Adrenaline

Points

Cette année je voulais relever un défi, participer au PNE, le prix de la nouvelle érotique.

Ce prix se déroule la nuit du passage à l’heure d’hiver, une nuit blanche pour écrire, du café en perfusion, et deux contraintes, un contexte de situation et terminer par un mot imposé.

Mais à cette date je n’étais pas disponible je n’ai pas pu concourir, et peut-être que je n’aurais pas été retenue lors des présélections, je ne suis pas écrivain, juste une blogueuse. Mais j’avais envie d’écrire cette nouvelle et de savoir si j’étais capable d’écrire un texte à la demande.

Je ne suis pas certaine d’avoir compris le thème imposé, mais voilà le texte que cela m’a inspiré, j’espère qu’il vous plaira.

CONTEXTE DE SITUATION : « ONE MORT TIME »
MOT FINAL : ENTONNOIR

Points

Mes fantasmes deviennent de plus en plus obsessionnels, j’ai besoin d’aller plus loin, d’assouvir cette soif de découverte, ce désir de ressentir de nouvelles sensations…

J’ai besoin de connaitre mes limites et surtout de les dépasser.

Depuis un an je ne baise plus, je n’en ai plus envie, le sexe ne me suffit plus, je m’ennuie au lit. Peu importe le genre de mon partenaire… homme… femmes… T-girl… A chaque fois je reste sur ma faim.

J’ai besoin d’adrénaline, de perversions et de douleurs maîtrisées, j’ai besoin d’avoir peur…

Cette peur qui m’excite… celle qui ouvre ma chatte et trempe l’intérieur de mes cuisse…

La première fois que j’ai ressenti l’effet de la peur c’était il y a deux ans, une de mes premières rencontres après une longue période d’abstinence. Je m’étais inscrite sur un site, j’avais accepté un rendez-vous au bar d’un hôtel.

Je n’étais pas habituée, j’avais déjà une boule au ventre, je ressentais les premiers effets de la peur.

Nous nous sommes retrouvés au bar, il m’attendait sûr de lui. Il a ôté mon manteau, de son regard noir il m’a détaillé de la tête aux pieds, a dégrafé un bouton de mon chemisier – je devais certainement être trop sage à son goût – il a passé sa main sous ma jupe…

Je me sentais honteuse, j’avais l’impression d’être une jument avant une vente…

Nous nous sommes assis, il a commandé une coupe de champagne sans me demander ce que je souhaitais, nous n’avons pas échangé un mot, juste des regards. J’étais mal à l’aise mais très excitée et il le voyait.

Je crois que ce soir-là j’ai descendu ma coupe de champagne comme une assoiffée.

Il s’est levé, m’a saisi fermement le bras, je me suis laissé faire, je ne savais pas ce qui m’attendait je savais juste que j’avais peur et que cette peur m’excitait. Nous avons pris l’ascenseur, il me fait entrer dans une chambre. Il me retourne, me plaque fermement contre le mur, une main sur ma bouche l’autre à l’intérieur de mes cuisses, je suis trempée, totalement ouverte. Mes jambes tremblent, je sens ses doigts me fouiller, son pouce malaxer mon clitoris…Oh pas longtemps… Juste le temps de vérifier que je suis prête à subir ses assauts… Sa main me laisse enfin respirer, il dégrafe son pantalon… Je sens sa queue me pénétrer… Son souffle… Son corps écraser le mien contre cette paroi… ses mains pétrir ma chair. Il est brutal, il ne m’a pas fallu cinq minutes pour jouir.

La peur avait remplacé les préliminaires bien plus efficacement.

Je l’ai quitté le lendemain matin, très tôt en sachant que je ne le reverrai pas.

Il m’a fallu du temps pour accepter ce que j’ai fait ce soir-là, suivre un inconnu dans une chambre d’hôtel, ne rien savoir de lui, me laisser malmener et y prendre du plaisir… Comprendre que la peur est une de mes sources d’excitation…

Pendant quelques temps j’ai repris une vie sexuelle plus classique, mais le besoin d’adrénaline est très vitre réapparu, ressentir à nouveau les effets de la peur…

Dès que je le pouvais j’organisais des rendez-vous avec des inconnus, j’aime être attachée, avoir les yeux bandés… Ne pas savoir… Me laisser utiliser…

A chaque fois des rencontres uniques… mais elles finissent par toutes se ressembler…

Je n’arrive plus à lâcher prise, Il me faut autre chose…

La douleur est une de mes autres sources d’excitation…

Pas la douleur que l’on a tous connu en se blessant…

Non, une douleur recherchée, une douleur qui vous fait décoller, une douleur qui vous grise comme l’alcool, une douleur qui vous met dans un état second…

Je retrouve cette adrénaline dans des jeux de bougies ou d’impact, toujours contrainte et aveuglée. J’aime ça, j’aime être à la merci de mon tortionnaire.

