Maitresse-DominaÇa fait déjà un moment que je voulais écrire cet article, plus d’un an… j’y songe depuis que j’ai commencé à fréquenter l’univers de la domination féminine, mais je ne savais pas sous quelle forme… un coup de gueule… une chronique… une analyse…

Écrire cet article me met aussi mal à l’aise parce que d’une certaine façon je vais être dans le jugement, mais j’ai besoin de le faire, besoin de vider mon sac, parce qu’il y a parfois des comportements qui m’écœurent et me mettent en colère.

Il est possible que je perde quelques amies qui pourraient mal le prendre, tant pis j’estime que lorsqu’on est ami, on doit tous être capables d’accepter des avis contraires au nôtre, même si cela nous touche.

La plupart de mes relations BDSM sont des couples Dominants/soumises, j’ai découvert le BDSM par le libertinage et les dominas aussi.

Enfin ce que je pensais être des dominas, en résumé beaucoup de petites nanas qui écument les sites libertins pour essayer de gratter quelques sous à des vieux messieurs qui n’ont qu’une envie, tripoter de la jeunette et qui sont prêts à lécher le talon de leurs Louboutin payés par un autre…

Je me suis toujours méfiée des dominas, lorsque je faisais des soirées il m’est arrivé de vouloir en inviter quelques-unes mais j’ai très vite renoncé, soit elles étaient dans la haine des hommes et ne voulaient pas la présence de “mâles dominants“, soit il fallait leur dérouler un tapis rouge et elles ne voulaient pas participer financièrement à la soirée, quand elles n’allaient pas jusqu’à demander qu’on les paye pour leur participation… ben voyons…

Sur une des dernières soirées, j’avais des demandes de soumis qui souhaitaient rencontrer des Dominas, j’ai de nouveau essayé d’en inviter. Certaines m’ont répondu positivement, mais au dernier moment elles m’ont fait faux bond, sans même avoir la courtoisie de prévenir ou de s’excuser

Ça c’est les tous premiers contacts que j’ai eu avec des dominas… Complètement à l’opposé de mes valeurs, je n’aime pas les princesses ni les haineuses.

J’avais donc comme beaucoup une image totalement négative de ces femmes.

Je fréquentais régulièrement des soirées BDSM, il y avait quelques rares Dominas que j’ai pu observer, elles étaient très différentes de celles que je voyais sur les sites libertins.

Je me suis liée d’amitié avec l’une d’elle, lors d’une soirée privée je l’ai vu jouer. J’ai découvert une femme bienveillante et respectueuse. Une façon de pratiquer beaucoup plus proche de la domination masculine qui me correspond mieux.

Au cours de mes sorties, j’en ai rencontré d’autres, certaines que j’apprécie et d’autres moins. Des pros, des dominas, des Maîtresses ou de simples joueuses de caractère comme moi.

Depuis que je fréquente le monde de la domination féminine il y a quelque chose qui m’agace, c’est cette suspicion systématique de vénalité…

Ben oui c’est bien connu… les dominas sont vénales…

Oh il est beau ton Charon, c’est un super beau cadeau qu’on t’a fait…
Ben oui t’as beau être soumis le patriarcat reste quand même ancré en toi, tu as pas encore compris que les femmes s’assument, et que c’est pas forcément un mec qui a craché au bassinet… Ta remarque est sexiste, une femme est aussi capable de se payer son propre matos. Elle n’attend pas après un homme.

Il y a aussi celui qui ne te connait pas et t’aborde en te demandant le tarif de tes séances !!! Oh hé !!!! C’est pas systématique, on est pas toutes des pro… sortez vous de la tête que domination féminine ne rime pas toujours avec argent !!!!

Et ça va peut être vous étonner, mais même les pros font des séances juste pour le plaisir

Et bien NOOOOON, la grande majorité de celles que je connais ne sont pas vénales. Et les pros ne le sont pas non plus, elles exercent un métier, c’est un vrai job avec un gros investissement, je le sais j’achète moi-même tout mon matériel, j’ai pas grand chose comparé à elle et ça ne coute pas 3 francs six sous…

Une femme vénale profite des hommes, une pro vous vend simplement une prestation. Et vous, vous êtes juste un client comme vous pourriez l’être en allant chez un kiné ou un psy. Elle vous écoute, elle vous questionne sur vos attentes, elle vous donne du temps, elle répond à votre besoin.

Il m’est parfois arrivé de regretter qu’il n’y ait pas de Dom pro, je crois que j’y aurais fait appel dans des moments où c’était compliqué au boulot, des périodes où j’avais besoin d’évacuer et de lâcher prise, peut-être qu’un jour je ferais appel aux services d’une Domina Pro bien que je préfère les hommes et que ça ne soit pas dans mes moyens. La règle est simple, tu as un besoin tu l’exprimes. Il n’y a aucun lien, ni amoureux ni amical, aucune ambiguïté, tu es dans une relation client/prestataire, la personne en face n’attend rien de toi à part sa rémunération et que tu lui accordes ta confiance le temps de la séance, il n’y a ni sexe ni soumission, sauf bien sur lors de la séance si c’est dans le contrat, et je parle de la soumission pas du sexe, si vous cherchez du sexe c’est pas une Domina qu’il faut aller voir. Et l’avantage une séance avec une pro garantit d’obtenir ce qu’on veut en toute confidentialité.

Si on parlait de celles qu’on appelle “affectueusement” les dominettes ?

Depuis la rentrée, il y a beaucoup de jeunes femmes qui se présentent comme domina ou maitresse. Certaines y voient juste une opportunité d’arrondir leur fin de mois, de profiter d’une soirée à moindre frais, elles sont jeunes et jolies, elles flattent l’égo des vieux messieurs en leur accordant quelques faveurs, pour le prix d’une entrée et quelques verres  ils peuvent se pavaner en compagnie de ces jolies jeunes femmes.

Le tri se fera de lui-même, beaucoup d’entre elles disparaîtront aussi vite qu’elles sont arrivées. Elles se lasseront ou elles lasseront, certaines se marieront et feront un bébé, d’autres pourraient se perdre dans un univers parallèle et glauque si elles n’ont pas la tête sur les épaules…

Parmi toutes ces jeunes femmes il y a aussi quelques perles, j’en ai rencontré une récemment que j’ai beaucoup apprécié, elle débute et elle possède cette bienveillance et ce respect pour les autres qui inspirent confiance. Une jeune femme qui pourrait un jour devenir une Grande Dame.

