Maitresse-DominaÇa fait déjà un moment que je voulais écrire cet article, plus d’un an… j’y songe depuis que j’ai commencé à fréquenter l’univers de la domination féminine, mais je ne savais pas sous quelle forme… un coup de gueule… une chronique… une analyse…

Écrire cet article me met aussi mal à l’aise parce que d’une certaine façon je vais être dans le jugement, mais j’ai besoin de le faire, besoin de vider mon sac, parce qu’il y a parfois des comportements qui m’écœurent et me mettent en colère.

Il est possible que je perde quelques amies qui pourraient mal le prendre, tant pis j’estime que lorsqu’on est ami, on doit tous être capables d’accepter des avis contraires au nôtre, même si cela nous touche.

La plupart de mes relations BDSM sont des couples Dominants/soumises, j’ai découvert le BDSM par le libertinage et les dominas aussi.

Enfin ce que je pensais être des dominas, en résumé beaucoup de petites nanas qui écument les sites libertins pour essayer de gratter quelques sous à des vieux messieurs qui n’ont qu’une envie, tripoter de la jeunette et qui sont prêts à lécher le talon de leurs Louboutin payés par un autre…

Je me suis toujours méfiée des dominas, lorsque je faisais des soirées il m’est arrivé de vouloir en inviter quelques-unes mais j’ai très vite renoncé, soit elles étaient dans la haine des hommes et ne voulaient pas la présence de “mâles dominants“, soit il fallait leur dérouler un tapis rouge et elles ne voulaient pas participer financièrement à la soirée, quand elles n’allaient pas jusqu’à demander qu’on les paye pour leur participation… ben voyons…

Sur une des dernières soirées, j’avais des demandes de soumis qui souhaitaient rencontrer des Dominas, j’ai de nouveau essayé d’en inviter. Certaines m’ont répondu positivement, mais au dernier moment elles m’ont fait faux bond, sans même avoir la courtoisie de prévenir ou de s’excuser

Ça c’est les tous premiers contacts que j’ai eu avec des dominas… Complètement à l’opposé de mes valeurs, je n’aime pas les princesses ni les haineuses.

J’avais donc comme beaucoup une image totalement négative de ces femmes.

Je fréquentais régulièrement des soirées BDSM, il y avait quelques rares Dominas que j’ai pu observer, elles étaient très différentes de celles que je voyais sur les sites libertins.

Je me suis liée d’amitié avec l’une d’elle, lors d’une soirée privée je l’ai vu jouer. J’ai découvert une femme bienveillante et respectueuse. Une façon de pratiquer beaucoup plus proche de la domination masculine qui me correspond mieux.

Au cours de mes sorties, j’en ai rencontré d’autres, certaines que j’apprécie et d’autres moins. Des pros, des dominas, des Maîtresses ou de simples joueuses de caractère comme moi.

Depuis que je fréquente le monde de la domination féminine il y a quelque chose qui m’agace, c’est cette suspicion systématique de vénalité…

Ben oui c’est bien connu… les dominas sont vénales…

Oh il est beau ton Charon, c’est un super beau cadeau qu’on t’a fait…
Ben oui t’as beau être soumis le patriarcat reste quand même ancré en toi, tu as pas encore compris que les femmes s’assument, et que c’est pas forcément un mec qui a craché au bassinet… Ta remarque est sexiste, une femme est aussi capable de se payer son propre matos. Elle n’attend pas après un homme.

Il y a aussi celui qui ne te connait pas et t’aborde en te demandant le tarif de tes séances !!! Oh hé !!!! C’est pas systématique, on est pas toutes des pro… sortez vous de la tête que domination féminine ne rime pas toujours avec argent !!!!

Et ça va peut être vous étonner, mais même les pros font des séances juste pour le plaisir

Et bien NOOOOON, la grande majorité de celles que je connais ne sont pas vénales. Et les pros ne le sont pas non plus, elles exercent un métier, c’est un vrai job avec un gros investissement, je le sais j’achète moi-même tout mon matériel, j’ai pas grand chose comparé à elle et ça ne coute pas 3 francs six sous…

Une femme vénale profite des hommes, une pro vous vend simplement une prestation. Et vous, vous êtes juste un client comme vous pourriez l’être en allant chez un kiné ou un psy. Elle vous écoute, elle vous questionne sur vos attentes, elle vous donne du temps, elle répond à votre besoin.

Il m’est parfois arrivé de regretter qu’il n’y ait pas de Dom pro, je crois que j’y aurais fait appel dans des moments où c’était compliqué au boulot, des périodes où j’avais besoin d’évacuer et de lâcher prise, peut-être qu’un jour je ferais appel aux services d’une Domina Pro bien que je préfère les hommes et que ça ne soit pas dans mes moyens. La règle est simple, tu as un besoin tu l’exprimes. Il n’y a aucun lien, ni amoureux ni amical, aucune ambiguïté, tu es dans une relation client/prestataire, la personne en face n’attend rien de toi à part sa rémunération et que tu lui accordes ta confiance le temps de la séance, il n’y a ni sexe ni soumission, sauf bien sur lors de la séance si c’est dans le contrat, et je parle de la soumission pas du sexe, si vous cherchez du sexe c’est pas une Domina qu’il faut aller voir. Et l’avantage une séance avec une pro garantit d’obtenir ce qu’on veut en toute confidentialité.

Si on parlait de celles qu’on appelle “affectueusement” les dominettes ?

Depuis la rentrée, il y a beaucoup de jeunes femmes qui se présentent comme domina ou maitresse. Certaines y voient juste une opportunité d’arrondir leur fin de mois, de profiter d’une soirée à moindre frais, elles sont jeunes et jolies, elles flattent l’égo des vieux messieurs en leur accordant quelques faveurs, pour le prix d’une entrée et quelques verres  ils peuvent se pavaner en compagnie de ces jolies jeunes femmes.

Le tri se fera de lui-même, beaucoup d’entre elles disparaîtront aussi vite qu’elles sont arrivées. Elles se lasseront ou elles lasseront, certaines se marieront et feront un bébé, d’autres pourraient se perdre dans un univers parallèle et glauque si elles n’ont pas la tête sur les épaules…

Parmi toutes ces jeunes femmes il y a aussi quelques perles, j’en ai rencontré une récemment que j’ai beaucoup apprécié, elle débute et elle possède cette bienveillance et ce respect pour les autres qui inspirent confiance. Une jeune femme qui pourrait un jour devenir une Grande Dame.