Les bougies sont un de mes jeux préférés, je suis réceptive à la chaleur.

M’épiler m’excite, pendant que la cire fond dans l’appareil je dois aller me laver et me sécher… je suis déjà trempée…

Je dépose la cire brulante sur mon sexe… C’est douloureux mais que c’est bon…

Il m’est arrivé de me brûler à m’arracher la peau sans que ça fasse retomber mon excitation. A chaque fois mon sexe dégouline, mon vibromasseur n’est jamais loin.

Quand je m’épile je sais quand la cire va toucher ma peau, je gère, je maitrise. Mais quand on joue avec mon corps je suis dans l’attente, je suis à la merci du bon vouloir de mon tortionnaire. L’attente est douloureuse, excitante. Ma chatte est sous tension, elle souffre de la faim.

Quelle étrange sensation que la caresse de la brûlure. Les gouttes de cire tombent sur ma peau, elles atterrissent sur mon ventre, mon sexe, le premier contact est violent, brulant, ça ne dure qu’un court instant.

Les gouttes sont comme des galets qu’on jette sur l’eau, leur atterrissage est rude pour laisser la place à des ondes de plaisirs, plus la cire tombe plus les ondes sont puissantes et pénétrantes laissant remonter une divine sensation tout le long de mon échine.

Mon bas ventre est en feu, enflammé par un besoin qu’on me fasse gicler pour éteindre cet incendie. Je ne sais plus ce qui coule entre mes cuisses… La cire des bougies ou le jus de mon sexe.

Mon tortionnaire glisse ses doigts dans mon vagin, il les retire me les fait lécher…

Je lèche, je me régale… Une claque sur ma chatte, deux claques, il continue de plus en plus fort. La dernière goutte de cire, plus proche de mon sexe, quelques centimètres, celle que je n’attendais pas. Un cri rauque sort de ma gorge, je râle, je me cambre. La jouissance libératrice, celle dont j’avais tant besoin.

Il me laisse souffler, mais rien n’est fini. Il faut enlever la cire, j’ai froid, je plane encore, les effets de l’adrénaline. Il me saisit, me contraint fermement. Je ne peux pas bouger, je sens la lame de son couteau parcourir mon corps, cette lame qui peut m’entailler à tout moment. Je ressens la peur au ventre, c’est bon, c’est excitant…

S’obliger à rester immobile, rester immobile avec une putain d’envie de jouir. Peur de jouir, peur d’être tailladée par cette lame au moindre mouvement. De nouvelles sensations…

Un orgasme muet, puissant, invisible… Lui sait…

Le corps n’a pas pu s’exprimer, j’ai cru que mon cerveau aller éclater. J’ai eu peur, une autre peur, une peur irraisonnée de ne plus pouvoir revenir.

Peur de mourir de plaisir…

Ces moments sont rares et précieux. Je ne fais plus de rencontres classiques, je n’en ai plus envie. Je me satisfais seule, avec mes jouets. Mais c’est de plus en plus difficile. Un vibro, deux vibro, parfois trois… Il faut bien ça pour que ça claque encore dans ma tête, je jouis, plusieurs fois… je sais que je peux connaitre autre chose. J’insiste, je continue, ça devient insupportable, douloureux, j’en veux encore, mais mon clitoris ne tolère plus le moindre contact… je voudrais aller au-delà de cet orgasme mécanique, aller au-delà du supportable… mais j’ai la trouille ! la trouille d’y rester… la trouille que mon cerveau lâche… La trouille de ne plus être capable de revenir…

Seule je n’aurais jamais le courage de franchir cette limite, on ne peut pas forcer l’orgasme soi-même. J’ai déjà assisté à des séances d’orgasme forcé en réel et en cam. Une femme est attachée elle ne peut pas se délivrer, elle ne peut pas esquiver le vibromasseur de son tortionnaire. C’est très impressionnant. A chaque fois je serre les dents, les fesses, les cuisses. Tout ça bien fermé rien ne risque de passer. Ça a l’air tellement intense. Elle subit, elle se débat, parfois elle convulse, elle hurle, impossible de savoir si ses cris sont dus au plaisir ou à la douleur. J’ai l’impression qu’à la place de cette femme je ferais une crise cardiaque !…

J’ai besoin de savoir, besoin de connaitre cet orgasme suprême, ce graal… Mon graal…

Deux peurs se télescopent. Celle qui m’excite et celle qui me fait reculer.