Mais finalement c’est quoi une dominette, ne serait-ce pas juste une domina en apprentissage ? Une apprentie ? Toutes ces Grandes Dominas n’ont-elles pas été dominettes un jour ? Quand une jeune femme débute elle sera forcément jugée sur son manque d’expérience, mais ce qui est le plus important pour moi c’est son attitude, sa curiosité, sa soif d’apprendre et sa façon de se comporter.

Une Domina possède plusieurs cordes à son arc, elle doit apprendre les techniques, les maitriser, elle doit aussi apprendre à ressentir l’autre, à adapter son jeu en fonction des réactions de celui avec qui elle joue, elle doit savoir se contenir, ne pas se laisser emporter par l’autre et savoir quand arrêter le jeu. C’est pas parce qu’on a un maso dans les mains qu’il suffit de taper même si lui le demande… Ça ne se fait pas du jour au lendemain, on ne devient pas Domina simplement en se baladant avec un martinet. Ce n’est pas ni l’accessoire ni la tenue qui transforment une femme en Domina.

Il y en a peu que je considère comme de véritables Dominas, peut-être parce que j’ai eu l’occasion cet été de voir de Grandes Dames jouer. Dont une en particulier, deux fouets dans une seule main, elle faisait des enroulés sur une jeune femme très maso, à un moment j’avais l’impression de lire de la colère dans les yeux de cette soumise, cette Domina est restée très calme, elle lui a simplement dit “tu peux le faire, tu en es capable”,  elle maitrisait totalement la douleur de l’autre pour la transformer en plaisir, c’était troublant, tellement puissant que c’en était presque dérangeant, mais c’était aussi sublime, j’avais des frissons, je l’ai enviée, j’aurais aimé être à sa place, être moi-même capable de pousser quelqu’un comme ça pour arriver à lui faire dépasser ses limites, mais je crois que j’aurais flanché bien avant. Peu de personnes sont vraiment capables de maîtriser la douleur, d’assumer d’être “le bourreau“, de faire partir quelqu’un en sub, être sadique ne suffit pas. Je me suis sentie toute petite à côté d’elle, la seule chose que je pouvais faire c’était l’admirer.

Ces Dominas sont souvent très drôles et naturelles, elles ne jouent pas un rôle et elles n’ont rien à prouver. Elles sont assez discrètes, parfois je les croise dans des soirées mixtes où elles sont respectées par tous.

C’est vrai que j’associe beaucoup le sadisme à la domination, surement parce que c’est ce qui me correspond le mieux. J’ai découvert récemment qu’il y avait d’autres formes de domination comme le fétichisme que je n’intégrais pas du tout dans les pratiques D/s, ou une domination beaucoup plus sexuelle, ce sont des pratiques que l’on retrouve aussi dans le libertinage sans qu’il n’y ait aucun rapport de Domination/soumission.

Certaines se font appeler Maîtresse ou se définissent comme telle.

Chez les couples Dom/soumise, il est de coutume que seule la personne qui se soumet lui attribue ce titre et l’appelle de cette façon, c’est un titre qui se mérite et qui ne se réclame pas, c’est la soumise qui fait la demande à son dominant de devenir son Maître. D’ailleurs lorsqu’un homme se présente comme Maître pour venir “draguer“ une soumise il se fait vite renvoyer à son statut de “kékédom”. Donc Maîtresse oui, si elles possèdent une soumise ou un soumis, être Maîtresse ça implique une appartenance, la pose d’un collier. Entre une Maîtresse et sa/son soumis.e il y a un vrai rapport D/s et humain, c’est une relation qui va se créer et pas ponctuellement pour du jeu, ce qui n’est pas forcément le cas avec une Domina qui va jouer avec quelqu’un de purement masochiste et des partenaires occasionnels. Souvent une Maitresse et son soumis forment un couple, dans le BDSM et  dans la vie vanille.

Et peu importe comment les autres vont la percevoir, bonne ou mauvaise, pas assez dominante, trop gentille, etc etc…L’important c’est que son soumis la voit comme sa Maîtresse, c’est lui (ou elle) qui fait d’elle une Maîtresse.

Se définir comme Maîtresse sans avoir quelqu’un au bout de la laisse ça n’a pas beaucoup de sens…

Parfois quand je joue j’ai le droit au “Oui Maîtresse, merci Maîtresse…” ça me gave, j’ai l’impression qu’on s’approprie ma personne sans me l’avoir demandé…

Peut-être que je le serai un jour, même si la Domination/soumission c’est pas vraiment mon truc, ça m’ennuie… mais pourquoi pas et ça ne pourra arriver que dans le cadre d’une vraie relation.

Je vais faire une courte digression sur une population qui n’a rien à voir avec la domination féminine mais qu’on y associe bien trop souvent et que je méprise, ces femmes – si ce sont vraiment des femmes – donnent une mauvaise image des dominas, une image malsaine…

Ce sont toutes ces nanas sur twitter ou facebook, qu’en général personne ne connait et qu’on ne voit jamais nulle part (d’où mon doute que ce soit toujours des femmes derrières ces profils). Elles sont souvent méprisantes, grossières, elles n’offrent rien à part montrer leur cul et leurs nibards sur twitter, leur seul but c’est de gratter quelques euros auprès de tous les fantasmeurs virtuels qui n’ont rien d’autre à faire que de se branler devant un écran… bon si ça marche tant mieux pour elle. Mais mesdemoiselles ne vous faites pas passer pour des dominas quand vous n’êtes pas capable de proposer autre chose que “dépouiller”, vous n’avez aucun respect pour le BDSM, vous n’êtes pas Domina, la domination financière ce n’est pas juste créer une cagnotte, ça tout le monde peut le faire, même les soumises s’y sont mises… vous êtes juste des opportunistes.

Récemment j’ai lu la réponse d’une de ces femmes à qui un homme demandait si elle dominait, ça en dit long sur son rapport avec le BDSM…

“J’apprends sur le tas, en même temps c’est pas comme devenir pilote d’avion”

Personnellement ouvrir une cagnotte et demander 10 balles à des inconnus j’aurais juste l’impression de faire la manche…

“à vot’ bon cœur messieurs les pigeons, c’est pour m’acheter des p’tites culottes”.

Je préfère que l’on m’offre un verre, au moins il y a l’humain qui rentre en jeu.

Moi dans tout ça je suis quoi…

Juste une joueuse passionnée, un tantinet sadique, parfois un peu perverse…
Les seuls cadeaux qui me touchent sont la confiance et le lâcher prise que certaines et certains m’accordent.

