MonPetitMambaNoir

“Il y a des rencontres humaines…
Et il y en a d’autres tout aussi importantes…

Des rencontres qui vous changent ou vous révèlent…”

J’avais un désir lointain de posséder cet animal troublant, sensuel et inquiétant…

un besoin de l’apprivoiser pour ne plus en avoir peur… une envie de le caresser pour lui donner l’envie de mordre…

Le désir aussi d’avoir mes propres jouets, la première idée n’était pas que je l’utilise, même si je voulais aussi savoir m’en servir, je souhaitais seulement l’avoir dans ma collection, me l’approprier, qu’il ne caresse jamais une autre peau que la mienne.

Le jour de la commande il y avait déjà un lien étrange entre cet animal et moi…

Il était mien, je l’attendais comme on peut attendre un amant longtemps désiré…

Je comptais les jours, parfois je prenais des nouvelles auprès de son créateur Taïpan, j’essayais de ne pas être trop envahissante. J’avoue aussi que j’étais un peu inquiète, j’avais fait le choix de le commander à un nouvel artisan qui n’était pas encore très connu, en tout cas sur Paris je n’avais jamais eu l’occasion de voir son travail. Je l’avais contacté, nous avons longuement échangé, j’ai décidé de lui faire confiance.

Et enfin il est arrivé, emballé dans une jolie boite, couché sur du papier de soie…

Je l’ai sorti, il était tel que je l’avais voulu, sobre, élégant, léger… tellement léger que je n’osais pas le manipuler, je n’osais pas l’essayer.

J’avais peur de blesser ce jeune serpent par ma maladresse.

Je l’ai remis délicatement dans sa boite.

Il était raide, il n’avait pas encore la souplesse du serpent.

Je savais qu’il n’était pas utilisable tel quel.

Il fallait le préparer, l’apprivoiser et le dresser…

J’ai interrogé mes amis, je me suis renseignée.

J’avais un peu la trouille de mal faire, mais je voulais m’en occuper moi-même, il n’était pas question que je confie ce petit animal à quelqu’un d’autre, MON petit animal.

Lorsque j’ai eu toutes les réponses à mes questions, j’ai décidé de la méthode de préparation que j’allais utiliser. Chacun possède sans doute sa manière de faire, ses produits de prédilections, mais au fond toutes ces méthodes sont assez proches.

Un matin j’ai enfilé mon manteau et je suis allée au BHV acheter cette fameuse huile de pied de bœuf et un pinceau en poils très doux. Je suis rentrée, j’ai étalé du papier, versé l’huile dans un récipient, j’ai sorti le fouet de sa boite et je l’ai délicatement badigeonné, assez légèrement pour la première fois, toujours cette crainte de mal faire… j’ai attendu plusieurs heures en le retournant de temps en temps pour que tout son corps puisse s’imprégner de cette huile, puis je l’ai massé pour mieux la faire pénétrer, c’était très sensuel. Ensuite je l’ai essuyer avec un chiffon doux.

Il s’était déjà bien assoupli. Je l’ai manipulé un peu, j’ai essuyé quelques retours.

Le jeune mamba s’était défendu… il venait de me mordre… J’ai aimé cette morsure qui m’a permis de juger de son efficacité… cette première morsure qui a réveillé en moi des sensations… m’a fait fantasmer…

Il manquait encore de souplesse et moi de dextérité… Je l’ai installé dans une petite vitrine que j’avais acheté. Je le sortais tous les soirs pour le masser et continuer de faire pénétrer l’huile.

Quelques jours plus tard lorsque mes mains n’étaient plus grasses j’ai renouvelé l’opération.

Je l’apportais régulièrement à un de mes amis pour qu’il me conseille et vérifie le bon état de l’animal. Au quatrième bain lorsque j’ai eu l’approbation de mon coach j’ai pu réellement commencer son dressage.

J’avais bien observé les gestes des uns et des autres, mais malgré toute ma bonne volonté ce petit serpent refusait de m’obéir… Je n’avais pas de doute concernant l’animal, pris en main par d’autres il se pliait à leur volonté.

Non le problème venait de moi…

Je l’ai remis dans sa vitrine, je l’ai laissé une semaine sans y toucher, sans même le masser ce que je continuais pourtant à faire régulièrement. J’avais presque renoncé à l’utiliser…

Je m’étais résignée… Jouer du fouet ce n’était pas pour moi.

Un soir lors d’un apéro chez moi avant une soirée, je l’ai ressorti de sa vitrine, quelques-uns de mes amis voulaient le voir et le tester. C’était une bonne occasion de lui faire faire un peu d’exercice. Avant de partir je l’ai de nouveau rangé dans sa vitrine.

La semaine suivante j’ai repris les massages, il fallait encore faire pénétrer l’huile.

Et je ne sais pas pourquoi ce soir la j’ai de nouveau essayé… mais de la main gauche…

Le geste était fluide… naturel…

Le petit mamba noir avait obéi… Il n’était plus rétif… Parfois il s’exprimait, par quelques petits claquements

J’étais heureuse d’avoir enfin pu l’apprivoiser.

 

J’ai continué à le manipuler de la main gauche en testant de temps en temps la droite. Mais de la droite ça ne fonctionnait toujours pas.

J’avais plus souvent observé des hommes et lors d’une soirée j’ai pu voir quelques femmes manipuler leur fouet, leurs gestes étaient beaucoup plus doux, il y avait aussi une élégance chez certaines.

Ce soir-là j’ai compris que je faisais l’erreur de vouloir compenser mon manque de force par rapport à celle d’un homme en cherchant à lui donner plus d’impact, je le lançais au lieu de le laisser aller naturellement sur sa cible en le guidant seulement par le mouvement du poignet.

J’ai un problème d’articulation de l’épaule sur le côté droit qui ne me permettait pas de “lancer” le fouet, mon épaule “sautait” à chaque fois.

En rentrant j’ai posé mon manteau, enlevé mes talons aiguilles, pieds nus je suis allée chercher mon petit mamba noir… J’ai posé quelques feuilles de sopalin sur un coussin, main gauche d’abord… puis main droite…

OUIIIII !!!!

Enfin, j’avais apprivoisé ce petit animal sauvage, il était devenu MIEN

C’était une belle soirée, je me suis endormie heureuse.

Les jours suivants j’ai continué son dressage et mon entrainement. J’arrivais facilement à atteindre mes objectifs. Un coussin… le rouleau de sopalin… les branches d’une orchidée fanée que je devais découper…

En peu de temps je me suis sentie prête à l’utiliser sur une peau, j’avais très envie de l’étrenner…

Mais pas seule, je voulais être guidée par quelqu’un qui maitrise ces jeux. Même si j’arrivais facilement à viser mes coussins lors de mes entraînements je n’avais pas la prétention de pouvoir jouer en toute sécurité sur quelqu’un.

Une soirée… deux soirées… je l’avais toujours avec moi sans le sortir de mon sac… Lors d’un événement BDSM  je pensais l’utiliser sur une de mes amies, guidée par un Dom, mais je ne me sentais toujours pas prête… Je n’avais pas envie de décevoir, surtout Elle… Ma Divine Marquise…

J’ai continué à m’entrainer, tous les jours.

La semaine suivante je suis allée à un afterwork libertin consacré au BDSM, je savais que j’y retrouverais quelques amis, dont une qui a plusieurs reprises m’avait fait comprendre qu’elle était volontaire…

En début d’année j’avais posté un message humoristique sur facebook

“Cherche cul indulgent pour entrainement ”

Elle y avait répondu favorablement.

Ce soir-là au fond de moi je savais que j’allais l’utiliser, je n’ai pas bu une seule coupe de champagne, juste du soda et encore une fois je ne pensais pas m’en servir seule.

Même si l’ambiance n’était pas celle dont nous avions l’habitude, le lieu se prêtait à nos jeux. Je lui ai simplement demandé si elle en avait envie, je n’avais pas peur, toutes mes inquiétudes avaient disparu…

ELLE, elle avait confiance en moi.

J’ai fait abstraction de ceux qui nous entouraient, je me suis appliquée à essayer de lui offrir ces sensations qui nous transportent… Je l’ai chauffée… mains… paddle… martinets doux… puis ceux plus durs… ceux qui cinglent la peau… ceux que j’avais voulu, ceux dont j’avais imaginé les sensations…

Au bout d’un moment mon corps s’est mis à trembler… j’avais les jambes coupées…

Je ne m’attendais pas à cette réaction de mon corps et de mon esprit, en tout cas pas pour cette première fois et pas avec les martinets… Mais je n’étais pas inquiète, ça ressemblait beaucoup à cet état second que je recherche lorsque je me livre aux caresses des lanières…

Inconsciemment ou consciemment… Je savais ce qui m’arrivait.

j’ai ralenti pour reprendre mes esprits, redescendre pour pouvoir aller au bout de ce merveilleux moment. Je me suis rapprochée d’elle, j’ai caressé sa peau, j’ai senti son parfum. J’avais besoin de ce contact.

J’ai repris doucement la valse des martinets et lorsque j’ai complètement récupéré mes esprits, je les ai posés sur le prie-Dieu.

Il était temps de sortir de sa cage le roi des jeux d’impact :  le signal whip, mon petit mamba noir…

J’étais vigilante, je n’avais aucune crainte pour elle, mais comme nous étions dans une soirée libertine, les personnes présentes ne faisaient pas attention, elles passaient à côté de nous avec le risque de prendre un retour si mon amie bougeait ou si ma main dérapait…

Je suis heureuse de cette soirée, flattée qu’elle m’ait fait confiance.