Mais finalement c’est quoi une dominette, ne serait-ce pas juste une domina en apprentissage ? Une apprentie ? Toutes ces Grandes Dominas n’ont-elles pas été dominettes un jour ? Quand une jeune femme débute elle sera forcément jugée sur son manque d’expérience, mais ce qui est le plus important pour moi c’est son attitude, sa curiosité, sa soif d’apprendre et sa façon de se comporter.

Une Domina possède plusieurs cordes à son arc, elle doit apprendre les techniques, les maitriser, elle doit aussi apprendre à ressentir l’autre, à adapter son jeu en fonction des réactions de celui avec qui elle joue, elle doit savoir se contenir, ne pas se laisser emporter par l’autre et savoir quand arrêter le jeu. C’est pas parce qu’on a un maso dans les mains qu’il suffit de taper même si lui le demande… Ça ne se fait pas du jour au lendemain, on ne devient pas Domina simplement en se baladant avec un martinet. Ce n’est pas ni l’accessoire ni la tenue qui transforment une femme en Domina.

Il y en a peu que je considère comme de véritables Dominas, peut-être parce que j’ai eu l’occasion cet été de voir de Grandes Dames jouer. Dont une en particulier, deux fouets dans une seule main, elle faisait des enroulés sur une jeune femme très maso, à un moment j’avais l’impression de lire de la colère dans les yeux de cette soumise, cette Domina est restée très calme, elle lui a simplement dit “tu peux le faire, tu en es capable”,  elle maitrisait totalement la douleur de l’autre pour la transformer en plaisir, c’était troublant, tellement puissant que c’en était presque dérangeant, mais c’était aussi sublime, j’avais des frissons, je l’ai enviée, j’aurais aimé être à sa place, être moi-même capable de pousser quelqu’un comme ça pour arriver à lui faire dépasser ses limites, mais je crois que j’aurais flanché bien avant. Peu de personnes sont vraiment capables de maîtriser la douleur, d’assumer d’être “le bourreau“, de faire partir quelqu’un en sub, être sadique ne suffit pas. Je me suis sentie toute petite à côté d’elle, la seule chose que je pouvais faire c’était l’admirer.

Ces Dominas sont souvent très drôles et naturelles, elles ne jouent pas un rôle et elles n’ont rien à prouver. Elles sont assez discrètes, parfois je les croise dans des soirées mixtes où elles sont respectées par tous.

C’est vrai que j’associe beaucoup le sadisme à la domination, surement parce que c’est ce qui me correspond le mieux. J’ai découvert récemment qu’il y avait d’autres formes de domination comme le fétichisme que je n’intégrais pas du tout dans les pratiques D/s, ou une domination beaucoup plus sexuelle, ce sont des pratiques que l’on retrouve aussi dans le libertinage sans qu’il n’y ait aucun rapport de Domination/soumission.

Certaines se font appeler Maîtresse ou se définissent comme telle.

Chez les couples Dom/soumise, il est de coutume que seule la personne qui se soumet lui attribue ce titre et l’appelle de cette façon, c’est un titre qui se mérite et qui ne se réclame pas, c’est la soumise qui fait la demande à son dominant de devenir son Maître. D’ailleurs lorsqu’un homme se présente comme Maître pour venir “draguer“ une soumise il se fait vite renvoyer à son statut de “kékédom”. Donc Maîtresse oui, si elles possèdent une soumise ou un soumis, être Maîtresse ça implique une appartenance, la pose d’un collier. Entre une Maîtresse et sa/son soumis.e il y a un vrai rapport D/s et humain, c’est une relation qui va se créer et pas ponctuellement pour du jeu, ce qui n’est pas forcément le cas avec une Domina qui va jouer avec quelqu’un de purement masochiste et des partenaires occasionnels. Souvent une Maitresse et son soumis forment un couple, dans le BDSM et  dans la vie vanille.

Et peu importe comment les autres vont la percevoir, bonne ou mauvaise, pas assez dominante, trop gentille, etc etc…L’important c’est que son soumis la voit comme sa Maîtresse, c’est lui (ou elle) qui fait d’elle une Maîtresse.

Se définir comme Maîtresse sans avoir quelqu’un au bout de la laisse ça n’a pas beaucoup de sens…

Parfois quand je joue j’ai le droit au “Oui Maîtresse, merci Maîtresse…” ça me gave, j’ai l’impression qu’on s’approprie ma personne sans me l’avoir demandé…

Peut-être que je le serai un jour, même si la Domination/soumission c’est pas vraiment mon truc, ça m’ennuie… mais pourquoi pas et ça ne pourra arriver que dans le cadre d’une vraie relation.

Je vais faire une courte digression sur une population qui n’a rien à voir avec la domination féminine mais qu’on y associe bien trop souvent et que je méprise, ces femmes – si ce sont vraiment des femmes – donnent une mauvaise image des dominas, une image malsaine…

Ce sont toutes ces nanas sur twitter ou facebook, qu’en général personne ne connait et qu’on ne voit jamais nulle part (d’où mon doute que ce soit toujours des femmes derrières ces profils). Elles sont souvent méprisantes, grossières, elles n’offrent rien à part montrer leur cul et leurs nibards sur twitter, leur seul but c’est de gratter quelques euros auprès de tous les fantasmeurs virtuels qui n’ont rien d’autre à faire que de se branler devant un écran… bon si ça marche tant mieux pour elle. Mais mesdemoiselles ne vous faites pas passer pour des dominas quand vous n’êtes pas capable de proposer autre chose que “dépouiller”, vous n’avez aucun respect pour le BDSM, vous n’êtes pas Domina, la domination financière ce n’est pas juste créer une cagnotte, ça tout le monde peut le faire, même les soumises s’y sont mises… vous êtes juste des opportunistes.

Récemment j’ai lu la réponse d’une de ces femmes à qui un homme demandait si elle dominait, ça en dit long sur son rapport avec le BDSM…

“J’apprends sur le tas, en même temps c’est pas comme devenir pilote d’avion”

Personnellement ouvrir une cagnotte et demander 10 balles à des inconnus j’aurais juste l’impression de faire la manche…

“à vot’ bon cœur messieurs les pigeons, c’est pour m’acheter des p’tites culottes”.

Je préfère que l’on m’offre un verre, au moins il y a l’humain qui rentre en jeu.

Moi dans tout ça je suis quoi…

Juste une joueuse passionnée, un tantinet sadique, parfois un peu perverse…
Les seuls cadeaux qui me touchent sont la confiance et le lâcher prise que certaines et certains m’accordent.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

Gibier a la demi deuil

J’ai vu passer un flyer pour une chasse à la soumise… ça m’a inspiré une petite recette…
Comprenne qui pourra 😈😈😈

Gibier à la demi-deuil
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Munissez vous d’une planche ou d’un attendrisseur, d’un couteau, et d’un fouet.