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

gerersescontradictions

Depuis que je navigue dans la sexosphère ma devise a toujours été

“Ne rien chercher, ne rien attendre… simplement se laisser surprendre”

Juste une façon de dire que je ne cherche pas à me caser, je ne suis pas à la recherche d’un compagnon ni du grand amour, mais si les sentiments me tombent dessus je ne m’enfuirai pas et me laisserai porter

Mes rencontres ont toujours été légères, depuis longtemps j’ai toujours été une adepte du one-shot, des rendez-vous sans aucun lendemain, j’avais rarement envie de revoir ces hommes que la nuit ait été médiocre ou formidable, parfois un ou deux rendez-vous de plus, mais ça s’arrêtait très vite, naturellement sans qu’on ait même besoin de se dire au revoir.

Les sites libertins me convenaient et répondaient parfaitement à mes besoins, je n’ai jamais pu faire de rencontre sur des sites plus conventionnels où beaucoup d’hommes attendent autre chose qu’un “plan Q“ et peuvent vite devenir “collants“ surtout lorsque tu commences à évoquer la question de la sexualité.

J’étais attachée à ma liberté et il était hors de question pour moi de rendre des comptes où de devoir demander la permission.

De toute façon si tu cherches quelqu’un pour construire une vie à deux peu de chance que tu le trouves sur un site libertin ou lors d’une soirée débridée…

Mais ça peut quand même arriver, surtout chez les plus jeunes qui n’ont jamais connu la vie de couple.

Je suis loin d’être une collectionneuse, mais je l’avoue je n’ai jamais été fidèle, j’ai trompé tous les hommes avec qui j’ai eu une longue relation et ça bien avant que je mette les pieds dans la sexosphère. Mes pulsions ont toujours pris le dessus, quand je voulais quelqu’un dans mon lit il me le fallait et peu importe si j’étais en couple, et ça ne voulait pas dire que je n’aimais pas mon compagnon.

Mais malgré mes one-shot et mes rencontres sans lendemain il m’est arrivé de me faire surprendre… et c’est parfois douloureux, j’ai dû faire un gros travail sur moi-même, je m’en suis rendu compte récemment et suite à cet échec j’ai beaucoup réfléchi et échangé sur le sujet avec de proches amis qui m’ont aidée à y voir plus clair…

Là où le bât blesse c’est quand tu as un vrai coup de cœur pour quelqu’un, étrangement tu en oublies tous tes principes “libertins“ et tu redeviens “conventionnelle“ tu voudrais qu’il n’existe que toi, qu’il ne voit que par toi, alors que dans nos univers on est tous habitués à butiner d’une fleur à l’autre et encore plus quand on est célibataire depuis longtemps, qu’on sort beaucoup et qu’on fréquente les soirées parisiennes…

Mes coups de cœurs sont rares, la plupart des hommes m’ennuient et quand j’ai un vrai coup de cœur je n’ai pas envie qu’il me file entre les pattes, je ne sais pas si je suis une vraie cérébrale, c’est un qualificatif que beaucoup utilisent, mais quand j’ai un coup de cœur, il nourrit mon imaginaire, mon cerveau s’emballe, mon usine à vices se met en marche et je commence à échafauder des scénarios plus ou moins pervers…

Mais voilà j’ai eu un coup de cœur et je n’ai pas su gérer toutes ces émotions contradictoires qui se sont parfois télescopées et ça a fini par faire un grand boum… le big bang dans ma tête…

Il m’aura fallu du temps pour m’apercevoir que je demandais à l’autre ce que je n’étais peut-être pas capable de lui donner moi-même…

Que je lui reprochais certains actes et que je ne regardais pas les miens…

Comment reprocher à l’autre de flirter avec toutes ses amies alors que moi je passe mon temps à le faire avec les miens…

Comment lui reprocher ses mains baladeuses, alors que certains peuvent me toucher…

Là où je voyais une forme d’humiliation pour moi en ayant l’impression que mon égo en prenait un sacré coup… je ne voyais pas qu’il pouvait en être de même pour lui lorsque j’embrassais un de mes amis sur la bouche devant les siens…

Comment lui reprocher de boire un verre ou diner avec ses amies, alors que moi-même je le fais tout le temps avec les miens…

Etc… etc…

Tous les reproches que je lui ai fait, il aurait pu lui aussi me les faire…

C’est exactement le “fais ce que je dis, mais pas ce que je fais”…

Il est plus difficile de vivre une relation “amoureuse” entre deux personnes qui se rencontrent dans ce contexte. Un couple qui vient découvrir ses univers possède déjà des bases. Pour deux célibataires c’est différent ils doivent trouver leur équilibre, construire la relation dans un univers où les tentations sont omniprésentes, pour ça il faut arriver à communiquer, prendre sur soi, apprendre à faire confiance en l’autre et en soi aussi. On a chacun nos habitudes, notre liberté à laquelle on tient, en tout cas on n’est pas prêt à y renoncer si vite, pas en quelques jours, quelques semaines, j’ai 30 ans de célibat et j’ai toujours eu beaucoup de mal à partager mon espace, à dormir avec quelqu’un. J’avais aussi envie qu’il me surprenne en venant à l’improviste je ne suis pas certaine que j’aurais vraiment apprécié… finalement je le voulais pour moi mais quand MOI je voulais…

Je l’ai traité d’égoïste et en écrivant cette dernière phrase je m’aperçois que moi aussi je l’ai été­­. J’ai été très hypocrite sans le vouloir.

J’ai une autre émotion à gérer lorsque j’ai un coup de cœur, je deviens possessive.

Attention ça n’est pas de la jalousie, au contraire j’aime le partage et j’adore confier mon partenaire à d’autres en qui j’ai toute confiance.

Non, ma possessivité se rapproche plus d’une forme de “matérialisme“.

Celui que j’aime devient aussi sacré que mes jouets, j’y tiens et on n’y touche pas sans ma permission…

Sauf que mon partenaire n’est pas un de mes jouets même si j’aimerai bien qu’il soit mon objet sexuel 😉

J’ai réfléchi sur ce sentiment de possession je crois qu’il est naturel chez une personne dominante, cela rentre dans le cadre d’une relation D/s si elle a lieu d’être… une relation où l’un confie son corps ses désirs sa sexualité à l’autre, l’autre devient notre propriété et je sais que si je devais avoir un jour une relation D/s avec quelqu’un il y a certaines pratiques qui me seraient réservées, des pratiques qui évoquent le marquage de territoire…

Jusqu’à présent  j’ai toujours refusé d’avoir une relation D/s justement pour préserver ma sacro-sainte liberté et pourtant je me suis comportée en “propriétaire“. Mais accepter d’être la Maîtresse d’une soumise ou d’un soumis ça implique que cette personne soit en appartenance et la chaîne possède deux bouts… dont un serait forcément rattaché à moi… Est-ce que j’ai vraiment envie de ça ? Dans ce type de relation le dominant doit décider, il doit donner du temps, beaucoup de temps pour satisfaire l’autre, il doit lui donner la priorité sur d’éventuels partenaires de jeux qu’il pourrait rencontrer en soirée.