Mais aujourd’hui celle qui m’excite a pris le dessus, elle a gagné.

Le hasard des rencontres m’a mis sur le chemin d’un couple, nous nous sommes déjà croisés, jamais intimement, mais j’ai confiance, j’ai confiance parce qu’elle elle sait, elle connait le graal. Je les ai vu en cam, elle était attachée subissant les vibrations du fairy black, dans l’impossibilité de se dérober, lui usant et abusant de cet instrument de torture.

Depuis je n’ai cessé d’y penser… de fantasmer…

Lors d’un diner, nous nous sommes revus, nous avons échangé, elle voudrait me dominer, je n’aime pas être dominée par une femme. Mais j’ai accepté, j’en ai envie,  je lui ai confié mes désirs et mes craintes. Ils vont me faire découvrir autre chose, de nouvelles sensations. Je leur ai donné carte blanche, je suis joueuse, la présence de cette femme me rassure. Une soirée ou je vais me soumettre, une soirée ou mes deux sources d’excitation la douleur et la peur seront exacerbées par la contrainte et la privation de la vue.

Une soirée clôturée par cet orgasme forcé que je redoute tant.

Mes deux peurs se télescopent toujours, parfois la peur de ne pas revenir prend le dessus.

N’appelle-t-on pas la jouissance la petite mort.

Un célèbre président est mort en épectase… son ultime orgasme, sans doute le plus beau.

Bientôt je vais atteindre “mon graal”, peut-être ma seule et unique fois.

One more time…

One more time…

One more time…

One Mort time…

Le rendez-vous est pris, je ne peux plus reculer, je ne veux pas renoncer. Je compte les jours. Mon excitation croît autant que ma peur. Je dois la maintenir, l’amplifier, je voudrais la concentrer pour mieux en profiter. La mettre en bouteille, pour pouvoir l’inhaler  et me shooter avec le jour venu.

Chaque jour d’angoisse, chaque jour d’attente est un grain de sable dont je remplis cette bouteille.

Pour ne pas perdre un seul de ces grains de sable je les fais passer par un entonnoir…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

joueralapoupee

Points
On lit tout et n’importe quoi sur les X-Dolls, certains trouvent ça glauque, d’autres y voient du proxénétisme.

Quand Laslo Sardanapale m’en a parlé, qu’il m’a dit que certaines d’entre elles seraient présentes pendant le fameux WE de la pentecôte, j’ai trouvé ça génial, je n’y ai rien vu de malsain, juste une occasion de tester un nouveau jeu.

Depuis, elles font l’objet de beaucoup d’articles, la plupart sont négatifs, au mieux ils évoquent un palliatif à « une misère sexuelle » au pire le propriétaire de cette maison est accusé de « proxénétisme »

J’ai eu envie de montrer autre chose, je me suis projetée dans un scénario de jeu avec une de ces poupées. Ce scénario deviendra une réalité, j’ai hâte de jouer avec

J’en avais assez des soirées et des trios habituels, je m’ennuyais j’avais besoin de nouveauté, je suis tombé sur un site qui a tout de suite éveillé mon imagination et mon esprit pervers… Une maison close de poupées venait d’ouvrir ses portes à Paris.

Il fallait que je réfléchisse à un scénario, j’ai gardé l’information pour moi, j’avais envie de surprendre mon chéri, mieux de le déstabiliser.

Je lui ai demandé de prendre son après-midi, sans le lui dire j’avais réservé une chambre dans cet établissement et la poupée Sofia, les formes de cette jolie brune me plaisaient beaucoup, j’avais une furieuse envie de ”jouer à la poupée“.

