui ressort de la plupart de mes échanges.

Nous sommes des hommes et des femmes avant tout, et s’il y a un vrai feeling entre deux personnes, pourquoi bloquer sur “ces qualificatifs”

Une de mes amies m’a récemment fait remarquer que je n’aime que les hommes dominants, je lui ai dit d’aller voir mes témoignages sur wyylde, certains venaient d’hommes qui ne correspondent pas à ma recherche, bien au contraire mais il y a eu un feeling et nous avons mis de côté nos critères pour nous rencontrer et vivre de jolis moments.  Sans oublier deux belles rencontres que j’ai fait je les aurais sans doute ratées si nous étions restés sur nos seules recherches, nos seuls critères de sélection, sans ces rencontres je n’aurais jamais vécu tous ces moments magiques, je n’écrirais pas, je n’organiserais pas, je n’oserais pas exprimer mes envies, je n’oserais pas être moi-même, et pire je ne m’assumerais pas.

J’ai une vision particulière du “Mâle dominant”, je me suis aperçu qu’elle choque, je le compare à un combattant, un meneur, un homme qui aime les défis, prêt à les relever… A un toréro qui cherche à faire plier le taureau qui le provoque, ou au cowboy qui monte un cheval sauvage pour finalement l’apprivoiser…

N’y a-t-il pas plus de plaisir à soumettre un animal sauvage et obtenir sa reddition ?

Obéir m’ennuie…

Certains y percevront une demande de violence…

Non, je n’aime pas les hommes violents, et je ne permets pas à un homme de l’être.
Mais quand j’ai une relation avec un homme, j’aime une certaine forme de brutalité.
J’aime qu’il me plaque contre le mur, j’aime qu’il me saisisse le bras fermement pour m’attirer à lui, j’aime le ton de sa voix affirmé, j’aime son coup de pied pour me faire écarter les jambes, j’aime le sentir sur de lui. Mais j’aime aussi pouvoir me blottir dans ses bras, me sentir protégée, devenir chatte et me frotter contre lui sans vergogne…

Je ne cherche pas de Maitre, juste un homme capable de me suivre, de proposer mais aussi de me ralentir quand c’est nécessaire, un homme qui enrichirait mes fantasmes et ma perversité, mais aussi un homme à qui je pourrais parfois confier les rênes… et surtout quelqu’un qui me laisse être qui je suis sans vouloir me transformer comme lui voudrait que je sois.

Un homme qui voit d’abord en moi une femme, avec ses défauts et ses qualités.

Ah mais ouiiiiiii voila c’est ça… j’en imagine certain.e.s me qualifier de Brat ou de souminatrice…

Non je ne suis ni l’une ni l’autre, je ne me rebiffe pas pour le plaisir de contredire, le plaisir d’énerver monsieur…

Non je provoque pour en tirer du plaisir.

M’agenouiller devant vous en tendant la cravache ne me fera ni chaud ni froid… au mieux ça m’ennuiera au pire ça m’énervera et je m’en irais.

Mais obligez-moi à mettre genou à terre et la louve que je suis vous regardera fièrement droit dans les yeux les cuisses dégoulinantes

Accepter de se sentir dominée ne veut pas dire se soumettre…
C’est “lâcher prise”… Faire confiance, accepter de se laisser guider…
S’en remettre à l’autre… Mais pas à n’importe quel autre…

Juste se sentir femme…
Une femme mise en valeur par l’étreinte et le regard d’un homme…

Les codes de la rencontre D/s manquent de séduction…

J’ai essayé et j’essaye encore… et même quand je suis très attirée par la personne je ne sais pas fonctionner de cette façon. Je ne sais pas répondre à des critères, j’ai besoin de séduire et d’être séduite, d’être troublée de ressentir le trouble de l’autre, de rentrer dans un jeu de séduction, le jeu du chat et de la souris, de chasser et d’être chassée…

Et qui sait…
Peut-être qu’un jour la louve Alpha se transformera en petite chienne docile…
Mais n’oubliez jamais que même la plus docile des chiennes peut mordre…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

Ces obscurs objets de plaisir

Photo : caresse de cuir

J’aime les belles choses, et certains diront que j’ai des goûts de luxe. Oui c’est vrai, mais mon luxe n’est pas fait de logos et de marques, j’aime avant tout la qualité d’un produit et que celui-ci corresponde à mes attentes et mes besoins, je peux payer très cher certaines pièces si j’estime qu’elles en valent la peine et je suis incapable de mettre 10 ou 20 euros dans une pièce que je considère comme une daube, même pour une soirée.