Pour cette recette pas besoin de truffes mais il vous faudra un bon tour de main pour obtenir la bonne coloration.

Commencez par déplumer le gibier, puis disposez le à plat la croupe bien tendue. Nappez cette chaire de caresses et de baisers, n’oubliez pas au passage quelques pincées de sadisme, travaillez en pressant fermement avec vos doigts, lorsque vous sentez la chaire de l’animal se détendre, commencez par tapoter légèrement avec les paumes de vos mains, n’hésitez pas à accélérer et appuyer le mouvement si vous estimez que cela devient nécessaire.
Ensuite prenez une planche et attendrissez cette chaire.
Lorsque le gibier est à bonne température et que sa peau se pare d’un beau rouge écarlate, sortez le fouet, faites d’abord mijoter à feu doux pour libérer les saveurs, puis terminez par une cuisson franche pour faire craquer légèrement la peau et laisser couler les sucs.

Tout au long de la recette n’oubliez pas de surveillez attentivement, le gibier ne doit pas se dessécher, vérifier toujours son taux d’humidité à l’aide de votre index.

Pour les plus experts entaillez délicatement la peau, la recette n’en sera que plus savoureuse.

Et selon vos goûts vous pouvez aussi ficeler ou flamber votre gibier.

Une fois l’animal à point, laissez le reposer

A déguster et savourer sans modération.

Planche et attendrisseur disponibles auprès de Sir John

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

MonPetitMambaNoir

“Il y a des rencontres humaines…
Et il y en a d’autres tout aussi importantes…

Des rencontres qui vous changent ou vous révèlent…”

J’avais un désir lointain de posséder cet animal troublant, sensuel et inquiétant…

un besoin de l’apprivoiser pour ne plus en avoir peur… une envie de le caresser pour lui donner l’envie de mordre…

Le désir aussi d’avoir mes propres jouets, la première idée n’était pas que je l’utilise, même si je voulais aussi savoir m’en servir, je souhaitais seulement l’avoir dans ma collection, me l’approprier, qu’il ne caresse jamais une autre peau que la mienne.

Le jour de la commande il y avait déjà un lien étrange entre cet animal et moi…

Il était mien, je l’attendais comme on peut attendre un amant longtemps désiré…

Je comptais les jours, parfois je prenais des nouvelles auprès de son créateur, j’essayais de ne pas être trop envahissante. J’avoue aussi que j’étais un peu inquiète, j’avais fait le choix de le commander à un nouvel artisan qui n’était pas encore très connu, en tout cas sur Paris je n’avais jamais eu l’occasion de voir son travail. Je l’avais contacté, nous avons longuement échangé, j’ai décidé de lui faire confiance.

Et enfin il est arrivé, emballé dans une jolie boite, couché sur du papier de soie…

Je l’ai sorti, il était tel que je l’avais voulu, sobre, élégant, léger… tellement léger que je n’osais pas le manipuler, je n’osais pas l’essayer.

J’avais peur de blesser ce jeune serpent par ma maladresse.

Je l’ai remis délicatement dans sa boite.

Il était raide, il n’avait pas encore la souplesse du serpent.

Je savais qu’il n’était pas utilisable tel quel.

Il fallait le préparer, l’apprivoiser et le dresser…

J’ai interrogé mes amis, je me suis renseignée.

J’avais un peu la trouille de mal faire, mais je voulais m’en occuper moi-même, il n’était pas question que je confie ce petit animal à quelqu’un d’autre, MON petit animal.

Lorsque j’ai eu toutes les réponses à mes questions, j’ai décidé de la méthode de préparation que j’allais utiliser. Chacun possède sans doute sa manière de faire, ses produits de prédilections, mais au fond toutes ces méthodes sont assez proches.

Un matin j’ai enfilé mon manteau et je suis allée au BHV acheter cette fameuse huile de pied de bœuf et un pinceau en poils très doux. Je suis rentrée, j’ai étalé du papier, versé l’huile dans un récipient, j’ai sorti le fouet de sa boite et je l’ai délicatement badigeonné, assez légèrement pour la première fois, toujours cette crainte de mal faire… j’ai attendu plusieurs heures en le retournant de temps en temps pour que tout son corps puisse s’imprégner de cette huile, puis je l’ai massé pour mieux la faire pénétrer, c’était très sensuel. Ensuite je l’ai essuyer avec un chiffon doux.

Il s’était déjà bien assoupli. Je l’ai manipulé un peu, j’ai essuyé quelques retours.

Le jeune mamba s’était défendu… il venait de me mordre… J’ai aimé cette morsure qui m’a permis de juger de son efficacité… cette première morsure qui a réveillé en moi des sensations… m’a fait fantasmer…

Il manquait encore de souplesse et moi de dextérité… Je l’ai installé dans une petite vitrine que j’avais acheté. Je le sortais tous les soirs pour le masser et continuer de faire pénétrer l’huile.

Quelques jours plus tard lorsque mes mains n’étaient plus grasses j’ai renouvelé l’opération.

Je l’apportais régulièrement à un de mes amis pour qu’il me conseille et vérifie le bon état de l’animal. Au quatrième bain lorsque j’ai eu l’approbation de mon coach j’ai pu réellement commencer son dressage.

J’avais bien observé les gestes des uns et des autres, mais malgré toute ma bonne volonté ce petit serpent refusait de m’obéir… Je n’avais pas de doute concernant l’animal, pris en main par d’autres il se pliait à leur volonté.

Non le problème venait de moi…

Je l’ai remis dans sa vitrine, je l’ai laissé une semaine sans y toucher, sans même le masser ce que je continuais pourtant à faire régulièrement. J’avais presque renoncé à l’utiliser…

Je m’étais résignée… Jouer du fouet ce n’était pas pour moi.

Un soir lors d’un apéro chez moi avant une soirée, je l’ai ressorti de sa vitrine, quelques-uns de mes amis voulaient le voir et le tester. C’était une bonne occasion de lui faire faire un peu d’exercice. Avant de partir je l’ai de nouveau rangé dans sa vitrine.

La semaine suivante j’ai repris les massages, il fallait encore faire pénétrer l’huile.

Et je ne sais pas pourquoi ce soir la j’ai de nouveau essayé… mais de la main gauche…

Le geste était fluide… naturel…

Le petit mamba noir avait obéi… Il n’était plus rétif… Parfois il s’exprimait, par quelques petits claquements

J’étais heureuse d’avoir enfin pu l’apprivoiser.