J’avais toujours eu peur de mon sadisme latent, j’en avais parlé à plusieurs reprises, j’avais peur d’être emportée par l’adrénaline, peur de devenir méchante comme je peux l’être parfois…

Mais mon petit mamba noir m’a rendue plus sûre de moi, il m’a apporté force et sérénité.

Je n’ai ressenti aucun sentiment de supériorité avec une telle arme entre les mains, je ne me suis pas sentie plus puissante, ni Domina, je n’en suis pas une et ne souhaite pas le devenir.

J’ai juste éprouvé énormément de plaisir et une forme de jouissance.

Ce soir-là j’avais juste envie de baiser les mains de cette jeune femme pour la remercier comme je l’ai parfois fait avec un Dom.

J’ai le regret de ne pas l’avoir fait.  De ne pas avoir baisé la main de celle qui m’a fait ce si beau cadeau.

Maitriser la douleur pour la transformer en plaisir et permettre à quelqu’un de masochiste de lâcher prise et de s’abandonner c’est quelque chose de vraiment fabuleux.

J’ai encore tellement à apprendre.

Léger et puissant ce petit mamba a trouvé sa place dans ma chambre, bien protégé et à l’abri des curieux… Il est devenu mien, il fait partie de moi.

Signal whip Taïpan

Fouet-002-P

 

Chouette une soirée libertine sur le thème du “BDSM”

 

Il y a presque deux ans avec une amie nous avons organisé notre première soirée BDSM au sein du monde libertin. Le BDSM c’est son monde, tout comme le SM, à l’époque ce n’était pas encore le mien mais j’ai dit ok on n’y va.

Venant toutes les deux de deux mondes différents nous avions cependant la même vision des soirées que nous voulions organiser. Pour nous il n’était pas question de faire une soirée libertine épicée à la sauce BDSM, il n’était pas non plus question de faire des soirées de démonstrations où nos couples D/s auraient été comme des singes en cage pour des libertins ayant envie d’aller “au cirque”. Nous ne voulions pas de curieux, nous voulions simplement essayer de faire se rencontrer deux communautés si éloignées et pourtant si proches. Donner la possibilité à des libertins qui avaient des désirs de se découvrir et de répondre à leur questionnement, de rencontrer de vrais couples D/s et de leur montrer grâce à ces couples ce qu’est le BDSM.

J’ai longtemps dit que je ne pratiquais pas la D/s mais en mettant les pieds dans le BDSM je me suis rendu compte que c’était complètement faux, je pratiquais sans m’en rendre compte, j’ai récemment relu un de mes articles où je proposais un “jeu” à un homme, je lui ai indiqué “pas de D/s”… mais en fait si, c’était totalement D/s.

Le BDSM était en moi sans que je le sache, mais pas n’importe quel BDSM… Pas le BDSM que j’appelle “BDSM libertin” !…

A l’époque si j’avais participé à une soirée libertine ayant pour thème le BDSM je n’y aurais pas trouvé ce que je recherchais, ma curiosité ne serait pas allée plus loin dans sa quête, j’aurais pu passer à côté de celle que je suis aujourd’hui et me priver de toutes ces belles aventures et sensations dont je m’alimente ces dernières années.

Aujourd’hui j’ai décidé d’arrêter d’organiser ce type de soirée pour des raisons personnelles d’abord et aussi parce que depuis quelques temps on voit fleurir sur les sites et les réseaux sociaux des soirées “BDSM” organisées par des privés ou par des clubs.

Et je n’ai pas envie de participer à cette démocratisation du BDSM pour laquelle j’ai pourtant milité et que j’ai longtemps prôné… en tout cas pas de cette façon.

C’est devenu une mode comme une autre mais à mon sens la plupart de ces soirées sont avant tout des soirées dont le thème est “le BDSM” comme le thème d’une soirée pourrait “la rentrée des classes”, “le couvent”, etc… On s’habille fetish, on y va avec son martinet ou sa jolie cravache achetée récemment, on met un joli collier de toutou, et Hop on est dans le thème…

Beaucoup d’organisateurs et de clubs surfent simplement sur la vague « fifty shades of grey » pour attirer une nouvelle clientèle ou conserver l’existante en lui proposant de nouveaux jeux. Mais la plupart de ces soirées ne sont pas représentatives de ce qu’est le BDSM !… Et je ne veux pas y être associée…

Donc si vous êtes libertins et que vous avez juste envie de vous amuser, pourquoi pas, peut-être que ça éveillera de nouvelles sensations et que vous aurez envie d’explorer un peu plus ce monde et ses plaisirs que vous soupçonnez…

Par contre, si vous êtes vraiment intéressés par le BDSM, il y a peu de chance que vous soyez satisfait.e.s… Au mieux, vous recevrez des fessées ou quelques coups de cravache et de martinet qui ne provoqueront rien chez vous… Au pire quelqu’un pourrait vous faire mal et même vous blesser…

Les “jeux” BDSM ne se pratiquent pas à la légère, cela demande un minimum de connaissance, en particulier sur la sécurité et aussi l’hygiène

(cf : Une envie de découvrir les jeux du divin marquis)

Et si vous êtes des BDSMeurs, des puristes sans être libertins, vous pouvez passer une belle soirée et faire découvrir vos pratiques, mais vous risquez aussi d’être agacés par le comportement de certains libertins qui ne connaissent pas les codes du BDSM et qui pourraient avoir à votre égard des gestes que vous allez considérer comme “déplacés”.

D’autres pourraient aussi être choqués par vos pratiques qu’ils qualifieront comme violentes… Gardez à l’esprit que vous êtes dans une soirée libertine et que beaucoup de participant.e.s n’ont qu’une vague idée de ce qu’est le BDSM… Il suffit de voir la réaction de certain.e.s sur les sites dès qu’elles/ils voient des marques de fouet ou de badine… D’autres en arrivent même aux insultes…

De même qu’il y a peu de chance que certain.e.s puissent rentrer dans ces soirées…
Comme une Domina en pantalon… ou un soumis féminisé… La plupart des clubs imposent un dress code et sont “fermés” à certains genres et à la bisexualité masculine… Alors voir un Dom ou une Domina goder son soumis je ne suis pas certaine que ça passe…

Quant aux femmes seules, attention ce type de soirées pourrait attirer des personnes aux intentions peu louables (malheureusement il y en a partout), des pseudos doms qui se feront passer pour des “maitres” ou pire des pervers manipulateurs qui pourraient vous amener à des pratiques que vous ne souhaitez pas en arguant qu’eux savent et que vous devez leur faire confiance… ben voyons…

Et vous messieurs en recherche de sensations… souvent mariés … vous êtes nombreux sur les sites avec des désirs de soumission … vous êtes de belles cibles pour de “jeunes et jolies dominettes” en recherche de portefeuilles bien garnis qui se contenteront de se faire lécher le talon de leur louboutin et vous accrocher pour vous soutirer un maximum…

Bref vous l’aurez compris, ces soirées me déplaisent…

Le BDSM pour tous OUI

Mais pas n’importe où, pas n’importe comment et pas avec n’importe qui…

Donc où aller quand on est libertin et qu’on a réellement envie de découvrir le BDSM…

Sur Paris il n’y a à ma connaissance qu’un seul club BDSM, cris et chuchotements.

Quant aux soirées en club il n’y en a qu’une seule où je vais avec un très grand plaisir et l’assurance de passer un excellent moment ce sont les folles nuits du Divin Marquis au château des Lys, je recommande cette soirée les yeux fermés. Ness et son équipe font un travail remarquable, notamment concernant la sécurité de tous, les participants sont chouettes, ouverts aux autres, bienveillants et très joueurs, personne ne vous juge sur votre physique, votre look, votre âge ou votre statut…

Pour moi les meilleures soirées auxquelles j’ai participé.

Il y a aussi les soirées de l’Anneau de Justine à l’Angelus, mais pour ces dernières je pense qu’il faut déjà avoir un minimum de connaissances ou être accompagné de pratiquants.

Il y en a d’autres organisées en club par de vrais BDSMeurs, mais je ne les connais pas, je n’y suis pas encore allée, donc je n’en parlerais pas.