Quand j’ai commencé le golf, j’ai tout de suite été passionnée par ce sport, je devais acheter du matériel, j’avais plusieurs options, la première acheter une série basique pour débutant, mais je savais que je serais très vite frustrée et qu’elle finirait rapidement au fond du garage pour être remplacée par d’autres clubs, j’ai donc testé plusieurs produits et j’ai fait le choix d’acquérir mes clubs un par un, à mon rythme, j’ai pu composer une belle série parfaitement adaptée à mes besoins.

Il en est de même pour mes accessoires de jeux. Depuis trois ans j’ai commencé à acheter ce dont j’avais besoin et envie, en misant sur la qualité des produits, et je ne le regrette pas, je les ai toujours et j’en suis très satisfaite.

Mais j’ai fait l’erreur sur les jeux d’impact d’acheter dans le commerce… comme une cravache dont je ne me sers jamais, au final elle est juste là pour faire jolie… Et un martinet que j’aime beaucoup en terme de sensation mais le manche n’est pas adapté à ma main.

Depuis pour ce type de produits et en particulier pour les jeux d’impact je ne m’adresse plus qu’à des artisans, tout simplement parce que ces personnes sont à l’écoute de mes besoins et qu’ils sauront me conseiller.

Quand vous achetez un vêtement vous le prenez à votre taille, et c’est exactement la même chose pour un martinet, une cravache ou un fouet. Une femme d’1,60 m aura besoin d’une cravache plus courte qu’un homme d’1,90 m, même si la tête et la même.

certaines personnes voudront être proches de leur sujet et d’autres plus éloignées.

Tout comme mes clubs de golfs, selon ma façon de jouer, j’ai besoin que mes martinets soient adaptés à ma morphologie et à mon intention de jeu. Je dois les avoir parfaitement en main, qu’ils ne soient ni trop légers ni trop lourds, et avoir la longueur de lanières idéale pour rester proche de mon sujet, tout en gardant une certaine distance pour ne pas risquer de le frapper avec le manche, la distance pour moi est importante pour que je puisse alterner l’impact et la caresse de ma main, sans avoir à me rapprocher et risquer un moment de flottement qui pourrait faire redescendre mon sujet.

J’en parle en connaissance de cause pour être aussi sujet, et un sujet qui peut redescendre très rapidement, il me suffit d’un “temps mort” surtout dans une soirée et je peux très vite être déconcentrée, celui qui manipule ces jouets d’impact doit en permanence être en contact avec moi.

Un flogger non adapté pourra devenir pénible à utiliser pour le ou la Dom, mais pour le ou la sub aussi, l’impact ne provoquera pas les sensations voulues, elles peuvent même être désagréables, j’ai le souvenir d’un Dom dont les lanières des martinets étaient beaucoup trop longues, non seulement ce n’était pas agréable mais c’était ennuyeux, j’ai d’ailleurs essayé ces martinets, la seule chose que je suis arrivé à faire c’est me fouetter le visage chaque fois que je croisais.

J’ai eu l’occasion d’avoir différents fouets en mains, dont un fouet fabriqué par un artisan renommé et d’autres venant de supermarchés de l’érotisme, ça n’a rien de comparable, on ressent de vraies émotions quand on tient cet objet tressé à la main, un objet parfaitement équilibré, qui fait corps avec vous, qui est le prolongement de votre bras, le mouvement est fluide sans aucun effort, c’est juste une merveille. Et c’est ces sensations que je retrouve lorsque je commande mes jouets chez mes artisans.

Quand on achète de tels objets, il faut avant tout savoir ce que l’on veut en faire, quelles sensations on veut provoquer, pour qui, penser à la personne qui va recevoir les impacts, car même si ce sont vos jouets, ces objets sont d’abord destinés aux plaisirs de votre sub.

Alors certes vous trouverez dans la grande distribution du marché de l’érotisme des tas de jouets plus ou moins chers, mais aucun de ces jouets n’aura été fabriqué pour vous, par une personne qui aura donné de son temps pour vous découvrir, qui aura compris vos intentions et qui saura à qui il est destiné quand il le fabriquera.