Nous sommes allés déjeuner dans un petit resto, je portais une jupe crayon, des talons aiguilles et un chemisier qui laissait voir la naissance de mes seins, il fallait que je le mette en appétit, même s’il est très joueur l’emmener directement dans la chambre l’aurait peut-être “bloqué”, je devais le “préparer”…

Ensuite je l’ai entrainé dans une boutique de lingerie, j’ai fait quelques essayages en jouant de mon corps, je me caressais les seins en essayant un soutien-gorge, je me cambrais pour offrir ma croupe à son regard, le mien voyait son pantalon se déformer…

Il était prêt.

Nous sommes passé à la caisse pour régler nos achats, en sortant de la boutique je lui ai glissé à l’oreille en me frottant à lui.

– Je te propose un nouveau jeu, tu me suis ?

Il a glissé sa main sous ma jupe,

– Hummm ça a l’air de bien t’exciter, je te suis où tu veux

Je l’ai entrainé jusqu’à cet appartement, nous sommes entrés dans la chambre, Sofia était là, allongé sur le lit, j’avais demandé qu’une de mes playlists soit diffusée. Il m’a lancé un regard interrogatif, mais il souriait c’était bon signe…

– Mais c’est quoi ce jeu ? Tu ne penses quand même pas que je vais « baiser une poupée » ?

– Pas tout à fait mon chéri, nous allons la baiser tous les deux…

J’ai sorti mon double dong de mon sac

– Je vais te guider, fais-moi confiance. Assieds-toi sur le lit près d’elle

Je me suis mise à onduler au rythme de la musique, tout en me déshabillant je caressais mon corps, il me regardait, malgré la situation incongrue une bosse déformait son pantalon. Je me suis retourner pour lui offrir une vue sur ma croupe en enlevant mon string, j’ai remonté mes mains le long de mes jambes, mes doigts ont commencé à caresser mon sexe. J’ai su qu’il était prêt à jouer le jeu quand il a enlevé sa chemise.

Il était toujours appuyé contre le mur, il me regardait

Je n’avais gardé que mes bas et mon porte-jarretelles, je me suis approché de la poupée Sofia, j’ai commencé à l’entreprendre comme je l’aurais fait avec une femme, sans le quitter du regard.

– Tu es une véritable petite vicieuse, tu arrives à me faire bander en jouant avec une poupée…

Je léchais et malaxais ses seins tout en frottant mon sexe contre le sien. Il a dégrafé son pantalon, il était très tendu.

– Branles toi, je veux que ta queue soit bien raide quand tu vas la pénétrer

J’étais très excitée, tout en continuant à chevaucher Sofia, j’ai saisi mon double dong, je me suis mise à le lécher, le sucer, je soutenais toujours mon chéri du regard.

J’ai inséré le double dong dans la chatte de Sofia, puis je me suis empalé dessus, j’ai commencé à effectuer un va et vient tout en le maintenant et caressant mon clitoris. Le regard de mon chéri devenait de plus en plus lubrique, j’adore provoquer ce regard, il est aussi excitant que ses mots crus

Je lui ai lancé un préservatif.

– Rejoins-moi, sodomise-la

Il a mis le préservatif, Sofia et moi avons basculé sur le côté, je lui ai écarté les fesses pour qu’il la pénètre.

Nous avons accordé nos coups de reins, je lui caressais les couilles, une de ses mains malaxait mes fesses, l’autre s’agrippait à un sein de Sofia.

C’était encore plus excitant que je ne l’avais imaginé, je sentais la jouissance approcher, les coups de reins de mon chéri entrainaient le double dong, mon vagin était bien rempli.

– Je sens ta queue, cognes plus fort

Je me retenais, je ne voulais pas jouir avant lui.

Je l’ai senti se crisper, mes mains ont saisi ses fesses, elles accompagnaient ses mouvements, j’ai entendu sa respiration s’accélérer, j’ai vu son regard…

– Salope, tu m’as faire jouir

Je pouvais moi aussi me laisser aller.

Nous sommes restés un long moment immobiles.

Il a pris ma main pour y déposer un baiser, son regard était devenu tendre.

– Merci chérie pour ce moment fabuleux, tu m’étonneras toujours

Sofia

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Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

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Points
Je ne suis ni auteure ni photographe, mais j’aime les mots, la photo, la vidéo. j’ai besoin de créer. Je suis surtout animée par les émotions, j’ai besoin d’avoir vécu ou de ressentir les choses.

J’ai vu une photo de Ressan qui m’a immédiatement troublée, cette photo est forte, elle m’a inspirée cette histoire, une femme en cape noire traversant le pont de Bir Hakeim.