Je ne cherche pas une relation D/s je privilégie avant tout la relation humaine, mais je sais aussi que dans un certain contexte lorsque la relation évolue c’est une demande qui pourrait arriver, un besoin que l’autre pourrait avoir. Ce n’est de toute façon pas moi qui en ferai la demande, c’est à la soumise ou au soumis de choisir son Maître ou sa Maîtresse, tout comme je ne l’attacherai pas – j’ai toujours préféré les chiens en liberté qui marchent fièrement à côté de leur maitre plutôt que ceux tenus en laisse avec une muselière –  si un jour j’ai cette demande et que j’ai un lien très fort avec cette personne je ne la refuserai pas mais on devra beaucoup échanger et poser des règles et en particulier sur  cette notion de “propriété“ et sur ma “possessivité”.

Ce jour-là nous ferons partie d’une meute, nous ne nous isolerons pas…
Mais je serai sa seule louve Alpha parmi les louves… moi seule pourrai le marquer… Il ne pourra porter que mon odeur… je serai la seule qu’il pourra boire…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

 

BDSM-jouetMartinets caresse de cuir

Il y a dans le BDSM une multitude de pratiques et nous avons toutes et tous nos préférées que l’on soit donneur ou receveur. Certains aiment les cordes, d’autres les jeux de bougies, moi ma passion ce sont les floggers et surtout les martinets. J’ai tout de suite eu un coup de cœur pour cette pratique. D’abord, en tant qu’observatrice, puis receveuse et maintenant donneuse. J’ai une véritable relation avec ces “jouets” que je fais réaliser spécialement pour moi et j’aime surtout les manier par paire, en florentine, que ce soit  de “simples martinets” ou d’autres plus difficile à utiliser, chaque paire que je possède a son propre rôle, provoque des sensations différentes, il n’y a pas de doublon.

Justement, parlons des martinets, parlons de cet objet qui a terrifié certains d’entre nous lorsque nous étions enfant.

D’abord, un peu d’histoire.

Le martinet aurait été inventé par le colonel Martinet de l’armée de Louis XIV qui lui a donné son nom. (corociro c’est une invention française 😉).
A l’époque les déserteurs et autres “coupables“ étaient punis par le fouet, ce colonel trouvait cette sentence trop cruelle, il eut l’idée de remplacer le fouet par un autre instrument composé de lanières fixées à un manche, voilà comment est né le martinet.

Ensuite, il est devenu au début du 19e siècle un objet “familial“ destiné à faire peur et punir les enfants.

Dans certaines régions comme la Lorraine et l’Alsace le martinet fait aussi partie des légendes, le 6 décembre le Père Fouettard  armé de son martinet vient fouetter les enfants qui n’ont pas été sages tout au long de l’année, tandis que Saint-Nicolas distribue des cadeaux à ceux qui se sont bien comportés.

Oups… En 1984, une jurisprudence française déclare le martinet hors-la-loi.

Mais comment le martinet a atterri dans le BDSM…
Je n’en ai aucune idée, mais je suppose qu’un couple a un jour eu l’idée d’utiliser l’affreux martinet qu’on trouvait dans les drogueries pour leurs propres jeux…

J’en possède plusieurs paires, elles ont toutes leur propre rôle, provoque des sensations différentes, il n’y a pas de doublon.

Chaque pratiquant a son propre style, certains me font penser à des jongleurs, d’autres des escrimeurs, avec des martinets “articulés” j’imagine contempler une danse maorï… Les lanières sont comme des boules de flammes qui effleurent la peau et la réchauffent.

Lorsque je les utilise je deviens chorégraphe…

La plupart de mes paires de martinets viennent de chez caresse de cuir, je vais à l’atelier, Paolo m’offre un café et je lui expose mon idée, je lui décris les sensations que je veux provoquer et la manière dont je voudrais les utiliser, il me donne son avis et il me guide dans le choix du cuir, du poids, certains d’entre eux sont lourds et d’autres plus légers, avec des lanières longues ou courtes et de différentes épaisseurs selon mon besoin. Tous ces paramètres sont importants, Paolo donne vie à mes futurs danseurs, il participe à ce ballet que j’ai envie de créer, il est le costumier de mon spectacle.

“Un spectacle où le corps de l’autre se transforme en scène d’opéra.

Je dirige, je donne le tempo et le rythme.

Chaque paire de floggers effectue son pas de deux… Adagio… Moderato… Adagio… Allegro…

Un duo… un solo… les duos s’enchaînent… plusieurs couples de danseurs entrent en scène…

Ils font vibrer cette scène de chair et y dessinent des arabesques …”

J’ai parmi mes amis des modèles qui sont parfois mes professeurs… quand la valse de leurs floggers débute je m’assieds et je deviens spectatrice.

Ce sont de Grands Maîtres de ballet, leurs danseurs étoiles s’exécutent sans jamais un faux pas. Pour avoir été la scène de certains je sais que la danse de leurs floggers peut mener à la transe…

“La transe… le plus beau des finals de ballet…“

Quelques informations utiles notamment sur l’entretien de vos jouets

Une envie de découvrir les jeux du Divin Marquis

Entretien des martinets en crin

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2020 – Journal d’une bourgeoise délurée

LeSaleCabot

Parfois tu as envie de renouveau, envie de laisser entrer dans ta vie un animal de compagnie, tu te sens prête à partager ton espace…

Plus habituée aux petites chattes, cette fois je me suis laissée attendrir par un sale cabot

C’est vrai ils sont si nombreux à errer, cherchant une maitresse qui voudrait bien les adopter, ils usent de leurs charmes, se frottent à vos jambes, font les beaux.

Ce toutou-là j’avoue ses yeux m’ont fait craquer…

J’ai hésité… je le trouvais un peu trop charmeur… léchant la main de l’une… puis celle de l’autre…

Et j’’ai toujours préféré les coups de griffe des petites chattes aux léchouilles des chiens baveux… beaucoup plus sincères et moins hypocrites à mon sens…

Mais après tout pourquoi ne pas essayer, même si les toutous c’est pas mon truc…

Celui-là j’ai eu envie de lui ouvrir ma porte, de le laisser entrer et de lui faire une petite place.

Le voilà installé dans mon salon…

Je suis aux petits soins, je lui prodigue les caresses dont il a besoin, la gamelle est toujours remplie, il a même le droit de monter sur mon lit.