Pour les libertins souhaitant participer à des soirées BDSM (hors libertinage) que ce soit en clubs ou lors d’événements privés, voilà quelques règles qu’il est bon de connaitre

  1. Les règles de politesses, dont le vouvoiement, ne sont pas optionnelles dans ces soirées.
  2. Le terme de Maitre ou Maitresse est un titre attribué par le ou la soumis.e, il ou elle est le/la seul.e à l’utiliser, vous pouvez néanmoins appeler un Dom ou une Dom, Monsieur ou Madame.
  3. Une soumise ou un soumis se respecte au même titre que sa/son Dom. Ce ne sont pas mais alors pas du tout des personnes à disposition des autres. Elles/ils ont le droit de dire NON.
  4. On garde une certaine “distance” avec les femmes et en particulier lorsqu’elles se présentent comme soumises sous collier, Messieurs, mesdames, attendez d’y être invités.
  5. Si vous souhaitez faire une proposition “de jeu” à un.e soumis.e sous collier, adressez-vous d’abord à sa/son Dom.
  6. On ne va pas draguer les couples ou le membre d’un couple, ce n’est pas une soirée échangiste.
  7. On ne “joue” pas avec un.e soumis.e sans l’autorisation de sa/son Dom.
  8. Personne n’a autorité pour imposer une position, un salut ou une place prédéfinie à un.e sub. Seul.e la/le Dom a autorité sur son/sa sub (et dans certains cas l’orga de la soirée lorsqu’il s’agit de soirées protocolaires).
  9. Si une situation vous dérange ou vous choque, ce qui peut arriver et ce qui est déjà arrivé… N’intervenez pas, venez en parler à l’organisatrice.teur.
  10. Dans ces soirées certains jeux sont réservés à des profils D/s qui maîtrisent leur art et que vous pourrez admirer, comme les bougies, les cordes, le fouet, le fireplay et bien d’autres. Si vous avez été invités dans une soirée BDSM et envie d’échanger sur ces pratiques, n’hésitez pas à aller les voir avec respect, présentez-vous, osez dire que vous êtes novices, toutes ces personnes venant du D/s sont bienveillantes et aiment réellement échanger et faire découvrir leurs pratiques.
  11. Lorsqu’il y a “jeu”, on reste discret, on fait attention à ne pas troubler la concentration des “joueurs” par des commentaires, des bavardages ou autres… de même qu’on laisse tranquille la/le sub/maso/Dom après la séance, ils ont besoin de redescendre. Ce sont des moments intenses.
  12. ON NE SE BRANLE PAS ET ON NE BAISE PAS À CÔTÉ D’UN COUPLE EN TRAIN DE JOUER… MÊME SI ÇA VOUS EXCITE !!!… (Bah oui j’ai déjà vu ça en club… autant dire que ça n’a pas été apprécié).

Et vous allez me demander et le sexe ?

Je vous répondrais si vous cherchez du sexe comme dans le libertinage ce n’est pas ces soirées qu’il faut fréquenter, dans les clubs il y a toujours des coins câlins où vous pourrez vous isoler, mais une soirée BDSM n’est pas une soirée libertine.

Et pour ceux qui viennent de la communauté BDSM et qui croisent des libertins dans leurs soirées, certain.e.s par méconnaissance de ce monde pourraient être maladroits, ne leur en tenez pas rigueur, expliquez leur simplement ce qui peut se faire et ce qui ne doit pas se faire.

BDSM-DecouvrirLesJeuxDivinMarquis

Votre chérie a lu 50 nuances de Grey, histoire d’Ô ou un roman d’Eva Delambre et elle a osé vous exprimer ses désirs et ses fantasmes inavoués…

Elle a envie de jeux “D/s“… voire plus…

C’est chouette, vous allez pouvoir découvrir tout plein de nouvelles sensations et explorer d’autres jeux.

Mais avant de vous lancer il y a quelques règles à connaitre, des règles de sécurité et aussi des règles d’hygiène dont on n’a pas forcément conscience quand on débute dans les jeux D/s.

Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent ne pas connaitre… un temps ou ces jeux étaient confidentiels et se pratiquaient dans des cercles d’initiés. Mais ce temps est révolu, les jeux D/s se sont “démocratisés » et font partie maintenant des jeux de tout un chacun que l’on soit libertin ou simplement un couple.

Je ne vais pas rentrer dans les détails des jeux “extrêmes“, comme les jeux d’aiguilles ou le knife play en général ceux qui les pratiquent font déjà partie du milieu BDSM et ont une très bonne connaissance des règles de sécurité et d’hygiène à mettre en place, ni de la philosophie du BDSM.

Je vais rester simple et seulement me concentrer sur les jeux auxquels on peut s’adonner dans le monde libertin ou en couple pour vous permettre de faire vos premiers pas, des jeux que je vois parfois sur les photos de profils et qui pourraient vous tenter, juste  pour que vous y trouviez du plaisir en toute sécurité. C’est souvent avec ceux-là que l’on commet des erreurs lorsque l’on est novice, que ce soit en tête-à-tête ou en soirée et non pas par manque d’hygiène ou de sécurité, mais juste par méconnaissance, parce que pris par le jeu et l’excitation on n’y pense pas…

Votre chérie vous a exprimé ses envies de jeux D/s, cela a fait son chemin dans votre tête et vous êtes parti dans les boutiques pour vous équiper : vous avez acheté un collier, quelques cordes, un martinet et une cravache ou un paddle, souvent ce sont les premiers accessoires que l’on achète.

Vous voilà le soir venu, vous avez eu envie de lui faire une surprise, préparé une jolie ambiance pour satisfaire son désir de nouveaux jeux. Vous la mettez en condition, vous lui mettez un bandeau sur les yeux, lui passez le collier, lui attachez les poignets aux barreaux du lit… Elle est toute excitée et vous pouvez commencer à jouer… Quelques petits coups de cravache sur les fesses, à l’intérieur des cuisses… Hummmmm… Elle a l’air d’aimer… passons à la chatte… on tapote c’est bien humide tout ça… on écarte les lèvres du bout de la cravache… de l’autre main on prend le martinet on fait claquer un peu…

Oh le martinet… son manche vous donne des idées lubriques… Il vous vient une envie subite de le lui fourrer dans la chatte…

Vous avez passé une superbe soirée… mais voilà le lendemain madame ça la gratouille… Elle s’est juste chopée une mycose…

C’est du vécu, avec une cravache qui a juste servi à écarter mes lèvres… Et dans l’univers libertin, jamais jusqu’à présent je n’ai rencontré de problèmeS avec la communauté BDSM, plus consciente des risques

Sur les sites libertins vous avez aussi des personnes qui se proposent de vous faire découvrir les jeux D/s “soft”, j’ai souvent échangé avec elles, que ce soit des couples ou des hommes seuls. On parle souvent de nos limites à ne pas dépasser parfois de sécurité, mais très rarement d’hygiène. Il est important de le faire, il ne faut pas hésiter à poser des questions et encore plus lorsque vous n’avez pas votre propre matériel et que cette personne va utiliser le sien, matériel qu’il/elle aura utilisé sur bien d’autres personnes avant vous… Pensez-y…

Personnellement j’ai fait le choix de posséder mes propres jouets et à part avec des personnes dont je suis sûre et dont je connais la rigueur je ne me laisse pas approcher par un accessoire qui ne m’appartient pas.

 

Points

LesJeuxLesPlusConnus

dans la communauté BDSM on parle souvent de pratiques SSC (Sain, Sur et Consensuel) sans vraiment les détailler et ce qui peut être sur et sain pour les uns peut être considéré comme dangereux pour d’autres. Je vais donc simplement vous donner les règles que j’ai adopté pour moi même.

• les jeux d’impacts

Que ce soit avec un simple martinet, une cravache – ou même un fouet si vous souhaitez aller jusque-là – il y a des précautions à prendre.

La première on s’assure que la peau du sujet est saine (pas de blessures ou d’écorchures, pas de grain de beauté douteux)

On s’assure que son matériel est parfaitement nettoyé et “désinfecté”, on peut par exemple passer sur chaque lanière une compresse imprégnée de biseptine, ou utiliser un spray (avant et après les jeux)

Si la personne avec qui vous jouez en soirée n’est pas quelqu’un que vous connaissez ou n’est pas votre votre sub ou votre compagne si vous êtes simplement libertin, ne jouez pas avec votre martinet, votre paddle ou votre fouet sur son sexe. Et vous mesdames refusez

S’il ne veut pas. Ne jouez pas.

Après le jeu, nettoyez avec une lingette désinfectante la peau de votre sujet, même si elle ne vous paraît pas blessée et si besoin appliquez lui une crème à l’arnica.

Ne laissez pas trainer vos jouets et encore moins sur des matelas trempés de fluides corporels…

La plupart des accessoires d’impact sont en cuir, le cuir “boit” et ne se désinfecte pas vraiment, il faut être très vigilant.

J’ai vu chez Métamorphose, des petits martinets en silicone, ça peut être une bonne option dans les soirées libertines, ça se nettoie facilement.

Et si vous en venez à des jeux d’impact plus durs, que votre partenaire se révèle être maso et vous sadique, il faut apprendre, il y a des zones qu’il ne faut jamais frapper, même en douceur…

 

• Sextoys, Fist et pénétrations extrêmes

On met un préservatif sur tous les sextoys, même les siens en soirée.

Un plug ne se prête pas. Chacun le sien.
Pour certains godes de taille extrême on peut utiliser des préservatifs féminins et lorsque c’est impossible on s’assure qu’il soit très propre et dans ce cas c’est comme pour le plug, on ne le prête pas.

Les sextoys en verre sont très jolis, mais au moindre choc ils ne doivent plus être utilisés, ils peuvent être fragilisés par une chute sans que l’on s’en aperçoive

Ah et les légumes… bah oui vous pourriez avoir envie de jouer avec… pourquoi pas mais même bien rincés, mettez leur un préservatif… les légumes sont porteurs de pesticides et ce n’est pas bon pour la flore vaginale.

Il en va de même pour tout ce qu’on peut vouloir faire pénétrer dans vos orifices intimes, comme les crayons ou les baguettes chinoises en bois, l’hygiène est très loin d’être garantie, et il peut y avoir de petites échardes qui peuvent blesser.