Certains d’entre vous la reconnaitront…

Plus que l’esthétisme ou le stylisme d’une photo la force du photographe est de faire travailler notre imaginaire, de nous raconter une histoire.

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Elle n’a pas de Maitre, elle n’arrive pas à faire assez confiance à un homme pour se livrer totalement, l’idée d’obéir à un seul homme sur le long terme l’inquiète.Elle a peur de perdre sa liberté…

Mais elle aime cet univers du BDSM, son esthétisme, ses jeux et toutes ses nouvelles sensations qu’elle découvre avec gourmandise.

Elle a accepté quelques guides, des hommes ayant déjà leur soumise. Avec eux elle ne se sent pas « piégée ». Ils lui permettent de vivre ses envies et de se dépasser, tout en restant une femme indépendante.

Cet été elle a vécu une séance avec l’un d’eux, elle a aimé, mais il y avait eu des “temps morts” qui l’ont rapidement fait redescendre. Elle lui a dit qu’elle aimerait renouveler cette expérience mais qu’elle souhaitait qu’il ne soit pas seul, pour ne pas avoir le temps “de respirer”

On était en novembre, un samedi, elle vient de se réveiller, elle a reçu un sms de son guide assez sec :

“Rends toi ce soir à 18 h au Novotel près de la tour Eiffel, j’ai réservé une chambre à ton nom, suis les consignes que je t’ai laissées”

Sa première réaction a été la colère, pour qui se prenait-il… Même pas un bonjour…
Elle n’était pas sa soumise pour être traitée de cette façon, hors de question qu’elle accepte de lui obéir…Elle avait une furieuse envie de le remettre à sa place…

Novotel !… quel drôle de choix, ce n’est pas vraiment le type d’établissement qu’il a l’habitude de fréquenter, ça manque de glamour, pour elle c’est juste un hôtel de passage pour ceux qui viennent bosser sur Paris.

Quelques cafés et une douche plus tard, sa colère s’est apaisée laissant la place à la curiosité…

Elle lui a simplement répondu

“À tout à l’heure”

Habituellement elle gère tous ses RDV, les planifie, elle en connait la date ou l’ambiance à l’avance, elle a le temps de s’y préparer. Il lui reste quelques heures pour s’épiler, se faire les ongles et se coiffer, elle est sous pression, pas vraiment excitée, mais elle est intriguée et se sent assez en confiance pour accepter le jeu. Même si elle s’en est déjà remise à un homme, c’est la première fois qu’elle n’est pas “décideuse” et ne maitrise rien

Elle met quelques robes et pièces de lingerie dans son sac, choisit une paire d’escarpins vernis, elle décidera de ce qu’elle portera dans la chambre d’hôtel en fonction de ses consignes.

Il est temps pour elle d’aller découvrir ce fameux Novotel.
Si il voulait la déstabiliser, il a réussi.

Après une heure de trajet, elle arrive enfin, récupère sa clé et s’arrête devant la porte de la chambre.

Que doit-elle faire… frapper ou entrer… est-il la ?

Elle frappe quelques coups discrets à la porte… aucune réponse…
Elle entre, pose son sac et allume la lumière.
Elle découvre sur le lit une somptueuse cape de velours noir, un porte-jarretelle, une paire de bas un masque et un collier de cuir. Sur la table de chevet une enveloppe avec ses consignes.

“Tu as deux heures pour te préparer, je te veux outrageusement maquillée, aucun bijou, porte seulement ce que tu trouveras sur le lit. Tu quitteras l’hôtel à 20 heures, je t’appellerais, tu décroches, tu ne dis rien, tu mets simplement ton oreillette et tu suis mes ordres”

Elle s’est mise à trembler, s’est assise sur le lit pour reprendre ses esprits, sa gorge est nouée mais son ventre et son cerveau bouillonnent. Elle a besoin de réfléchir, faire tomber cette tension, se détendre. Elle commande une bouteille de champagne, se fait couler un bain, elle décidera ensuite…

Obéir… ou rentrer chez elle…

Cela fait déjà une heure qu’elle est dans cette chambre d’hôtel, il faut qu’elle fasse son choix, même si elle n’a pas grand-chose à mettre il lui reste peu de temps.

Elle se maquille et se démaquille à plusieurs reprises, ses yeux doivent être charbonneux et sa bouche rouge, elle n’est pas habituée à se farder autant. Elle garde ses cheveux lâchés, se parfume il ne lui reste plus qu’à mettre le collier, les bas et le porte-jarretelle… puis la cape de velours noir.