 

J’ai continué à le manipuler de la main gauche en testant de temps en temps la droite. Mais de la droite ça ne fonctionnait toujours pas.

J’avais plus souvent observé des hommes et lors d’une soirée j’ai pu voir quelques femmes manipuler leur fouet, leurs gestes étaient beaucoup plus doux, il y avait aussi une élégance chez certaines.

Ce soir-là j’ai compris que je faisais l’erreur de vouloir compenser mon manque de force par rapport à celle d’un homme en cherchant à lui donner plus d’impact, je le lançais au lieu de le laisser aller naturellement sur sa cible en le guidant seulement par le mouvement du poignet.

J’ai un problème d’articulation de l’épaule sur le côté droit qui ne me permettait pas de “lancer” le fouet, mon épaule “sautait” à chaque fois.

En rentrant j’ai posé mon manteau, enlevé mes talons aiguilles, pieds nus je suis allée chercher mon petit mamba noir… J’ai posé quelques feuilles de sopalin sur un coussin, main gauche d’abord… puis main droite…

OUIIIII !!!!

Enfin, j’avais apprivoisé ce petit animal sauvage, il était devenu MIEN

C’était une belle soirée, je me suis endormie heureuse.

Les jours suivants j’ai continué son dressage et mon entrainement. J’arrivais facilement à atteindre mes objectifs. Un coussin… le rouleau de sopalin… les branches d’une orchidée fanée que je devais découper…

En peu de temps je me suis sentie prête à l’utiliser sur une peau, j’avais très envie de l’étrenner…

Mais pas seule, je voulais être guidée par quelqu’un qui maitrise ces jeux. Même si j’arrivais facilement à viser mes coussins lors de mes entraînements je n’avais pas la prétention de pouvoir jouer en toute sécurité sur quelqu’un.

Une soirée… deux soirées… je l’avais toujours avec moi sans le sortir de mon sac… Lors d’un événement BDSM  je pensais l’utiliser sur une de mes amies, guidée par un Dom, mais je ne me sentais toujours pas prête… Je n’avais pas envie de décevoir, surtout Elle… Ma Divine Marquise…

J’ai continué à m’entrainer, tous les jours.

La semaine suivante je suis allée à un afterwork libertin consacré au BDSM, je savais que j’y retrouverais quelques amis, dont une qui a plusieurs reprises m’avait fait comprendre qu’elle était volontaire…

En début d’année j’avais posté un message humoristique sur facebook

“Cherche cul indulgent pour entrainement ”

Elle y avait répondu favorablement.

Ce soir-là au fond de moi je savais que j’allais l’utiliser, je n’ai pas bu une seule coupe de champagne, juste du soda et encore une fois je ne pensais pas m’en servir seule.

Même si l’ambiance n’était pas celle dont nous avions l’habitude, le lieu se prêtait à nos jeux. Je lui ai simplement demandé si elle en avait envie, je n’avais pas peur, toutes mes inquiétudes avaient disparu…

ELLE, elle avait confiance en moi.

J’ai fait abstraction de ceux qui nous entouraient, je me suis appliquée à essayer de lui offrir ces sensations qui nous transportent… Je l’ai chauffée… mains… paddle… martinets doux… puis ceux plus durs… ceux qui cinglent la peau… ceux que j’avais voulu, ceux dont j’avais imaginé les sensations…

Au bout d’un moment mon corps s’est mis à trembler… j’avais les jambes coupées…

Je ne m’attendais pas à cette réaction de mon corps et de mon esprit, en tout cas pas pour cette première fois et pas avec les martinets… Mais je n’étais pas inquiète, ça ressemblait beaucoup à cet état second que je recherche lorsque je me livre aux caresses des lanières…

Inconsciemment ou consciemment… Je savais ce qui m’arrivait.

j’ai ralenti pour reprendre mes esprits, redescendre pour pouvoir aller au bout de ce merveilleux moment. Je me suis rapprochée d’elle, j’ai caressé sa peau, j’ai senti son parfum. J’avais besoin de ce contact.

J’ai repris doucement la valse des martinets et lorsque j’ai complètement récupéré mes esprits, je les ai posés sur le prie-Dieu.

Il était temps de sortir de sa cage le roi des jeux d’impact :  le signal whip, mon petit mamba noir…

J’étais vigilante, je n’avais aucune crainte pour elle, mais comme nous étions dans une soirée libertine, les personnes présentes ne faisaient pas attention, elles passaient à côté de nous avec le risque de prendre un retour si mon amie bougeait ou si ma main dérapait…

Je suis heureuse de cette soirée, flattée qu’elle m’ait fait confiance.

J’avais toujours eu peur de mon sadisme latent, j’en avais parlé à plusieurs reprises, j’avais peur d’être emportée par l’adrénaline, peur de devenir méchante comme je peux l’être parfois…

Mais mon petit mamba noir m’a rendue plus sûre de moi, il m’a apporté force et sérénité.

Je n’ai ressenti aucun sentiment de supériorité avec une telle arme entre les mains, je ne me suis pas sentie plus puissante, ni Domina, je n’en suis pas une et ne souhaite pas le devenir.

J’ai juste éprouvé énormément de plaisir et une forme de jouissance.

Ce soir-là j’avais juste envie de baiser les mains de cette jeune femme pour la remercier comme je l’ai parfois fait avec un Dom.

J’ai le regret de ne pas l’avoir fait.  De ne pas avoir baisé la main de celle qui m’a fait ce si beau cadeau.

Maitriser la douleur pour la transformer en plaisir et permettre à quelqu’un de masochiste de lâcher prise et de s’abandonner c’est quelque chose de vraiment fabuleux.

J’ai encore tellement à apprendre.

Léger et puissant ce petit mamba a trouvé sa place dans ma chambre, bien protégé et à l’abri des curieux… Il est devenu mien, il fait partie de moi.

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Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

AtelierPereFouettard

J’ai croisé Paolo la première fois il y a environ deux ans sur une péniche à l’occasion d’une soirée embrassez qui vous voulez, il animait un atelier de cordes de bougies et de martinets. A l’époque il ne s’était rien passé de particulier entre nous, je n’étais pas encore dans le BDSM, je n’accrochais pas, ça ne m’intéressait pas, son univers n’était pas le mien.

Nous nous sommes revus plusieurs fois dans le même contexte sans qu’on échange autre chose que les politesses habituelles. Puis j’ai franchi le pas du D/s et lors d’un réveillon j’ai vraiment pu faire sa connaissance et celle de sa femme. Et depuis une amitié est née.