Le fist, on se lave les mains avant (et après bien sûr), et on met toujours des gants chirurgicaux, les ongles doivent être courts et les mains vierges de toutes bagues.
Pour cette dernière pratique j’ai souvent vu des cams sur wyylde ou « les acteurs » pratiquaient le fist sans gants et avec des bagues aux doigts, j’ai aussi vu en soirée libertine des femmes fister avec des ongles longs… Et ce n’est pas parce qu’on se connait qu’on est en couple et seuls à la maison qu’il ne faut pas appliquer ces principes de précaution.

Je vais insister, mais ces manquements aux règles d’hygiène je les ai plus souvent vu dans le cadre libertin que BDSM…

 

• Bougies et fire play

Je vois de plus en plus de photos de ces jeux sur les sites libertins ça parait simple et facile, mais ça peut aussi être très dangereux. A l’époque où j’ai découvert les jeux de bougies il y en avait encore très peu et mes envies de ces plaisirs n’étaient pas liées au BDSM, j’avais juste remarqué que la chaleur me procurait une excitation.

Comme pour les jeux d’impact assurez-vous que la peau de votre partenaire est saine. Vous êtes débutant, n’utilisez que des bougies basse température.
Sur les photos vous avez vu que la bougie est très près du corps, n’essayez pas d’imiter… Commencez haut, testez la chaleur de la cire sur votre main et laissez-vous guider par votre partenaire, convenez d’un code (code valable pour tous les jeux), on utilise souvent les couleurs dans les jeux (vert = continue/encore • Orange = Doucement/ralenti • Rouge = STOP).

La personne qui reçoit la bougie doit être nue, surtout pas de bougie sur des culottes ou string en nylon même si c’est tentant la première fois, on pense que ça pourrait limiter la sensation de brulure comme une barrière protectrice… mais non la matière pourrait fondre et coller à la peau et même s’enflammer…
Il y a aussi quelque chose de très joli, mais que je déconseille aux débutants c’est de poser les bougies sur le corps, une bougie coincée entre les fesses par exemple. Il faut être capable de maitriser les réactions de sa/son partenaire pour éviter les accidents

Le fire play… C’est beau, c’est impressionnant ça donne envie… je ne vous donnerais pas d’explication sur la pratique, elle est dangereuse il faut impérativement être accompagné lorsque l’on débute, on ne doit pas essayer seuls.

 

• Les jeux de contrainte

Règle de sécurité numéro un, on ne laisse jamais une personne immobilisée seule et on doit s’assurer de faire attention à ne pas couper la circulation du sang avec des liens trop serrés que ce soit des menottes, des bracelets en cuir ou des cordes. Il y a des endroits du corps sur lesquels on ne doit pas exercer de pression.
Et même si vous l’avez vu sur des photos on ne passe JAMAIS une corde autour du cou !… Une mauvaise réaction de l’attaché.e, un geste brusque et cela peut se transformer en drame. Attention aussi à certains colliers d’acier très jolis mais à mon humble avis mal adaptés pour les jeux… Un geste brusque, on tire trop fort sur laisse et on peut porter un mauvais coup sur le larynx. Penser aussi aux risques d’allergie et d’œdème, ces collier s’ouvrent avec une clé, un code ou une clé allen, ça peut être long de libérer la personne qui s’étouffe, un collier de cuir se découpera plus facilement.
Comme pour les jeux d’impact je refuse que les cordes passent directement sur mon sexe, les cordes ne se désinfectent pas.

Vous êtes dans une soirée libertine et on vous propose de tester le shibari… Pourquoi pas, mais à la condition que le rigger soit expérimenté. Faire de jolis nœuds c’est une chose… bien réagir en cas de panique de l’encordé c’est tout autre chose… et peut-être la plus importante à mes yeux…

L’asphyxie érotique fait partie des jeux de contrainte, que ce soit par l’étranglement ou au moyen d’un sac sur la tête… La c’est simple je ne joue pas et je ne donnerais pas de conseil, je vous parlerais seulement des très gros risques que vous prendrez si vous voulez vous y essayer.
C’est une pratique très dangereuse qui peut entrainer la mort. Le jeu du foulard pratiqué par les gamins en est une variante, il y a eu assez de drames. À chaque fois que vous privez le cerveau d’oxygène vous détruisez des neurones, les conséquences de ce jeu sont invisibles à l’instant T, elles peuvent apparaitre bien des années plus tard et elles sont malheureusement irréversibles.

Je vous ai parlé des jeux que j’ai vu pratiquer dans le cadre du libertinage, je vais aussi vous parler un tout petit peu psychologie. Il faut avoir conscience que parfois ces jeux bien que désirés peuvent être mal vécus, faire appel à des événements douloureux de notre passé. Il est important de pouvoir en parler, si vous sentez votre partenaire mal à l’aise, si vous détectez “un problème” ne lui dites surtout pas “C’est toi qui a voulu ces jeux je n’ai fait que répondre à tes désirs”. Votre partenaire n’aura peut-être pas elle-même conscience de ce que cela a pu remuer chez elle. La première fois que j’ai reçu une fessée je me suis effondrée et je ne m’y attendais pas, cela a réveillé de mauvais souvenirs que j’avais occulté depuis des années.

J’ai aussi vu un homme très mal à l’aise lors d’une soirée libertine quand sa femme a voulu tester les jeux d’impact… Il était tenaillé entre deux sentiments contradictoires… Voir sa femme prendre du plaisir et voir un homme « la brutaliser » d’abord avec des martinets pour finir avec un fouet… Le dominant qui a joué sur sa femme s’en est aperçu et ils ont beaucoup discuté ensemble.

Certains jeux lorsqu’ils sont plus poussés et qu’on y est sensible provoquent une montée d’adrénaline et un bien-être, une impression de planer, une perte de connaissance qui peut impressionner ceux qui ne sont pas initiés… Et quand on plane… et bien à un moment il faut atterrir… Par deux fois en club libertin j’ai subi un atterrissage difficile, pas à cause des jeux, mais à cause de la foule trop présente, des personnes qui vous effleurent qui essaient de vous parler… Je me sentais agressée alors que je ne l’étais pas… Je devenais agressive alors que je venais de connaitre un plaisir très intense…

J’espère que je ne vous ai pas trop fait peur et que votre envie de jouer est toujours présente, ces jeux apportent beaucoup lorsqu’ils sont pratiqués en toute sécurité.

J’ai certainement oublié “des trucs”, je ne sais pas tout et ce que je vous propose est lié à ma propre expérience, d’autres n’appliqueront peut être pas les mêmes règles, ou en auront d’autres.

Si vos premières expériences vous ont plu et que vous avez envie d’aller plus loin, n’hésitez pas à vous renseigner et vous faire accompagner dans votre découverte. Dans toutes les régions il y a des munchs, des apéros, des associations qui vous accueilleront et pourront vous guider et répondre à vos interrogations.

J’ai découvert récemment une association qui fait de la prévention, PariS-M, n’hésitez pas à aller voir leur site et participer à leurs événements.

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ATTENTION

ALCOOL ET SUBSTANCES ILLICITES
NE FONT PAS BON MÉNAGE AVEC
LES JEUX DU DIVIN MARQUIS

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Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2019 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

 

 

AtelierPereFouettard

J’ai croisé Paolo la première fois il y a environ deux ans sur une péniche à l’occasion d’une soirée embrassez qui vous voulez, il animait un atelier de cordes de bougies et de martinets. A l’époque il ne s’était rien passé de particulier entre nous, je n’étais pas encore dans le BDSM, je n’accrochais pas, ça ne m’intéressait pas, son univers n’était pas le mien.

Nous nous sommes revus plusieurs fois dans le même contexte sans qu’on échange autre chose que les politesses habituelles. Puis j’ai franchi le pas du D/s et lors d’un réveillon j’ai vraiment pu faire sa connaissance et celle de sa femme. Et depuis une amitié est née.

Cette année j’ai déménagé, nous sommes devenus voisins et dès que je le peux je vais le voir travailler dans son atelier. J’ai toujours été fascinée par le travail manuel, gamine je trainait dans l’atelier des typographes en face du restaurant de mes parents.

Je trouve qu’il y a quelque chose de magique de voir transformer entre les mains d’un artisan la matière brute en objet.

Lors de mes visites dans son atelier, je fouinais, touchais les cuirs, détaillais les anneaux, les attaches. Un jour je suis tombée sur une manchette qu’il avait réalisé pour un homme. J’ai adoré la matière, ce cuir brut et la douceur du poulain. J’avais envie qu’il en fasse une pour moi, mais une manchette un tantinet SM qui pourrait servir à me tenir en laisse mais aussi me donner un côté Domina. Nous avons fait des tests ensemble, Paolo a eu l’idée de ce gros anneau fixé par deux demi sphères et la manchette Mitsouko est née. Je la porte souvent au quotidien, elle est chic et élégante mais aussi rock. Ensuite je lui ai demandé de me faire un collier dans les mêmes matières.

Il venait de créer une nouvelle gamme, la gamme Mitsouko d’un style totalement différent de ce qu’il fait habituellement mais qui me correspond parfaitement, il a su voir en moi.

Et de fil en aiguille j’ai eu envie de compléter cette gamme par un paddle et une paire de martinets, d’avoir des jouets à mon image… à la fois mordants et caressants et surtout des jouets que j’aimerais qu’on utilise sur moi, des jouets qui me font vibrer. Personne d’autres que Paolo n’aurait pu les réaliser. On se connait depuis un moment, il sait ce que j’aime et lorsqu’il réalise nos accessoires de jeux il s’appuie sur l’intention du donneur et surtout sur les sensations du receveur.