Ainsi parée, et peu sure d’elle, elle descend dans le hall de l’hôtel. Elle imagine qu’il sera là à l’attendre ou qu’il aura envoyé quelqu’un la chercher. Le téléphone sonne, elle décroche et mets son oreillette.

“Dirige-toi vers le pont de Bir Hakeim”

Elle n’imaginait pas devoir déambuler ainsi vêtue dans les rues Il ne fait pas vraiment froid, mais il pleut assez fort. Tout en maintenant sa cape fermée, elle retourne à l’accueil de l’hôtel et demande s’ils ont un parapluie à lui prêter en expliquant qu’elle se rend à un bal costumé.

Le pont n’est pas loin, un peu plus de 500 m, elle essaie de garder sa cape fermée autant qu’elle le peut. Arrivée à l’entrée du pont elle aperçoit un homme, il est arrêté, il téléphone. Elle se fait le plus discrète possible, elle ne veut pas se faire remarquer, ses talons claquent sur le bitume, son poing libre tient le plus fermement possible sa cape. Dans son désir de passer inaperçue elle en a oublié son guide au téléphone.

“Lâche ta cape et tiens-toi droite”

Mon Dieu… comment sait-il…
Cet homme sur le pont en train de téléphoner… qui n’avait l’air de rien… juste d’un passant…
Est-ce qu’il la surveille ? Est-ce qu’il lui donne des informations sur le déroulement de son trajet ?…

Sa main lâche la cape… le velours est plus lourd que du satin, mais le vent parvient à s’engouffrer, il soulève légèrement les pans de ce vêtement, dévoilant sa nudité aux yeux des passants.Son corps est pris de frissons, à l’angoisse et la gêne se mêle l’excitation.
Elle arrive enfin au bout de ce pont, la traversée lui a paru interminable.

“Arrête-toi et attend on va venir te chercher, obéis sans poser de questions”

Deux ou trois minutes s’écoulent qui lui paraissent interminables
Elle entend une voiture, puis une portière claquer, des pas se rapprocher, elle a froid, elle n’ose pas se retourner.

“Bonjour, ne vous retournez pas, je vais vous bander les yeux pour vous conduire chez votre hôte”

Elle se laisse faire, se laisse guider, il l’aide à monter à l’arrière de la voiture.
Le trajet est assez court, une vingtaine de minute… peut être une demi-heure, quelques arrêts… certainement des feux rouges, elle essaie d’imaginer ce que les passants imaginent en la voyant dans cette voiture avec sa grande cape… les yeux bandés…

Ils sont entrés directement, sans sonner… sans frapper…
Pas d’escalier… pas d’ascenseur… ça doit être une maison…
Malgré la chaleur, elle a toujours froid, son corps frissonne, tous ses sens sont en éveil. Elle entend des pas, des voix, sent des parfums, elle a l’impression d’être la seule femme. Pas un bruit de talon aiguille sur le parquet, aucun parfum gourmand…

On lui a enlevé sa cape, on l’a placé au centre de la pièce… du moins elle le pense…Privée de la vue, elle sent les regards sur elle.
Puis une cravache vient s’abattre sur l’intérieur de ses cuisses

“Ecarte !… Les mains derrière la tête !…”

Elle s’exécute, étonnée de sa capacité à obtempérer, elle s’est toujours crue incapable d’une telle attitude. Son égo s’y est toujours refusé, mais aujourd’hui elle obéit… naturellement… avec plaisir et sans aucune hésitation…

Impatiente et très excitée…

Les premières mains viennent la caresser, la palper, la jauger… Des doigts lui pincent les seins… d’autres fouillent son intimité… Elle ne sait pas combien ils sont… au moins trois… Elle ne reconnait pas la voix de son guide…

Est-il là ou l’a-t-il livrer à d’autres hommes ?…

On attache ses poignets, on fixe à ses chevilles une barre de contrainte, on la plie…
Elle s’appuie sur un meuble, une table ou un bureau…
Des mains caressent sa nuque, puis parcourent son dos, ses fesses sont pétries…

La caresse est à la fois douce et ferme… bientôt remplacée par les premiers claquements des lanières de cuir… son corps se crispe… même si elle s’y attendait, elle a toujours cette première réaction.