Je cherche de nouveaux jouets pour lui, j’essaie d’inventer des jeux, je prévois une petite sortie avec les copines pour qu’ils découvrent d’autres plaisirs, des plaisirs que peu auront l’occasion de goûter.

Mais le cabot est fugueur et il a tendance à aller se frotter à toutes les paires de jolies gambettes qu’il voit passer. Le cabot cherche la caresse… il suffit qu’il voie une main aux ongles vernis pour qu’il s’y précipite, le cabot aime se faire flatter la croupe et pour ça il n’hésite pas à faire le beau.

– Viens ici bon toutou, tu veux ton susucre… fais le beau, viens me faire une petite léchouille…

Le cabot est entré dans mon salon, il a pris ses aises…
Avec moi il n’a plus besoin de faire le beau… Il ne cherche plus à me séduire…
J’ai comme l’impression de ne rien recevoir en retour de mes caresses…

Peut-être qu’il pense que la place lui est acquise…
Peut-être qu’il faut lui laisser du temps…
Le temps que la confiance s’installe…

Il parait que le chien est un animal fidèle… mais certains sont fugueurs…

Alors que faire…

Le mettre en cage ? Aucun intérêt
Perdre son temps à lui courir après ? Aucun intérêt

Pour le moment tu es toujours là… tu viens te coucher sur le canapé quand tu en as envie…  quand tu es en manque de caresses…

Mais attention sale cabot, même si ton regard me fait craquer tu pourrais vite redevenir un vieux chien errant…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Gibier a la demi deuil

J’ai vu passer un flyer pour une chasse à la soumise… ça m’a inspiré une petite recette…
Comprenne qui pourra 😈😈😈

Gibier à la demi-deuil
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Munissez vous d’une planche ou d’un attendrisseur, d’un couteau, et d’un fouet.

Pour cette recette pas besoin de truffes mais il vous faudra un bon tour de main pour obtenir la bonne coloration.

Commencez par déplumer le gibier, puis disposez le à plat la croupe bien tendue. Nappez cette chaire de caresses et de baisers, n’oubliez pas au passage quelques pincées de sadisme, travaillez en pressant fermement avec vos doigts, lorsque vous sentez la chaire de l’animal se détendre, commencez par tapoter légèrement avec les paumes de vos mains, n’hésitez pas à accélérer et appuyer le mouvement si vous estimez que cela devient nécessaire.
Ensuite prenez une planche et attendrissez cette chaire.
Lorsque le gibier est à bonne température et que sa peau se pare d’un beau rouge écarlate, sortez le fouet, faites d’abord mijoter à feu doux pour libérer les saveurs, puis terminez par une cuisson franche pour faire craquer légèrement la peau et laisser couler les sucs.

Tout au long de la recette n’oubliez pas de surveillez attentivement, le gibier ne doit pas se dessécher, vérifier toujours son taux d’humidité à l’aide de votre index.

Pour les plus experts entaillez délicatement la peau, la recette n’en sera que plus savoureuse.

Et selon vos goûts vous pouvez aussi ficeler ou flamber votre gibier.

Une fois l’animal à point, laissez le reposer

A déguster et savourer sans modération.

Planche et attendrisseur disponibles auprès de Sir John

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

Quand-la-réalité-dépasse-limaginaire

Il y a des artistes qui vous surprennent en réalisant l’objet de vos fantasmes, qui vont bien au-delà de ce que vous auriez pu imaginer…

Vous n’avez pas assez de mots pour les remercier

Trois ans que j’en rêvais, trois ans qu’il hantait mes pensées…

Lorsque j’ai commencé à ajouter ce type de jouets à ma petite collection c’est la toute première pièce que je voulais acquérir, à l’époque j’étais juste une collectionneuse pas encore une joueuse et je n’avais même pas encore mis le moindre petit orteil dans le BDSM, j’aimais seulement l’esthétisme de cet univers, il a en partie révélé une créativité que j’ignorais.

Je voyais passer les photos sur facebook de ces magnifiques fouets, je n’en avais jamais vu en vrai mais j’en voulais un, j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir me l’offrir.

J’ai donc pris contact avec le créateur.

Aïe !

Le courant n’est pas passé, on ne s’est pas compris, j’avais un peu l’impression de “l’ennuyer”…

J’ai renoncé à cet achat, assez vexée de l’accueil qui m’avait été fait.

Deux ans plus tard lors d’un apéro que j’organisais j’ai eu l’occasion d’en avoir un en main, une femme venant de Suisse m’avait proposé d’apporter le sien.

Je ne saurais pas décrire la sensation que j’ai ressenti lorsque j’ai eu ce fouet en main, le désir de le posséder était de nouveau bien présent, d’autant plus que j’étais devenue joueuse, d’abord du côté du cracker puis je suis très vite passée de l’autre côté et c’est une pièce que je n’avais pas encore. Mais le premier contact avec le créateur avait été si froid que je n’avais pas envie de le relancer, c’était inutile.

Les mois suivants j’en ai eu d’autres en main, l’envie était toujours là, mais avec un seul bémol, le poids, je les trouvais trop lourds pour moi, je pensais que je n’arriverais pas à le manipuler. Je n’étais plus une simple collectionneuse, il fallait que je puisse aussi m’en servir, qu’il aurait été dommage qu’une telle pièce passe sa vie dans une vitrine sans pouvoir mordre la peau…

J’ai donc fait appel à un autre artisan pour mon premier fouet “mon petit mamba noir“, je voulais quelque chose de léger.

Il y a deux mois nous devions trouver un cadeau pour l’anniversaire d’un de nos amis, le fouet a été désigné comme une évidence… Mais pas n’importe quel fouet “Un Charon”…

Re Aïe… il allait falloir que je reprenne contact avec le Monsieur…

J’ai pris sur moi et j’ai fait appel à un ami commun pour qu’il nous mette en relation.

A mon grand étonnement je suis tombée sur un homme charmant, pas l’ours que j’imaginais, il m’a posé des questions, les mêmes questions auxquelles je n’avais pas su répondre la toute première fois, notre incompréhension venait certainement de là, à l’époque je voulais juste un fouet sans rien y connaitre, je suppose que ça l’a rendu méfiant d’où la froideur que j’ai pu ressentir, j’avais l’impression que mon étiquette de libertine me fermait une fois de plus les portes du BDSM , je me sentais méprisée, j’étais agacée, mais après nos récents échanges je crois surtout qu’il est comme ces armuriers qui se soucient de ce que vous voulez acheter, qu’il vérifie comme eux que vous êtes apte à vous en servir correctement et que surtout vous en ferez bon usage.