Ce n’est pas une fabrication à la chaine, ce jouet est unique, il est empreint de votre personnalité, issu de l’échange que vous aurez eu avec cet artisan.

Tous ces jouets fabriqués par des artisans possèdent une âme

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

BienLibertiner

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Les libertin.e.s seraient “sans tabous” et pourtant il y en a un qui l’est pour beaucoup, c’est l’amour…

Quand j’ai débuté dans le libertinage, je ne faisais que des duos, ce qui pour moi n’est pas du libertinage, ce ne sont que des aventures sans lendemain, du plaisir partagé entre deux adultes consentants qui n’attendent rien l’un de l’autre.

L’envie d’aller plus loin était là, mais j’ai toujours eu du mal à concevoir de libertiner seule. Je ne m’imaginais pas rencontrer un couple ou aller en soirée et rentrer seule, j’avais envie de pouvoir terminer la soirée dans des bras ou j’aurais pu me blottir, échanger sur nos émotions ressenties, retrouver de la tendresse… ce que je ne peux faire qu’avec un homme pour qui j’éprouve des sentiments, je suis assez pudique et j’ai du mal à dormir ou partager mon “cocon” avec quelqu’un que je n’aime pas.

Je sais… ça peut paraître “bizarre” de ne pas pouvoir partager sa chambre et de pouvoir s’envoyer en l’air avec un inconnu, ou de partager son homme… Mais je préserve mon “chez moi” c’est mon refuge, peu y sont invités.

Pour moi le libertinage rime avec partage… et avant tout le partage de sensations, d’émotions et de plaisir avec son ou sa partenaire.

Beaucoup ont un.e ou des “complices” pour des trios, des rencontres avec des couples, des soirées, ou d’autres jeux, ils peuvent en changer selon le thème des soirées et des disponibilités de chacun et chacune. Certains m’ont proposée de devenir “mon complice officiel”, mais je préfère évoluer seule, je ne suis pas une “complice de baise”, cela ne me suffit pas, j’ai besoin de plus…

J’ai eu la confirmation que pour bien libertiner j’avais besoin d’amour lorsque j’ai rencontré un homme dont je suis tombée amoureuse, nous avons libertiné ensemble, peu de fois, mais à chaque fois c’était magique.

Dans ces moments de partage avec d’autres, nous étions très attentifs l’un à l’autre, des regards complices, pas dans le sens du libertinage. Il y avait un vrai lien entre nous, un lien qui s’enrichissait des autres et qui devenait plus fort.

Nous sommes parfois allés en club. J’adorais m’exhiber en le suçant. La croupe tendue, offerte aux caresses de mains que je ne voyais pas, j’aimais sentir les regards sur nous, ou regarder d’autres hommes en les provoquant, avec lui je pouvais le faire je me sentais en sécurité, si un homme dérapait il intervenait, il me suffisait d’un geste ou d’un regard pour qu’il comprenne, comme je pouvais aussi “le reprendre en main” si je le voyais aux prises d’une furie dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Et même quand nous n’étions pas l’un avec l’autre nous n’étions jamais loin l’un de l’autre, toujours visibles, jamais séparés. Quand il m’observait, je ressentais une certaine fierté chez lui qui me donnait encore plus envie de me comporter en “salope”… “SA salope”… il y avait une évidence qu’au milieu de tous et avec tous nous ne faisions qu’un. Notre excitation était à son comble et nous finissions toujours la soirée ensemble, heureux de nous retrouver pour mieux nous déguster.

J’aimais aussi le voir avec une autre, j’aimais le voir jouir, j’aimais croiser son regard, être spectatrice de son plaisir, juste spectatrice, sans intervenir… Je suis à la fois exhib et voyeuse, et j’ai certainement un petit côté candauliste … Il lâchait rarement prise, toujours plus soucieux de moi que de lui-même et quand il le faisait c’était un vrai bonheur, une marque de confiance qu’il me faisait, j’adorais l’entendre râler et jouir. Lors d’une soirée avec un couple il s’est excusé de s’être complètement laissé aller, un moment très fort qu’il venait de vivre avec cette femme, il avait simplement oublié ma présence… Il a culpabilisé, et moi je m’étais délectée de ce moment, je n’en avais pas perdu une miette, le mari de cette femme non plus mais lui contrairement à moi l’avait mal vécu ce qui m’a permis de profiter amplement de ce délicieux spectacle… Ses excuses m’ont touchée, je ne m’y attendais pas. Je crois qu’un simple complice ne l’aurait pas fait…