Ma première demande personnalisée a été un paddle, je le voulais assez dur mais aussi caressant, j’avais envie de pouvoir l’utiliser de deux façons et que le receveur ne sache pas ce qui l’attendrait lorsque je l’utiliserais…

La claque ou la caresse…

Il a donc réalisé un paddle avec un cuir que j’ai choisi parmi différentes peaux qu’il m’a proposé en m’expliquant comment ils allaient claquer une fois façonnés, il m’a donné de son temps pour répondre au mieux à mes souhaits, un cuir qu’il a durcit dans une ”potion magique“ et cousu à la main avec une magnifique couture sellier qui me fait penser au matelassage des sacs chanel, on voit immédiatement la différence entre un cousu main et un cousu mécanique, et ces heures de coutures lui ont valu deux belles ampoules.

Quand j’ai voulu ce paddle j’ai d’abord fantasmé sur la face poulain mais depuis que je le possède c’est la face cuir que je n’arrête pas d’admirer et c’est certainement celle qui servira le plus souvent…

Avant de lui demander le paddle, on avait déjà évoqué ensemble la création d’une paire de martinets adaptés à ma main, j’ai souvent des problèmes avec les jouets qu’on trouve dans le commerce ou sur internet, mes mains sont petites et j’ai un problème à l’épaule droite, s’ils sont trop lourds je ne peux pas jouer longtemps.

Les premiers que j’avais vu et qui me plaisaient c’était ceux avec le laçage façon corset, mais ça ne me correspond pas je ne suis ni froufrou ni dentelle. La bourgeoise délurée comme toute bourgeoise qui se respecte à un petit côté rock caché. Et en regardant ma manchette le design de ces martinets a été évident, je savais ce que je voulais. Un matin où Paolo est venu prendre un café je lui ai expliqué mon idée, la difficulté risquait d’être le poids et c’était impératif pour moi qu’ils restent légers pour que je puisse les utiliser. Je voulais qu’ils soient dans le style de la manchette, en cuir et poulain avec des sangles et un anneau qui rappellerait la manchette… Mais ou le mettre… sur le manche ? Non, ça aurait été gênant.

Au fil de nos échanges l’idée est venue de mettre de gros anneaux pour les porter comme des bracelets à la place d’une dragonne, mais il fallait aussi pourvoir jouer sans qu’ils soient gênants. On s’est laisser du temps, on a souvent échangé sur leur réalisation, confronté nos idées et une fois que nous sommes tombés d’accord sur les derniers détails, je lui ai donné mon accord pour la réalisation de mes nouveaux jouets…

Cerise sur le gâteau Paolo m’a invitée à venir dans son atelier pour suivre toute la fabrication. Vous imaginez bien que je ne me suis pas fait prier

Arrivée dans son atelier, Paolo m’a d’abord offert un café, puis présenté le cuir qu’il avait sélectionné en fonction des sensations que cette paire de martinets devaient procurer, je voulais quelque chose de très cinglant, proche de ce que j’avais pu ressentir avec certains fouets, ensuite nous avons déterminé la largeur des lanières, puis leur nombre, on a d’abord pensé à 20, puis au fur et à mesure de la coupe nous avons réduit à 15 — avec un cuir aussi dur 5 lanières supplémentaires n’auraient rien apporté de positif au contraire on risquait de perdre le côté cinglant et d’aller sur quelque chose de plus violent et difficilement supportable — mais en supprimant une partie des lanières on réduisait aussi le diamètre prévu, la facilité aurait été de mettre une baguette en bois au centre, mais comme j’avais demandé dès le départ que ces martinets soient tout cuir, il fallait trouver une autre solution pour compenser cette perte de diamètre.

Ensuite il a fallu fixer les anneaux qui me serviraient de bracelets, vérifier la résistance et régler la longueur de la pièce de cuir pour qu’ils ne me gênent pas lors des jeux.
Puis enfin tard dans la soirée les parer du bel habillage que j’avais imaginé.

Tout au long de la réalisation de ces martinets j’ai pu les tester, vérifier à sa demande à chaque étape et à chaque ajout des pièces qu’ils s’adaptaient parfaitement à ma main, que leur poids restait dans la norme prédéfinie.

Parfois on voit un objet, on imagine qu’il est simple à réaliser, mais quand on le regarde vraiment de prés, qu’on s’arrête aux petits détails on peut imaginer toutes les étapes qu’il va falloir mettre en œuvre pour en faire un bel objet.

Un paddle, un fouet, un martinet ou tout autre accessoire d’impact c’est un peu comme un vêtement, vous pouvez acheter du prêt à porter dans une grande surface ou une boutique de luxe, et vous pouvez aussi faire réaliser du sur mesure, choisir vos matières, votre coupe, un vêtement à votre image qui vous ira comme un gant.

Toute cette journée je me suis sentie comme une future mariée essayant sa robe, admirative de tout ce travail et impatiente de les essayer une fois terminés. Ils sont parfaits

Plus que de l’artisanat… c’est de la haute Couture !

Merci Paolo Descordes pour cette merveilleuse journée, pour tes précieux conseils et tout le temps d’écoute que tu m’as offert pour réaliser ces petits bijoux.

www.caressedecuir.fr

PaddleMartinets

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

Adrenaline

Points

Cette année je voulais relever un défi, participer au PNE, le prix de la nouvelle érotique.

Ce prix se déroule la nuit du passage à l’heure d’hiver, une nuit blanche pour écrire, du café en perfusion, et deux contraintes, un contexte de situation et terminer par un mot imposé.

Mais à cette date je n’étais pas disponible je n’ai pas pu concourir, et peut-être que je n’aurais pas été retenue lors des présélections, je ne suis pas écrivain, juste une blogueuse. Mais j’avais envie d’écrire cette nouvelle et de savoir si j’étais capable d’écrire un texte à la demande.

Je ne suis pas certaine d’avoir compris le thème imposé, mais voilà le texte que cela m’a inspiré, j’espère qu’il vous plaira.

CONTEXTE DE SITUATION : « ONE MORT TIME »
MOT FINAL : ENTONNOIR

Points

Mes fantasmes deviennent de plus en plus obsessionnels, j’ai besoin d’aller plus loin, d’assouvir cette soif de découverte, ce désir de ressentir de nouvelles sensations…

J’ai besoin de connaitre mes limites et surtout de les dépasser.

Depuis un an je ne baise plus, je n’en ai plus envie, le sexe ne me suffit plus, je m’ennuie au lit. Peu importe le genre de mon partenaire… homme… femmes… T-girl… A chaque fois je reste sur ma faim.

J’ai besoin d’adrénaline, de perversions et de douleurs maîtrisées, j’ai besoin d’avoir peur…

Cette peur qui m’excite… celle qui ouvre ma chatte et trempe l’intérieur de mes cuisse…

La première fois que j’ai ressenti l’effet de la peur c’était il y a deux ans, une de mes premières rencontres après une longue période d’abstinence. Je m’étais inscrite sur un site, j’avais accepté un rendez-vous au bar d’un hôtel.

Je n’étais pas habituée, j’avais déjà une boule au ventre, je ressentais les premiers effets de la peur.

Nous nous sommes retrouvés au bar, il m’attendait sûr de lui. Il a ôté mon manteau, de son regard noir il m’a détaillé de la tête aux pieds, a dégrafé un bouton de mon chemisier – je devais certainement être trop sage à son goût – il a passé sa main sous ma jupe…

Je me sentais honteuse, j’avais l’impression d’être une jument avant une vente…

Nous nous sommes assis, il a commandé une coupe de champagne sans me demander ce que je souhaitais, nous n’avons pas échangé un mot, juste des regards. J’étais mal à l’aise mais très excitée et il le voyait.

Je crois que ce soir-là j’ai descendu ma coupe de champagne comme une assoiffée.

Il s’est levé, m’a saisi fermement le bras, je me suis laissé faire, je ne savais pas ce qui m’attendait je savais juste que j’avais peur et que cette peur m’excitait. Nous avons pris l’ascenseur, il me fait entrer dans une chambre. Il me retourne, me plaque fermement contre le mur, une main sur ma bouche l’autre à l’intérieur de mes cuisses, je suis trempée, totalement ouverte. Mes jambes tremblent, je sens ses doigts me fouiller, son pouce malaxer mon clitoris…Oh pas longtemps… Juste le temps de vérifier que je suis prête à subir ses assauts… Sa main me laisse enfin respirer, il dégrafe son pantalon… Je sens sa queue me pénétrer… Son souffle… Son corps écraser le mien contre cette paroi… ses mains pétrir ma chair. Il est brutal, il ne m’a pas fallu cinq minutes pour jouir.

La peur avait remplacé les préliminaires bien plus efficacement.

Je l’ai quitté le lendemain matin, très tôt en sachant que je ne le reverrai pas.