Ce n’est pas son guide qui manipule les fouets, elle ne reconnait pas sa façon de  “jouer”. Chaque Maitre a sa signature, inimitable et reconnaissable entre mille.

Respirer… Se détendre… Accepter de se laisser aller…

Les lanières de cuir jonglent sur sa peau…

Une pause… la douceur des caresses… la fermeté des mains qui saisissent sa chair…

Puis de retour la danse des lanières…

Son corps réagit, elle commence à ressentir les vibrations provoquées par les fouets

Son corps s’électrise… elle commence à flotter… ses jambes tremblent…son esprit est ailleurs…

On l’allonge sur le tapis, des mains viennent la fouiller, elle est trempée…
Un premier orgasme… Il faut peu de temps pour la faire gicler…
C’est facile… Elle qui se retient toujours n’a pas la force de lutter…

On ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits… Ses jambes toujours écartées par la barre de contrainte, on lui pose un Fairy sur le clitoris. Elle est maintenue fermement… elle ne peut pas l’esquiver… le plaisir est trop intense… à la limite du supportable… il en devient presque douloureux…
L’orgasme… les orgasmes sont violents. Elle est proche de l’évanouissement…

Ils ont retiré le vibromasseur, plus personne ne la touche, mais son corps est toujours pris de soubresauts, son sexe est hyper sensible, le moindre baiser, le moindre souffle la fait immédiatement réagir, l’intérieur de ses cuisses tremblent, sa chatte tremble, elle claque des dents…

Seule elle n’a jamais pu aller au-delà de ce qu’elle pensait supportable… Elle vient de vivre son premier orgasme forcé…

On la libère de ses contraintes, on l’allonge sur un canapé, toujours aveuglée.
Après avoir été privée de ses mouvements elle a besoin de retrouver un contact avec elle-même, de se réapproprier son corps, ses mains parcours ses seins, son ventre, l’intérieur de ses cuisses, juste des effleurements, de légères caresses,

Le répit est de courte durée, elle est agrippée par les cheveux, entrainée au sol, les coudes sur le tapis et les jambes écartées, son sexe est offert toujours humide et gonflé par les orgasmes précédents ; un membre la pénètre, ses fesses sont pétries, écartées.
L’homme crache sur son anus, tout en poursuivant son va et vient, il fait pénétrer un doigt dans son cul, puis deux… Il la prépare, ses sphincters se relâchent, elle mouille du cul… Il se retire, son gland vient remplacer ses doigts, il s’immobilise, il la laisse gérer la pénétration. Elle s’empale doucement en reculant les fesses, sa bite passe le 1er anneau sans difficulté, puis le second…  Il reprend son va et vient, elle sent à travers la cloison anale sa queue solliciter son point G. Elle veut se caresser mais un autre homme l’en empêche, il lui relève le buste lui engouffre sa queue dans la bouche, sa fellation est rythmée par le va et vient de l’homme qui la sodomise. Sans qu’elle ne puisse rien maitriser la queue vient taper le fond de sa gorge, elle est déstabilisée malgré les hauts le cœur, le plaisir prend le dessus.

Elle jouit…

Les deux hommes se retirent et l’inondent de sperme

Sans l’avoir voulu, elle est dans une position de soumission, essoufflée, poisseuse et souillée. Elle ne bouge pas, attend qu’on le lui ordonne

Un homme s’approche, lui enlève son bandeau.

C’est son guide, il est habillé, il n’a pas participé, il a juste regardé et dirigé. Il lui relève le menton la regarde droit dans les yeux.

“Tu étais une petite chienne sauvage et rebelle, sans que tu en aies conscience j’ai fait de toi une chienne docile, tu es prête maintenant à accepter un Maître”

En petite chienne docile elle s’est couchée à ses pieds

Cette superbe photo qui illustre cet article est tirée du second opus de Ressan, vous pouvez le commander sur  www.ressan.fr

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Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2017 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

Elle

PointsElle ne s’était jamais préoccupé d’elle,
n’avait jamais assouvit ses envies, ses fantasmes, ses besoins…
Ses désirs ont toujours fait partie de son être, elle a souvent rêvé,
sans jamais oser les réaliser

Rêvé d’un homme… un homme comme elle, libre avec son corps et avec ses envies
Un homme avec qui elle pourrait partager une sexualité libre et débridée.
Vivant leur sexualité comme des gastronomes,
appréciant les plaisirs du lit comme on peut apprécier les plaisirs de la table
Partager cette table avec des amis, inventer des plats…
Tout en raffinement, sans excès, sans vulgarité,
Juste par désir… désir de jouer… désir d’aimer…
désir de l’autre… désir des autres…
Rêvé d’un homme qui la respecterait, ne la jugerait pas, la protègerait.
Un homme qui l’accompagnerait pour réaliser ses fantasmes
et qu’elle accompagnerait pour réaliser les siens…
Un homme qui la ferait fantasmer et qu’elle ferait fantasmer
Un homme qu’elle aimerait et qui l’aimerait.