Depuis nous nous sommes séparés et même si je suis plus à l’aise pour sortir seule, aller en soirée et rencontrer des couples, je sais que je ne peux pas vraiment “libertiner” sans ce lien, il me manque quelque chose, j’ai besoin de ce partage avec l’autre, mais un autre que j’aime et qui m’aime, un autre qui est attentif à moi et inversement. NOUS avec les autres, et pas chacun de notre côté pour se retrouver à la fin de la soirée, rentrer et s’endormir comme si nous étions simplement allés au cinéma…

Il y a aussi certaines pratiques que je ne peux pas faire avec un partenaire “lambda”, des pratiques dont je n’ai pas envie si je n’ai personne avec qui les partager, comme un trio HHF ou une pluralité. J’ai besoin d’être accompagnée d’un homme avec qui j’ai une relation forte. Un homme en qui j’ai toute confiance, un homme qui me connait bien, un homme qui va tenir les rennes, guider nos partenaires, me protéger ce qui me permettra de lâcher prise sans me soucier de problèmes d’hygiène ou du port du préservatif, un homme qui fera de moi “la Reine” de cette soirée, SA reine. Pour ces pratiques j’ai besoin de me sentir respectée, qu’il n’y ait aucun doute. Ce genre de rencontre est un cadeau qu’un homme me fait et pas un cadeau qu’il offrirait à “ses potes”.

Etre un objet sexuel est un jeu délicieux quand on n’a pas le sentiment d’être utilisée… Et je ne peux être l’objet sexuel que d’un homme qui me respecte et qui a des sentiments pour moi. Un objet précieux qu’il chouchoute, auquel il fait très attention… pas un objet de la vie courante qu’il pourrait remplacer très facilement…

Je ne conçois plus une vie “conventionnelle” avec un homme, je sais que j’ai besoin de ces moments très particuliers et que si j’étais dans une vie de couple “Normale” je serais frustrée et malheureuse pour l’avoir déjà vécu.

Ce n’est pas lié à une soif de sexe, si c’était seulement ça je me contenterais de duos, il me suffirait d’aller sur un site conventionnel ; non, c’est plus que ça, j’ai besoin de ce partage et avant tout avec celui que j’aime.

Je suis une hédoniste avant d’être libertine, et je compare souvent les plaisirs du sexe à ceux de la table. J’aime cuisiner pour celui que j’aime et recevoir nos amis.

“ Le libertinage c’est vivre sa sexualité comme des gastronomes,
Apprécier les plaisirs du lit comme ceux de la table…
Partager cette table avec des amis, inventer des plats…
Tout en raffinement, sans excès, sans vulgarité,
Juste par désir… désir de jouer… désir des autres…
Par plaisir… plaisir d’aimer… plaisir de partager…”

Une majorité de libertins pensent qu’il ne faut surtout pas mélanger avec une vie amoureuse, ne pas faire de sentiments. Certains s’éclatent sur wyylde ou nouslibertins et vont chercher leur compagne de vie sur meetic ou d’autres sites ”plus respectables”… Tout en continuant à s’éclater dans le dos de leur nouvelle compagne…

Je ne suis pas d’accord avec cette idée qu’il faut éviter les sentiments, parfois il y a de belles rencontres, des rencontres improbables, inattendues, mais il ne faut pas les chercher, il ne faut pas s’inscrire sur un site libertin pour trouver l’amour, le faire c’est courir à l’échec, mais quand cela arrive pourquoi refuser ce beau cadeau que la vie nous fait…

C’est magique de pouvoir libertiner en couple.

C’est vrai que cela complexifie la relation, il faut gérer la jalousie éventuelle, jalousie que j’ai connue, jamais dans le cadre de nos rencontres, mais j’avais du mal à accepter ses rencontres solos, et même lorsque c’était des couples, dès que je sentais qu’il y avait un plus avec elles ou eux… je le vivais mal… Je me sentais mise à l’écart.

Nous n’étions plus dans LE PARTAGE.