Cette année j’ai déménagé, nous sommes devenus voisins et dès que je le peux je vais le voir travailler dans son atelier. J’ai toujours été fascinée par le travail manuel, gamine je trainait dans l’atelier des typographes en face du restaurant de mes parents.

Je trouve qu’il y a quelque chose de magique de voir transformer entre les mains d’un artisan la matière brute en objet.

Lors de mes visites dans son atelier, je fouinais, touchais les cuirs, détaillais les anneaux, les attaches. Un jour je suis tombée sur une manchette qu’il avait réalisé pour un homme. J’ai adoré la matière, ce cuir brut et la douceur du poulain. J’avais envie qu’il en fasse une pour moi, mais une manchette un tantinet SM qui pourrait servir à me tenir en laisse mais aussi me donner un côté Domina. Nous avons fait des tests ensemble, Paolo a eu l’idée de ce gros anneau fixé par deux demi sphères et la manchette Mitsouko est née. Je la porte souvent au quotidien, elle est chic et élégante mais aussi rock. Ensuite je lui ai demandé de me faire un collier dans les mêmes matières.

Il venait de créer une nouvelle gamme, la gamme Mitsouko d’un style totalement différent de ce qu’il fait habituellement mais qui me correspond parfaitement, il a su voir en moi.

Et de fil en aiguille j’ai eu envie de compléter cette gamme par un paddle et une paire de martinets, d’avoir des jouets à mon image… à la fois mordants et caressants et surtout des jouets que j’aimerais qu’on utilise sur moi, des jouets qui me font vibrer. Personne d’autres que Paolo n’aurait pu les réaliser. On se connait depuis un moment, il sait ce que j’aime et lorsqu’il réalise nos accessoires de jeux il s’appuie sur l’intention du donneur et surtout sur les sensations du receveur.

Ma première demande personnalisée a été un paddle, je le voulais assez dur mais aussi caressant, j’avais envie de pouvoir l’utiliser de deux façons et que le receveur ne sache pas ce qui l’attendrait lorsque je l’utiliserais…

La claque ou la caresse…

Il a donc réalisé un paddle avec un cuir que j’ai choisi parmi différentes peaux qu’il m’a proposé en m’expliquant comment ils allaient claquer une fois façonnés, il m’a donné de son temps pour répondre au mieux à mes souhaits, un cuir qu’il a durcit dans une ”potion magique“ et cousu à la main avec une magnifique couture sellier qui me fait penser au matelassage des sacs chanel, on voit immédiatement la différence entre un cousu main et un cousu mécanique, et ces heures de coutures lui ont valu deux belles ampoules.

Quand j’ai voulu ce paddle j’ai d’abord fantasmé sur la face poulain mais depuis que je le possède c’est la face cuir que je n’arrête pas d’admirer et c’est certainement celle qui servira le plus souvent…

Avant de lui demander le paddle, on avait déjà évoqué ensemble la création d’une paire de martinets adaptés à ma main, j’ai souvent des problèmes avec les jouets qu’on trouve dans le commerce ou sur internet, mes mains sont petites et j’ai un problème à l’épaule droite, s’ils sont trop lourds je ne peux pas jouer longtemps.

Les premiers que j’avais vu et qui me plaisaient c’était ceux avec le laçage façon corset, mais ça ne me correspond pas je ne suis ni froufrou ni dentelle. La bourgeoise délurée comme toute bourgeoise qui se respecte à un petit côté rock caché. Et en regardant ma manchette le design de ces martinets a été évident, je savais ce que je voulais. Un matin où Paolo est venu prendre un café je lui ai expliqué mon idée, la difficulté risquait d’être le poids et c’était impératif pour moi qu’ils restent légers pour que je puisse les utiliser. Je voulais qu’ils soient dans le style de la manchette, en cuir et poulain avec des sangles et un anneau qui rappellerait la manchette… Mais ou le mettre… sur le manche ? Non, ça aurait été gênant.

Au fil de nos échanges l’idée est venue de mettre de gros anneaux pour les porter comme des bracelets à la place d’une dragonne, mais il fallait aussi pourvoir jouer sans qu’ils soient gênants. On s’est laisser du temps, on a souvent échangé sur leur réalisation, confronté nos idées et une fois que nous sommes tombés d’accord sur les derniers détails, je lui ai donné mon accord pour la réalisation de mes nouveaux jouets…

Cerise sur le gâteau Paolo m’a invitée à venir dans son atelier pour suivre toute la fabrication. Vous imaginez bien que je ne me suis pas fait prier

Arrivée dans son atelier, Paolo m’a d’abord offert un café, puis présenté le cuir qu’il avait sélectionné en fonction des sensations que cette paire de martinets devaient procurer, je voulais quelque chose de très cinglant, proche de ce que j’avais pu ressentir avec certains fouets, ensuite nous avons déterminé la largeur des lanières, puis leur nombre, on a d’abord pensé à 20, puis au fur et à mesure de la coupe nous avons réduit à 15 — avec un cuir aussi dur 5 lanières supplémentaires n’auraient rien apporté de positif au contraire on risquait de perdre le côté cinglant et d’aller sur quelque chose de plus violent et difficilement supportable — mais en supprimant une partie des lanières on réduisait aussi le diamètre prévu, la facilité aurait été de mettre une baguette en bois au centre, mais comme j’avais demandé dès le départ que ces martinets soient tout cuir, il fallait trouver une autre solution pour compenser cette perte de diamètre.

Ensuite il a fallu fixer les anneaux qui me serviraient de bracelets, vérifier la résistance et régler la longueur de la pièce de cuir pour qu’ils ne me gênent pas lors des jeux.
Puis enfin tard dans la soirée les parer du bel habillage que j’avais imaginé.

Tout au long de la réalisation de ces martinets j’ai pu les tester, vérifier à sa demande à chaque étape et à chaque ajout des pièces qu’ils s’adaptaient parfaitement à ma main, que leur poids restait dans la norme prédéfinie.

Parfois on voit un objet, on imagine qu’il est simple à réaliser, mais quand on le regarde vraiment de prés, qu’on s’arrête aux petits détails on peut imaginer toutes les étapes qu’il va falloir mettre en œuvre pour en faire un bel objet.

Un paddle, un fouet, un martinet ou tout autre accessoire d’impact c’est un peu comme un vêtement, vous pouvez acheter du prêt à porter dans une grande surface ou une boutique de luxe, et vous pouvez aussi faire réaliser du sur mesure, choisir vos matières, votre coupe, un vêtement à votre image qui vous ira comme un gant.