Elle a toujours aimé jouer… aimé séduire… aimé qu’on la regarde…
Pas en portant des décolletés plongeants ou une minijupe…
plutôt dans la suggestion, c’est plus excitant…
Un bouton ouvert qui laisse apparaître la naissance du décolleté
Un col roulé un peu moulant ou un chemisier en soie à même la peau,
avec les seins qui pointent…
Une contradiction entre le col roulé et le fait d’être nue dessous…
Elle aime les jupes à 10 cm au-dessus du genou…
La longueur est parfaite pour jouer, croiser et décroiser les jambes,
faire remonter innocemment la jupe à mi-cuisse tout en dévoilant le revers
d’un bas… comme si de rien n’était…
Les jupes étroites… celles qui font fantasmer les hommes qui la suivent lorsqu’elle monte l’escalier
Elle aime sentir leur regard sur ses fesses… Sentir leur désir… un vrai désir
Le désir des hommes l’excite… mais leur désir pour ELLE…
pas juste l’envie de sexe.
Elle le ressent, il peut provoquer le sien…

Peu d’hommes ont attiré son attention, rares sont ceux qui ont compris
ce qu’elle attendait. Le désir et l’alchimie lui sont indispensables…
Avec un amant elle veut une relation forte, sensuelle et charnelle,
très charnelle…

A vingt ans elle s’est très vite aperçue que de telles pensées n’étaient pas compatibles avec la société bien-pensante. Il fallait faire attention,
ne rien dévoiler, se comporter correctement pour ne pas être cataloguée
dans les filles de « mauvaise vie », préserver sa réputation.
Difficile de parler de ses envies, difficile de les réaliser.
A cette époque la seule possibilité… les clubs échangistes…
Elle avait une vague idée de ce que c’était par quelques reportages vus
à la télévision. Du sexe pour du sexe… on consomme de la chair humaine
comme on peut s’empiffrer de gâteaux, certains sont de gros gourmands,
d’autres boulimiques…
Des tenues très aguicheuses, du déballage… toute une vitrine de gâteaux…
Un joli gâteau n’est pas forcément bon… on ne le sait que quand on y goutte…
on peut être déçu…
Que faire lorsqu’on a croqué dans un gâteau que l’on n’aime pas…
Recracher ce gâteau devant tant de monde ? Non ce serait discourtois,
par politesse il faut le terminer… parfois jusqu’à la nausée…
C’est la vision qu’elle en avait Ce n’est pas ce qu’elle recherchait…
Ça ne lui correspondait pas. Certains s’enivrent régulièrement,
peu importe la bouteille pourvu qu’il y ait l’ivresse.
D’autres comme elle, prendront le temps de choisir une bonne bouteille,
sans précipitation, pour la déguster, l’apprécier et la partager …

Elle a rangé ses pensées indécentes dans le fin fond de son cerveau,
a chanté une berceuse à sa libido pour l’endormir doucement…

Puis elle a eu 50 ans, elle s’est rendue compte qu’il lui restait peu de temps…
peu de temps pour séduire… se réaliser…
Le pouvait-elle encore… n’est-il pas trop tard…

Elle aime le sexe… mai pas le sexe conventionnel… pas le sexe matrimonial…
Elle le trouve ennuyeux… Le sexe pour elle est un art…
Certains hommes aiment les femmes comme un sculpteur aime ses modèles…
Ils sont des artistes… pas des collectionneurs…
Elle voudrait rencontrer un de ces artistes…
Être le marbre qu’il va travailler… la glaise qu’il va façonner…
être son chef d’œuvre…
Elle voudrait être son élève… Sa muse… qu’il soit son pygmalion…
Se sentir à chaque nouvelle expérience comme une vierge prête à découvrir
le plaisir…

Elle voudrait le faire bander et jouir comme jamais…

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