Il m’a fallu du temps pour accepter ce que j’ai fait ce soir-là, suivre un inconnu dans une chambre d’hôtel, ne rien savoir de lui, me laisser malmener et y prendre du plaisir… Comprendre que la peur est une de mes sources d’excitation…

Pendant quelques temps j’ai repris une vie sexuelle plus classique, mais le besoin d’adrénaline est très vitre réapparu, ressentir à nouveau les effets de la peur…

Dès que je le pouvais j’organisais des rendez-vous avec des inconnus, j’aime être attachée, avoir les yeux bandés… Ne pas savoir… Me laisser utiliser…

A chaque fois des rencontres uniques… mais elles finissent par toutes se ressembler…

Je n’arrive plus à lâcher prise, Il me faut autre chose…

La douleur est une de mes autres sources d’excitation…

Pas la douleur que l’on a tous connu en se blessant…

Non, une douleur recherchée, une douleur qui vous fait décoller, une douleur qui vous grise comme l’alcool, une douleur qui vous met dans un état second…

Je retrouve cette adrénaline dans des jeux de bougies ou d’impact, toujours contrainte et aveuglée. J’aime ça, j’aime être à la merci de mon tortionnaire.

Les bougies sont un de mes jeux préférés, je suis réceptive à la chaleur.

M’épiler m’excite, pendant que la cire fond dans l’appareil je dois aller me laver et me sécher… je suis déjà trempée…

Je dépose la cire brulante sur mon sexe… C’est douloureux mais que c’est bon…

Il m’est arrivé de me brûler à m’arracher la peau sans que ça fasse retomber mon excitation. A chaque fois mon sexe dégouline, mon vibromasseur n’est jamais loin.

Quand je m’épile je sais quand la cire va toucher ma peau, je gère, je maitrise. Mais quand on joue avec mon corps je suis dans l’attente, je suis à la merci du bon vouloir de mon tortionnaire. L’attente est douloureuse, excitante. Ma chatte est sous tension, elle souffre de la faim.

Quelle étrange sensation que la caresse de la brûlure. Les gouttes de cire tombent sur ma peau, elles atterrissent sur mon ventre, mon sexe, le premier contact est violent, brulant, ça ne dure qu’un court instant.

Les gouttes sont comme des galets qu’on jette sur l’eau, leur atterrissage est rude pour laisser la place à des ondes de plaisirs, plus la cire tombe plus les ondes sont puissantes et pénétrantes laissant remonter une divine sensation tout le long de mon échine.

Mon bas ventre est en feu, enflammé par un besoin qu’on me fasse gicler pour éteindre cet incendie. Je ne sais plus ce qui coule entre mes cuisses… La cire des bougies ou le jus de mon sexe.

Mon tortionnaire glisse ses doigts dans mon vagin, il les retire me les fait lécher…

Je lèche, je me régale… Une claque sur ma chatte, deux claques, il continue de plus en plus fort. La dernière goutte de cire, plus proche de mon sexe, quelques centimètres, celle que je n’attendais pas. Un cri rauque sort de ma gorge, je râle, je me cambre. La jouissance libératrice, celle dont j’avais tant besoin.

Il me laisse souffler, mais rien n’est fini. Il faut enlever la cire, j’ai froid, je plane encore, les effets de l’adrénaline. Il me saisit, me contraint fermement. Je ne peux pas bouger, je sens la lame de son couteau parcourir mon corps, cette lame qui peut m’entailler à tout moment. Je ressens la peur au ventre, c’est bon, c’est excitant…

S’obliger à rester immobile, rester immobile avec une putain d’envie de jouir. Peur de jouir, peur d’être tailladée par cette lame au moindre mouvement. De nouvelles sensations…

Un orgasme muet, puissant, invisible… Lui sait…

Le corps n’a pas pu s’exprimer, j’ai cru que mon cerveau aller éclater. J’ai eu peur, une autre peur, une peur irraisonnée de ne plus pouvoir revenir.

Peur de mourir de plaisir…

Ces moments sont rares et précieux. Je ne fais plus de rencontres classiques, je n’en ai plus envie. Je me satisfais seule, avec mes jouets. Mais c’est de plus en plus difficile. Un vibro, deux vibro, parfois trois… Il faut bien ça pour que ça claque encore dans ma tête, je jouis, plusieurs fois… je sais que je peux connaitre autre chose. J’insiste, je continue, ça devient insupportable, douloureux, j’en veux encore, mais mon clitoris ne tolère plus le moindre contact… je voudrais aller au-delà de cet orgasme mécanique, aller au-delà du supportable… mais j’ai la trouille ! la trouille d’y rester… la trouille que mon cerveau lâche… La trouille de ne plus être capable de revenir…

Seule je n’aurais jamais le courage de franchir cette limite, on ne peut pas forcer l’orgasme soi-même. J’ai déjà assisté à des séances d’orgasme forcé en réel et en cam. Une femme est attachée elle ne peut pas se délivrer, elle ne peut pas esquiver le vibromasseur de son tortionnaire. C’est très impressionnant. A chaque fois je serre les dents, les fesses, les cuisses. Tout ça bien fermé rien ne risque de passer. Ça a l’air tellement intense. Elle subit, elle se débat, parfois elle convulse, elle hurle, impossible de savoir si ses cris sont dus au plaisir ou à la douleur. J’ai l’impression qu’à la place de cette femme je ferais une crise cardiaque !…

J’ai besoin de savoir, besoin de connaitre cet orgasme suprême, ce graal… Mon graal…

Deux peurs se télescopent. Celle qui m’excite et celle qui me fait reculer.

Mais aujourd’hui celle qui m’excite a pris le dessus, elle a gagné.

Le hasard des rencontres m’a mis sur le chemin d’un couple, nous nous sommes déjà croisés, jamais intimement, mais j’ai confiance, j’ai confiance parce qu’elle elle sait, elle connait le graal. Je les ai vu en cam, elle était attachée subissant les vibrations du fairy black, dans l’impossibilité de se dérober, lui usant et abusant de cet instrument de torture.

Depuis je n’ai cessé d’y penser… de fantasmer…

Lors d’un diner, nous nous sommes revus, nous avons échangé, elle voudrait me dominer, je n’aime pas être dominée par une femme. Mais j’ai accepté, j’en ai envie,  je lui ai confié mes désirs et mes craintes. Ils vont me faire découvrir autre chose, de nouvelles sensations. Je leur ai donné carte blanche, je suis joueuse, la présence de cette femme me rassure. Une soirée ou je vais me soumettre, une soirée ou mes deux sources d’excitation la douleur et la peur seront exacerbées par la contrainte et la privation de la vue.

Une soirée clôturée par cet orgasme forcé que je redoute tant.

Mes deux peurs se télescopent toujours, parfois la peur de ne pas revenir prend le dessus.

N’appelle-t-on pas la jouissance la petite mort.

Un célèbre président est mort en épectase… son ultime orgasme, sans doute le plus beau.

Bientôt je vais atteindre “mon graal”, peut-être ma seule et unique fois.

One more time…

One more time…

One more time…

One Mort time…

Le rendez-vous est pris, je ne peux plus reculer, je ne veux pas renoncer. Je compte les jours. Mon excitation croît autant que ma peur. Je dois la maintenir, l’amplifier, je voudrais la concentrer pour mieux en profiter. La mettre en bouteille, pour pouvoir l’inhaler  et me shooter avec le jour venu.

Chaque jour d’angoisse, chaque jour d’attente est un grain de sable dont je remplis cette bouteille.

Pour ne pas perdre un seul de ces grains de sable je les fais passer par un entonnoir…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

 

Justeunefemme

Mon parcours dans le libertinage m’a permis de confirmer ce que je recherche chez un homme, ce que j’attends de lui, j’ai toujours aimé les hommes dominants et mon évolution ces dernières années m’a naturellement guidée vers la communauté BDSM. Mon annonce n’a jamais changée, je n’ai pas eu besoin de modifier celle que j’avais rédigée quand j’ai débuté dans le libertinage… Comme quoi…

“J’aime les hommes dominants et directifs…
Respectueux et attentionnés…
Forts… tout en douceur
Surs d’eux… mais capables de s’abandonner…
Capables de me soulever… sans me bousculer…
Me maintenir… sans contrainte…
Faire de moi leur objet sexuel… sans me considérer comme un objet…
Dominants sans avoir besoin de « soumettre »…”

En allant vers cette communauté j’ai découvert d’autres jeux, des jeux dont j’ai maintenant besoin tout autant que j’ai toujours eu besoin d’un homme directif.

Mais je ne suis pas à la recherche d’un Maitre, et je ne cherche pas à me soumettre.

Je sais aussi que les rencontres sans lendemain ne me suffisent plus, que j’ai besoin d’avoir à mes côtés quelqu’un en qui je puisse avoir une totale confiance, cette confiance qui nous permet vraiment de lâcher prise, de ne plus faire attention, de ne pas se retenir, de libérer la parole et les gestes, toutes ces petites choses que nous nous devons de contenir quand nous jouons avec un partenaire occasionnel.

Après avoir utilisé les sites libertins, je tente les sites BDSM, mai au final c’est la même chose, on retrouve à peu près les mêmes profils, les mêmes annonces, les mêmes messages… La plupart de ces hommes dit “dominants” recherchent des femmes soumises dès les premiers mots échangés, ils se ferment à la diversité… Soumise… point barre !

“Homme dominant cherche femme docile”

Vous me ferez remarquer que c’est normal puisqu’ils sont des Dominants et que leur alter égo “logique” est une sub…

Mais la moi je bloque… la bourgeoise délurée que je suis est déstabilisée par les codes de la rencontre D/s. Je les trouve trop “formatés” ils manquent de spontanéité, ils ne laissent pas de place ni aux émotions ni à la séduction… chaque fois que je suis entrée en contact avec un “Dominant” j’ai le plus souvent eu l’impression de répondre à un “appel d’offre”.