Toute cette journée je me suis sentie comme une future mariée essayant sa robe, admirative de tout ce travail et impatiente de les essayer une fois terminés. Ils sont parfaits

Plus que de l’artisanat… c’est de la haute Couture !

Merci Paolo Descordes pour cette merveilleuse journée, pour tes précieux conseils et tout le temps d’écoute que tu m’as offert pour réaliser ces petits bijoux.

www.caressedecuir.fr

PaddleMartinets

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Adrenaline

Points

Cette année je voulais relever un défi, participer au PNE, le prix de la nouvelle érotique.

Ce prix se déroule la nuit du passage à l’heure d’hiver, une nuit blanche pour écrire, du café en perfusion, et deux contraintes, un contexte de situation et terminer par un mot imposé.

Mais à cette date je n’étais pas disponible je n’ai pas pu concourir, et peut-être que je n’aurais pas été retenue lors des présélections, je ne suis pas écrivain, juste une blogueuse. Mais j’avais envie d’écrire cette nouvelle et de savoir si j’étais capable d’écrire un texte à la demande.

Je ne suis pas certaine d’avoir compris le thème imposé, mais voilà le texte que cela m’a inspiré, j’espère qu’il vous plaira.

CONTEXTE DE SITUATION : « ONE MORT TIME »
MOT FINAL : ENTONNOIR

Points

Mes fantasmes deviennent de plus en plus obsessionnels, j’ai besoin d’aller plus loin, d’assouvir cette soif de découverte, ce désir de ressentir de nouvelles sensations…

J’ai besoin de connaitre mes limites et surtout de les dépasser.

Depuis un an je ne baise plus, je n’en ai plus envie, le sexe ne me suffit plus, je m’ennuie au lit. Peu importe le genre de mon partenaire… homme… femmes… T-girl… A chaque fois je reste sur ma faim.

J’ai besoin d’adrénaline, de perversions et de douleurs maîtrisées, j’ai besoin d’avoir peur…

Cette peur qui m’excite… celle qui ouvre ma chatte et trempe l’intérieur de mes cuisse…

La première fois que j’ai ressenti l’effet de la peur c’était il y a deux ans, une de mes premières rencontres après une longue période d’abstinence. Je m’étais inscrite sur un site, j’avais accepté un rendez-vous au bar d’un hôtel.

Je n’étais pas habituée, j’avais déjà une boule au ventre, je ressentais les premiers effets de la peur.

Nous nous sommes retrouvés au bar, il m’attendait sûr de lui. Il a ôté mon manteau, de son regard noir il m’a détaillé de la tête aux pieds, a dégrafé un bouton de mon chemisier – je devais certainement être trop sage à son goût – il a passé sa main sous ma jupe…

Je me sentais honteuse, j’avais l’impression d’être une jument avant une vente…

Nous nous sommes assis, il a commandé une coupe de champagne sans me demander ce que je souhaitais, nous n’avons pas échangé un mot, juste des regards. J’étais mal à l’aise mais très excitée et il le voyait.

Je crois que ce soir-là j’ai descendu ma coupe de champagne comme une assoiffée.

Il s’est levé, m’a saisi fermement le bras, je me suis laissé faire, je ne savais pas ce qui m’attendait je savais juste que j’avais peur et que cette peur m’excitait. Nous avons pris l’ascenseur, il me fait entrer dans une chambre. Il me retourne, me plaque fermement contre le mur, une main sur ma bouche l’autre à l’intérieur de mes cuisses, je suis trempée, totalement ouverte. Mes jambes tremblent, je sens ses doigts me fouiller, son pouce malaxer mon clitoris…Oh pas longtemps… Juste le temps de vérifier que je suis prête à subir ses assauts… Sa main me laisse enfin respirer, il dégrafe son pantalon… Je sens sa queue me pénétrer… Son souffle… Son corps écraser le mien contre cette paroi… ses mains pétrir ma chair. Il est brutal, il ne m’a pas fallu cinq minutes pour jouir.

La peur avait remplacé les préliminaires bien plus efficacement.

Je l’ai quitté le lendemain matin, très tôt en sachant que je ne le reverrai pas.

Il m’a fallu du temps pour accepter ce que j’ai fait ce soir-là, suivre un inconnu dans une chambre d’hôtel, ne rien savoir de lui, me laisser malmener et y prendre du plaisir… Comprendre que la peur est une de mes sources d’excitation…

Pendant quelques temps j’ai repris une vie sexuelle plus classique, mais le besoin d’adrénaline est très vitre réapparu, ressentir à nouveau les effets de la peur…

Dès que je le pouvais j’organisais des rendez-vous avec des inconnus, j’aime être attachée, avoir les yeux bandés… Ne pas savoir… Me laisser utiliser…

A chaque fois des rencontres uniques… mais elles finissent par toutes se ressembler…

Je n’arrive plus à lâcher prise, Il me faut autre chose…

La douleur est une de mes autres sources d’excitation…

Pas la douleur que l’on a tous connu en se blessant…

Non, une douleur recherchée, une douleur qui vous fait décoller, une douleur qui vous grise comme l’alcool, une douleur qui vous met dans un état second…

Je retrouve cette adrénaline dans des jeux de bougies ou d’impact, toujours contrainte et aveuglée. J’aime ça, j’aime être à la merci de mon tortionnaire.

Les bougies sont un de mes jeux préférés, je suis réceptive à la chaleur.

M’épiler m’excite, pendant que la cire fond dans l’appareil je dois aller me laver et me sécher… je suis déjà trempée…

Je dépose la cire brulante sur mon sexe… C’est douloureux mais que c’est bon…

Il m’est arrivé de me brûler à m’arracher la peau sans que ça fasse retomber mon excitation. A chaque fois mon sexe dégouline, mon vibromasseur n’est jamais loin.

Quand je m’épile je sais quand la cire va toucher ma peau, je gère, je maitrise. Mais quand on joue avec mon corps je suis dans l’attente, je suis à la merci du bon vouloir de mon tortionnaire. L’attente est douloureuse, excitante. Ma chatte est sous tension, elle souffre de la faim.

Quelle étrange sensation que la caresse de la brûlure. Les gouttes de cire tombent sur ma peau, elles atterrissent sur mon ventre, mon sexe, le premier contact est violent, brulant, ça ne dure qu’un court instant.

Les gouttes sont comme des galets qu’on jette sur l’eau, leur atterrissage est rude pour laisser la place à des ondes de plaisirs, plus la cire tombe plus les ondes sont puissantes et pénétrantes laissant remonter une divine sensation tout le long de mon échine.