Je serais rentrée dans une armurerie en demandant un fusil je crois que j’aurais été reçue de la même façon, à l’époque je n’en avais pas conscience. Parce que oui de tels fouets peuvent être dangereux mis entre de mauvaises mains.

J’ai donc commandé le fouet de mon ami, il m’a posé beaucoup de questions sur son caractère et sa morphologie, nous avons validé ensemble la longueur, le poids, le modèle. Tout au long de la réalisation il m’a tenu au courant, envoyé des photos, j’ai beaucoup apprécié, il ne se contentait pas de vendre un fouet et de le livrer, il permettait au client de se l’approprier avant même de le recevoir.

Lorsque je l’ai reçu, j’ai pu admirer à nouveau ce magnifique tressage, j’avais tout mon temps pour l’apprécier, un tressage qui semble si parfait qu’on pourrait le penser mécanique, mais quand on le regarde vraiment de près, qu’on le touche, on voit les petits détails qui certifie que le travail est bel et bien manuel.

Et cette fois-ci le poids ne m’a pas rebuté au contraire

Évidemment je lui ai commandé le mien, celui dont je rêvais depuis trois ans…

L’objet de mes fantasmes…

En fait non pas tout à fait, celui que j’ai commandé est un fouet avec lequel je peux jouer, un fouet pensé pour moi. Nous avons beaucoup échangé, j’ai écouté ses conseils. J’ai eu la chance de voir quelques pièces exceptionnelles de sa facture.

Que c’était difficile de choisir, j’avais envie de tout.

Même si je suis joueuse, je suis d’abord une collectionneuse, qui aime les très belles pièces.

J’aime les tons de noirs et de bruns, les couleurs naturelles qui s’accordent parfaitement à mon intérieur. J’aime le cuir les peaux de belle qualité et de toutes sortes, autruche, python, galuchat. J’aime les objets rares.

Je savais à peu près ce que je voulais, mon choix de pommeau s’est porté sur la tête du cobra, j‘ai toujours fait le parallèle avec un serpent, il siffle dans l’air tel le reptile, se meut de la même façon. Et l’idée de jouer avec la peur du fouet et du serpent faisait travailler mon imagination.

Pour le corps j’avais choisi des spires qui pouvaient rappeler la peau d’un serpent.

Un matin je reçois des photos d’un magnifique tressage argent et noir, c’était vraiment sublime, ça claquait, j’ai hésité, mais même si j’aimais beaucoup ça ne me correspondait pas, j’ai opté pour ce motif, mais avec des couleurs naturelles.

Quelques temps plus tard Monsieur Charon m’envoie la photo d’un magnifique Python en me demandant si j’aime… Mon cœur battait à mille à l’heure…

Allait-il essayer de reproduire cette peau…

Je n’osais rien dire… rien demander… peur de trop fantasmer et au final d’être déçue s’il ne le réalisait pas…

Un matin en prenant mon café, je vois sur facebook un nouveau post de Monsieur Charon… la photo d’un fouet avec le pommeau Cobra, dans mes couleurs, celui qui aurait pu être le mien…

J’ai ressenti un petit pincement… il ne l’avait pas fait… J’en avais seulement rêvé…

Le lendemain je reçois un message

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiiiiii

–  Patience (lol )

Mon cœur se remet à battre la chamade… et si au final ce Cobra n’était pas le mien et qu’il l’avait vraiment fait…

Mon cerveau bouillonne pendant 3 jours, il prend plaisir à me taquiner chaque jour…

–  Je vous le montre ?

–  Ouiiii

–  Nan patience

Grrrrrr

J’y pense et j’y repense… Le pommeau… s’il l’a vraiment réalisé, la tête de cobra ne va pas du tout aller avec le motif de la peau de python, mais je n’ose pas le lui dire, il a certainement déjà fabriqué le pommeau…

C’est trop tard…

On est mardi, enfin il m’envoie les photos de mon fouet, je m’étais préparée…

Soit j’avais le choix d’origine soit j’allais posséder mon idéal…

PUTAIN !!!!! Il l’avait fait !

Et Ouiiiiiii il avait aussi changé le pommeau

Ce fouet est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Je suis sans voix, je ne sais plus quoi dire, je ne sais pas quoi lui dire, les mots ne viennent pas. Je suis complètement bluffée.

Je suis mal à l’aise, j’ai honte de ne pas arriver à trouver les mots pour le remercier.

Puis il me vient des tas d’images, j’entre dans une bulle, je me remémore des souvenirs, je pense à mon enfance et à un continent qui m’est cher l’Afrique, je revoie la peau de serpent accrochée au mur chez mon père, je pense à Ève et au serpent de la genèse et bien sûr à Kaa le Python du livre de la jungle “aie confiance…”

Il me faudra un peu de temps pour réaliser qu’il est vraiment à moi que ce n’est plus un doux rêve…

Le week-end suivant je partais en Bretagne pour un Week-end organisé par le Chapitre de Rennes, deux soirées de découverte et un après-midi d’ateliers, un week-end ou Monsieur Charon devait me remettre mon “jouet“.

J’arrive vers 18 h, lui doit arriver vers 20 h 30, c’est parfait ça me laisse le temps de me délasser du voyage, de faire connaissance avec nos hôtes de prendre une douche et de me préparer pour la soirée.

Je suis dans la salle où se déroulera les festivités, nous sommes plusieurs à prendre un verre et discuter.

Il arrive enfin, accompagné de sa femme Sow que j’ai pu admirer le lendemain dans une démonstration de needle play, de Charly de Sybille leurs soumis et d’un ami commun.

Je ne vous ai pas dit que Monsieur Charon était taquin ?

Il me prend par l’épaule, me colle un baiser sur la joue

– Bonjour Mitsouko, ah je suis désolé je l’ai oublié chez moi, mais c’est à cause de lui (notre ami commun), mais ne vous inquiétez pas demain je retourne le chercher.

Déception dans ma petite tête, mais je prends sur moi et ne le montre pas…

– Mais non vous n’allez pas refaire la route (300 km aller et retour quand même), ce sont des choses qui arrivent envoyez le par la poste.

–  Si, si, demain je vais le chercher

–  Non vraiment ne faites pas la route, ce n’est pas grave…

Il va saluer les personnes présentes, de mon côté je vais prendre un verre, je suis un peu déçue mais j’ai bien l’intention de profiter de ce week-end, après tout ce n’est qu’un contre temps et il y a tellement d’autres choses à découvrir.

Une demi-heure plus tard il arrive derrière moi me prend par l’épaule et me tend un magnifique coffret avec mon nom gravé dessus.