Ses rencontres solos ne m’auraient pas posé de problèmes, si nous en avions parlé, comme lui aurait pu vouloir me faire rencontrer un autre homme… Des rencontres exceptionnelles et organisées dans un jeu entre nous… Un jeu qui nous permettrait de faire monter notre excitation pour mieux nous retrouver…

Il arrive aussi que l’on éprouve un désir pour quelqu’un d’autre, un désir fort.
Juste une pulsion sexuelle pour un homme ou une femme que l’on n’arrive pas à refréner. Un désir incontrôlable, obsessionnel… Quand on est libertin.e et en couple, c’est quelque chose que l’on peut et que l’on doit envisager, désirer un tiers fait partie de l’ADN du libertin, et il ne faut ni se mentir, et encore moins mentir à l’autre, quand on choisit ce mode de vie la confiance est primordiale, on peut vouloir interdire cette rencontre mais cela risque d’entrainer mensonge et désillusion. Il faut en parler et si cette rencontre est inévitable et que l’on tient à son couple il vaut mieux éviter qu’elle se transforme en relation suivie.

C’est quelque chose que je pourrais “éventuellement” accepter mais si cela reste exceptionnel.

Et si je crois que l’amour est possible entre libertins, rares sont les couples qui tiennent lorsqu’ils se sont formés dans la communauté. Ceux qui sont solides sont le plus souvent les couples qui sont venus au libertinage ensemble, un choix commun, ils ont établi des règles et ont une base solide, ils se sont découverts avant, dans un contexte plus conventionnel.

Ils vivent une infidélité partagée, tout en restant fidèle l’un envers l’autre.

Chez les libertins, beaucoup préfèrent préserver leur célibat, la plupart parce qu’ils ne veulent pas d’attaches et tiennent à leur précieuse liberté, ceux-là s’enfuient immédiatement dès qu’un soupçon de sentiment pointe le bout de son nez.

D’autres n’assument simplement pas “leur jalousie”…

C’est si facile de “baiser” la femme des autres mais accepter de voir sa chérie prendre du plaisir avec un autre c’est plus difficile à avaler… et s’ils ont l’impression qu’elle prend plus son pied qu’avec eux beaucoup le vivent mal (c’est aussi valable pour les femmes).

Sur les sites libertins y a aussi beaucoup d’hommes mariés (et des femmes) qui cherchent une complice, ce qui leur permet de rentrer en club à moindre frais, de participer à des soirées réservées aux couples, une partenaire célibataire de préférence et qui accepte de s’adapter à leurs contraintes horaires. Ils forment un couple mais ne sont pas amoureux. Lorsque j’ai envie de rencontrer un couple, je choisis toujours de vrais couples, j’aime savoir qu’après notre soirée ils vont se retrouver et s’aimer, comme moi j’ai pu le faire, je les imagine heureux, j’ai aussi besoin de ressentir l’amour qu’il y a entre eux.

D’autres encore, après un gros coup de cœur vont trop vite, ils ne prennent pas le temps de construire une relation solide. Pour bien libertiner ensemble il faut apprendre à se connaitre, s’assurer qu’on a les mêmes valeurs et les mêmes attentes. Et surtout rester discrets… Il y a toujours des “âmes bien intentionnées” qui viendront vous mettre en garde sur l’élu de votre cœur.

“Pour vivre heureux, vivons cachés.”

Mais heureusement il y a aussi de belles histoires et de belles rencontres.

Certains sont capables de vivre et de gérer un libertinage séparé, mais c’est plus rare.

Dans la communauté libertine on peut trouver l’amour, certes c’est plus difficile… il faut se préserver plus qu’ailleurs… Laisser du temps au temps…

On dit que l’amour rend aveugle… mais dans ce contexte il faut surtout garder les yeux bien ouverts… Et la tête froide… Ne pas se laisser emporter par ses sentiments…

Tout est possible… Je crois en l’amour… et je pense qu’on peut le rencontrer n’importe où… A la boulangerie… Dans un café… le train… et même sur un site libertin… Et quand on est libertin.e.s et qu’on ne veut pas renoncer à ce mode de vie… Où le rencontrer si ce n’est sur de tels sites…

Mais il ne faut pas le chercher à tout prix, ce n’est pas le fonctionnement de ces sites. Ce sont des sites légers fait pour des rencontres légères… Des rencontres sans lendemain…

Les vraies rencontres amoureuses y sont rares…

Et quand ça arrive… n’ayez pas peur d’aimer… Ne passez pas à côté de ce qui pourrait être LA rencontre, votre plus belle histoire…

Faites juste attention à vos émotions…

Ne rien chercher, ne rien attendre… Simplement se laisser surprendre.

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