Mon bas ventre est en feu, enflammé par un besoin qu’on me fasse gicler pour éteindre cet incendie. Je ne sais plus ce qui coule entre mes cuisses… La cire des bougies ou le jus de mon sexe.

Mon tortionnaire glisse ses doigts dans mon vagin, il les retire me les fait lécher…

Je lèche, je me régale… Une claque sur ma chatte, deux claques, il continue de plus en plus fort. La dernière goutte de cire, plus proche de mon sexe, quelques centimètres, celle que je n’attendais pas. Un cri rauque sort de ma gorge, je râle, je me cambre. La jouissance libératrice, celle dont j’avais tant besoin.

Il me laisse souffler, mais rien n’est fini. Il faut enlever la cire, j’ai froid, je plane encore, les effets de l’adrénaline. Il me saisit, me contraint fermement. Je ne peux pas bouger, je sens la lame de son couteau parcourir mon corps, cette lame qui peut m’entailler à tout moment. Je ressens la peur au ventre, c’est bon, c’est excitant…

S’obliger à rester immobile, rester immobile avec une putain d’envie de jouir. Peur de jouir, peur d’être tailladée par cette lame au moindre mouvement. De nouvelles sensations…

Un orgasme muet, puissant, invisible… Lui sait…

Le corps n’a pas pu s’exprimer, j’ai cru que mon cerveau aller éclater. J’ai eu peur, une autre peur, une peur irraisonnée de ne plus pouvoir revenir.

Peur de mourir de plaisir…

Ces moments sont rares et précieux. Je ne fais plus de rencontres classiques, je n’en ai plus envie. Je me satisfais seule, avec mes jouets. Mais c’est de plus en plus difficile. Un vibro, deux vibro, parfois trois… Il faut bien ça pour que ça claque encore dans ma tête, je jouis, plusieurs fois… je sais que je peux connaitre autre chose. J’insiste, je continue, ça devient insupportable, douloureux, j’en veux encore, mais mon clitoris ne tolère plus le moindre contact… je voudrais aller au-delà de cet orgasme mécanique, aller au-delà du supportable… mais j’ai la trouille ! la trouille d’y rester… la trouille que mon cerveau lâche… La trouille de ne plus être capable de revenir…

Seule je n’aurais jamais le courage de franchir cette limite, on ne peut pas forcer l’orgasme soi-même. J’ai déjà assisté à des séances d’orgasme forcé en réel et en cam. Une femme est attachée elle ne peut pas se délivrer, elle ne peut pas esquiver le vibromasseur de son tortionnaire. C’est très impressionnant. A chaque fois je serre les dents, les fesses, les cuisses. Tout ça bien fermé rien ne risque de passer. Ça a l’air tellement intense. Elle subit, elle se débat, parfois elle convulse, elle hurle, impossible de savoir si ses cris sont dus au plaisir ou à la douleur. J’ai l’impression qu’à la place de cette femme je ferais une crise cardiaque !…

J’ai besoin de savoir, besoin de connaitre cet orgasme suprême, ce graal… Mon graal…

Deux peurs se télescopent. Celle qui m’excite et celle qui me fait reculer.

Mais aujourd’hui celle qui m’excite a pris le dessus, elle a gagné.

Le hasard des rencontres m’a mis sur le chemin d’un couple, nous nous sommes déjà croisés, jamais intimement, mais j’ai confiance, j’ai confiance parce qu’elle elle sait, elle connait le graal. Je les ai vu en cam, elle était attachée subissant les vibrations du fairy black, dans l’impossibilité de se dérober, lui usant et abusant de cet instrument de torture.

Depuis je n’ai cessé d’y penser… de fantasmer…

Lors d’un diner, nous nous sommes revus, nous avons échangé, elle voudrait me dominer, je n’aime pas être dominée par une femme. Mais j’ai accepté, j’en ai envie,  je lui ai confié mes désirs et mes craintes. Ils vont me faire découvrir autre chose, de nouvelles sensations. Je leur ai donné carte blanche, je suis joueuse, la présence de cette femme me rassure. Une soirée ou je vais me soumettre, une soirée ou mes deux sources d’excitation la douleur et la peur seront exacerbées par la contrainte et la privation de la vue.

Une soirée clôturée par cet orgasme forcé que je redoute tant.

Mes deux peurs se télescopent toujours, parfois la peur de ne pas revenir prend le dessus.

N’appelle-t-on pas la jouissance la petite mort.

Un célèbre président est mort en épectase… son ultime orgasme, sans doute le plus beau.

Bientôt je vais atteindre “mon graal”, peut-être ma seule et unique fois.

One more time…

One more time…

One more time…

One Mort time…

Le rendez-vous est pris, je ne peux plus reculer, je ne veux pas renoncer. Je compte les jours. Mon excitation croît autant que ma peur. Je dois la maintenir, l’amplifier, je voudrais la concentrer pour mieux en profiter. La mettre en bouteille, pour pouvoir l’inhaler  et me shooter avec le jour venu.

Chaque jour d’angoisse, chaque jour d’attente est un grain de sable dont je remplis cette bouteille.

Pour ne pas perdre un seul de ces grains de sable je les fais passer par un entonnoir…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

Ces obscurs objets de plaisir

Photo : caresse de cuir

J’aime les belles choses, et certains diront que j’ai des goûts de luxe. Oui c’est vrai, mais mon luxe n’est pas fait de logos et de marques, j’aime avant tout la qualité d’un produit et que celui-ci corresponde à mes attentes et mes besoins, je peux payer très cher certaines pièces si j’estime qu’elles en valent la peine et je suis incapable de mettre 10 ou 20 euros dans une pièce que je considère comme une daube, même pour une soirée.

Quand j’ai commencé le golf, j’ai tout de suite été passionnée par ce sport, je devais acheter du matériel, j’avais plusieurs options, la première acheter une série basique pour débutant, mais je savais que je serais très vite frustrée et qu’elle finirait rapidement au fond du garage pour être remplacée par d’autres clubs, j’ai donc testé plusieurs produits et j’ai fait le choix d’acquérir mes clubs un par un, à mon rythme, j’ai pu composer une belle série parfaitement adaptée à mes besoins.

Il en est de même pour mes accessoires de jeux. Depuis trois ans j’ai commencé à acheter ce dont j’avais besoin et envie, en misant sur la qualité des produits, et je ne le regrette pas, je les ai toujours et j’en suis très satisfaite.

Mais j’ai fait l’erreur sur les jeux d’impact d’acheter dans le commerce… comme une cravache dont je ne me sers jamais, au final elle est juste là pour faire jolie… Et un martinet que j’aime beaucoup en terme de sensation mais le manche n’est pas adapté à ma main.