Mon cœur se met à battre, je caresse le bois, je n’ose pas l’ouvrir, je sens les regards sur moi

Je me sens un peu “molle“, j’ai peur d’être maladroite, que ce serpent s’échappe de sa boite lorsque je vais le libérer… Il ne manquerait plus qu’il m’échappe… là devant tout le monde.

Bon allez Mitsouko ouvre donc cette boite !

Pffff, les photos ne mentaient pas, il est sublime, je le caresse avant de le prendre en main, je manque d’assurance, mes mains sont-elles propres ? J’aurais aimé avoir des gants blancs ces gants dont on se sert pour tourner les pages des livres anciens et précieux…

Ceux qui me connaissent savent que je suis maniaque avec mes affaires et encore plus avec certains objets.

Je le range rapidement, je connais l’effet du nouveau jouet et surtout des belles pièces que tout le monde a envie de voir et de toucher, je me sens un peu comme ces femmes enceinte dont tout le monde veut toucher le ventre et qui ne le supporte pas, je deviens comme elle protectrice avec “mon bébé“, je vais très vite le ranger.

Je ne le ressortirais que le lendemain après m’être soigneusement lavé les mains. Le cours de Monsieur Charon va commencer, il me montre comment l’assouplir. Je m’installe dans le canapé et essaie de reproduire le mouvement, mais je suis trop “Délicate”

Sybille la soumise de Monsieur Charon voit que je n’ose pas le “maltraiter”, elle m’encourage a être plus ferme, me propose de me montrer, je le lui tends sans hésiter. Son geste est sûr, j’écoute ses conseils, elle me le rend je l’imite, je prends de l’assurance.

Le cours va pouvoir commencer… Un cours donné dans la joie et la bonne humeur par le Maître lui-même…

Je me sens bien, je suis heureuse.

Seul Monsieur Charon pouvait réussir ce défi, seul son tressage pouvait reproduire les écailles de ce reptile.

Je sais que j’ai une chance inouïe, qu’il a passé énormément de temps à y réfléchir et à le penser, que ce temps il ne l’a pas compté.

J’ai conscience que je possède une pièce rare et exceptionnelle, j’espère en être digne.

Mon Python Royal est la pièce maitresse d’une collection dont je suis fière.

Merci Monsieur

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

MonPetitMambaNoir

“Il y a des rencontres humaines…
Et il y en a d’autres tout aussi importantes…

Des rencontres qui vous changent ou vous révèlent…”

J’avais un désir lointain de posséder cet animal troublant, sensuel et inquiétant…

un besoin de l’apprivoiser pour ne plus en avoir peur… une envie de le caresser pour lui donner l’envie de mordre…

Le désir aussi d’avoir mes propres jouets, la première idée n’était pas que je l’utilise, même si je voulais aussi savoir m’en servir, je souhaitais seulement l’avoir dans ma collection, me l’approprier, qu’il ne caresse jamais une autre peau que la mienne.

Le jour de la commande il y avait déjà un lien étrange entre cet animal et moi…

Il était mien, je l’attendais comme on peut attendre un amant longtemps désiré…

Je comptais les jours, parfois je prenais des nouvelles auprès de son créateur, j’essayais de ne pas être trop envahissante. J’avoue aussi que j’étais un peu inquiète, j’avais fait le choix de le commander à un nouvel artisan qui n’était pas encore très connu, en tout cas sur Paris je n’avais jamais eu l’occasion de voir son travail. Je l’avais contacté, nous avons longuement échangé, j’ai décidé de lui faire confiance.

Et enfin il est arrivé, emballé dans une jolie boite, couché sur du papier de soie…

Je l’ai sorti, il était tel que je l’avais voulu, sobre, élégant, léger… tellement léger que je n’osais pas le manipuler, je n’osais pas l’essayer.

J’avais peur de blesser ce jeune serpent par ma maladresse.

Je l’ai remis délicatement dans sa boite.

Il était raide, il n’avait pas encore la souplesse du serpent.

Je savais qu’il n’était pas utilisable tel quel.

Il fallait le préparer, l’apprivoiser et le dresser…

J’ai interrogé mes amis, je me suis renseignée.

J’avais un peu la trouille de mal faire, mais je voulais m’en occuper moi-même, il n’était pas question que je confie ce petit animal à quelqu’un d’autre, MON petit animal.

Lorsque j’ai eu toutes les réponses à mes questions, j’ai décidé de la méthode de préparation que j’allais utiliser. Chacun possède sans doute sa manière de faire, ses produits de prédilections, mais au fond toutes ces méthodes sont assez proches.

Un matin j’ai enfilé mon manteau et je suis allée au BHV acheter cette fameuse huile de pied de bœuf et un pinceau en poils très doux. Je suis rentrée, j’ai étalé du papier, versé l’huile dans un récipient, j’ai sorti le fouet de sa boite et je l’ai délicatement badigeonné, assez légèrement pour la première fois, toujours cette crainte de mal faire… j’ai attendu plusieurs heures en le retournant de temps en temps pour que tout son corps puisse s’imprégner de cette huile, puis je l’ai massé pour mieux la faire pénétrer, c’était très sensuel. Ensuite je l’ai essuyer avec un chiffon doux.

Il s’était déjà bien assoupli. Je l’ai manipulé un peu, j’ai essuyé quelques retours.

Le jeune mamba s’était défendu… il venait de me mordre… J’ai aimé cette morsure qui m’a permis de juger de son efficacité… cette première morsure qui a réveillé en moi des sensations… m’a fait fantasmer…

Il manquait encore de souplesse et moi de dextérité… Je l’ai installé dans une petite vitrine que j’avais acheté. Je le sortais tous les soirs pour le masser et continuer de faire pénétrer l’huile.

Quelques jours plus tard lorsque mes mains n’étaient plus grasses j’ai renouvelé l’opération.

Je l’apportais régulièrement à un de mes amis pour qu’il me conseille et vérifie le bon état de l’animal. Au quatrième bain lorsque j’ai eu l’approbation de mon coach j’ai pu réellement commencer son dressage.

J’avais bien observé les gestes des uns et des autres, mais malgré toute ma bonne volonté ce petit serpent refusait de m’obéir… Je n’avais pas de doute concernant l’animal, pris en main par d’autres il se pliait à leur volonté.

Non le problème venait de moi…

Je l’ai remis dans sa vitrine, je l’ai laissé une semaine sans y toucher, sans même le masser ce que je continuais pourtant à faire régulièrement. J’avais presque renoncé à l’utiliser…

Je m’étais résignée… Jouer du fouet ce n’était pas pour moi.