Sur Facebook il m’est arrivé de répondre à un homme qui avait posté une annonce qui ressemblait à une offre d’emploi…

“Et vous qu’est-ce que vous proposez ?”

C’est vrai que le reproche que je lui ai fait je pourrais aussi me le faire…
Mais sur mon annonce, je ne propose rien, et je ne dis pas “JE VEUX“, je dis simplement ce que j’aime sans fermer la porte à d’autres.

Et puis proposer quoi ? Donner quoi ?
Pour proposer quelque chose à quelqu’un il faut le connaitre un minimum…
Je ne prévois pas ce que j’ai à donner, c’est selon la personne et ce qu’elle m’inspire, c’est un peu comme quand vous invitez quelqu’un à diner, pour certains vous commanderez des sushis et achèterez une bonne bouteille de chablis, pour d’autres vous vous mettrez pendant deux jours aux fourneaux pour faire un coq au vin accompagné d’un Pommard, tout dépend de ce qu’ils aiment, de ce que vous savez faire et de vos envies.

Et que ce soit des sushis ou un coq au vin, pour moi le plaisir de recevoir et de donner reste le même

Contrairement au libertinage, la plupart des personnes de la communauté BDSM cherchent une relation à long terme, il faut bien se connaitre et établir une relation de confiance pour être libre d’exprimer ses envies et de repousser ses propres limites, il est donc légitime d’avoir certains “critères de sélection”.

Mais finalement ces annonces ainsi rédigées ne faussent-elles pas la rencontre…
Ne nous privent-elles pas de belles aventures ?
Celles que nous pourrions faire en fonction du nombre de cases cochées, sont-elles vraiment sincères et viables ?

Je m’explique, une Soumise ou un Maitre se retrouve “sur le marché du célibat”, certains et certaines vont être intéressés, comme elle ou il est demandeur, celui-ci est en position “de force”, il interroge, dirige, oriente vers ce qu’il attend questionne sur ce que vous êtes capable de proposer, si la personne en face ne se sent pas capable de répondre à ses attentes elle va abandonner, ressentant certaines questions comme une pression, déçue peut-être parce qu’elle aurait bien aimé, qu’elle était attirée mais ne se sent pas à la hauteur et préfère renoncer parce qu’elle sait que le demandeur ne sera pas satisfait et qu’elle risque de vivre cette relation comme un échec, une humiliation… ou alors elle veut tellement être “sélectionnée et retenue” qu’elle peut aussi prendre le risque de se “survendre” en promettant qu’elle est capable d’offrir “les services” tant attendus, et la forcément si elle n’en est pas capable et qu’elle a menti sur “ses aptitudes» ça ne peut être que déception pour l’un et l’autre…

Dans tous les échanges que j’ai pu avoir avec ces hommes, “ma soumission” ou “ma domination” reviennent systématiquement dans la conversation, oui parce que si je ne suis pas soumise je suis forcément dominante… ou swich mais quand on est swich on est quand même plutôt soumise ou plutôt dominante… et à chaque fois je suis de nouveau obligée de me justifier et d’expliquer…

Dernier échange “Quel est votre cheminement pour aborder votre soumission”… et bla et bla et bla…

Au final avec ces hommes, même si je les trouve intéressants je finis par renoncer, ils ne sont pas capables de voir la personne que je suis, ils voient seulement “le statut” qui leur plairait que je sois ou celui qu’ils voient en moi (soumise, Domina, Brat, souminatrice, etc, etc…)

Est-ce que je suis un chef étoilé parce que je suis capable de faire un coq au vin ?
Est-ce que je suis sportive parce que j’ai plusieurs paires de baskets ?
Est ce qu’on nait féministe ou on le devient ?
Est ce qu’on nait anarchiste ?
Est ce qu’on nait soumise ou Domina ?

Comment pourrais-je leur dire oui vous avez raison…
Comment pourrais-je me définir soumise ou Domina, je n’ai jamais été ni l’un ni l’autre…

Vouloir m’imposer un qualificatif “soumise ou dominante” finit par me mettre en colère, la même colère que j’éprouve quand on met en doute mon féminisme sous prétexte que j’aime porter des talons et des jupes, ou que j’apprécie de chouchouter un homme que j’aime.

Je ne vous dirai jamais que je suis soumise, simplement parce que je ne peux pas vous promettre d’obéir, d’adopter les fameuses 12 positions, le protocole, que si je veux m’asseoir sur un fauteuil je ne vous demanderai pas la permission je le ferai, que vous ne choisirez pas ce que je porterai en soirée, que si j’ai envie de vous dire Merde, je vous le dirai, que si j’ai envie de vous dire que ce que vous me faites ne me plait pas je vous le dirai, que si j’estime que vous me fouettez mal le cul je vous le dirai et que j’essaierai de vous guider pour que j’y trouve du plaisir, que je ne baisserai pas la tête pour votre plaisir, et que je ne ferai jamais rien pour faire plaisir à un homme si ça ne me convient pas même si je l’aime.

Comme je ne vous dirai pas que je suis Domina parce que je ne sais pas faire, que même si j’aimerai vous faire plaisir j’aurai peur de vous blesser, que je ne pourrai pas vous humilier si c’est ce que vous souhaitez, que devenir votre Déesse ou votre Reine ne m’intéresse pas et ne me plait pas, parce que je suis aussi une femme indépendante et être indépendante pour moi ne veut pas dire avoir un “boy à tout faire”. Que je ne veux pas être couverte de cadeaux, je n’aime pas les cadeaux sauf ceux qui ont un vrai sens. Et que je déteste qu’on me lèche les pieds au sens propre et figuré. Et que même si je suis directive, je n’ai pas envie de décider pour vous, que je préfère être dans le partage.

Tout ça peut paraître très caricatural, mais c’est ce qui ressort de la plupart de mes échanges.

Nous sommes des hommes et des femmes avant tout, et s’il y a un vrai feeling entre deux personnes, pourquoi bloquer sur “ces qualificatifs”

Une de mes amies m’a récemment fait remarquer que je n’aime que les hommes dominants, je lui ai dit d’aller voir mes témoignages sur wyylde, certains venaient d’hommes qui ne correspondent pas à ma recherche, bien au contraire mais il y a eu un feeling et nous avons mis de côté nos critères pour nous rencontrer et vivre de jolis moments.  Sans oublier deux belles rencontres que j’ai fait je les aurais sans doute ratées si nous étions restés sur nos seules recherches, nos seuls critères de sélection, sans ces rencontres je n’aurais jamais vécu tous ces moments magiques, je n’écrirais pas, je n’organiserais pas, je n’oserais pas exprimer mes envies, je n’oserais pas être moi-même, et pire je ne m’assumerais pas.

J’ai une vision particulière du “Mâle dominant”, je me suis aperçu qu’elle choque, je le compare à un combattant, un meneur, un homme qui aime les défis, prêt à les relever… A un toréro qui cherche à faire plier le taureau qui le provoque, ou au cowboy qui monte un cheval sauvage pour finalement l’apprivoiser…

N’y a-t-il pas plus de plaisir à soumettre un animal sauvage et obtenir sa reddition ?

Obéir m’ennuie…

Certains y percevront une demande de violence…

Non, je n’aime pas les hommes violents, et je ne permets pas à un homme de l’être.
Mais quand j’ai une relation avec un homme, j’aime une certaine forme de brutalité.
J’aime qu’il me plaque contre le mur, j’aime qu’il me saisisse le bras fermement pour m’attirer à lui, j’aime le ton de sa voix affirmé, j’aime son coup de pied pour me faire écarter les jambes, j’aime le sentir sur de lui. Mais j’aime aussi pouvoir me blottir dans ses bras, me sentir protégée, devenir chatte et me frotter contre lui sans vergogne…

Je ne cherche pas de Maitre, juste un homme capable de me suivre, de proposer mais aussi de me ralentir quand c’est nécessaire, un homme qui enrichirait mes fantasmes et ma perversité, mais aussi un homme à qui je pourrais parfois confier les rênes… et surtout quelqu’un qui me laisse être qui je suis sans vouloir me transformer comme lui voudrait que je sois.

Un homme qui voit d’abord en moi une femme, avec ses défauts et ses qualités.

Ah mais ouiiiiiii voila c’est ça… j’en imagine certain.e.s me qualifier de Brat ou de souminatrice…

Non je ne suis ni l’une ni l’autre, je ne me rebiffe pas pour le plaisir de contredire, le plaisir d’énerver monsieur…

Non je provoque pour en tirer du plaisir.

M’agenouiller devant vous en tendant la cravache ne me fera ni chaud ni froid… au mieux ça m’ennuiera au pire ça m’énervera et je m’en irais.