Depuis pour ce type de produits et en particulier pour les jeux d’impact je ne m’adresse plus qu’à des artisans, tout simplement parce que ces personnes sont à l’écoute de mes besoins et qu’ils sauront me conseiller.

Quand vous achetez un vêtement vous le prenez à votre taille, et c’est exactement la même chose pour un martinet, une cravache ou un fouet. Une femme d’1,60 m aura besoin d’une cravache plus courte qu’un homme d’1,90 m, même si la tête et la même.

certaines personnes voudront être proches de leur sujet et d’autres plus éloignées.

Tout comme mes clubs de golfs, selon ma façon de jouer, j’ai besoin que mes martinets soient adaptés à ma morphologie et à mon intention de jeu. Je dois les avoir parfaitement en main, qu’ils ne soient ni trop légers ni trop lourds, et avoir la longueur de lanières idéale pour rester proche de mon sujet, tout en gardant une certaine distance pour ne pas risquer de le frapper avec le manche, la distance pour moi est importante pour que je puisse alterner l’impact et la caresse de ma main, sans avoir à me rapprocher et risquer un moment de flottement qui pourrait faire redescendre mon sujet.

J’en parle en connaissance de cause pour être aussi sujet, et un sujet qui peut redescendre très rapidement, il me suffit d’un “temps mort” surtout dans une soirée et je peux très vite être déconcentrée, celui qui manipule ces jouets d’impact doit en permanence être en contact avec moi.

Un flogger non adapté pourra devenir pénible à utiliser pour le ou la Dom, mais pour le ou la sub aussi, l’impact ne provoquera pas les sensations voulues, elles peuvent même être désagréables, j’ai le souvenir d’un Dom dont les lanières des martinets étaient beaucoup trop longues, non seulement ce n’était pas agréable mais c’était ennuyeux, j’ai d’ailleurs essayé ces martinets, la seule chose que je suis arrivé à faire c’est me fouetter le visage chaque fois que je croisais.

J’ai eu l’occasion d’avoir différents fouets en mains, dont un fouet fabriqué par un artisan renommé et d’autres venant de supermarchés de l’érotisme, ça n’a rien de comparable, on ressent de vraies émotions quand on tient cet objet tressé à la main, un objet parfaitement équilibré, qui fait corps avec vous, qui est le prolongement de votre bras, le mouvement est fluide sans aucun effort, c’est juste une merveille. Et c’est ces sensations que je retrouve lorsque je commande mes jouets chez mes artisans.

Quand on achète de tels objets, il faut avant tout savoir ce que l’on veut en faire, quelles sensations on veut provoquer, pour qui, penser à la personne qui va recevoir les impacts, car même si ce sont vos jouets, ces objets sont d’abord destinés aux plaisirs de votre sub.

Alors certes vous trouverez dans la grande distribution du marché de l’érotisme des tas de jouets plus ou moins chers, mais aucun de ces jouets n’aura été fabriqué pour vous, par une personne qui aura donné de son temps pour vous découvrir, qui aura compris vos intentions et qui saura à qui il est destiné quand il le fabriquera.

Ce n’est pas une fabrication à la chaine, ce jouet est unique, il est empreint de votre personnalité, issu de l’échange que vous aurez eu avec cet artisan.

Tous ces jouets fabriqués par des artisans possèdent une âme

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

PlaisrDansLaDouleur

 

Il y a quelques années mon dos m’a fait souffrir, une douleur musculaire qui devenait de plus en plus insupportable, comme une crampe permanente qui refusait de disparaitre et qui s’amplifiait.
La seule chose qui me soulageait était une bouillotte brulante, mais parfois ce n’était pas suffisant. J’abusais tellement de la chaleur que cette partie du dos devenait noire.

Et je ne sais pas par quel mécanisme, lorsque la douleur devenait trop forte, trop lancinante jusqu’à me faire couler les larmes, j’ai ressenti du plaisir.

C’est une sensation très déstabilisante… On ne sait pas à qui en parler, on n’ose pas en parler, même à son médecin.

On se pose des questions, on se demande si on est ”Maso“ !

Ce plaisir que j’ai ressenti n’est pas un plaisir agréable, la douleur qui précède est présente trop longtemps, la montée de plaisir est beaucoup trop courte pour l’apprécier.

Ce plaisir est plus un soulagement momentané qui permet de se relâcher un peu qu’un réel moment de lâcher prise

A l’époque je ne libertinais pas encore, je ne connaissais pas le BDSM, et je n’avais qu’une vague idée du S/M, la seule référence que j’avais était histoire d’Ô, livre que je n’ai pas aimé et que je n’aime toujours pas.

Ensuite lorsque j’ai commencé à libertiner, j’ai adopté l’épilation intégrale, à la cire.
J’ai utilisé une cire trop chaude…
La première sensation a été douloureuse, puis mon ventre s’est mis à bouillonner, ma chatte était trempée… mon excitation était à son comble… Prête à jouir… sans aucune caresse ni préliminaire…

Une fois de plus la douleur avait provoqué une sensation de plaisir…

Je ne sais pas si le plaisir que j’ai ressenti avec mon mal de dos venait du mal de dos lui-même ou de la bouillotte brulante que je m’infligeais. Avec l’épilation, je me suis rendu compte que j’étais très sensible à la chaleur

Je me découvrais une libido particulière, sans arriver à l’évoquer et à l’assumer, sans savoir quels mots mettre sur ces sensations que je découvrais.

Sur les sites libertins on me demandait souvent quels étaient mes fantasmes, je ne les évoquais jamais. Par peur d’être jugée comme « folle » ou de tomber sur un homme qui aurait pu me bruler gravement.

Puis j’ai découvert le BDSM, qu’il y avait des jeux de bougies qui répondaient à ce que je ressentais lorsque je m’épilais. J’ai pu échanger avec une femme, Elle m’a aidée à accepter ma libido si particulière, à la comprendre, à me sentir normale, je n’avais plus honte de ces sensations de plaisir que j’éprouvais.

J’ai découvert un monde de “perversions” et de “douleurs maitrisées” qui se conjuguent à merveille pour porter chaque femme qui se livre en toute confiance vers un lâcher prise et un abandon total.

Mais rares sont les hommes capables de maitriser cet Art…

La difficulté quand on y goutte c’est ce besoin permanent de ressentir ces sensations encore et en corps… ce besoin qui vous tenaille le ventre… une chatte qui devient douloureuse… Un corps qui se contracte et qui ne demande qu’à se relâcher…

Une putain d’envie de planer… de lâcher prise !

Fais-moi mal… mais fais le bien…

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