Un soir lors d’un apéro chez moi avant une soirée, je l’ai ressorti de sa vitrine, quelques-uns de mes amis voulaient le voir et le tester. C’était une bonne occasion de lui faire faire un peu d’exercice. Avant de partir je l’ai de nouveau rangé dans sa vitrine.

La semaine suivante j’ai repris les massages, il fallait encore faire pénétrer l’huile.

Et je ne sais pas pourquoi ce soir la j’ai de nouveau essayé… mais de la main gauche…

Le geste était fluide… naturel…

Le petit mamba noir avait obéi… Il n’était plus rétif… Parfois il s’exprimait, par quelques petits claquements

J’étais heureuse d’avoir enfin pu l’apprivoiser.

 

J’ai continué à le manipuler de la main gauche en testant de temps en temps la droite. Mais de la droite ça ne fonctionnait toujours pas.

J’avais plus souvent observé des hommes et lors d’une soirée j’ai pu voir quelques femmes manipuler leur fouet, leurs gestes étaient beaucoup plus doux, il y avait aussi une élégance chez certaines.

Ce soir-là j’ai compris que je faisais l’erreur de vouloir compenser mon manque de force par rapport à celle d’un homme en cherchant à lui donner plus d’impact, je le lançais au lieu de le laisser aller naturellement sur sa cible en le guidant seulement par le mouvement du poignet.

J’ai un problème d’articulation de l’épaule sur le côté droit qui ne me permettait pas de “lancer” le fouet, mon épaule “sautait” à chaque fois.

En rentrant j’ai posé mon manteau, enlevé mes talons aiguilles, pieds nus je suis allée chercher mon petit mamba noir… J’ai posé quelques feuilles de sopalin sur un coussin, main gauche d’abord… puis main droite…

OUIIIII !!!!

Enfin, j’avais apprivoisé ce petit animal sauvage, il était devenu MIEN

C’était une belle soirée, je me suis endormie heureuse.

Les jours suivants j’ai continué son dressage et mon entrainement. J’arrivais facilement à atteindre mes objectifs. Un coussin… le rouleau de sopalin… les branches d’une orchidée fanée que je devais découper…

En peu de temps je me suis sentie prête à l’utiliser sur une peau, j’avais très envie de l’étrenner…

Mais pas seule, je voulais être guidée par quelqu’un qui maitrise ces jeux. Même si j’arrivais facilement à viser mes coussins lors de mes entraînements je n’avais pas la prétention de pouvoir jouer en toute sécurité sur quelqu’un.

Une soirée… deux soirées… je l’avais toujours avec moi sans le sortir de mon sac… Lors d’un événement BDSM  je pensais l’utiliser sur une de mes amies, guidée par un Dom, mais je ne me sentais toujours pas prête… Je n’avais pas envie de décevoir, surtout Elle… Ma Divine Marquise…

J’ai continué à m’entrainer, tous les jours.

La semaine suivante je suis allée à un afterwork libertin consacré au BDSM, je savais que j’y retrouverais quelques amis, dont une qui a plusieurs reprises m’avait fait comprendre qu’elle était volontaire…

En début d’année j’avais posté un message humoristique sur facebook

“Cherche cul indulgent pour entrainement ”

Elle y avait répondu favorablement.

Ce soir-là au fond de moi je savais que j’allais l’utiliser, je n’ai pas bu une seule coupe de champagne, juste du soda et encore une fois je ne pensais pas m’en servir seule.

Même si l’ambiance n’était pas celle dont nous avions l’habitude, le lieu se prêtait à nos jeux. Je lui ai simplement demandé si elle en avait envie, je n’avais pas peur, toutes mes inquiétudes avaient disparu…

ELLE, elle avait confiance en moi.

J’ai fait abstraction de ceux qui nous entouraient, je me suis appliquée à essayer de lui offrir ces sensations qui nous transportent… Je l’ai chauffée… mains… paddle… martinets doux… puis ceux plus durs… ceux qui cinglent la peau… ceux que j’avais voulu, ceux dont j’avais imaginé les sensations…

Au bout d’un moment mon corps s’est mis à trembler… j’avais les jambes coupées…

Je ne m’attendais pas à cette réaction de mon corps et de mon esprit, en tout cas pas pour cette première fois et pas avec les martinets… Mais je n’étais pas inquiète, ça ressemblait beaucoup à cet état second que je recherche lorsque je me livre aux caresses des lanières…

Inconsciemment ou consciemment… Je savais ce qui m’arrivait.

j’ai ralenti pour reprendre mes esprits, redescendre pour pouvoir aller au bout de ce merveilleux moment. Je me suis rapprochée d’elle, j’ai caressé sa peau, j’ai senti son parfum. J’avais besoin de ce contact.

J’ai repris doucement la valse des martinets et lorsque j’ai complètement récupéré mes esprits, je les ai posés sur le prie-Dieu.

Il était temps de sortir de sa cage le roi des jeux d’impact :  le signal whip, mon petit mamba noir…

J’étais vigilante, je n’avais aucune crainte pour elle, mais comme nous étions dans une soirée libertine, les personnes présentes ne faisaient pas attention, elles passaient à côté de nous avec le risque de prendre un retour si mon amie bougeait ou si ma main dérapait…

Je suis heureuse de cette soirée, flattée qu’elle m’ait fait confiance.

J’avais toujours eu peur de mon sadisme latent, j’en avais parlé à plusieurs reprises, j’avais peur d’être emportée par l’adrénaline, peur de devenir méchante comme je peux l’être parfois…

Mais mon petit mamba noir m’a rendue plus sûre de moi, il m’a apporté force et sérénité.

Je n’ai ressenti aucun sentiment de supériorité avec une telle arme entre les mains, je ne me suis pas sentie plus puissante, ni Domina, je n’en suis pas une et ne souhaite pas le devenir.

J’ai juste éprouvé énormément de plaisir et une forme de jouissance.

Ce soir-là j’avais juste envie de baiser les mains de cette jeune femme pour la remercier comme je l’ai parfois fait avec un Dom.

J’ai le regret de ne pas l’avoir fait.  De ne pas avoir baisé la main de celle qui m’a fait ce si beau cadeau.

Maitriser la douleur pour la transformer en plaisir et permettre à quelqu’un de masochiste de lâcher prise et de s’abandonner c’est quelque chose de vraiment fabuleux.

J’ai encore tellement à apprendre.

Léger et puissant ce petit mamba a trouvé sa place dans ma chambre, bien protégé et à l’abri des curieux… Il est devenu mien, il fait partie de moi.

Fouet-002-P

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