Mais obligez-moi à mettre genou à terre et la louve que je suis vous regardera fièrement droit dans les yeux les cuisses dégoulinantes

Accepter de se sentir dominée ne veut pas dire se soumettre…
C’est “lâcher prise”… Faire confiance, accepter de se laisser guider…
S’en remettre à l’autre… Mais pas à n’importe quel autre…

Juste se sentir femme…
Une femme mise en valeur par l’étreinte et le regard d’un homme…

Les codes de la rencontre D/s manquent de séduction…

J’ai essayé et j’essaye encore… et même quand je suis très attirée par la personne je ne sais pas fonctionner de cette façon. Je ne sais pas répondre à des critères, j’ai besoin de séduire et d’être séduite, d’être troublée de ressentir le trouble de l’autre, de rentrer dans un jeu de séduction, le jeu du chat et de la souris, de chasser et d’être chassée…

Et qui sait…
Peut-être qu’un jour la louve Alpha se transformera en petite chienne docile…
Mais n’oubliez jamais que même la plus docile des chiennes peut mordre…

Tous droits réservés ©️ Mitsouko 2018 – Journal d’une bourgeoise délurée

Attaches-moi

Je vais vous parler d’un sujet que je ne connais pas bien…

Les cordes, le shibari, le kinbaku, le bondage, etc… Donnez à cette pratique le nom que vous souhaitez.

Récemment on en a beaucoup entendu parler et malheureusement pas en bien, cet article n’est pas là pour dire ce qui doit être fait et comment le faire, je n’ai aucune légitimité pour cela et je n’utiliserais pas les bons termes, je préfère choisir ceux qui sont compréhensibles de tous.

J’ai juste envie de vous parler de mon ressenti par rapport aux cordes, comment j’ai vécu un premier essai et ce qu’elles évoquent chez moi.

J’ai découvert le shibari dans le cadre du libertinage, avant je n’en avais jamais entendu parler, d’abord par mon partenaire de jeu de l’époque qui pratiquait un peu, puis lors d’une soirée sur une péniche. Un encordeur était présent pour faire un show et attacher celles et ceux qui avait envie d’essayer.

J’avais déjà été attachée par mon partenaire au sol, une expérience que j’ai voulue mais que je n’ai pas bien vécu.  J’ai pris sur moi, je me suis sentie oppressée et ça a fait remonter de mauvais souvenirs que j’avais rangé bien au fond de mon crâne.

Ensuite j’ai oublié, pensant que les cordes ce n’est pas pour moi, sans aucune envie de tester. J’assistais à des shows lors de soirée mais ça ne réveillait rien en moi, ni rejet ni envie, c’était juste un spectacle.

Puis il y a eu toutes ces histoires autour de la place des cordes que l’on a pu lire sur facebook, fetlife et autres réseaux sociaux. Grâce ou à cause de ça j’ai appris que les cordes pouvaient être pratiquées de différentes façons, jusqu’à ce jour pour moi c’était seulement du Bondage, une des nombreuses disciplines du BDSM.

J’y ai réfléchi, j’ai essayé de comprendre, je me suis projetée, je me suis mise en situation et je sais que certaines et certains ne comprendront peut-être pas ma façon de voir cette pratique et la rejetteront.

Quand j’ai découvert cette pratique dans ma tête c’était clair il y a quelque chose de sexuel  et c’est quelque chose que je recherche comme dans toutes pratique D/s comme les bougies ou les outils d’impact j’en ai besoin, et si je me faisais encorder sans sexe ça n »est pas grave je serais peut être frustrée mais je m’en remettrais très bien, par contre d’autres femmes qui sont venues aux cordes par d’autres univers n’avaient pas forcément conscience de cet aspect sexuel qu’il peut y avoir malgré toute la volonté de ne pas aller sur ce chemin de l’encordeur, ou même de la proximité qu’il y allait y avoir avec celui-ci, alors même qu’il ne s’approche pas de ses zones intimes, il touche quand même votre corps et cela peut être déstabilisant pour certaines femmes qui se retrouvent dans une position de « prisonnières » et ne savent peut être pas exprimer leur malaise.…

Dans ma vision, il y a quelque chose de très intime dans les cordes, de la sensualité et du sexuel. Une proximité entre l’encordeur et le modèle que celui-ci soit nu ou habillé. Les mains de l’encordeur vous touchent et peu importe l’endroit, même s’il évite certaines zones, le reste du corps est sollicité et peut réagir. C’est quelque chose qui peut être très déstabilisant quand on ne s’y attend pas quand on n’y est pas préparé. J’ai lu à plusieurs reprises qu’on pouvait faire des cordes sans sexe, et cette phrase me dérange…

Le sexe ce n’est pas que cunni, pénétration et fellation, le sexe c’est aussi cérébral, c’est avant tout cérébral, c’est aussi des réactions du corps que l’on n’a peut être pas anticipé, une excitation que l’on n’attendait pas. Ce sont des sensations bien agréables quand on les recherche mais qui peuvent être très mal vécues si elles s’imposent à nous. C’est quelque chose que j’ai vécu à cause d’un mal de dos, et c’est comme ça que j’ai découvert le plaisir dans la douleur, j’avais honte, je n’ai pas pu en parler ni à mon médecin ni à mon kiné.

J’ai imaginé une telle situation, une femme qui entend parler de shibari, elle voit des photos ça lui plait elle a envie d’essayer, elle se renseigne un peu et va dans un cours, elle peut être accompagnée de son mari, ils échangent avec l’encordeur qui va leur expliquer comment cela va se passer sans évoquer des sensations ou un plaisir sexuel qu’elle pourrait ressentir… Elle est habillée, les mains de l’encordeur touchent son corps sans jamais s’approcher des parties génitales, elle ressent du plaisir, une excitation, son entrejambe devient humide, elle se sent gênée, elle peut très mal le vivre, voire culpabiliser vis-à-vis de son mari présent qui a pu s’ apercevoir de son état d’excitation.  Comment lui expliquer… Lui comment le vit-il…  Elle peut penser que l’encordeur a eu des gestes déplacés qui auraient provoqué cet état. Attention je ne minimise pas les vrais abus qu’il y a eu dans cette pratique ce n’est pas mon propos, je veux juste mettre en avant l’aspect sexuel des cordes que beaucoup ont tendance à vouloir gommer ces derniers temps.

Jusqu’à présent je n’avais jamais eu envie d’être encordée, même si j’aime la contrainte et que je la recherche, dans les cordes j’aurais pu perdre une maitrise que je n’étais pas prête à abandonner. Mais en début d’année, j’étais invitée à l’anniversaire d’une amie, c’était une soirée BDSM, ce moment m’a donné envie de moi aussi me faire prendre dans les cordes.

Je l’ai vu jouir, sans aucun geste déplacé de la part de l’encordeur, son corps a simplement réagi, et rien d’étonnant à cela cette femme est un pur bonheur pour celui ou celle qui joue avec, c’est une vraie boule de plaisir. Quand il a commencé à la détacher chaque frottement des cordes sur sa peau la faisait vibrer. Il l’a prise dans ses bras et ils sont restés un long moment comme ça le temps qu’elle redescende, son corps continuait à jouir sans que qui que ce soit la touche, c’était un moment magique, nous étions une petite vingtaine silencieux, respectueux et honorés d’avoir pu assister à cette séance de cordes.

Quand je parle de sexe dans les cordes, je ne parle pas du rapport sexuel tel qu’on le conçoit, pour avoir vu des encordeurs après une séance ils sont vidés, mais je suppose que cela peut aussi se pratiquer, personnellement je n’aimerais pas, la sexualité que j’évoque est tout autre, une sexualité plus proche des jeux D/s.

J’ai rencontré des couples D/s et ce que j’aime dans ces rencontres c’est le plaisir que je peux donner à la soumise en collaboration avec son Dom par des jeux de domination, de bougie ou de flogger , pour moi il n’y a pas de sexe et je n’en veux pas, mais j’éprouve un vrai plaisir de voir et d’avoir fait décoller cette personne, c’est très cérébral et je n’ai pas besoin de plus, je ne veux surtout pas plus ça banaliserait ce moment rare et très particulier.

C’est de cette façon que je perçois la pratique des cordes.

Alors peut être que ma vision est liée à mes pratiques sexuelles, mais j’ai du mal à voir les cordes comme une simple discipline sportive, méditative ou artistique, je n’arrive pas à séparer les cordes du sexe, et je trouve ça juste magnifique.

Avant de publier ce texte j’ai demandé à un de mes amis qui pratique les cordes de le lire, j’avais besoin d’avoir un avis.

Voila sa réponse

Les cordes nous rappellent que nous ne formons qu’un avec notre corps.

Notre société à tendance à vouloir tout séparer, nous serions untel au bureau et un autre à la maison, untel au lit avec son conjoint et un autre avec un amant….

En fait nous sommes UN et la prise de possession d’un corps par les cordes fera appel à tous nos sens.

Contrainte physique, ressentie comme dure ou agréable en fonction de chacun.

Contrainte de l’esprit qui perd la maîtrise de son corps (défendant), ressentie par certains comme le préalable au lâcher prise et par d’autres comme un sentiment contre lequel il faut lutter (ne rien lâcher et rester maître de soi…  ne pas partir dans les cordes… sans intérêt donc !).

Réveil des sens… tous les sens… et le sexe en fait partie intégrante.

Les prudes qui viennent dans les cordes en encordeurs ou en modèles disant “il n’y a pas de sexe” sont à mon sens, soit des menteurs (qui se mentent à eux même avant tout) soit des inconscients qui ne savent pas ce qui se joue et ce qui est en œuvre dans la fusion d’un corps et des cordes.

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Vous voulez en savoir plus sur le Shibari et pourquoi pas prendre des cours ?
N’hésitez pas à contacter Pierre Jmbond, je vous le recommande

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